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FIG. 400. — VUE D’ENSEMBLE DES RUINES DE PERSÉPOLIS

Persépolis, capitale de l'empire des Perses, fat détraite par Alexandre 330 ans avant J.-O. Pendant les deux siècles que dura la puissance des Perses, elle fut une des plus brillantes cités de l'Asie. Ses monuments et ses bas-reliefs donnent une idée exacte de ce que furent l’architecture et les arts sous les Perses et montrent à quel point ce peuple sut s'assimiler la civilisation des empires qu'il avait conquis, mais se montra incapable de créer aucune œuvre originale.

efforts et demander plus que deux vies d’hommes. Mais, comme toujours, l’imagination populaire condensa, sous un nom ou deux,, une œuvre collective péniblement et lentement accomplie.

Ce n’est que vers la fin du VIIe siècle avant J.-C. qu’apparaît enfin un héros authentique, Cyaxare, qui, héritier des travaux accomplis par ses prédécesseurs, se trouve à la tête d’une véritable nation, celle des Mèdes, et reçoit l’hommage et le secours d’un peuple voisin, les Perses, encore divisé.en tribus nombreuses, mais marchant, lui aussi, vers l’unité.

Cyaxare donna le premier aux Mèdes une armée nationale et régulière. Avec cette armée, il attaqua Ninive. Il allait en triompher, lorsqu’une invasion des Scythes recula son succès et la chute de l’Assyrie, qui touchait d’ailleurs à son déclin.

Sous ce nom général de Scythes, on désignait dans l’antiquité des populations barbares, aryennes ou touraniennes, établies au nord de la mer Noire et de la mer Caspienne, dans les vastes steppes de ce qui forme aujourd’hui une partie de la Russie asiatique et de la Russie européenne.

Les Scythes aryens portèrent aussi le nom de Cimmériens. Ils avaient, peu avant le règne de Cyaxare, ravagé et dominé toute l’Asie Mineure. Vaincus et entraînés par les Scythes touraniens, ils formèrent avec ceux-ci une redoutable multitude qui se jeta sur les provinces affaiblies et mal soudées de l’empire assyrien, et répandit l’épouvante d’Ecbatane jusqu’à Jérusalem.

Ces barbares furent pendant sept années maîtres de la Médie. Mais, impuissants à organiser leur conquête, ils s’usèrent par la dispersion, comme par mille excès, et virent s’éteindre bientôt leur domination passagère.

Cyaxare, s’aidant d’ailleurs de la trahison, massacra leurs chefs dans un festin, et délivra la Médie.

A peine remonté sur le trône, il reprit ses projets contre Ninive. S’alliant avec Nabopolossar, gouverneur de Babylone, il renversa l’empire assyrien et fit goûter à la Médie cette gloire militaire dont elle ne tarda pas à vouloir s’enivrer.

Cyaxare lui-même ne s’arrêta pas sur les bords du Tigre. Il conquit une partie de l’Asie Mineure, et ne fut arrêté que par la plus forte puissance de cette contrée, la Lydie, elle-même belliqueuse et jalouse de son indépendance.

Après six ans de lutte, une éclipse de soleil, survenue au moment de livrer bataille, ayant arrêté les combattants, cet événement détermina la signature d’une trêve, qui donnait le fleuve Halys à la Médie comme frontière occidentale.

Cyaxare mourut quelque temps après. Il avait fondé l’empire des Mèdes. Il le légua, étendu et florissant, à son fils Astyage, qui ne chercha pas à l’agrandir.

Ce prince, pacifique et ami des plaisirs, n’avait pas l’énergie

LES PERSES ET LES MÈDES

nécessaire pour maintenir une puissance nouvelle et encore mal affermie. Par sa taute, la suprématie descendit du nord au sud et passa de la Médie à la Perse.

Un Perse obscur, Cyrus, qui, dès son plus jeune âge, avait montré des aptitudes extraordinaires et le goût du commandement, sut persuader à ses compagnons de travail que le sol ingrat de la Perse lassait inutilement leurs bras, tandis qu’ils pourraient employer ces mêmes bras à secouer le joug de la riche Médie et à en conquérir les fertiles vallées.

Il fut écouté, obtint l’appui du premier général d’Astyage, que celui-ci avait offensé; puis, sûr de ses partisans et des intelligences qu’il s’était créées autour du roi des Mèdes, il marcha contre Ecbatane, capitale de la contrée du nord, s’en empara, renversa Astyage et prit sa place, mettant du même coup la Perse au premier rang dans la confédération aryenne qui grandissait au cœur de l’Asie.

Il était impossible que cet insurgé hardi, qui bientôt allait devenir le maître de tout le monde asiatique, ne vît pas les légendes se former autour de son nom comme les nuées à l’entour du front d’un géant des montagnes.

Le premier effort des historiens, en face de ces étonnantes ascensions d’un homme obscur au faîte de la puissance et de la gloire, consiste à rattacher cet homme à quelque illustre famille.

Les traditions perses firent remonter l’origine de Cyrus aux rois de Médie, d'une part, et, d’autre part, à la race des Achéménides, la plus considérée de la Perse.

On forgea une histoire de persécution exercée par Astyage contre son petit-fils, qu’il aurait voulu faire disparaître, afin d’expliquer comment l’enfant avait passé les premières années de sa vie dans l’obscurité et parmi les derniers rangs du peuple.

Nous n’insisterons pas sur ces légendes, devenues si célèbres, grâce à la gravité d’Hérodote, qui les appuya, en y ajoutant son charme d’incomparable narrateur.

L’aventurier Cyrus, élevé sur le double trône des Mèdes et des Perses, ne trouva pas encore cette extraordinaire fortune à la hauteur de son ambition. C’était l’empire du monde qu’il lui fallait, et il ne tarda pas à le conquérir.

Deux puissances pouvaient encore rivaliser en Asie avec la Perse. C’était la Lydie, agrandie par Alyatte et son fils Crésus, et Babylone que Nabuchodonosor avait élevée à l’apogée de sa gloire.

Ces deux puissances, craignant l’empire naissant de Cyrus, se coalisèrent contre lui. Elles furent l’une après l’autre ruinées sans espoir de revanche.

La conquête de toute l’Asie Mineure suivit, pour Cyrus, la prise

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