LE MILIEU
L’Iran, qui comprend la Médie et la Perse, se divise en deux régions : la région montagneuse et celle des plaines.
La première comprend un vaste amphithéâtre dont la partie la plus élevée est constituée par la chaîne de l’Elbourz, au sud de ia mer Caspienne, et qui se prolonge vers l’est jusqu’au massif de l’Hindou-Kousch, et vers le sud jusqu’au golfe Persique.
Ce dernier prolongement, formé de plusieurs chaînes parallèles, séparait les Mèdes et les Perses des Assyriens et des Babyloniens, et leur servit longtemps de rempart contre les rois de Ninive.
La région montagneuse de l’Iran, qui appartenait en grande partie au royaume des Mèdes, est la plus favorisée. Ses vallées et les croupes de ses montagnes sont d’une admirable fertilité. Une foule de petits cours d’eau, qui naissent sur les pentes, et vont pour la plupart se jeter dans le Tigre, arrosent des vergers dont la fraîcheur ne peut être comparée qu’à celle de nos vergers européens.
Tous nos arbres à fruits : cerisier, pommier, prunier, coignassier, pêcher, croissent dans les vallons, tandis que de riches moissons se déroulent sur les premières croupes des montagnes et que des forêts de pins et de chênes en couronnent les hauteurs.
La région des plaines, c’est-à-dire la Perse antique, est âpre au contraire, couverte d’argile dure, de salines, de déserts sablonneux, de marécages pestilentiels, et dévorée par les feux d’un soleil ardent.
LES PERSES ET LES MEDES
Dans l’antiquité, son aspect, grâce aux persévérants travaux des hommes, était sans doute moins désolé. Mais jamais cependant elle ne put nourrir une population très dense.
Les Perses furent toujours peu nombreux, et, pour former leurs armées formidables, ils durent enrôler toutes les nations qu’ils avaient successivement vaincues.
Ce qui leur donna l’ascendant prodigieux qu’ils exercèrent sur l’Asie, ce fut précisément la rudesse de leur contrée qui les rendit sobres, énergiques, indomptables. D’après Hérodote, les Perses n’apprenaient que trois choses à leurs enfants, depuis cinq ans jusqu’à vingt ans : monter à cheval, tirer de l’arc et dire la vérité.
Le caractère de ce vaillant peuple changea lorsque son succès rapide eut fait affluer chez lui les richesses du monde entier et qu’il eut goûté à la coupe de délices dont la voluptueuse Babylone, au dire du prophète, « avait enivré la terre ».
Mais, jusqu’à l’avènement de Cyrus, cet âpre plateau de l’Iran, avait formé lentement et fortement trempé par l’ardeur de son soleil, la dureté de sa terre ingrate et les rudes souffles de ses vents, une race vigoureuse et hardie, toute prête à devenir, entre les mains d’un conquérant de génie, un incomparable instrument de victoire.