FIG. 148. — PHILÆ. TEMPLE HYPÉTHRE DE TIBÈRE
Ce temple est un de ceux que la gravure a le plus fréquemment reproduits. Le dessin que nous donnons ici a été calqué sur une de nos photographies, prise de l’un des points les plus pittoresques de l’ile si remarquable de Philæ, C’est surtout la position de ce temple au bord du Nil, au milieu d’un bouquet de palmiers, qui le rend si gracieux. Ce monument est un des édifices les plus modernes de Philæ, mais il est la copie fidèle du plus vieux temple de l'ile, construit par N’ectanébo, trente ans environ avant Ja conquête d’Alexandre.
superposent sans se remplacer; les dieux se multiplient, et, de môme que pour l’Inde, dont les croyances ont profondément changé dans le cours des âges, bien que les vieux Yédas soient restés les livres sacrés, les textes égyptiens, que leur antiquité
rendait inviolables, donnent aux croyances une fixité apparente qu’elles n’eurent jamais.
Ces croyances religieuses de l’Égypte, appartenant à des temps divers et qui se superposèrent dans les textes sacrés, dérivent des sources suivantes : d’abord le culte des morts, et comme suite naturelle la déification des rois morts ; c’est le culte qui paraît avoir dominé à l’époque des Pyramides. A ce culte primitif s’ajoutèrent, à des périodes diverses, le culte du Soleil, celui du Nil et celui de diverses forces naturelles. Dans le cours des âges, à mesure que l’unité politique s’accentuait, ce polythéisme primitif marcha vers une sorte de monothéisme local, et non national. Mais ce monothéisme, même local, l’Égypte ne l’atteignit jamais.
Tels sont les principes généraux de la religion égyptienne. Pour tracer les détails de son évolution et de son histoire, un volume suffirait à peine. Ne disposant que d’un chapitre, nous allons simplement exposer les grands traits de cette religion, telle qu’elle nous apparaît lorsqu’elle est définitivement constituée, c’est-à-dire vers la fin de la dernière dynastie.