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FIG. 422. — FIROL’Z-ABAD. FAÇADE LATÉRALE DU PALAIS PRÉCÉDENT

tandis que les hymnes védiques semblent refléter la lumière éclatante et les paysages splendides de la vallée de l’Indus.

L’auteur ou les auteurs du Zend-Avesta, ont surtout visé à l’exactitude, à la clarté, à l’autorité guindée et pédante. Les cris éloquents de l’âme, le vague délicieux de la , rêverie, l’amertume profonde du doute, sont absents de leur œuvre. Ils affirment avec une précision froide qui exclut toute poésie.

On rencontre toutefois, dans les livres sacrés de la Perse, comme un écho des longues migrations et des luttes pénibles par lesquelles les Aryens arrivèrent enfin à s’établir sur le plateau de l’Iran.

Suivant la légende sacrée, à peine Ahura-Mazda, le dieu du bien, avait-il fait parvenir ses serviteurs dans une contrée favorable, que le dieu du mal, Agra-Mainyous, suscitait contre eux quelque fléau qui les forçait à se remettre en marche. C’était la sécheresse,

l’épizootie, les sauterelles, la peste, l’incrédulité, tous les maux physiques ou moraux qui peuvent accabler les hommes.

Les combats des Aryens contre les Touraniens sont aussi rappelés dans le Zend-Avesta. Mais l’on ne trouve nulle émotion, nulle chaleur, nulle poésie dans cette lourde et monotone composition.

On pourrait porter un jugement presque identique sur l’immense poème de cent vingt mille vers dans lequel Firdousi rassembla, vers la fin du Xe siècle après J. -G., toutes les légendes de la Médie et de la Perse.

C’est à la demande du sultan gaznévide Mahmoud, que le poète composa cette gigantesque épopée, prenant l’histoire de sa race au début du monde et la menant jusqu’à la conquête musulmane.

Le Schah-Nameh (Livre des Rois) de Firdousi appartient à l’ancienne civilisation perse par les sujets dont il traite, mais sa valeur historique est moindre encore, s’il se peut, que sa valeur littéraire. Cet interminable conte persan est aussi inexact que fastidieux.

On le voit, l’histoire de la littérature perse est vite faite, et l’appréciation peut en être également sommaire.

Ce n’est pas sur le plateau de l’Iran que devait se produire l’éclosion complète du génie aryen. L’aridité morne des plaines de la Bactriane, puis le brusque étouffement dans l’atmosphère lourde et voluptueuse de l’Asie antérieure, empêchèrent le développement de la fleur merveilleuse, qui s’épanouit si largement parmi les splendeurs de l’Inde, et qui devait atteindre à un si radieux éclat dans les vallées riantes de la Grèce.

En littérature, comme en industrie et comme en art, les Perses n’ont rien produit de personnel et de marquant.

Leur architecture, que nous allons étudier, est la vraie pierre de touche où se montre leur impuissance à créer, en même temps que la prodigieuse facilité avec laquelle ils s’imprégnaient des goûts et des idées de tous les peuples avec lesquels ils furent en contact.

LES PERSES ET LES MÈDES

§ 2. — l’architecture

Quand on voit les ruines merveilleuses de Persépolis, les sveltes colonnes, les imposants portails ornés de taureaux gigantesques, les admirables escaliers de marbre blanc assez larges et assez faciles pour que dix cavaliers puissent les gravir de front, on a peine à croire que le peuple auteur de pareils édifices ait été dans l’enfance de l’art au point de vue de l’architecture.

Et pourtant il en est ainsi. Les Perses, il faut en convenir, ont tiré un parti extrêmement ingénieux de tous les éléments artistiques empruntés aux nations qu’ils avaient soumises. Ils ne furent dénués ni d’habileté, ni de goût. Ce qui leur manqua, ce fut l’invention.

On ne s’en doutait pas avant d’avoir ressuscité les temples et les palais de Ninive et de Babylone, et aussi avant que la critique fût devenue plus savante et moins aisément satisfaite. Jusqu’à notre époque, les débris encore imposants des palais de Persépolis passaient en Europe pour le chef-d’œuvre du génie oriental antique.

Ce n’était pas cependant aux seuls Sémites de la Mésopotamie que les Perses étaient redevables de ce qu’ils ont fait de mieux. Nous allons, en décomposant leurs plus somptueux monuments, montrer ce qu’ils ont pris à la Grèce, à l’Égypte, et même aux primitifs Touraniens de la Médie.

D’ailleurs, pour établir d’emblée la théorie que nous avançons, nous n’avons qu’à dépeindre un des rares édifices que les Perses aient construit sans en prendre le modèle nulle part. L’infériorité étonnante de ce monument en face des merveilles de Persépolis prouvera combien les ouvrages des Perses furent différents, suivant qu’ils les copiaient ou qu’ils étaient réduits à les tirer de leurs propres ressources.

Nous faisons allusion à ce qu’on est convenu d’appeler « le Tombeau de Cyrus. »

Les Perses — comme nous Pavons vu dans le chapitre consacré à leur religion — n’avaient guère de choix dans la façon d’ense-

velir leurs morts, car ils ne devaient les livrer ni à la flamme, ni à l’air, ni à la terre, ni à l’eau.

Ils les faisaient dévorer par des oiseaux de proie.

Mais cette coutume dut paraître barbare à la longue, surtout après le contact de peuples qui poussaient à l’excès le respect des cadavres et le soin de leur conservation.

On se fit scrupule de livrer aux bêtes la dépouille des souverains. L’idée vint de construire une sorte de tombeau dans lequel le corps serait suffisamment isolé des quatre éléments pour ne pas violer la loi religieuse. Mais ce genre de tombeau n’existait pas chez

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