‹ Les premières civilisationsChapitre 18 sur 189 · FIG. 63. — TRANSPORT D’UN COLOSSE · texte numérisé non relu

FIG. 63. — TRANSPORT D’UN COLOSSE

Les cinq figures précédentes, copiées sur des peintures de tombes égyptiennes antéiieures de quinze siècles environ à notre ère, donnent des détails très intéressants sur les procédés de sculpture égyptienne et sur la façon dont on transportait les colosses

monolithes.

confiés à sa garde sans oser y ' toucher. Le plus pillard des Arabes se fera tuer cent fois pour défendre son hôte, fùt-il son ennemi.

Ces sentiments, engendrés et maintenus par l’opinion, ont été fixés par l’hérédité au point de devenir instinctifs. Le raisonnement n’a plus de prise sur eux. A vrai dire, la moralité d’un individu ou d’une race n’a quelque solidité que lorsqu’elle est devenue tout à fait instinctive. La morale s’apporte en naissant et ne s’apprend pas dans les livres. Elle représente toujours l’héritage d’un long passé, le persistant écho de la voix des morts. Ce ne sont point les raisonnements tenus à nos fils qui élèveront leur niveau moral, ce sont nos propres efforts et nos propres actions.

Le droit et la morale s’étant formés par de lentes évolutions séculaires et les nécessités de milieu et de structure sociale ayant fait varier cette évolution d’un peuple à l’autre, nous devons nous attendre à trouver, lorsque nous pénétrerons dans les premières civilisations, des principes de droit et de morale fort divers. Le droit naturel et la morale universelle n’étant, comme nous l’avons vu, que des fictions, ce n’est pas au nom de ces fictions que nous pourrons songera juger des mœurs et des usages fort différents des nôtres. Ils ont toujours bien agi ceux qui se sont conduits suivant la morale de leur pays et de leur temps. L’historien doit tâcher de comprendre et d’expliquer la genèse des sentiments de nos ancêtres ; les critiquer et les juger n’est pas son rôle.

Page 1