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FIG. 258. — CLÉOPÂTRE

(D'après une monnaie grecque.)

LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE

en des attitudes hiératiques, et cette tendance s’accentue de plus en plus, lorsque, après Ramsès II, la décadence de l’art égyptien a commencé.

Une sorte de renaissance qui se manifesta sous les dynasties saïtes fut caractérisée par un violent effort pour revenir à la nature, ou du moins pour imiter ceux qui l’imitaient, et reprendre les traditions des vieux maîtres de l’Ancien Empire. Cette renaissance produisit quelques belles œuvres que l’on peut voir dans nos mu-

J’ai donné, page 236 de cet ouvrage, quelques indications historiques sur le royaume éthiopien de Méroé. Sa civilisation était entièrement égyptienne. Mais il suffirait de contempler ce bas-relief et ceux représentés plus loin, pour voir qn’on se trouve en présence d'une race bien inférieure à celle qui habitait l’Égypte.

sées. Mais elle ne dura pas, et, bien que l’Égypte eût continué à tailler la pierre pendant des siècles, elle ne donna plus d’œuvres originales. De médiocres ou ridicules copies, dans lesquelles elle exagéra les conventions du Nouvel Empire, voilà tout ce qu’elle produisit jusqu’à la persécution iconoclaste de Théodose qui porta le coup final aux arts dans la vallée du Nil.

Ainsi la période la plus glorieuse, la plus riche en chefs-d’œuvre pour la sculpture égyptienne fut celle de l’Ancien Empire. Nous n’avons pas encore tiré de la poussière du désert toutes les merveilles artistiques qu’elle a ensevelies. Peut-être si nous parve-

nons, à force de persévérance, à soulever complètement ce lourd linceul, peut-être trouverons-nous, non seulement d’autres statues comme celles du Scribe, mais encore les ébauches qui ont dû précéder cet épanouissement extraordinaire d’un art presque absolument parfait. Nous remonterions encore quelques pas dans cette nuit du passé, qui, parfois nous semble plus mystérieuse, plus attirante encore que celle de l’avenir. Nous retrouverions les traces de ces générations obstinées et patientes dont les mains inhabiles ont dégrossi les matériaux avec lesquels nous avons pu bâtir ensuite l’édifice splendide de nos civilisations.

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