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FIG. 97 ET 98. — COSTUMES DE REINES ÉGYPTIENNES (PEINTURES DE THÈBES

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tions très simples que la différence qui les sépare doit augmenter considérablement à chaque génération. Elle augmente d’autant plus que la division du travail, en condamnant les couches inférieures des sociétés à un labeur uniforme et identique, tend à détruire chez elles tout esprit d’initiative. Il faut beaucoup plus d’intelligence à l’ingénièur de nos jours, qui combine une machine

nouvelle, qu’il n’en fallait à celui d’il y a un siècle; mais il faut, en revanche, beaucoup moins d’intelligence à l’ouvrier moderne pour confectionner la pièce détachée d’une montre qu’il recommencera durant toute sa vie, qu’il n’en fallait à ses ancêtres obligés de fabriquer la montre entière.

FIG. 99. — THÈBES. VUE GÉNÉRALE D’UNE PARTIE DES RUINES DU TEMPLE DE KARNAK.

Karnak forme le plus gigantesque amoncellement de ruines existant dans le monde. Il est difficile de trouver une place d’où on puisse juger de leur ensemble. Le dessin précédent, calqué sur une photographie que j’ai prise du point le plus élevé que j’ai pu trouver, n’en donne qu’une faible idée. Le grand temple avec ses dépendances a 800 mètres de longueur. Je ne connais qu’un seul édifice religieux (la grande pagode de Sriringam, dans l’Inde), dont les proportions puissent lui être comparées.

Les premières constructions de Karnak remontent à Ousortescn de la su* dynastie (trente siècles avant notre ère); les dernières sont des Ptolémées et précèdent à peine Jésus-Christ. Pendant près de 3,000 ans les souverains égyptiens ont donc travaillé à ce temple. Nous avons donné dans cet ouvrage plusieurs vues de ses diverses parties.

D'après une photographie.

Les considérations qui précèdent ne sont pas appuyées uniquement sur des raisons théoriques; nous avons essayé de les fortifier aussi par des arguments anatomiques. L’étude du crâne chez les races humaines nous a montré que si, chez les sauvages, tous les crânes des divers individus varient très peu dans leurs dimensions, chez nos sociétés civilisées les différences sont au contraire formidables. Des couches supérieures d’une société à ses couches inferieures l’abîme est donc immense, et les progrès de la civilisation ne font que le creuser davantage chaque jour.

Si, comme nous venons de le dire, les hommes d'une même race tendent à se différencier de plus en plus à mesure qu’ils se civilisent, nous en pouvons conclure que plus la race sera civilisée, plus les différences intellectuelles que présenteront les individus de cette race seront considérables. Sans doute le niveau moyen s’élèvera aussi; et l’anatomie nous enseigne, en effet, que la capacité moyenne du crâne des Européens est un peu supérieure à celle des sauvages. Mais elle , nous montre également que le cerveau moyen augmente assez lentement alors que la différence de capacité entre les crânes les plus volumineux et les plus petits d’une même race tend sans cesse à s’accroître. La psychologie comparée des peuples confirme ces conclusions anatomiques, et, après des observations répétées bien des fois dans mes voyages, je suis arrivé à la persuasion que les couches moyennes des peuples asiatiques, Chinois, Hindous, etc., ne sont pas inférieures aux couches européennes correspondantes. La véritable différence existant entre ces populations et nous-mêmes, c’est . que les premières ne possèdent pas de ces hoiümes supérieurs, véritable incarnation des pouvoirs d’une race, auxquels sont dues les grandes découvertes qui élèvent chaque jour le niveau de la civilisation. De tels esprits se rencontrent de plus en plus rarement à mesure que l’on descend l’échelle des races ; on n’en trouve jamais chez les sauvages. C’est à leur nombre que se mesure le niveau d’un peuple *.

* La plupart des idées contenues dans ce chapitre, notamment la différenciation progressive des races, des individus et j’aurais pu ajouter des sexes, avec les progrès de la civilisation, sont le résultat de nos recherches personnelles. Le lecteur que ce sujet

ÉVOLUTION DES CIVILISATIONS

L’étude des diverses civilisations prouve que c’est à une élite peu nombreuse que sont dus tous les progrès accomplis. La foule ne fait que profiter de ces progrès. Elle n’aime guère cependant qu’on la dépasse, et les plus grands penseurs ou inventeurs ont été bien souvent ses martyrs. Cependant toutes les générations, tout le passé d’une race, s’épanouissent en ces beaux génies qui sont les fleurs merveilleuses du vieux tronc humain. Ils sont la vraie gloire d’une nation, et chacun, jusqu’au plus humble, devrait s’enorgueillir en eux. Ils ne paraissent pas au hasard et par miracle, et sont bien les fils de leur temps et de leur race. Favoriser leur éclosion et leur développement, c’est favoriser l’éclosion du progrès dont bénéficiera toute l’humanité. Si nous nous laissions trop aveugler par nos rêves d’égalité universelle, nous en serions les premières victimes. L’égalité n’existe jamais que dans la médiocrité; elle est le rêve obscur et pesant des jalousies vulgaires; les temps de sauvagerie l’ont seuls réalisée. Pour que l’égalité régnât dans le monde, il faudrait rabaisser peu à peu tout ce qui fait la valeur des races au niveau de ce qu’elles ont de plus médiocre. Élever le niveau intellectuel du dernier des paysans jusqu’au génie d’un Lavoisier demanderait des siècles; tandis que pour éteindre la .lumière de ce puissant cerveau, il a suffi d’une seconde et du couteau de la guillotine.

Mais si le rôle des grands hommes est considérable dans le développement d’une civilisation, il n’est pas cependant tout à fait tel qu’on le croit généralement. Leur action consiste à synthétiser tous les efforts d’une race; leurs découvertes sont toujours le résultat d’une longue série de découvertes antérieures ; ils bâtissent un édifice

intéresserait, les trouvera développées dans les ouvrages ou mémoires suivants, publiés par nous à diverses époques : Recherches anatomiques et mathématiques sur les lois des variations du volume du crâne (couronné par l’Institut et par la Société d’an- Ihropologie de Paris); — Étude de 42 crânes d'hommes célèbres de la collection du Muséum de Paris (Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris); — L'Homme et les Sociétés, leurs origines et leur histoire , t. II; — De Moscou aux monts Tatras, étude sur la formation d'une race (Bulletin de la Société de Géographie de Paris) ; — L’Anthropologie actuelle et l’étude des races (Revue scientifique) ; — La Psychologie comme élément de classification des individus et des races (Revue philosophique).

avec'des pierres que d'autres ont lentement taillées. Les historiens

dont l’esprit est généralement assez simpliste— ont toujours cru

devoir accoler devant chaque invention le nom d’un homme ; et pourtant, parmi les grandes inventions qui ont transformé le monde, telles que l’imprimerie, la poudre, la vapeur, la télégraphie électrique, il n’en est pas une seule dont on puisse dire qu’elle a été créée par un seul cerveau humain. Quand on étudie la genèse

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