FIG. 412. — RAMPE DU PALAIS DE DARIUS, A PERSÉPOLIS
D’après Flandin.
personnels lorsqu’ils sont entrés en contact avec le reste de l’Asie.
Nul peuple n’a été plus promptement marqué par l’empreinte de ses voisins. Chaque conquête apporte de nouveaux éléments à l’art, à la religion et même aux usages privés des Perses. On voit à la cour de Suse des médecins grecs, un oculiste égyptien, des architectes de Ninive, des sculpteurs de Babylone, des mages de la Médie, des ouvriers et des artistes de toutes les provinces de l’empire.
Tout aventurier de talent, forcé de quitter sa patrie par suite de quelque faute ou pour chercher fortune, était sûr de trouver bon accueil auprès du Grand Roi.
La conquête perse et le caractère assimilateur de ce peuple eurent pour effet de fondre ensemble, pour ainsi dire, tous les élé-
ments dispersés de la civilisation antique. A partir de Cyrus, le cœur de l’Asie fut comme une chaudière en ébullition où vinrent s’amalgamer tous les minerais précieux que la vieille humanité avait arrachés si difficilement du sein de la nature. L’héritage dont allait s’enrichir le merveilleux génie grec fut ainsi tout préparé pour être saisi et mis en œuvre par les compatriotes de Miltiade, de Thémistocle et d’Alexandre. Le foyer de la civilisation se déplaçait. Les Perses ne surent pas le garder en Orient, mais du moins ils surent en nourrir la flamme et l’alimenter de tous les matériaux amassés depuis soixante siècles sur différents points du monde. Leur rôle, pour être transitoire, n’en eut pas moins une immense importance.