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FIG. 137. — THÈBES. ENTRÉE DE LA VALLÉE DES TOMBEAUX

Les montagnes de la rive gauche de Tlièbes sont remplies de tombeaux, ou plutôt d’immenses palais souterrains creusés dans le roc, où se trouvent surtout les sépultures des rois des xvine, xix' et xx* dynasties, notamment celui de Séti 1" (XVe siècle avant Jésus-Christ), et celui de Sésostris. Le premier a 145 mètres de longueur; il se compose, comme tontes les constructions analogues, d’une longue série de galeries et de vastes salles souterraines dont les parois sont couvertes de bas-reliefs et de peintures. La dernière de ces salles renfermait le sarcophage.

Notre ouvrage contient de nombreux dessins empruntés à ces bas-reliefs et à ces peintures. Ils forment les documents les plus précieux que nous possédions aujourd’hui pour reconstituer l’histoire de la civilisation égyptienne..

gauchement les chefs-d’œuvre de la civilisation qu’ils venaient de renverser.

Au moment où le roi Shabak, dont nous parlons plus haut, devint seul maître de toute l’Égypte, le roi d’Assyrie, Sargon, venait de faire tomber le royaume d’Israël, et étendait son empire presque jusqu’à l’isthme de Suez. Shabak, appelé par le roi de Gaza, conçut la pensée d’entraver dans ses progrès cette puissance

grandissante. Mais, complètement battu avec son allié, il ne se sauva qu’à grand’peine. Sa fuite ne s’arrêta qu’au fond de l’Éthiopie, car l’Égypte, irritée de sa défaite, se soulevait partout sur son passage. Les gouverneurs reprirent leur indépendance, et vingt petits rois se partagèrent la vallée du Nil.

Cependant Shabak, en s’attaquant à l’Assyrie, avait éveillé la colère et attiré l’attention de cette redoutable puissance. Un des successeurs de Sargon, Sennachérib, s’avança jusqu’à Péluse, à l’embouchure orientale du Nil. Séthos, qui gouvernait alors le Delta, vit se soulever contre lui la caste des guerriers qu’il avait mécontentée, et il se trouvait réduit à repousser Sennachérib avec une troupe mal préparée de gens du peuple, lorsqu’un événement, qu’on crut alors miraculeux, le délivra. Une armée de rats s’abattit dans le camp de Sennachérib, rongea les cordes des arcs et tous les objets de cuir, et força à la retraita l’armée assyrienne désarmée.

Mais, dès lors, la conquête de l’Égypte par un empire d’Asie n’était plus qu’une affaire de temps. Les divisions qui désolaient la vallée du Nil, faisaient d’elle une proie facile pour l’étranger. Une fois encore le prince éthiopien ïahraka la réunit sous un sceptre unique, et lutta énergiquement contre les envahisseurs. Son ambition et son courage furent inutiles. Les successeurs de Sennachérib, notamment Assur-bani-pal , remontèrent l’un après l’autre le Nil en vainqueurs. Thèbes, prise et pillée à deux reprises, vit pour la première fois des conquérants barbares souiller son sol sacré, et insulter, railleurs, aux colosses menaçants de ses dieux. La ville d’où étaient partis les Thoutmès et les Amenhotep pour s’en aller soumettre l’Assyrie, se voyait outragée à son tour par ces mêmes Ninivites qui jusque-là n’avaient traversé ses murs qùe la chaîne de l’esclave au cou derrière les chariots de butin.

Cependant la suprématie assyrienne ne s’affermit pas en Égypte. Quelques années après la conquête d’ Assur-bani-pal, nous voyons la vallée du Nil partagée entre une vingtaine de petits rois indigènes. Dans le Delta, il y en avait douze; c’est ce qu’on appelait la Dodécarchie du Delta. L’un d’eux, descendant des rois saïtes, l’emporta sur les autres, brisa leur pouvoir à la bataille de Momemphis, étendit son autorité sur l’Égypte entière, reconstitua l’unité monarchique et fonda la xxvie dynastie. Ce héros était le fameux

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

Psammétik, sur le compte duquel tant de légendes nous ont été conservées. Il régna glorieusement pendant quarante ans (de 651 à 611 avant J.-C.), entreprit quelques guerres heureuses, et surtout s’occupa de réparer les travaux publics qui créent le bien-être de l'Égypte, et qui, depuis bien des années tombaient dans le délabrement. A la faveur de son gouvernement solide et éclairé, les arts refleurirent dans la vallée du Nil. La grandiose inspiration d’autrefois s’était éteinte, mais la sculpture, la peinture, l’écriture égyptiennes avaient^ acquis une pureté, une délicatesse, une grâce de détails, qu’on ne pouvait apercevoir dans les œuvres colossales des vieilles dynasties.

Le fils de Psammétik, Néko Ier, doué du génie des grands pharaons, n’eut malheureusement pas les forces dont ils disposaient, car le pays était épuisé et de plus en plus envahi par les influences étrangères. Cependant Néko put créer une marine militaire, rétablir la suprématie égyptienne en Syrie par la victoire de Mageddo, et s’avancer en vainqueur jusqu’aux bords de l’Euphrate. Il entreprit de creuser un canal qui unît la mer Rouge à la Méditerranée, poursuivant en cela un projet formé jadis par Séti Ier, le chef de la xix® dynastie. L’œuvre était trop considérable, et Néko s’arrêta, après y avoir, dit-on, fait périr cent vingt mille ouvriers. Une de ses entreprises, non moins extraordinaire, réussit mieux. Il fit exécuter le premier périple autour du continent africain. Ses marins, partis par la mer Rouge, revinrent par les colonnes d’Hercule.

Cependant ce règne si brillant finit mal. Battu par Nabuchodonosor, Néko dut abandonner ses conquêtes en Syrie.

Une dernière époque de prospérité était encore réservée à l’Égypte. Ahmès ou Amasis, homme de basse extraction qu’une révolte avait placé sur le trône, donna à la vallée du Nil ses derniers jours de grandeur et de gloire politique. Ils parurent si beaux, ces derniers jours, à la pauvre Égypte, après l’abaissement et les douleurs déjà subis, qu’ils effacèrent presque dans sa mémoire les anciens siècles de gloire ! Hérodote, jugeant, comme toujours, d’après ce que lui disaient les prêtres, déclare que « jamais l’Égypte ne fut plus florissante et plus prospère que sous le règne d’ Amasis. »

L’écrivain grec avait une autre raison, toute nationale, pour louer celui qui fut d’ailleurs véritablement un grand souverain. Jamais

FIG. 138. — THÈBES. OBÉLISQUES DE THOUTMÈS Ier ET DE LA HEINE HATASOU.

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les Grecs n’étaient entrés en contact avec l’Égypte, jamais ils n’v avaient été accueillis comme sous ce prince. Eux, les étrangers, réputés jadis impurs, fondèrent, avec la protection d’Amasis, la ville de Naucratis, qui, sur le Nil sacré, près de l’embouchure canopique, constitua une vraie petite République hellénique, indépendante, élégante, animée par le va-et-vient incessant des Grecs riches

Aujourd’hui ce temple en ruines et à moitié envahi par les sahles, fut construit par les rois grecs de la dynastie des Ptolémées, successeurs d’ Alexandre. Les chapiteaux des colonnes peuvent être considérés comme le type des modifications, d’ailleurs assez faibles, que fit subir l’art grec à l'art égyptien. Commencé sons Ptolémée Epipbane (deux siècles avant notre ère), il fut terminé sous Ptolémée XII, le mari de la célèbre Cléopâtre, cinquante ans environ avant Jésus-Christ. Nous donnons une restitution de sa façade dans la figure suivante.

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