‹ Les premières civilisationsChapitre 169 sur 189 · FIG. 431. — BEYROUTH ET LE LIBAN · texte numérisé non relu

FIG. 431. — BEYROUTH ET LE LIBAN

D’après une photographie.

lorsque sa puissance eut disparu, et, malgré son rôle immense, elle attendit jusqu’à nos jours pour être de nouveau comptée par l’histoire.

Ce qui rendait sa résurrection très difficile, c’est que presque

rien d’elle ne restait sur son propre sol, et que, parmi les innombrables vestiges qui subsistent de son industrie sur toutes les côtes de la Méditerranée, il n’est pas aisé de distinguer ce qui vient d’elle des produits archaïques indigènes fabriqués d’après son inspiration.

A mesure cependant que les reliques du monde ancien surgissaient de terre, en Asie, en Syrie, en Asie Mineure, en Grèce, en Italie, en Afrique; à mesure' surtout que les merveilleuses découvertes de la linguistique vinrent aider les archéologues dans leurs travaux si délicats et si ardus, on put constater le rôle considérable qu’avait joué la Phénicie et l’étendue de la place qu’il fallait lui faire dans l’histoire de la civilisation du monde.

Quand on se représente le monde antique divisé en deux régions bien distinctes : l’Orient avec ses vieilles et splendides civilisations, l’Occident avec ses grands pays inexplorés, habités encore par l’homme de l’âge de pierre, pays qui s’appellent aujourd’hui la France, l’Angleterre, l’Espagne, on ne peut oublier que ce fut des galères phéniciennes que sortirent les premières lueurs qui éclairèrent l’Europe et la firent se dégager de la barbarie.

La face de la terre a changé depuis lors. Ce sont maintenant les navires partis de l’Occident qui retournent vers l’Orient avec les produits d’un commerce perfectionné, avec les semences des découvertes et des évolutions de l’avenir.

Mais les puissants vaisseaux modernes ne sauraient dédaigner sans injustice les humbles nefs construites avec les bois du Liban, qui, sur la mer dangereuse, sans autre guide que les étoiles, ont commencé la grande tâche en dehors laquelle il n’est pas de civilisation humaine possible : faire connaître les peuples les uns aux autres, mettre en circulation les richesses et les idées, aplanir les barrières, et donner ainsi pour point de départ à tout effort nouveau l’ensemble de ceux qui furent accomplis avant lui.

RÔLE DES PHÉNICIENS DANS L’HISTOIRE

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