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FIG. U9. — THÈBES* PORTION DE LA FAÇADE DU TEMPLE DE LOUQSOR

Un des déni obélisques représentés dans cette planche a été transporté à Paris. Après avoir orné un des plus célèbres monuments de l’antiquité et après avoir été décrit par Diodore, il orne aujourd’hui la plus grande place de notre capitale.

Ces deux obélisques furent élevés quatorze siècles avant notre ère par le ré'èbre Sésostris « seigneur de la haute et de la basse Égypte, fils des dieux et des déesses, seigneur du monde, gardien de la vérité, etc. », ainsi que l’indique l’obélisque resté à Louqsùr.

Les obélisques égyptiens n’étaient jamais isolés : ils étaient toujours accouplés, comme dans la planche précédente, devant la façade d’un temple. Us étaient couverts d'inscriptions commémoratives et précédés d’une allée de sphinx.

lingue, dans le fond grammatical et dans les plus importantes racines de la langue égyptienne, une lointaine parenté avec l’hébreu et le syriaque; mais la séparation des deux rameaux a dû se produire dans une antiquité extrêmement reculée, car chacun a mis en œuvre ces éléments de façon fort différente. La langue égyptienne s’est promptement fixée, alors que le pur rameau sémitique continuait à évoluer, à se subdiviser, et donnait naissance à un grand nombre d’idiomes divers.

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

L’égyptien antique, que nous voyons déjà fixé 5000 ans avant

D'après ChampollioDè

FIG. 120. — SÉTI Ier, PÈRE DE SÉSOSTRIS, EST PRÉSENTÉ PAR HORÜS, DIEU A TÊTE D'ÉPERVIER, A OSIRIS AUPRÈS DUQUEL SE TIENT LA DÉESSE HATHOR.

(Bas-relief du tombeau de Séti Ier, à Thèbes.)

J.-C., et qui comprenait un vocabulaire sacré et un langage popu-

laire, a duré jusqu’à la conquête arabe; il s’est alors corrompu pour former le copte, qui, lui-même, a presque disparu, complètement étouffé et remplacé par l’arabe sémitique.

Ainsi le peuple égyptien est d’origine asiatique et de famille chamito-sémitique. Il a dû envahir la vallée du Nil à une époque tellement lointaine que l’imagination ne peut la supputer. Cette invasion ne s’est pas faite en un jour, mais à plusieurs reprises et par couches successives. Les nouveaux venus trouvèrent sans doute sur les bords du fleuve quelques faibles et rares représentants de cette noire Afrique lointaine, à qui la trouée du Nil à travers le Sahara offrait l’unique chemin par lequel elle pût parvenir jusqu’à la Méditerranée.

Ces tribus noires, trop ignorantes pour dompter et diriger le tout-puissant fleuve, devaient être plutôt victimes que maîtresses de ses inondations. Ce sont elles sans doute qui laissèrent sur le sol de l’Égypte ces vestiges de l’âge de pierre qu’on retrouve encore aujourd’hui dans l’épaisseur des sables.

Les envahisseurs asiatiques les repoussèrent ou les absorbèrent. Il se produisit certainement à cette époque quelques mélanges, dont peu à peu sortit, distinct et précis, le beau type égyptien, que de magnifiques et expressives sculptures ont rendu populaire parmi nous. L’épaisseur des lèvres, la couleur rougeâtre de la peau, doivent sans doute être considérées comme les traces de cette union d’un peu du sang de l’Afrique noire avec le sang clair et pur des fils orgueilleux de l’Asie. Le mélange s’accentue en remontant le cours du fleuve. L’Éthiopien, dont Diodore faisait l’ancêtre de l’Égyptien, avait emprunté aux envahisseurs leurs usages, tout en restant plus imprégné de sang africain. C’est de l’embouchure vers la source du Nil que s’avança la civilisation, tout à l’inverse de la marche que retracèrent les écrivains grecs et latins.

Sans doute, il fallut longtemps pour que l’Égyptien transformât par ses travaux la vallée du Nil, et en même temps fixât ses institutions et son type. Si loin que nous remontions dans l’histoire, il nous apparaît toujours sous les mêmes traits.

« L’Egyptien, dit M. Maspero, était en général grand, maigre, élancé. Il avait les épaules larges et pleines, les pectoraux saillants, le bras nerveux et terminé par une main fine et longue, la hanche

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

peu développée, la jambe sèche; les détails anatomiques du genou et les muscles du mollet sont assez fortement accusés, comme c’est le cas pour la plupart des peuples marcheurs; les pieds longs, minces, aplatis à l’extrémité par l’habitude d’aller sans chaussures. La tête, souvent trop forte pour le corps, présente d’ordinaire un caractère de douceur et même de tristesse instinctive. Le front est

D'après GiampoJliou .

FIG. 1-21 ET 12-2. — SCÈNES FUNÉRAIRES RELEVÉES SUR DES PEINTURES DE THÉBES (TEMPLE DE GOURNAH).

Dans la partie supérieure du dessin on voit les amis et les femmes du défunt se lamenter. Dans la partie inférieure, on emporte dans une barque les meubles et objets préférés du défunt pour les déposer dans son

tombeau.

carré, peut-être un peu bas, le nez court et rond; les veux sont grands et bien ouverts, les joues arrondies, les lèvres épaisses, mais non renversées; la bouche, un peu longue, garde un sourire résigné et presque douloureux. Ces traits, communs à la plupart des statues de l’Ancien et du Moyen Empire, se retrouvent plus tard à toutes les époques. Les monuments de la dix-huitième dynastie, les sculptures saïtes et grecques, si inférieures en beauté artistique aux monuments des vieilles dynasties, conservent sans altération sensible le type primitif. Aujourd’hui même, bien que les classes supé-

rieures se soient défigurées par des alliances répétées avec l’étranger, les simples paysans ont gardé presque partout la ressemblance avec leurs ancêtres, et tel fellah contemple avec étonnement les statues de Kawrâ ou les colosses d’Ousortesen qui reproduit trait pour trait, à plus de quatre mille ans de distance, la physionomie de ces vieux Pharaons. »

Quant aux Shesoa-Hor, aux premiers ancêtres qui, suivant la croyance égyptienne, connurent l’âge d’or et le règne des dieux sur la terre, il faut en penser ce que nous pouvons penser de la légende biblique, qui nous montre le doux Adam errant, sous l’œil d’un Dieu paternel, dans un jardin de délices où les bêtes féroces obéissent à sa voix. Les premiers Égyptiens menèrent la rude existence au prix de laquelle tous les peuples primitifs ont préparé la grandeur des civilisations futures. Et pendant combien de siècles a duré cette laborieuse période de lutte et d’enfantement? On peut en juger par l’antiquité du grand temple voisin du Sphinx, effrayant édifice fait de blocs de granit entassés, tenant le milieu entre les monuments mégalithiques et les premières œuvres d’architecture proprement dite. Ce temple, déblayé par M. Mariette il y a une vingtaine d’années, l’avait été une première fois au temps de la quatrième dynastie, sous le roi Khéops, auteur de la grande pyramide. Une inscription gravée sous ce règne raconte qu’il reparut au jour après être resté enseveli et ignoré depuis de longues générations. Son origine, même à cette époque, c’est-à-dire il y a soixante siècles, semblait se perdre dans' la nuit des temps. C’est le plus vieux monument du monde, et son granit âpre et muet, qui a vu ce que notre science moderne s’efforce vainement de reconstituer, contemple peut-être avec pitié la jeunesse des Pyramides.

On conçoit qu’une race, formée si lentement, presque isolée du monde par l’infini du désert et par l’infini des eaux, ait pu atteindre à l’unité puissante et si fortement caractérisée que nous lui voyons dès les débuts de l’histoire, et qu’elle ait assez fortement dégagé ses traits propres d’une origine confuse, pour les conserver ainsi, jusqu’à nos jours, sur la face de ses descendants, aussi inaltérables que sur la face de granit de ses temples et de ses tombeaux.

f IG. 123. — THEBES. RESTITUTION DE L’AVENUE CENTRALE DE LA SALLE LES PREMIÈRES CIVILISATIONS

d'Egypte.

KARXAK.

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