FIG. S2. — THÈBES. COLONNES DU TEMPLE DE LOUQSOR
La façade île ce temple, construit quinze siècles avant notre ère par Sésostris, est donnée dans une autre partie de cet ouvrage.
des débris des nations qui ont disparu, parce qu’elles n’ont pas su y parvenir. En étudiant dans une autre partie de cet ouvrage les
LES PREMIÈRES CIVILISATIONS i?
divers facteurs de la civilisation, nous verrons quel rôle immense joue dans la vie d’un peuple le degré de son aptitude à varier. Trop faible, elle l’empêche de réaliser aucun progrès et le condamne à disparaître devant ceux qui savent progresser; trop grande, elle lui fait perdre toute cohésion et le condamne encore à périr.
Dans toutes les premières civilisations, le rôle des gouvernements paraît avoir été plus considérable qu’il ne le devint dans les sociétés plus avancées, et cependant il fut, en réalité, beaucoup moindre. Chez les nations primitives, l’intervention de l’État dans les affaires des citoyens était presque nulle. Il ne pouvait songer, comme dans les sociétés modernes, à envahir les moindres détails de l’existence des particuliers. Son influence se réduisait le plus souvent au commandement militaire pour les peuples guerriers, à un arbitrage pacifique pour les peuples agricoles ou pasteurs. L’État ne s’occupait que peu ou pas des intérêts privés, qui étaient abandonnés aux familles. L’idée que la société pût avoir à intervenir pour punir des crimes n’intéressant que des individus, apparaît très tard dans l’histoire. La notion qui se présente le plus naturellement à l’esprit est que la personne lésée ou sa famille ont seules intérêt à venger le tort subi. La peine du talion, base du droit biblique, appliquée par l’offensé ou 'par ses parents, se retrouve en tout droit primitif. Il n’y avait guère que les offenses intéressant toute la tribu ou les dieux de la tribu qui fussent punies par la communauté. Cette phase primitive de gouvernement a subsisté chez tous les peuples sauvages au sein desquels l’industrie ne s’est pas développée.
Lorsque nos premiers ancêtres passèrent de la sauvagerie à la barbarie, leur système social se modifia, et ils connurent le clan, puis l’escdavage, et enfin le système féodal.
Le clan fut la tribu régulière, fondée sur la parenté, et où le pouvoir du chef se confondit avec l’autorité paternelle. Lorsque plusieurs clans se fondirent, par suite de nécessités géographiques où d’associations guerrières, on vit apparaître la nation, qui, dès qu’elle fût fondée, eut des esclaves et s’organisa suivant le système féodal.
En effet, les guerres, elles aussi, avaient changé. Ce n’étaient plus des compétitions de tribu à tribu, vidées par un combat après
lequel on exterminent les prisonniers, pour les offrir aux dieux ou pour les manger. C’étaient des entreprises considérables, où toute une race se ruait sur une contrée riche et prospère, s’en emparait et s’y établissait. Les vainqueurs, maîtres d’une vaste terre et d’une immense population de vaincus, n eurent qu une idée et qu’une occupation ; garder le produit de cette terre en la taisant cultiver aux hommes soumis par l’épée, et la conquête fut organisée