Cerviis iarandas
Elephas pnmigenias.
Rhinocéros lichorhinns. YI. | Cervus larandus.
Mais ces divisions, même si elles étaient rigoureusement établies, ce qui n'est pas, ne seraient d'aucun usage pratique pour le classement des industries humaines ; car jamais on ne rencontre
(1) Cf. J. WoLDRicii, Diluvinle europa-ische dans Ions les cours tleau de la plaine, acconinordasialische Sauerjetbierfauna und Une Bezie- pagnée fie Mehinin h'.berculata el de Mel'inopxis hunyenzum Menschen. Sainl-Pétersboiir<î 1887. nodo^us. pénètre dans les vallées; mais cesse
(2) Knlre autres pays de l'Asie où j'ai ren- brusquement vers 700 mètres d altitude devant contré Corbicula fluminalis, je citerai particu- un climat trop rigoureux pour son existence, lièrement la Susiane. Là, celte espèce, qui vit (.T. M.)
lO/i I.ES PREMIÈRES CIVILISATIONS
réunis tous les types caractéristiques et, semljloraiont-ils être tous dans une même couche, qu'on ne serait jamais certain, pour le groupe IV par exemple, qu'il ne manquât pas soit^". meridionalis, soit C. luî'andus.
Parmi les espèces qui s'éteignent durant le pléistocène, citons les plus importantes, savoir : E. meridionalis, E. antiquus, E. primigenius, Rhinocéros lichorhiniis (1), Hippopolamus major, UrsLis spelœiis, Hyiena spelœa (2), Felis spelœa '8}, Ceruus megaceros. etc.
Les genres Elephas, Rhinocéros, Hippopolamus, les grands félins, rhyène, l'antilope n'ont pas émigré, comme on le prétend généralement; ils ont disparu de nos régions par extinction des espèces qui les y représentaient; mais ont continué de vivre dans les pays propres à leur exislonce et où ils se trouvaient déjà représentés par des tyj)es spéciaux, n'ayant aucune autre parenté avec les espèces européennes que leur nom généri(|ue.
On remarquera que l'éléphant, qui vivait aussi bien en Amérique du Nord qu'en Europe, ne s'est pas retiré vers le centre ou le sud du nouveau monde, où il aurait rencontré des conditions analogues à celles que l'Afrique équatoriale, l'Inde et l'Indo-Chine olTrent ta ses congénères ; que les espèces européennes n'ont pas gagné le Sud, que toutes ces espèces se sont éteintes.
L'émigration ne porte donc que sur les animaux qui se sont retirés vers les régions froides, pays polaires ou grandes altitudes, tels sont : le renne (Ceruus larandus) (4), émigré au Nord, le glouton {Galo luscus) (5) et la marmotte (Arclomgs niarmola) (6), cantonnés aujourd'hui dans les grandes hauteurs, et Crsus ferox (7; (|ui ne vit plus que dans les montagnes Rocheuses en Amérique du Nord. Ce fut une exode de ces animaux vers les régions laissées libres par la fonte des glaciers, pays où ils rencontraient les conditions propres à leur habitat.
Nous savons que E. primigenius et Hh. lichorhinus étaient
(1) Cuvier. Le Rh. licfioihinus (;iux na- nat. Dcscr. Musce de Saint-Germain, I, p. 53.
fines cloisonnées) semble représenter un Nombreuses notes.
rhinocéros tertiaire dont la ilenlilion a été (5) Cf. Gervais, Restes fossiles du glouton
modifiée pour s'adapter au régime licrbivore. recueillis en France, in Matériaux, l. VI,
Gaudry, Matériaux /lOur iltistoire des temps p. iSi, gravé suv un os (Reliq. Aquitan., p. '209).
quaternaires, p. 86.) G) La marmotte ipiaternaire dillere de l'es-
(-2) Goldfuss. Syn. probable, Hyœna vrocuta pèce actuelle. Cf. Gaudry, Matériaux pour
d'.Virique (Gaudry, Matériaux, t. XIX, p. lltt.) l'histoire des lemjis quaternaires, 1, p. 27,
(3)Goldiuss. Syn. Léo spelieiis. pi. H, lli.
(4) Linné. Cuvier, Ussew. foss., t. IV, p. Il (7) Grizzly bear. Cf. Keller, Die Tliiere dvr
s,|. Pour la bibliogr., Cf. S. Rei.nac.ii, Antiq. Allerlhums, p. lOfi, sq.
LA FLORE, LA FAUNE ET LIIOMME AUX Ti:\IPS (.LACLMIŒS 10,')
armés contre le froid par (l'éj)aisses toisons atteignant parfois jusqu'à 0 m. 70 de longueur; mais il nous est interdit de juger iVE. meridionalis et d'^". anliquiis aussi l)ien suivant ce que nous connaissons de leurs contemporains, (|ue d'après ce que nous savons des éléphants modernes. Notre éducation, d'une pail, nous porte à ranger l'éléphant parmi les animaux des pays chauds, et d'autre part, les toundras nous ofl'renl des lypes de régions froides; mais nous ne connaissons pas les espèces des climats tempérés.
En ce qui concei'ue nos pays, la premiéic phase des éléphants semble correspondre à un climat chaud, hi seconde à un froid humide, la troisième à un froid sec, s'adoucissant peu à peu, jus([u"à aboutir au climat actuel.
Ces lois semblent se juslitier en ce (|iii concerne l'Europe centrale et occidentale; toutefois, les allernances d(î froidures et de chaleur ont elles-mêmes subi jjien des variations locales; et il serait imprudent de géjiéraliser, dès n)aiiit<'iiant, 1<3S conclusions d'observations souvent insuffisantes ou géogra|)iu(juement trop rapprochées les unes des autres.
Hors d'Europe la faune est différente, bien (|ue faisant partie d'un même ensemble caractéristique des temps modernes.
En Amérique du Nord, les herbivores dominent : Elephdn Colombi, E. americaniis{[\ E. primigenius, Maslodon americanus, Et/iius, et plus particulièrement les édenlés : Megalherium, Mylo- </o/i, A/e</a/o/2//x; mais c'est surtout dans TA nié lique méridionale que ce dernier groupe voit son apogée avec les Mcfjaiherinm, Mijlodon, Megalonyx, Glyptodon, Chamydoiheriiim, Pachi/lherium, etc. {'!).
En Afri(|ue, la faune est la même que dans les temps actuels ; sauf que l'aire occupée par les éléphants, hippo])otames, rhinocéros et buffles est beaucoup plus étendue. Ces animaux vivent jusqu'en Algérie et à Malte. On sait que les hippopotames ont habité la vallée du Nil jusque dans les temps hisloi iques.
Les grands pachydermes modernes nés ont pas des habitants des prairies; ils vivent dans les forêts tropicales les plus épaisses. En Indo-Chine, j'en ai rencontré des troupes dans les jungles les plus impénétrables, là où l'homme n'avait jamais foulé le sol.
(1) Une pipe en giè?i trouvée dans Louisa quaternaire^, nu. iitioqn'en Amérique du NoitI
CounLy (lo\\a,i et représentant un élépliant les grands pacliydeinies ne se sont éteints
(de Nadaillac, Matériaux, 1885, p. 505, fig. 131) que très Uu'divcnient.
dont rage ne peut remonter jus({u'aux temps (2) Cf. H ana, Man. of d'aï., 1875.
10() Î.ES PlillMlKHKS C.IVIFJSATIONS
Les chevaux, au coiilrairc, cherchent leur noui'i-itiire dans les steppes ; tandis que les buflles ne se plaisent que dans les marécages.
En Australie, comme de nos jours, les marsupiaux dominent au pléistocène ; mais ils se font remarquer par leur grande taille : iJiprutodon, ïVoioiheriiim, etc.
En IJussie, sauf peut-être dans une partie de la région Baltique, de la Finlande et du Gouvernement d'Olonetz, ou ne trouve qu'un seul dépôt erratique, contemporain de l'extension maxima des glaciers Scandinaves. Il (^st recouvert par des alluvions renfermant des vestiges d E. primigeniiis.
Plus à l'est, toute la Sibérie (1) est restée pendant cette période le domaine des grands pachydermes (2).
Le sol des îles Liakhow et de la Nouvelle-Sibérie est, pour ainsi dire, formé d'ossements de mammifèresé teints (3) ; parmi lesquels le mammouth [E. primifjeniLis), avant-coureur des glaciers en Angleterre :7i), dont on a trouvé quelques molaires en Danemark et que certains savants (5; croient pouvoir faire vivre, dans nos pays, jusqu'au trentième et même au vingtième siècle avant notre ère.
Bien f[ue ce soit une opinion généralement adoptée, on ne peut dire que le mammouth fut plus nombreux en Sibérie qu'en Europe; car, dans certains graviers de la France, on rencontre ses restes en abondance extrême. Toutefois, ce n'est que dans les toundras sibériens qu'on le trouve parfaitement conservé, gelé depuis des milliers d'années, ayant encore entre les dents les fragments des végétaux, l)ouleau, mélèze, épicéa, dont il se nourrissait.
('es grands herbivores (0) ont disj)aru, parce que le froid a fait périr la végétation dont ils s'alimentaient; et les cadavres de ceux-là seuls ont été conservés (pii étaient tombés dans les crevasses des anciens glaciers (7).
Ces glaces, (jui conli<'niient en très grand nombre les corps
il) Puni- Io climat a<Uicl de l.i Sibrrie, Cf. (5) Schaaffiiausen. Contjr. de Salzbourij.
Allas clinuilologique de l'Empire de liuxsie, 1881.
IHiblié par I Observaloiro physique central (G) Le bœuf iaus(pié ne semble pas avoir
Nicolas, in-folio, Sainl-i'éLersbouig, 1900. Un vécu en Sibérie; il s'est éteint en Europe
pùle (lu froid (décembre, janvier, février pendant 1 époque glaciaire, mais a survécu en
— 48°) semble situé par l/SO" long. E de Gr. et Amérique où il vit depuis le nord du Canada
• u» lai. N au sud de Verkhoiansk. jusqu'au Groenland par H!" lat. N. Cf.
{■■2) Pour les formations pléistocènes des iles G. Nathorst, le Lou|> polaire et le Koiuf mus-
siluées au noid <le la Sibérie, Cf. Miim Acad. <pié dans le Groenland orien:al.ds l(i Géoyra-
sr.Sainl-I'élerxboury, sér. VllI, vol. IX. 1. phie, 1901. t. 111, pp. 1-16.)
3) UAitcHiAC, Rev. des roura sdenlif., 1. 1. (7) De Lapparent, Traité de Géologie, G' éd..
4) Bortr, liev. é'anlhrop.. 18ss. p. tlTl. IWC.
LA FLORK, LA I AUNE KT LilOMME AUX TEMPS (ll^ACIAIRES 107
gelés des animaux pléislocônes, sont recouvertes par des limons et des sables renfermant en même temps que des feuilles de bouleau, des pisidiiim et des limnea, restes d'anciens lacs produits, bien certaincmciil, j)ar des barrages glaciaires.
La disparition d<^s mammoutbs et des rhinocéros s'est-elle faite, en Sibérie, graduellement, ou d'une façon brutale? c'est ce que nous ne saurions dire ; mais la grande accumulation des cadavres serait de nature à faire supposer, sur certains points, des cataclysmes soudains. La présence des grands ossuaires de ce genre à Pikermi (1), Maragha (2), aux îles Liakhow (3), à la Nouvelle-Sibérie, en Palagouie (/i), semblent bien difficiles à expliquer autrement.
Telle était la faune aux temps pléistocènes. (^uant aux conditions dans Ios(|uelles nous rencontrons ses vestiges, elles sont essentiellement variables, tout en ne sortant pas des limites que je viens d'assigner. La division générale en faune froide et faune chaude ne présente guère de certitude ; car nous voyons partout sur le globe des phénomènes analogues dont la portée n'est que locale, et nous ne connaissons pas assez la biologie des êtres fossiles pour l'assimiler à celle des animaux actuels. Parmi les grands félins modernes le tigre royal, par exemple, l'hôte habituel des forêts du Bengale et de l'Indo-Ghine, ne vit-il pas au ^lazandéran et jusque sur les plateaux glacés du Tibet?
En ce qui concerne les alluvions, aucune certitude n'est permise ; car le transport par les eaux peut avoir opéré des mélanges entre des faunes diverses, chaude et froide, entre celles de plusieurs disti'icts zoologiques d'altitudes diverses. De nos jours, ces districts abondent et parfois ils sont très voisins les uns des autres. Pour(|uoi n'en aurait-il pas été ainsi autrefois?
Chercher à classer dans leurs détails les alluvions pléistocènes, au moyen des ossements fossiles (ju'on y rencontre, est négliger toutes les considérations que je viens d'exposer. Il ne faut donc envisager les alluvions que dans leur ensemble, en notant toutes les particularités qui peuvent présenter un intérêt local; car c'est de ces monographies qu'un jour sortira la classification méthodique, si jamais on parvient à l'établir.
Les premières traces prouvant l'existence de l'homme, qui
(1) Cf. A. Gaudry, Ann. Pal. Muséum. 2.055 ossemenls appartennnl au mammouUi,
{D Cf DE R. Mecouenem, ds Annalea de In au rhinocéros, au cheval sain-af^e, a I antilope
Déléuation en Perse l. I. saïga, au tigre, etc.
(3; Aux iles Liakhow, lîungc a recueilli {i) GAVDnY,Pata<jonie, Ann.PnlMuseuw.
nous apparaissent d'indiscutable manière, ne se rencontrent généralement pas dans le site même où cet homme a vécu; mais le plus souvent dans des lits plus ou moins épais d'alluvions (1), mélangés aux restes des animaux ses contemporains, peut-être aussi ses prédécesseurs, et à une quantité de matériaux arrachés aux couches plus anciennes que le phénomène alluvial.
La masse énorme de névés durcis que renfermaient les glaciers détermina, avant et lors de sa fusion, de grands courants d'impétuosité variable, suivant que les lacs de barrages étaient plus ou moins volumineux, que les glaces fondaient plus ou moins rapidement. Ces courants, fréquemment très violents, désagrégèrent sur leur passage toutes les couches meubles, la terre végétale tertiaire, les roches tendres, telles que les sables, les argiles, les marnes, la craie ; entraînèrent au loin les particules légères pour abandonner, au fond de leur lit momentané, les matières dures demeurées en noyaux, d'un transport plus difficile. C'est ainsi que dans les dépôts du diliwium on trouve, à la base, des couches plus ou moins épaisses de galets.
Puis l'intensité des courants décrut, permettant à des sédiments plus fins, graviers, sables, argiles enfin, de se déposer. De nouvelles crues survinrent encore, correspondant à de nouveaux cataclysmes; elles recouvrirent les premiers sédiments de lits supérieurs, comj)osés de gros éléments.
Enfin les grands glaciers disparurent pour toujours; et les eaux lentes de leur dernière fonte, jointes à celles des pluies, terminèrent la série du diliwium par des dépôts sableux et boueux. Le régime actuel des eaux, la topographie moderne, étaient définitivement fixés.
C'est dans les cailloux roulés inférieurs, reposant sur le tertiaire ou le crétacé, qu'à Chelles, à Saint-Acheul et h Abbeville ont été découverts les instruments les plus anciens connus jusqu'ici comme ayant été sûrement façonnés par la main de l'homme (2).
Ces instruments, non roulés, taillés presque sur l'emplacement où ils ont été trouvés, eussent pu être attribués au pliocène comme provenant de son humus, lavé par les eaux du diliivium, s'ils n'étaient accompagnés d'ossements iVEIephas antiquus,
(1) Cf. Belgrand, Conijràs de Bruxelles, ISTJ, (2) Ces couches sont considérées comme
p. 133 sq. Ces îilluvions anciennes portent le interglaciaires. Cf. Reu. d'Anthrop., t. XVI,
nom de diluvium, celui (t'alluvium étant ré- p. 388 sq., XVII, p. 388 sq. et rm sq. serve pour les dépôts Ihivialiles récents.
LA ILOMK. LA FALiXE LT LMOMJMH AUX TKMPS CILACLMRES 100
Rhinocéros Mercki, Trongolheriuin Cnvieri^ cLc, animaux considérés comme caractéristiques du pléistocène dans nos pa\^s.
Le coup-de-poing, c'est ainsi (|ue G. de Morlillet (1) nomme ces outils primitifs, est un instrument de forme amygdaloïde, taillé sur toutes ses faces, renllé en son milieu, arrondi à l'une de ses extrémités, terminé en pointe à l'autre. S'il est incomplètement façonné, c'est toujours la partie arrondie, le talon, qui demeure négligé ; c'est donc par sa pointe et s(;s côtés tranchants qu'il était d'usage.
Les dimensions du coup-de-[)oing sont extrêmement variables. On en trouve présentant une longueur de 0 m. 35 et même de 0 m. 40, tandis <|uo d'autres sont à peine longs de 7 ou 8 centimètres. En moyenne, il mesure de 12 à 15 centimètres de longueur. Dans tous les cas, ses formes, bien que variables, appartiennent toujours au même type de fabrication, que l'exemplaire soit élancé, ai'rondi ou ellij)tique.
Les matières employées pour la confection de ces instruments sont celles de la région même où ils se rencontrent : le silex pour les pays du nord de la France, pour la Belgique, le sud de l'Angleterre, l'Algérie, la Syrie, l'Egypte; les grès et les quartzites pour les contrées voisines des P^a^énées, les Indes, l'Amérique du Nord; le pétro-silex dans le nord de l'Afrique (2). Toutefois, l'obsidienne, matière abondante, mais tiop fragile, ne semble pas avoir été d'usage à réj)oc|ue quaternaire (8).
Il est difficile de dire si ces matières ont été employées avant leur transport alluvial ou après. Beaucoup furent empruntées aux montagnes, dans le site même de leur formation géologique; mais aussi bien des coups-de-poing ont certainement été taillés dans des rognons déjà roulés. Fait très naturel d'ailleurs, au point de vue technique, et dont toutes les industries de la pierre fournissent de nombreux exemples.
Les préhistoriens conviennent généralement de ranger, parmi les plus anciens, les types présentant le travail le plus grossier: et de voir, dans la perfection de la taille, un signe de progrès.
(1) Cf. enlrc autres ollv^0JiL■^- tic G. ni; Mou- non de >ikx. matière résorvcc aux objets «liin
TiLLET, Musée prcliislorique. Paris, 1881. pi. VI travail plus soifinc. (J. M.)
à X. (3 Les fiisemenis les plus importants d'ob-
(2^ Dans les gisements de Tunisie où lir, sidienne se trouvent dans le petit Caucase,
types chcUéen et moustérien coexistent, il les iles grecques, le Japon et le Mexique,
est à remarquer que tous les iuslruments do pays où il n'a pas été rencontre jusqu'ici
forme clielléennc sont faits de pélro-silox il irinslrnmcnls du type chelléen.
Cette classification ne saurait être admise (1) ; car certaines roches telles que les quartz, quartzites et grès durs, ne se prêtent pas à un travail fin ; et, tous les instruments n'étant pas destinés aux mêmes usages, il n'était pas nécessaire de leur accorder à tous les mêmes soins. 11 ne peut donc être établi de classement industriel et à fortiori de rangement chronologique d'après ces données seulement. C'est ainsi qu'il semble aujourd'hui prouvé que, dans bien des localités, les formes dites nioustériennes ne sont autres que des instruments spéciaux, voulus par les besoins de la vie et contemporains des types chelléen et acheuléen (2).
Quant à la destination et au mode d'emploi du coup-de-poing, il a été et est encore très discuté. G. de Mortillet admet qu'on employait ces instruments, sans emmanchement, en les tenant directement dans la main ; d'autres supposent, au contraire, qu'ils étaient munis d'un manche et citent à l'appui de leur opinion de semblables outils emmanchés, usités encore par certaines populations australiennes (3).
Débutant avec les galets inférieurs, l'industrie paléolithique se poursuit, sans grands progrès, jusqu'au sommet du lœss, sorte de boue argileuse assez fortement chargée de calcaire, qui, sur la majeure partie du globe, couvre les alluvions caillouteuses.
On rencontre le lœss dans le nord de la France, en Angleterre méridionale, en Belgique, dans l'Allemagne du Nord et du Sud, dans le bassin du Danube; mais on ne le trouve ni en Russie, ni sur les bords de la Baltique ou de la mer du Nord. 11 abonde en Chine, aux Etats-Unis, à la Plata et partout ne s'écarte pas des abords des grands massifs accidentés. Le dépôt de lœss est un fait spécial, qui n'a rien à voir avec le classement chronologique général des industries.
Dans ces couches et dans les alluvions sous-jacentes, les instruments paléolithiques ont été rencontrés dans toute la France (/|), la Belgique, le sud de l'Angleterre (5), l'Espagne (6), l'Algérie (7),
^1) On ti inùme proposé de subdiviser (4) France. Cf. G. de IMortillet, le Préhi.<-
Vépoque itcheulêenne en quatre périodes sui- torique
vanl la forme des instruments Cf. Th. Bau- (5* .Xnglelerre. Cf. .1. Evans, les Agex de lu
noT^, Congrès préhist.deFrunre,\901{i'60'<),\) 97. pierre delà Grande-Bretagne, U'aà. fr., 1878.
(2) Pour le nord de la France la succession (6) Espagne. Cf. Cartailhac, Ages préhisl.
des types chelléen, actieuléen el mouslérlen de l'Espagne el du Portugal, 1880.
semble devoir èlre admise, n n'en est pas de (7) Algérie. Cf. Matériaux, t. X, p. 196;
même en Tunisie el eu Egypte où ces trois l. XXII, p. iii. — Zabouowski, Période néo-
vpes ont élé contemporains. litli. Afr. du Nord. ïn Rev. Ecole Anthrop.,
(3><^:ABTAiLHAr., /a France préhistorique, 189G, 1899, p. 41 — Tunisie. Cf. Matériaux, l. XXI.
P- 5. p. 176. — R. CoLLioo.N. les Ages de la pierre
LA FLOUE, LA lAUNK ET LllO.MMi: MX I EMPS >iLACL\IRES 11|
l'Italie (l), rAllemagne méridionale ;2,, la Hongrie, Tl^gypte (3), la Syrie (4), le désertsyro-arabique (5), la Palestine (6), les Indes (7), le Japon (8), le Somal (9), le Cap do nonne-Espérance (10), le Congo (H), le paysdesTonarogs (12), la Tnnisie (13), l'Algérie (l/i s rAmérique du Nord (15), le Mexique (16); leur présence est douteuse en Grèce (17), en Sicile (18), à Malle (19), en Sibérie (20. lis font défaut eu Scandinavie, Ecosse, Irlande, dans le nord de l'Angleterre, de l'AUeniagne, en Suisse, au Tyrol, dans le plateau iranien, au nord de l'Amérique septentrionale et dans toute la région inhabitable à l'époque glaciaire (21).
en Tunisie, in Malér. Ilisl. uni. Homme, 1887,
■.V S('T., t.. IV.
(1) Ilalie. Cf. G. de Moutillet, le Préhisloriqae. — Pigokini, Bull, di palelnol, ilal , 187G, p. 121. — Capei.lim, L'elA délia [nelra nella Valh' delta Vibrata.— C. Rosa. liic. di Arch.
prei.'^l. n. Valle délia Vibrata. Florence, 1871.
(2) Sur les fjisemenls paléolllbiques dAllemasrie. Cf Thiede (Verli. Be-l Ge.s., 1876, p. 207; 1878, p. 259: 1880, p 83; 1882, p. 73).
— Westeregeln Verh. Bert. Ges., 187 , p. 2(X;).
— Weimar {Verh. Berl Ges., 1877, p. 25- Paleontographica, t. XXV, 1878. Arch. f. An- Ihrop., 1887, t. X, p. 13i). Ces gisements sont situés sur la lisière des dépôts erra.iques. — Cf. Boule, Heu dAnlhrop.,\S?,S, t. XVII, p 141.
— S. Rkinach, Anliq nat. Descr. Mus. Saint- Germain, I, p. 37, note i.
(3) Egypte. Cf. G. DE MoRTiLLET, le Préhistorique. \>. Ml. — Reu. d'Anthr., 1879,1. \ IILp.lKi.
— J. DE Morgan, Recherches sur les Origines de l'Egijple. 2 vol. 1896, 1897. — G. Sciiwein- FURTH , Kiesel Arlefacte in der diiuvialen Schotler-Terrasse und auf den Plateau-H'ihen Yon Ttieben, in Verhandl. d. Berliner Gesell. /. Anlhrop., elc , 1902, p. 293.
(4) Syrie. Cf. Zumoffen, la Phénicie avant les Phéniciens. — E. Cartailhac, l'Age de la pieiTe en Asie. Congr. orientalistes. 3= sess. (1878 , t. I. p. 315, 1880. — S. Chauvët, Age de la pierre en Asie. Congr. intern. Arch. préhist., 11» sess.. t. I, p. 57. Moscou, 1892.
(5) Désert syro-arabique l'almyre, Soukhna. Cf. J. DE Morgan, Note sur la basse Mésopotamie, ds la Géographie, 1900, t. II, pp. 246- 2(i2. — Cf Zlmoffeis. la Phénicie avant les Phéniciens. Beyroutb, 1900. pi I-V.
(6 Palestine ? Congrès de Paris, p. 113. - Galilée (Cazalis de Fondouce otMoretain). — Babjlonie? Congrès de Paris, p. 118.
(7; Indes. Cf. Cockburn, Joarn. Anlhrop. fn.it., t. XVI, n" 4. — Rivett Carnac, Joarn. Anthr. Inst., t. XIII, 1884, p. 119. - Mei.licot and Blanford, Man Geol. of India. Calcutta.
(8) Japon. KouzNETzoF. Age de la pierre au Japon, in Malér. Hist. Homme. 1879, p ;si.
(9) Somal Setton Karr, Discov of Evid.
Paleolith. Age in Somaliland, in Journ. Anlhrop. Insl., 1896. t. XXV, p. 271 et id., août
(10) Cap de Bonne- Espérance. Gooch, The Stono .\ge of Soutb Africa, in Journ. Anlhrop.
Inslituie, IKsi, — A. Rutot, Bull. Soc. Belge, Géol., t. XXI. 19W, p. 212.
(11) Congo. W. GoocH, Journ. Anlhrop.
Insl., 1882, t. XI. p 124.
(12) Touaregs (Wcisgerber, Lenz, Collignon. (13^ Tunisie. Gafsa, environs de Rhadamès
(1 1) Algérie. Dans le lac Karar[Sud-Oranais], M. Genlil a rencontré en même temps que les restes d'une très importante industrie acheuléenne une faune composée d'éléphants, hippopotame, cheval, bubale, etc.
vl5) Amérique du Nord. Cf. Abbot. Primilive industry, Salem, 1881. — De Nadaillac, /Amc'rique préhistorique, p. 22. — Tu. Wilso.n, Préhist. Art, in Rep of Nul. Muséum, Washington, 1898. p. 366. — Cf. Th. Wilson, Results of an intpiiry as to Ihe existence of Man in North America during Ihe palcolithic period, in Rep. of A'u/. Muséum. 1887-1888, pp. 677-702 Washington, 1890. — Th. Wilsoii {Congrès internat. d'Anthrop et d'Archéol. préhist. (1889), 1891, p. 118 sq., le Phénom. glaciaire à Trenton [New Jersey]), mel en parallèle les classifications du quaternaire dans les Etats-Unis, les Alpes allemandes et K; nord de la France Cf. tableau, p. 1-^7), mais il ne semble pas que les synchronismes soient établis d'une manière bien concluante.
(16) Hamy. Anlhrop du Mexique; Miss, scientif. du Mexique {Rech.zool, 1" partie). — S. Herrara, J'roceed. Am. Ass udv Se. Madison, 1893, pp. 42 et 312. — De Nai>aillac, l'Amer, préhist., 1883.
(17) Grèce? 1879. Instr. signalé sous réserves par Fr. I cnormant. Ci. Reu. Arch., 1867, 1. p 1^.
(18) Sicile. L'e.xistcnce des instrument-^ paléolithiques en Sicile est fort douteuse. Il n'en existe cpiun -ipécimen conservé au musée de Syracuse, mais dont la provenance n'est pas certaine. J. M.)
(19) Malte. Le musée de vialte conserve un grand nombre d'ossements d'éléphants quaternaires ; mais on n'a pas rencontré dans cette île, à ma connaissance, d'instruments chelléens.(J. M.)
(20 Sibérie. Autour du lac Baïkal (Tchersky et Poliakof), près de Tomsk iKouznelzof). Miltlteil. Anthr. Gciell. W.en, iS96, n" i et 5. — Ces instruments ne présentent pas les mômecaractères que le type européen.
(21) Cf. la carie de Penck iRanke, Der
112 LK.- l'KKMIÈRES CIVILISATIONS
Partout ils picsentciil les mêmes caractères; et nulle part, dans les alluvions, ils ne se montrent in silii, c'est-à-dire au milieu de débris d'habitation ou accompagnés d'ossements et de fragments d'ivoire portant des traces de travail. Nous ne pouvons, d'après l'examen de ces restes remaniés, savoir si l'homme paléolithique connaissait le feu, construisait des abris, s'il se vètissait, s'il était chasseur et pécheur.
Mais, fort heureus<Muont, à cet égard, là ne se bornent pas uos connaissances. Si. depuis les temps chelléens, le sol de l'Europe a été bouleversé par les agents atmosphériques, il n'en a pas été de même dans certaines parties de l'Afrique où, par suite du j)eu d'abondance et de la rareté des pluies, le terrain n'a guère changé d'aspect dei)uis ré})oque quaternaire.
Au lieu dit El Mekta près de Gafsa en Tunisie, sont de vastes ateliers chelléens 1 , s'étendant sur plusieurs kilomètres de lono-ueur et suivant h's affleurements des silex crétacés. Plus loin, vers le sud, au li<Hi dil ( habet Rechada, entre Dehibat et Rhadames, on voit (2; d'autres ateliers, mieux conservés encore que ceux d'El Mekta. Là se retrouvent près des enclumes, au milieu d'éclats et d'instruments inachevés, les foyers (3) des ouvriers chelléens dont l'emplacement est marqué par de grosses pierres calcinées et des cendres. Des constatations analogues en ce qui concerne les ateliers ont été faites par M. M. de Morgan et M. N. W. Selon Karr (h) dans la Haute-Egypte.
On admet généralement que l'industrie paléolithique date de l'époque interglaciaire, en s'appuyant sur la faune qui l'accomnao-ne dans ses crisemenls et sur des découvertes démontrant
péremptoirement l'existence de l'homme en ces temps (5).
Lors de la fonte des glaciers, lors des pluies diluviennes qui l'accompagnèrent et la suivirent, tous les pays furent balayés par les eaux. Ce fut un déluge, entraînant tout avec lui, forêts, animaux, ossements, rochers et Instruments de pierre, détruisant les an-
Mensch, i. I, p. 385, où sont iiuli(|aces les (3) 11 t'^l à remarquer que, dès les Icmp.s
.-inciennes limiles de:^ glacier-, et le- localité- les plus anciens, l'homme connaissait l'usage
où l'on a recueilli des vestiges de l'humanilé ellallumage du feu.
paléolilhique. Elles -ont pre-jne toutes en (4) Cf. H. O. Foubes, Ballelin of llie Lt
dehors <le la zone des moraines récentes, un verpoo! Mu.-<eums, janv. 19j0, vol. II, n»- 3
|ietit nombre seulement se trouve dan- celle et i.
<les moraines anciennes. (•")) Sile.x du type ciielléen trouvés par
(1) La découverte en est due à M. Boudy. M. Boule entre deux couches glaciaires dans
iuspeclcur dos Eau.v et Forêts. (J. M.' le Cantal, f/iu//. i^oc. philomalhiqnc. Pari-,
2) Au cours de mon vovaec dr- mars liOT 1880.) avec .M. Roudv. (.1. M.'
r.A n.oru-, r.\ fauxk kt l'hommr aux th.mi-s (ii.AciAiur.s \i:\
ciens loyers, les huiles, les Iraces (riuihilalion, tous les produits du travail autres que les outils de silex, dont la matière, inattaquable
Stations paléolittii(iues et alluvions quaternairo-j do Gafsa iTiini^ie;.
par les agents atmosphériques, fui cause de leur conservation. L'homme paléolithique (1) n'a jamais habile Taire glaciaire,
M) ' L'homme paléolithique rchelléen, mous- principalcri dans notre pays : 1» une phase au térien et magdalénien) a travcr-A d'MU phases .'liinat chaud, dnns laquelle I^m hippopotames
lU
le fait a été reconnu pour rAllemagne par Penk, pour l'Iran par moi-même, et si, dans de très rares cas, on rencontre ses vestiges situés entre deux lits d'alluvions glaciaires, ce n'est (ju'à titre d'exception ; il semble s'être toujours tenu, le plus ])Ossible, hors des limites des glaces.
Il résulte de cette observation que, n'existant pas en Europe occidentale et septentrionale dans les derniers temps du pliocène.
Répartition des iiisilruinent» paléolithiques dans rAmérique septentrionale (1).
l'industrie paléolithique fit son apparition durant la période glaciaire(!>). C'est la première migration civilisatrice dont nous possédions des preuves indiscutables.
L'étendue énorme que ces instruments occupent sur le globe, et la grande homogénéité de cette première industrie, montrent (|u'à l'époque de son expansion, les pays constituant l'aire paléolithique étaient en relations entre eux.
fréquenlent les rivières; des éléphants et des rhinocéros de type africain, des cerfs, des singes vivent avec lui au milieu d'une riche végétation; 2" une phase au climat froid: alors le ciel se voile, la neiy:e tombe, les glaciers envahissent la plaine, les hippopotames s'éloignent, les éléphants et les rhinocéros prennent d'épaisses toisons, le renne descend des contrées boréales. •> (L'Age des derniers volcans de la France, ds la Géographie, t. XIIl, 1906, p. 287 sq.)
(1) D'après les listes publiée» par T. \Vilso>. Rep. of mil. Hisl. Mut;., Washington, lOiXt.
(2) M Boule Essai de paléontologie slratigraphique de l'homme, ds liei'. d'Anthiop., 1888-1889) place l'af>parilion des instruments paléolithiques dans le .Nord de la France et le Sud de l'Angleterre entre la deuxième el la troisième glaciation. — Obermaier (Bei- Iràqe zitr Kennlniss des quarlfirs in Pi/renaen, 190G) le fait coïncider dans les Pjrénéesavec In dernière période inteiglaciaire.
LA I I.ORi:. l.A I AINE ET LIIOMME AUX TEMPS (ll.ACIAlRES j 4 5
On a pensé que ceitainos régions, comme l'Amérique du Sud, s'étaient trouvées en dehors de rinduence clielléenne, se basant sur la présence dans lesalluvions des Pampas d'instruments d'un type tout spécial (1) ; mais les récentes découvertes montrent que cette industrie s'est ])ropagée jusqu'au sud du nouveau monde. Certainement il existe des régions où riiomme, sans communications avec ses congénères, dut évoluer d'une manière spéciale; mais, ces districts, nous Jie les connaissons pas encore et, sauf en ce qui concerne la Sibérie, il semble qu'aux temps quaternaires il existait des relations entre les diverses parties des continents encore émergés de nos jours.
Toute migration procède d'un centre, d'un foyer originel ou transitoire, d'un point d'où, trouvant les chemins libres pour les moyens à leur disposition, les êtres ou les idées ont pu se transporter en pays étrangers.
Ce centre de l'industrie paléolithique, dont la migration est aujourd'hui dûment prouvée, où devons-nous le plac<3r ? Ce n'est certes pas dans les pays européens ; puisque c'est là même que nous trouvons les traces d'immigration, sans rencontrer les vestiges des premiers essais dans l'industrie de la pierre. Ce n'est pas en Amérique, région qui semble être l'un des points extrêmes de l'expansion, si toutefois les instruments chelléens de cette région peuvent être attribués au pléistocène. Ce n'est pas en Iran, contrée glacée ; ce n'est pas non plus en Sibérie, pays alors privé de communications avec le reste du monde; ce serait plutôt en Orient, peut-être dans les pays qui forment aujourd'hui la Syrie, l'Arabie et l'Egypte, peut-être même plus loin vers l'est, dans ce continent, aujourd'hui disparu, qui semble avoir relié jadis Sokotora aux Indes.
Les éolithes signalées par Schw^infurth dans les alluvions égyptiennes (2) et tunisiennes (3) ne sont-elles pas ces premiers essais qui devaient aboutir à l'outillage paléolithique ? Et celles d'Europe, beaucoup plus anciennes, ne proviennent-elles pas d'autres races étrangères à celles du coiip-de-poing ? Le monde n'étail-il pas
(1) F. Ameciiino, Armes et instruments de n» 12. Le Caire, 1897. — Kiesel Artcfacte in l'époque préhistorique des Pampas. Peu. der diluvialen Schotter-Terrasse und auf den (ÏAnthrop., 188», p. 4. — La Anteguedad del Plateau-Hôhen von Theben, in Verliandl. d. hombre en El Ptala. Buenos-Aires, 1880, 2 vol. Reiiiner Gesell. f. Anthrop., 19 juillet. 1902.
(2) Cf. Docteur G. ScnwEiNFCRTn, De l'Ori- Berlin.
gine des Egyptiens et de quelques-uns de (3) Cf. Docteur G. Schweinpurtu, Sleinzeil-
leurs usages remontant à Tiige de la pierre, ds liche Forschungen in SUdlOnisien, in Zeilsch. Bull. Soc. khédiviale de Géncjraphie, IV' série, /'. Elhnol. Berlin, 1907, p. 137 sq.
IK^^ LES l'HKMFKHES CIVILISATIONS
habile, déjà, sur une partie de ses terres; et la civilisalion paléolitliique n'est-elle pas venue s'implanter, par migration ou mieux par influence, chez des peuplades sauvages? On est tenté de le croire; car c'est là la seule hypothèse permettant d'expliquer l'immense ré|)artition de Tindustrie paléolithique sur le globe.
Cette propagation du type chelléen, ayant eu lieu lors de la période glaciaire, n'aflecta qu'une partie des pays alors habitables, voire même i)eut-être habités ; car tous ne l'étaient probablement pas en dehors de ceux qui no le pouvaient être. Ainsi le nord de l'Europe, de rx\mérique, le plateau central de l'Asie, celui de l'Iran (1), restèrent impénétrables parce qu'ils étaient couverts de o-laces; mais la Sibérie peuplée (2) se trouvait dans des conditions telles que, probablement, idh' resta en deliors du mouvement.
Isolée du reste du monde, à l'ouest par les glaciers Scandinaves et par le lac aralo-caspien, au sud par les plateaux gelés du centre asiatique et de la Perse, à l'est par les glaciers du Kamchatka et du Pôle, la Sibérie dut n'avoir que bien peu d<> communications avec le foyer paléolithique, si toutefois elle en eut; et quand les chemins s'ouvrirent, lorsque devenues glaciales elles-mêmes ses plaines durent être abandonnées, l'industrie paléolithique avait fait son temps et le monde entier, sauf peut-être quelques pays retirés, en était à l'état archéolithique ou même au mésolithique.
La propagation du paléolithiciiic soulève de nombreux problèmes dont la solution n'est pas encore étayée scientifiquement. Non, en ce qui concerne l'Europe, l'Afrique et l'Asie antérieure où les communications furent toujours aisées ; mais en ce qui legarde l'Amérique (3) et l'Asie orientale. Elle nous oblige à
1) Au Caucase, les recherches ont été, il -glaciaires (Cf. Musée de Tiflis). — Argo (Da-
esl vrai, très insuffisantes; mais jusqu'ici ghestan) Nourskodji (Terek). Elephax anh-
aucune trace certaine «le Ihomme quaternaire quus. Alkhan-Djourkofki, Vedeno (Daghestan),
n'a été rencontrée. Seuls, des restes à'Ele- Mkhaaiti, E. primigeniu.f. Mais ces ossements
pkas primigenius et d'E. antiquus sont venus n'ont pas été recueillis scientifiquement, pas
prouver qu'avant l'époque actuelle, l'Asie plus dailleurs que ceux signalés au Mazandé-
antérieure présentait des conditids d'e.xis- ran. (J M.)
tence analogues à celles de la France. (J. de (2) Découvertes des rives du lac Baïkal et
Morgan, Miss Se. au Caucase, t. I. p. 29.) de Tomsk.
Cette opinion que j'émettais en 1889 n'a pas à (3) • Pour certains savants, le nouveau
être modifiée en ce qui concerne l'homme ; continent est un centre spécial de l'appari-
mais, en ce qui regarde les pachydermes, je tion des espèces, où VHomo Americanus s'est
dois ajouter que les très rares débris de leur développé surplace ; pourd'autres, les ancêtres
squelette, découverts dans les parties basses des Indiens actuels seraient venus des pays
du nord de la Transcaucasie, prouvent sim- voisins, de la Sibérie, de la Chine, de la
plement, comme ceux trouvés au Mazondéran, Polynésie, de l'Europe. » (J. Deniker, les
que les éléphants se sont pendant un temps Races et les Peuples de ta terre. Paris, 1900,
avancés jusqu'au pied des grands massifs p. 583.)
LA FLOIŒ. LA 1 AL.NL VA LllOM.Mi; AUX TK.MI'S GLACLMRES 117
supposer l'existence de leires, trime part entre le vieux monde et les Etats-Unis (1) ou les Antilles, d'autre part entre la côte africaine, ou tout au moins l'Arabie, et la péninsule hindoue; et à cet égard, nous n'avons encore que des indications bien vagues, tirées de la géologie et de Tétude des faunes.
Quoi qu'il on soit, l'hypothèse d'une même race, partie d'un foyer et se répandant sur presque tout le globe, ne saurait être admise; une i)areille migration eût exigé un temps si long que certainement, durant cette période, l'industrie de la pierre se serait transformée quelque part, et nous ne retrouverions pas partout le type chelléen pur 2).
La théorie qui suppose la propagation par inducnce est bien plus admissible ; car elle rentre dans les phénomènes que nous voyons se produire constamment au cours du })réhistorique et de l'histoire même. Cette dillusion put être relativement rapide; car il n'est pas douteux que les tribus à l'état éolithique ne se soient empressées d'adopter un progrès vers lequel tendaient leurs efforts inconscients.
Si même nous n'acceptons pas l'existence de l'état éolithique, si nous rabaissons l'homme des temps pléistocènes au quadrumane presque voisin du singe, il n'en était pas moins un être doué de raison ; et le jour où l'usage d'un instrument de pierre lui fut enseigné, il l'adopta.
Le paléolithique représente la première grande étape de l'homme vers la civilisation, et ce premier progrès notable, cette entrée de VHomo slupidus dans la vie de V Homo sapiens, est probablement due, comme d'ailleurs presque toutes les phases de l'évolution humaine, à un foyer unique ou à un petit nombre de foyers.
Nous ne possédions, hier encore, de l'homme de cette époque rien autre que son industrie. Mais voilà que tout dernièrement, dans la Corrèze, deux savants explorateurs, MM. Bouyssonie et Bardon, viennent de découvrir, dans le moustérien inférieur, le
(1) " L'Islande ne monire an jour que des iuot. Leçons de Geo;//'- plii/s., 1907, p. 67»').) lorrains volcanique -i. Mais à la base se trou- (i») La théorie des foyers d'invention niul-
venl (les tufs à ligniles tertiaires, de forma- tiples satisferait beaucoup mieux lesprit que
lion continentale. Par là. comme par sa celles des migrations et des influences ; mais
situaliiin sur un socle sous-marin bien accusé elle a contre elle cette conslatation que dans
(jui la relie, d'un coté au Groenland, de le monde entier les types paléolithiques sont
rautre, par les îles F'eroë, à l'Ecosse, l'is- absolument semblables et qu'il est malaisé
lande se révèle comme un reste du |)ont qui de concevoir plusieurs invenicurs, indépen-
unissait autrefois tous ces parages en fer- dants les uns des autres, parvenant simulta-
manl lAtlantiqne au nord. >> (A. de Lappv- nément au même résultat.
squelette d'un homme, le plus ancien connu. Cet être, que ses caractères anthropologiques rapprochent tle la brute, inférieur à la plus inférieure des races actuelles, appartenant au groupe dit de Néanderthal, caractérise-t-il dans son district la race paléolithique? Nous ne pouvons encore le savoir, parce ([ue sa découverte est unique ; mais on est en droit de penser que les habitants de l'Europe, à cette époque, étaient vraiment des êtres bien primitifs. Avant cette heureuse trouvaille nous ne j)ossédions aucun débris de squelette; car ceux qui avaient été signalés jusqu'alors sont tous contestés (1). Malgré l'apparition de ce type unique, malgré la lumière qu'il jette sur les types anciens de l'espèce humaine, c'est encore à l'archéologie et à la géologie que nous devons jusqu'ici le peu que nous possédons sur le premier grand mouvement humain parvenu à notre connaissance ; car cette révélation zoologique n'éclaircit en rien les mystères des premiers pas vers la civilisation.
Quant à la période elle-même, dans laquelle apparaît l'industrie humaine, elle ne diflere pas sensiblement du pliocène par sa flore, par sa faune, par son climat; les groupes végétaux et animaux de la fin du tertiaire étaient ceux qui vivent encore de nos jours sur le globe Les termes pléistocène, quaternaire, etc., n'ont donc qu'une valeur conventionnelle ; ils n'existent que parce que l'homme, rapportant les faits à lui-même, estime que les eflbrts de la nature, pendant des millions d'années, n'ont eu pour but que de préparer sa venue sur la terre. Cet événement méritait-il bien qu'une division spéciale fût faite dans la géologie?
Le glaciaire, débutant avec la lin du pliocène, dure encore de nos jours. La situation climatérique de nos pays s'est, il est vrai, améliorée depuis quelques milliers d'années; mais les glaces n'ont pas dispaiu, elles demeurent comme une perpétuelle menace. Peut-être en eflet, ne sommes-nous que dans une phase interglaciaire. La durée de l'ère actuelle est bien probablement peu de chose en comparaison de celle des temps du paroxysme glaciaire; l'amplitude d'oscillation de ces lois de la nature échappe à notre imagination.
Le pliocène a vu le mal glaciaire s'attacher à notre planète,
(1) Nehring, Ze(7sc/î/-. /'. EthnoL, 1893, n° 6; les Restes humainsqiiaternaires dausl'Eui'ope
Verli., pp. 455 el 573. — Salmon, Races hum centrale, ds l'Anthropologie, t. XVl (1905) et
préhisl. Paris, 1888, p. 9. — Cartailiiac, t. XVU (190 •) ; de Morlillel, M. Boule ella plii-
France prchisl., 189(3, p. 211. — Obermaier, part des palelhnologues.
l.A 1 LORE, I.A FAUNE ET L'HOMME AUX TE.MI'S {'.LACIAIRES l'|J)
pciit-èlre lui sera-t-il falal ; nous ne possédons aucun moyen d'en préjuger et ne pouvons que dire : la ferre traverse en ce momenl une période d accalmie, donl profite la civilisation.
Pendant lîien des années il a élé admis qu'au type chelléen et acheuléeu succédait (I), dans l'ordre chronologi(|ue, une industrie plus raflinée, utilisant les éclats, en les relouchant sur une face, et, de cette industrie, G. de Mortillet avait fait une période distincte, la désignant sous le nom de « moustérienne(2)»; mais les récentes découvertes, venant se joindre à une foule de faits, constatés de longue date, renversent aujourd'hui cette théorie ; elles montrent que l'industrie moustérienne est fréquemment, non pas postérieure, mais contemporaine de celle du coiip-de-poing, et (jue ses instruments correspondent seulement à des besoins dillerents de ceux auxquels satisfaisait l'instrument amygdaloïde.
A Chelles (3) et partout dans les environs de Paris (4), on rencontre dans les couches inférieures, avec l'outil classique amygdaloïde, des instruments du type moustérien.
Au Moustiei- lui-même, la hache chelléenne, d'un type spécial d'ailleurs, se trouve, à la base du dépôt, accompagnée d'instruments grossiers; tandis que, dans les couches supérieures, les foyers renferment un outillage varié et très perfectionné (5).
En Belgique, le coup-de-poiug naît dans le slrépijen, pour ne disparaître que dans la première partie du solutréen.
En Tunisie (6), en Egypte, les ateliers contiennent en même temps les deux types chelléen et moustérien; sans qu'il soit possible de distinguer nettement des chantiers plus spéciaux de fabrication de l'un ou de l'autre de ces instruments.
On objectera qu'à Abbeville et aux environs d'Amiens (7j, dans les lits inférieurs recouverts par un dépôt de marnes blanches, on ne trouve que des instruments grossiers tailh^s sur les deux
(1) M Boule (l'Age des derniers volcans de la France, ds la GtO(jra[ihie, t. XIU, lOuO, p. 287) ditTérencie le chelléen (non l'aclieuiéeni du moustérien cl le considère comme contemporain de l'hippopotame, Elephas antiquus et Hhinoceros Mercki correspondant à deux climats, le plus ancien, froid et humide, le plus récent, doux.
(2) Cf G. et A. DE MoRTiLLET, Mnxée préhistorique. Paris 1-^81, pl.XI-XIV Pour M.Boide (rAg(t des derniers volcans de la France, ds la Géoijraph e, I. XIII, 1906, p. 287 , le moustérien qu'il sépare du chelléen cor' espondant à un climat froid et humide, serait contemporain du mammouth, du rhinocéros à narines
cloisonnées, de l'ours, de la hyène des cavernes, etc.
(3j D'AcY, Ihill. Soc. Anihrop., 1884. p. 411.
(4) Capit.w, les Alluv. qiialernaires auloiir de Paris, ds Rer. Ecole d'Anlhrop.. XI, 190!, p. 337 sq.
(5 Fouilles Bourlon. Cf. Capitan, le Congrede 19 )(> » Monaco, ds Peu. Ecole Anihrop.. VIII, 1 06, p 269.
(6 J. DE ÂloiiOAN, Voijdtje de \9Qn . Gis^enxenlx d'hl Mekla près de Gafsa, de Chabet liechadn, près Dehibat.
(7) Cf. CoMMONT. ds Congr. prèhist France, 1907 il908), p. ir. sq.
faces (1); mais cetlo constatation ne saurait être concluante au point (le vue chronologique général. Elle prouve simplement qu'en amont d'Abbeville et d'Amiens se trouvaient des ateliers de fabrication de haches seulement, ou tout au moins que ceux-là seuls ont été lavés par les eaux et transportés (2 1 à l'époque du dépôt des graviers qui les renferment.
De rares arguments négatifs ne sauraient infirmer le grand nombre de preuves positives que nous possédons aujourd'hui sur le parallélisme de ces deux types industriels (3).
Comme on le voit par ce qui précède, dans toutes les régions explorées jusqu'ici, la première industrie renferme les types chelléen, acheuléen et moustérien ; instruments dont l'usage, dans bien des pays, s'est continué après la période glaciaire. (,)uelques formes même ont subsisté jusqu'à l'état énéolithique (4), se mélangeant avec d'autres beaucoup plus compliquées. Quant a la prédominance, dans certains gisements, de l'un de ces types, (die semble n'être due qu'aux exigences des besoins locaux.
Certains auteurs ont pensé que l'idée d'employer les éclats, j)rovenant de la (aille des instruments paléolithiques, avait été Torio-ine des outils moustériens et que la transition s'est faite graduellement entre les deux industries ; d'autres attribuent à une invasion d'inlluences étrangères l'arrivée dans certains pays (lu type dit mouslérien. Enfin, les mélanges intimes, dans les alluvions et les cavernes, d'instruments appartenant aux deux industries démonlr(Mit qu'elles se sont développées en même lemps.
11 est probable qii(^ les partisans de ces diverses théories sont également dans le vrai; c'est-à-diie que, dans certaines régions, le moustérien est né du chelléen ou en même temps que lui ; tandis (|u'en d'autres, c'est })ar migration ou contact que les populations l'ont connu.
Les principales découvertes de l'outillage moustérien ont été
1) D'Ali.t m MtsMi., Nul.' Mil- If lerniiii liers ciicoiù tu place, comme le fait a lieu
.liialeriiairc des environ- .l'Abbeville, <ls dans certaines cavernes el dans l'Afrique sc])-
Kui.de l-EcoledAnlhrop., 18'Jti, i» 284. tcnlrionnle.
(-2) En Halie (Pigorinii, l'aire occupé-e par les {'») Cf. J. m: MoRtiAN. llcclienhe.'^ sur les Ori
inslrumenls chelléens semble différer de celle (jines de l'Eijijpte, 1896, p. 137, figures 275 el
où se rencontre le type moustérien. 270, pointes acheuleennes trouvées dans les
(3) On a fréquemment invoqué des remanie- kjœkkenraœddings énéolilhiques de Toukh :
ments pour e.xidiquer les mélanges d indus- figures 277 el 278, pointes monstériennes de
tries ou de faunes; mais cet argument ne même provenance. l>eut être mis en avant quand il s'agit d'ate-
LA l'LORK, I,\ FAUNE ET L'UCKMME AUX lEMl'S (;LA(:IAIRES {')[
faites dans los cavernes, là où l'homme a vécu. On y retrouve les cendres de ses loyers au milieu des silex travaillés et des os des animaux, ses contemporains, dont il faisait sa nourriture.
Les Moustériens vivaient de la chasse et de la p(''che, ils connaissaienl le feu. Quant aux autres détails de leur vie, nous n'en savons rien. Se vètissaient-ils ? Probablement ; car ils ont vécu dans un pays alors froid. S'ornaient-ils (1) ? Possédaient-ils des idées superstitieuses ou leligieuses ? Autant de questions qui restent sans réponse.
Quelques peuples vivent encore de l'existence des Moustériens. Il est intéressant de citer leurs mœurs, si rapprochées de celles des tribus pah'olithiques du Périgord.
Pallas (2), dans son voyage dans les pays du Nord, vit les Wogoules, retirés dans des cavernes, vivre uniquement de chasse et de pêche et, en cas de disette, concasser les os j)our en extraire par la cuisson une sorte de bouillon.
Les Tchouktsches, habitant le promontoire sibérien le plus avancé vers l'orient, entre la mer (llaciale et le Pacifique, vivaient alors comme tous les Kamtchadales, dans destanièies souterraines et dans des antres de rochers, dont ils bouchaient l'ouverture en suspendant des peaux de renne devant l'entrée. Ils n'avaient aucun instrument de fer, ni de métal; leurs couteaux étaient des pierres tranchantes, leurs poinçons des os effilés, leur vaisselle de bois ou de cuir, leurs armes, l'arc, la flèche, la pique et la fronde. Les piques étaient armées d'os pointus.
Les femmes tannaient les peaux des animaux tués à la chasse, en les raclant pour en ôter le poil; après quoi elles les frottaient de graisse et de frai de poisson ; puis les foulaient à tour de bras. Elles se servaient pour coudre des nerfs des quadrupèdes, d'os pointus et d'aiguilles faites d'arêtes de poissons.
Non loin des Tchouktsches et des autres nations kamtchadales, vivaient, sur de petites îles, des populations encore plus sauvages, que Pallas désigne sous le nom d'insulaires orientaux. Ces hommes se nourrissaient de gibier à la façon des précédents et
(1) C'est en coinp.i^^nk- ik- l'industrie mous- i\^ illcpinme prcliist., lilOti, j). i:U); mais il esl «
lériennc (|n'on ;i rencontré les premièies penser que cet usage esl aussi vieux que
Imces tic l'emploi imlustriel de l'os (H. Maiî- celui des plus anciens silex laillés. r\y. Maillets ou enclumes en os de la (Junia {■>) Pallas, Description de toutes les nations
(Charente/, Dull. Soc. prclùsl. Fr., l'.lOti, [ip. 155 Je lEmpiie de Russie, 1776. -- Cf. Cartailiiac,
et i8J. — A. DE MouTiLLET, les Os utilisés de la France prcliist ., p. 6-2 sq. la ])ériode moustériennc. Station de la Quina,
j.22 LES PREMIÈRES CIVILISATIONS
leurs fenimes tannaient, de même, les peaux et les fourrures. Leurs occupations et leurs ouvrages n'avaient d'autre but que les besoins les plus naturels et les plus indispensables à la vie. Us ne possédaient aucun animal domestique, pas même le chien. Leurs armes, leurs meubles, étaient une image de l'enfance du monde, l'arc et la flèche, le dard et la lance, qu'ils tâchaient de rendre meurtrières en les armant d'os pointus.
Leurs habitations étaient des tanières souterraines, longues de 20 à 100 mètres, larges de 0 à 10 mètres, divisées en compartiments. Là, s'entassaient jusqu'à trois cents personnes. D'autres passaient leur vie dans des antres de rochers ou dans des cavernes, qu'ils s'elforçaient d'arranger de leur mieux avec du bois flotté recueilli sur les plages, des peaux et des nattes.
Il est permis de penser que la vie des primitifs habitants de la caverne du ^loustier ressemblait ])oaucoup à celle des sauvages cités par l'expédition russe ; car, à leur époque, la France offrait un climat comparable à celui que subissent aujourd'hui les Kamlchadales. Comme eux, ils s'abritaient dans les cavernes et comme eux, probablement aussi, ils se construisaient des habitations.
Les instruments du lype moustérien sont très répandus (l), mais dans les anciens continents seulement. On les rencontre eu France, Angleterre méridionale, fielgique, Espagne, Portugal, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Hongrie, Syrie, Russie méridionale, Caucase (?), Algérie, Tunisie, Egypte. Us semblent faire défaut en Chaldée et dans le reste du monde.
(1) Pour l'exlension géographique <le l'in- — G. et A. de Mourii.LEr, le Préhistorique, (liistrie moiislérienne, consuUer J. Déçue- :!«é(lit., p. f)23.— IlœKisEs, I>er d//uyi"u/e il/ensf/i. LETTE, Mail. Archéol. préhist., 1908, p. 10G sq. p. fl8. — Obedmaier, Anthrop.,l9<X>, p. 38'J, elc.