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L'HOMME A L'ÉTAT NÉOLITHIQUE

par les mauirs cl par les traditions, faisant la conquête du monde, imposant son génie à l'univers entier, lui donnant cette glorieuse civilisation des temps modernes, constituant une véritable aristocratie qui, comme toutes les castes supérieures, excite les jalousies. De nos jours, tous les peuples anaryens s'efforcent d'acquérir la mentalité Indo-Européenne, même ceux qui sont le plus attachés aux sentiments d'hérédité. N'est-ce pas le plus bel hommage (ju'on puisse rendre à notre génie ? Anéantir l'aryanisme serait répartir sur toutes les races l'honneur des progrès actuels, serait relever les peuples inférieurs au détriment de ceux à qui l'humanité doit tout (1); nier les peuples supérieurs est nier l'histoire.

Certainement les linguistes qui, comme Pott, Grimm, Max Millier, ont cherché à reconstituer le monde aryen primitif, s'étant laissés entraîner par la spécialité de leurs études jusqu'à prononcer le mot race, ont commis une faute ; mais cette erreur était bien excusable puisque, de leur temps, l'anthropologie n'existant pas, n'avait encore pu accaparer ce terme. Elle est réparable d'ailleurs ; et O. Schrader (2) semble s'être plus rapproché de la vérité en parlant d'une famille de langues aryennes (3), indépendante de la conformation physique des hommes qui la composent (A), et d'une civilisation aryenne.

Aucune des langues aryennes ne nous a livré tous ses secrets; parce que pour certaines, le zend (5), le perse (6), le sanskrit (7),

1,1) J. Deniker (/e.s Hdces el les Peuples de l.-jngue commune ne devait-elle point se niodi- /a /e//e, 1900, p. 379) résume très nettement fier, s'altérer, se corrompre de façon difft'rente l'opinion des adversaires de l'aryanisme. « En dans les différentes tribus établies sur ee tersomme, dit-il, la «question aryenne » n'a ritoire. » (A. HovELAcyuE, la Linguistique, plus aujourd'hui l'importance qu'on lui prêtait Paris, 1888, 4'éd., p. 405).

jadis Tout ce que nous pouvons supposer (4) Cf A. Hovelacoue, lu Linguistique,

légitimement, c'est qu'à l'époque voisine de Paris, 1888,4" éd., p. 407.

l'âge néolithique les habitants de l'Europe (5) Le zend ou baktricn semble avoir été

ont été aryanwe'.s au point de vue de la langue, la langue de l'Hyrcanie, de la Margiane, de

sans changement notable dans la constitu- la Bactriane, de la Sogdiane et des pays rie

tion de leur type physif|ue, ni probablement l'Oxus. La rédaction définitive du Zend Avcsta

de leur civilisation. "—Autrement dit, les civi- est attribuée au deuxième siècle ap. .).-C.

lisalions grecque, latine et finalement euro- (Cf. J. Dahmstete», le Zend Avesla. Ornuizd

péenne moderne sont issues des anciennes el Ahriman, - Spieoei,, Entnische Alterthums

races aussi bien que des Aryens. kunde), mais son origine e>l, dans tous les

(5) O. Schrader, Spraclwergl. a. l'ryesch. cas, antérieure à la dynastie achéménide.

2* édit., léua, 1890. (ti) Les plus anciens textes achéménides

(3) « Nous ne connaîtrons jamais, selon datent du milieu du sixième siècle av. J.C.

toute vraisemblance, les motifs qui délermi- et les plus récents des débuts du quatrième,

nèrent les populations dont la langue était (7) Le livre le plus ancien de l'Inde, les

l'indo-européen commun, à entreprendre leurs Védas, est attribué au troisième siècle av.

grandes migrations; mais nous pouvons peu- J.-C. tout au plus. Mais l'écriture dite dava-

ser, sans crainte d'erreur, qu avant leurs nu- n.îgari est beaucoup moins ancienne, de

grations ces populations occupaient un 1er- même cpie celle dans laquelle les Védas nous

ritoire assez vaste. En ces larges limites la sont parvenus.

nous ne possédons que des textes relativement archaïques ; tandis que pour les autres, nous ne connaissons que les formes modernes. Benfrey, de Saussure, et quelques auteurs, ne sont toutefois pas justifiés à s'appuyer sur cette inégalité des données, pour négliger la solution du problème aryen. Quant à l'anthropologie, ses tendances et les résultats encore désordonnés de ses déductions (1) i'écartent des sciences ayant voix dans un tel examen. La parole n'est, pour longtemps encore, pour toujours peut-être, qu'aux linguistes, aux archéologues et aux historiens.

Le pays d'origine (2) des langues et de la civilisation aryennes a été l'objet de bien des controverses; les uns l'ont placé dans le Pamir (3) et l'Asie centrale (/i), dans le plateau iranien (5), l'Arménie (6); d'autres dans le sud et le sud-est de la Russie (7), dans les Carpathes (8), dans le bassin inférieur ou moyen du Danube (9), en Allemagne du Nord (1 0), du Centre et de lOuest (11) ; voire même dans la Scandinavie (12), ou dans toute autre partie de l'Europe (13).

La mentalité aryenne, telle que les langues la montrent, quand

l'drii/iiw des Arijens.

. — S. Reinach, l'Ori- 18'.t-2. — Tu. PœscHE,

(1) « En vain on apporle à l'élude de l'homme une science matliématique dont les paléontologistes n'ont eu nul hesoin pour faire avancer 1 histoire des animaux fossiles; en vain on invente chacpie année de nouveaux instruments de précision pour la mesure comparative des os du squelette; en vain on donne quatre-vingts chiffres pour un seul crâne, l'obscurité se dissipe bien lentement. « (E. Cartailhac. In France iiréhislorique, 189G,

(2) Cf. ISAAC Tavlou.

Trad. franc. Paris, IB'.C) ijine lies- Anienx. Paris, Die Arier. léna, 1878

(3) Cf. Fu. Lenormant, Hist. et les Orig. de l'IIisl. Cette théorie néglige l'inhabiLabililé des plateaux du Pamir et du Tibet qui, couverts de glaces aux temps quaternaires, possèdent encore aujoiinl'hui l'un des climat'^ les plus rigoureux du globe. Elle a été émise pour la première fois par J. G. Rhode [Die heilige sage des Zenduulkes) en 1820.

(4) F. -A. Pott (Eigmologische Forschungen, 1833. Indogermanisciier Sprachslamm.,ds Ennjclopédie d'Enscu et Grùber, 1840) place le domaine primitif des Aryas dans les jiays arrosés par I O.xus et llaxarle, entre le Pamir et la mer Caspienne. - Ch. Lassen (/nd/.s-r/ie A/lerthumskunde, t I, 1847) le met au nord de la Sogdiane — A. Piclet <les Origines Indo-Earofiiiennes et les Argas primitifs. Essai de paléontologie lingustique, Paris. 1850 1863), en Bac- Iriane. — Vircbow {Reu. scientif., 4 juillet 1874) dit: « Toutes les races etuopéeunes d'origine aryenne sont venues d Orient. »

(5) Cf. PiCTET, les Origines européennes ou

les Aryas primitifs. Essai de paléontologie linguistique. Taris, 1859, l I,p. 35.

(6) Bruninhofer, Ueber den Ursilz der Indot;ermanen. Bâle, 1885. — Fr. Miii.i.ER, Geographisches Juhrb., 187-2.

(71 Benfrey, préface au Wœrterlnich der Indogerm. Grundsprache, d'A. Fick, 1868, p. ix. — ScuRADER, Sprachvergleichung und Urgeschicble, 2' éd., 1890, p. Gii et Scuuader, Reallexikon, 1901, p. 87^ s(|. - E. Von Stern, Die Priimgkenische Kullar in Snd Russland. Moscou, 1905.

(8) llirt {Die Urheimat d. Dtdogermnnen ; Geogr. Zeilschr.. Leipzig, 1895, t. I, p. 649) considère un foyer secondaire comme le centre primordial.

;9 De Michelis, l'Origine degli indo-uropei^

(10) J. d'Omalius d'Hallov, Des Races humaines ou Eléments d'ethnographie, 1859. — R. G. LATHA.VI, Eléments of comparative Philologij, 1862.

(il) L. Geiger, '/au- Entwicklungsgeschirhte der Menschheik, 1871, p. 113.

112) Penka, Origines nriacx, 1883, Die Herkunft der Arier. Wien, 1886. — Lombaro, Bull. Soc Anthrop., Paris, t. XII, 3" sér., 1890, p 472. — Pe.nka, Die Heimat der Germanen^ 1893, in Mittheil. Anthrop. Ge^ell>chaft. Wien. - C.JULUAN, Hist delà Gaule, 1908.1. I, p 233^ et noie 3. — H. Hirt, Indogermanische Forschungen, 1892.

(13i Cette théorie est celle des grammairiens qui tiennent le i;rec pour le mieux conservé des idiomes indo-européens. '— Cf.

M. MucH, Die Heimat der Indo-Germanen..

Berlin, 19U4.

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