HISTOIRE DES MEDES ET DES PERSES
Comme toutes les histoires des peuples anciens, celle des Mèdes et des Perses présente un début légendaire, dont les faits positifs ne se dégagent qu’à partir du VIe siècle avant J. -G.
Les récits fabuleux des premiers temps furent recueillis et compilés par Ctésias de Cnide, qui, vivant à la cour d’Artaxerxès II, s’efforça de les arranger d’une façon flatteuse pour les Perses. Hérodote, après lui, les répéta, et, de la bouche de ce grave historien, on les accepta sans discussion. La sagesse du législateur Déjocès, la préservation miraculeuse de Cyrus enfant, le dévouement de Zopyre, devinrent des certitudes au même degré que les aventures de Sémiramis et le festin de Balthazar.
■ L’historien moderne ne peut plus tenir aucun compte de ces charmants mais puérils récits.
Les seules traces irréfutables qui restent au fond des poétiques légendes rapportées par les écrivains grecs et qui se dégagent des livres sacrés des anciens Perses, sont celles d’une lutte acharnée, séculaire, qu’auraient soutenue les Aryens en Médie avant de 's’y établir aux dépens des Touraniens.
A peine cette lutte s’apaisait-elle, laissant le plateau de l’Iran sous la domination de la nouvelle race, qu’un danger, tout aussi grand, surgit à l’ouest, où se développait l’ambitieuse Ninive.
Les Mèdes et les Perses ne tardèrent pas à devenir tributaires de la puissante capitale des Sémites.
Ils supportèrent ce joug sans trop de peine. Leurs mœurs n’étaient pas encore devenues conquérantes. S’ils avaient combattu jusque-là, c’était pour s’assurer la possession de champs fertiles et des vastes pâturages nécessaires à leurs troupeaux. Dispersés dans leurs grands villages autonomes, ils ne s’inquiétèrent pas tout d’abord du pouvoir lointain qui prétendait les asservir, et qui n’était pas encore assez fort pour faire sentir bien lourdement son autorité.
Des légendes fort douteuses attribuent cependant à un Mède, Arbacès, une première destruction de Ninive, qui aurait eu lieu en 788 avant J. -G. Mais, à supposer qu’un soulèvement se fût produit vers cette époque, il n’aurait pu résulter d’un mouvement national chez un peuple qui n’était pas encore réuni en corps de nation; on pourrait y voir tout au plus un coup de main du gouverneur placé par les rois assyriens à la tête des confédérations aryennes du plateau de l’Iran.
Quoi qu’il en soit, cet événement n’aurait donné aux Mèdes qu’une indépendance passagère. Leur soumission devint plus complète encore sous les Sargonides, qui les déportèrent en masse, et établirent chez eux des étrangers afin d’arrêter le mouvement de cohésion qui eût pu faire de leurs tribus rassemblées une puissance unique et redoutable.
Les persécutions des vainqueurs eurent d’ailleurs, comme toutes les persécutions, un effet absolument contraire à celui qu’elles voulaient produire.
LES PERSES ET LES MÈDES
Elles exaspérèrent les Mèdes, et les contraignirent à chercher dans une union solide, la forcé de résistance nécessaire,. les poussant ainsi vers cette unité nationale, que, laissés à eux-mêmes, ils n’eussent peut-être jamais atteinte.
Les premiers héros des tribus aryennes, Déjocès, Phraorte, prirent dans les légendes des proportions évidemment exagérées. L’œuvre de législation accomplie par l’un, les victoires attribuées à l’autre, durent être le fruit de longs tâtonnements et de rudes