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LA SCIENCE EN ÉGYPTE D’APRES LES MONUMENTS ET LES LIVRES

Astronomie. — Les observations astronomiques permettant aux Égyptiens de régler la durée de l’année, des mois et des saisons, se perdent dans la profondeur des âges qui ont précédé leur histoire. Elles remontent à cette période durant laquelle, d’après la tradition, les dieux gouvernaient et instruisaient les hommes. C’est à l’un de ces dieux, Theuth ou Hermès, le Mercure des Grecs, que les Égyptiens faisaient remonter l’origine de toutes leurs connaissances.

Platon, qui avait voyagé en Égypte, fait dire à Socrate, dans un de ses Dialogues :

« J’ai entendu dire qu’aux environs de Naucratis, ville d’Égypte, il y avait un des plus anciens dieux de cejpays, qu’il se nommait Theuth, et qu’il avait inventé les nombres, le calcul, la géométrie, l’astronomie, les jeux d’échecs et de dés, et l’écriture. »

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

Évidemment, les découvertes de ce Theuth ne représentent pas celles d’un seul homme, car nul homme n’invente tant de choses. Il ne put que réunir des connaissances qui lui étaient bien antérieures; on lui en attribua dès lors l’invention, comme le moyen âge attribua à Aristote les connaissances rassemblées dans ses écrits.

Les Égyptiens avaient trois saisons réglées par les phénomènes du Nil : 1° la saison dite du commencement, ainsi appelée parce qu’elle était la première de l’année — c’était celle de l’inondation; elle commençait à la fin de notre mois d’avril; 2° la saison des semailles; 3° la saison des moissons. Chacune de ces saisons durait quatre mois.

Le début de l’inondation marqua donc le commencement de l’année. On remarqua, dans la vallée du Nil, que ce moment coïncidait avec le lever héliaque d’une des plus belles étoiles, de Sirius, que les Égyptiens nommaient Sopt et les Grecs Sothis.

Le jour où Sirius parait dans le ciel au même point que celui où le soleil se lève, fut le premier jour de l’année.

Celle-ci se divisa primitivement en douze mois, de trente jours chacun, répartis en trois décades de dix jours. A l’époque où commence l’histoire d’Égypte, le souvenir seul de cette année de trois cent soixante jours subsiste, car une réforme importante s’était déjà imposée.

En effet, on ne tarda pas à s’apercevoir que l’année, ainsi organisée, avançait de cinq jours et un quart sur l’année astronomique, et que les saisons officielles ne répondaient bientôt plus à celles de la nature. On ajouta donc cinq jours à l’année de trois cent soixante jours, et on les fit suivre le trentième du dernier mois. C’est ce qu’on appela les jours épagomènes. Ils répondaient aux 27, 28, 29, 30 et 31 de notre mois d’août.

On ne peut assigner la date de cette réforme; elle se perd dans la nuit des temps, puisque les Égyptiens la font remonter à une époque antérieure à Ménès, le premier roi de leur première dynastie.

Cependant l’année de trois cent soixante-cinq jours ne correspondait pas encore exactement à l’année réelle. Le lever héliaque de Sirius continua de retarder sur elle d’un quart de jour par an, c’est-à-dire d’un jour en quatre ans, et de trois cent soixante-cincr

jours ou de toute une année au bout de 365 x 4 ou 1460 années astronomiques. Après 1461 ans civils, Sirius avait de nouveau — mais pour une fois seulement — son lever héliaque le premier jour

D'après Cbainpollioa.

FIG. 197. — PEUPLES CONNUS DES ANCIENS ÉGYPTIENS, COPIÉS SUR LES PEINTURES MURALES DE THÈBES.

1. Egyptien. — 2. Nègre. — 3. Arabe ou Juif. — 4. Assyrien. — 5. Grec ou Ionien.

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