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FIG. 405. — DÉTAILS D’UNE COLONNE D’UN PALAIS DE PERSÉPOLIS

LES PREMIÈRES CIVILISATIONS j)Q

l’élite; ils étaient surtout d’admirables cavaliers. Depuis eux, les Parthes — leurs élèves d’ailleurs sous ce rapport — et les Arabes, ont seuls mérité de leur être comparés. La cavalerie légère des Perses fondait sur l’ennemi comme la foudre, puis disparaissait avec la même rapidité. Son système était de harceler, de harasser l’adversaire.

Le soldat perse sautait à bas de son cheval ou se remettait en selle tandis que l’animal était au galop ; il lançait la flèche ou la javeline avec la même sûreté quelle que fut l’allure de sa bête.

lerie avait un autre genre de manœuvres. Elle formait une masse redou-

table d’attaque , les hommes et les chevaux étant couverts de plaques de métal et de cottes de mailles, comme dans notre moyen âge.

L’infanterie n’était pas moins vaillante et bien armée. Son équipement se composait de tiares de feutre, de tuniques à manches, de cuirasses de fer à plaques imbriquées, de longs pantalons et de hauts souliers attachés avec des cordons; ses armes étaient le bouclier d’osier, le court javelot, l’arc, les flèches, le poignard suspendu à la ceinture et tombant sur la cuisse.

Les soldats des différentes provinces de l’empire manquaient de la valeur et de l’ardeur des troupes

perses; ils remplaçaient mal la qualité par la quantité. On était souvent obligé de les mener sur le champ de bataille à coups de fouet, et, dès la première panique, leurs bandes effarées se dispersaient, semant le désordre parmi les troupes aguerries.

Chaque contingent marchait isolé dans son costume national. L’immense armée de Xerxès devait ainsi présenter le plus pittoresque des spectacles.

On y voyait les casques au cimier brillant des Assyriens et leurs cuirasses en lin matelassé; les bonnets pointus des Scythes; les tuniques blanches des Indiens ; les cimeterres des Caspiens et leurs sayons en poil de chèvre; les longues robes retroussées des Arabes; les peaux de léopard des Éthiopiens; les toques de renard des Thraces et les casques de bois des habitants de la Colchide.

Au milieu de ce défilé venaient les statues des dieux et la personne sacrée du Grand Roi, qui ne marchaient pas confondus avec la multitude.

« A la tête du deuxième corps d’armée, » nous dit Hérodote, « étaient mille cavaliers choisis entre tous les Perses, suivis de mille hommes de pied armés de piques, la pointe en bas; troupe d’élite, comme la précédente. Venaient ensuite dix chevaux sacrés niséens, avec des harnais superbes. On leur donne le nom de niséens parce qu’ils viennent de la vaste plaine niséenne, en Médie, qui en produit de grands. Derrière ces dix chevaux paraissait le char sacré de Jupiter, traîné par huit chevaux blancs, et derrière ceux-ci marchait à pied un conducteur qui tenait les rênes : car il n’est permis à personne de monter sur le siège. On voyait ensuite Xerxès sur un char attelé de deux chevaux niséens. Le conducteur allait à côté ; il était Perse, fils d’Otane, et s'appelait1 Patiramphès. »

Lorsque le roi était fatigué de se tenir sur son char, il prenait place dans une litière. Ce moyen de transport était en général réservé aux femmes.

Beaucoup de femmes suivaient l’armée dans les expéditions lointaines. Leroi et les grands seigneurs emmenaient les leurs, et( se faisaient suivre par un train de maison compliqué, voulant vivre à l’étranger avec tout le luxe de la cour de Suse ou de Persépolis.

Après leur victoire à Platées, les Grecs trouvèrent dans le camp: de Mardonius : .

« Des tentes tissues d’or et d’argent, des lits dorés, des lits argentés, des cratères, des coupes, et autres vases à boire qui étaient d’or; et, sur des

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voitures, des chaudières d’or et d’argent dans des sacs. Ils enlevèrent aux morts leurs bracelets, leurs colliers et leurs cimeterres qui étaient d’or, sans s’embarrasser de leurs habits de diverses couleurs. Les Ilotes volèrent beaucoup d’effets qu’ils vendirent aux Eginètes, et ne montrèrent que ce qu’ils ne purent cacher. Telle fut la source des grandes richesses des Eginètes, qui achetaient l’or des Ilotes, sans doute comme si c’était du cuivre. »

Pausanias, roi de Sparte et vainqueur de Mardonius, eut le dixième du butin, en y comprenant les femmes, les chevaux et les chameaux.

C’étaient donc des populations entières que les rois de Perse traînaient à leur suite en temps de guerre. La difficulté de nourrir tant d’hommes, de femmes, d’enfants et de gros animaux, fut toujours habilement prévue et l’on sut y faire face. Des bagages énormes accompagnaient les troupes, renfermant d’abondantes provisions de blé; des vaisseaux chargés de vivres suivaient les côtes, et, en outre, des réquisitions étaient faites dans les pays qu’on traversait.

Ce qui manquait aux armées perses, c’était le matériel de siège; elles ne semblent pas avoir fait grand usage des tours roulantes et des béliers. La ruse leur livra des places fortes, comme Sardes et Babylone; la famine fit tomber les autres entre leurs mains.

En général, les Perses se montrèrent assez cléments pour les vaincus. Ils n’exerçaient pas sur les prisonniers de guerre les atroces cruautés qui rendirent si terrible la domination assyrienne. Volontiers ils laissaient même aux princes qu’ils avaient soumis la liberté et parfois la couronne. Ceux qu’ils emmenaient captifs vivaient à la cour, entourés d’égards, comme Crésus.

La rébellion seule était sévèrement châtiée. La dureté avec laquelle Cambyse traita le roi d’Égypte Psamménit, eut surtout pour cause le massacre des messagers perses envoyés à Memphis pour traiter. Après la révolte et la longue résistance de Babylone, Darius fit mettre en croix trois mille Chaldéens parmi les plus distingués de la ville.

La mutilation était un des moyens de répression les plus usités, aussi bien pour les crimes ordinaires que pour les attentats politiques.

Xénophon, pour prouver la vigilance exercée par le jeune Cyrus dans l’administration de sa satrapie d’Asie Mineure, fait observer

qu’on rencontrait sans cesse des gens auxquels il avait fait couper soit le nez, soient les mains, les oreilles ou la langue, en punition de quelque méfait.

Malgré le caractère relativement assez humain des Perses, leur histoire est pleine des traits de sanglante tyrannie attribués à leurs souverains. Mais il faut faire la part de l’autorité sans contrôle dont jouissaient ceux-ci, autorité qui devait porter leur orgueil jusqu’à la démence et leur rendre insupportable la moindre contradiction.

Nous voyons en effet Cambyse prendre pour cible le fils de Prexaspe, afin de prouver son adresse à l’arc, devant le malheureux père lui-même. Xerxès fait couper en deux le corps d’un jeune homme parce que la famille de celui-ci avait humblement demandé qu’il ne partit pas pour la guerre, envoyant du reste quatre de ses frères à l’armée. Amestris, femme de ce même Xerxès, fait saisir dans un accès de jalousie, la propre belle-fille du roi, lui fait couper les seins, le nez, les lèvres, la langue et les oreilles, et donne les débris sanglants à manger aux chiens, sous les yeux de l’infortunée,

La soumission des Perses à l’égard de leurs rois était absolue. Les personnages élevés recevaient du souverain les traitements les plus cruels et les plus outrageants sans oser faire entendre un murmure. Prexaspe voyant la flèche de Cambyse dans le cœur de son fils, dit simplement : « Je ne crois pas qu’un dieu même puisse tirer aussi juste. »

Cambyse encore, voulant épouser sa propre sœur, pour laquelle il éprouvait une vive passion, convoqua les juges royaux et leur demanda s’il n’y aurait pas quelque loi qui permit au frère de se marier avec sa sœur s’il en avait envie. Les juges lui répondirent, pour ne pas se compromettre, qu’il n’existait point de loi de ce genre, mais qu’il y en avait une qui permettait au roi des Perses de faire tout ce qu’il voulait.

Étant donné le danger de résister ouvertement au souverain, .es Perses ne pouvaient se soustraire à sa tyrannie que par des conspirations.

La plupart étaient découvertes, à cause des précautions extraordinaires dont s’entourait le roi. Nul ne pouvait pénétrer en sa présence sans y être invité, et celui qui osait le faire, fût-il de sang

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royal, était immédiatement mis à mort. Le monarque seul pouvait sauver l’audacieux en étendant vers lui son sceptre.

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