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LES SCIENCES ET L’INDUSTRIE

§ 1er. — CE QUE FUT LA. SCIENCE ÉGYPTIENNE ET COMMENT ELLE SE RÉPANDIT DANS LE MONDE

Il n’est guère d’ouvrages écrits sur l’Égypte où l’on ne vante longuement les connaissances scientifiques des Égyptiens; mais, lorsqu’on cherche à préciser un peu l’étendue de ces connaissances, on voit que les documents font entièrement défaut. Tout ce qu’on peut dire de clair aujourd’hui sur ce sujet tiendrait aisément en quelques pages. Écrire sur la science égyptienne un ouvrage ayant le titre que nous avons mis en tête de ce paragraphe serait une tâche probablement impossible, et qui, dans tous les cas, demanderait de fort longues recherches et une dose de pénétration qu’on ne rencontre que bien rarement chez les historiens.

Ce n’est pas d’ailleurs pour la science seule que les documents sont absents. Ils ne sont pas aussi rares pour toutes les autres branches de la civilisation égyptienne; mais il est cependant bien peu de ces branches qu’il soit possible de creuser à fond avec les documents qui subsistent encore. Les sujets les plus connus en apparence, la religion et l’architecture, par exemple, présentent encore d’immenses lacunes. Pour l’arcHitecture, en effet, il existe des périodes de mille ans dont nous ne savons presque rien; et, pour toutes les époques, il y a des parties de l’architecture — ce qui concerne les maisons et les palais, notamment — dont il ne reste aucun vestige. En fait, ce que l’Égypte nous a laissé pendant cinq mille ans d’histoire peut être aisément présenté en un volume, alors que l’exposé de ce que nous ont laissé les Romains et les Grecs, dont l’existence fut pourtant beaucoup moins longue, représente des bibliothèques entières.

Ce n’est pas pourtant que les Égyptiens aient peu produit. Au contraire il est facile de montrer que si nous pouvions entrer dans le détail de leurs connaissances, ce n’est plus un volume, mais toute une Encyclopédie, aussi étendue sans doute que celle d’Aristote, qu’il faudrait pour les exposer.

Les raisons qui permettent de formuler cette conclusion sont

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