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LHO.MME A I/ÉTAT NÉOLITHIQUE

pour la preniicre fois nous la rencontrons (1 ■, a exigé, pour se développer et parvenir au degré qu'elle possédait (2), un énorme laps de siècles et fait remonter aux temps où les climats continentaux n'étaient pas ce qu'ils sont aujourd'luii.

L'Avesta (8) montre les Aryens fuyant devant les manœuvres (lu mauvais principe qui, toujours, glaçait et rendait inhabitables les pays qu'Ahouramazda créait pour eux. Cette vieille tradition est, à ne pas s'y méprendre, l'indication des causes de toute la migration aryenne. \'ivant dans la Sibérie centrale ou occidentale, alors que la majeure partie de l'Europe était glacée et que les plaines de l'Asie septentrionale leur offraient de faciles conditions d'existence, ces peuples ne commencèrent leur exode qu'au moment où le froid se déplaça de l'Europe pour passer en Sibérie. Chassés de leurs pays par les glaces toujours envahissantes, toujours poursuivis par elles, lentement ils émigrèrent. C'est alors qu'eut lieu la dispersion (4) : une horde marchant vers l'Occident s'établit en Russie, au nord du lac aralo-caspien, dans la Scythie ; un autre flot, tournant les massifs inhospitaliers du Pamir, s'écoula plus tard vers les Indes septentrionales, l'Afghanistan et la Perse, pays depuis peu libre de glace et encore inhabité (5). Tandis que des peuples sauvages, arrivant de pays plus déshérités encore que la Sibéiie, venaient occuper les districts abandonnés par les Aryens,

Cette explication est celle qui satisfait le mieux l'esprit; car elle se justifie par toutes les observations archéologi([ues, par les

(1) Les Sardes (Shordana: et les Thurses Thursana sont les seuls peuples européens

dont les textes égyptiens fassent mention antérieurement au treizième siècle av. J.-C. (Max Mûller, Europa u. Asien, 1894). Ce savant linguiste oublie de parier des peuples aryens contre lesquels Rnmsès III eut à lutter et dont l'apparition dans l'histoire est d'un millier d'années environ plus vieille que celle des tribus iraniennes sur le jdateati persan ; toutefois nous ne possédons aucune trace des langues parlées par ces peuples très anciens. Ce n'est qu'après le di.vième siècle av. .I.-C. qu'apparaissent les œuvres littéraires montrant à quel haut degré la pensée était déjà parvenue chez certains peuples indo-européens.

(2) J. Schmidt (Die Verwundtschaft-sverhaellninse der Jndogermanischen Sprachen, 1872) suppose qu'aux temps préhistoriques, une langue primitive aryenne était parlée depuis l'océan .Mlanlique jusqu'à l'Indus; (lue dans ce milieu homogène il se forma bientôt des dialectes locaux qui, 1res prochemenl appa-

rentés au début, accrurent graduellement les différences qui les séparaient jusqu'à former des langues diPTéreHles.

(3) Les liadilions avestiques ne concerneut que la branche iranienne des Aryens. Mais dans le cas présent, peut être doit-on les appliquer à l'ensemble de la famille qui, forcément tout entière, quitta la Sibérie pour les mêmes causes. Cependant de llarlez et Bréal déclarent que l'Avesta ne peut fournir aucune indication sur la patrie primitive des Aryen.*^. Cf. DE Haiîlez, les Aryas et leur première patrie, ds Hevue de Unquislique, juillet 1880. — M. Bréal. Mélanges de mythologie el de tingaislique. p. 194.

(4) Cf. A. SCHLEICHER, Keiler allgemeine Monalschiift. 1853 et Die Deutsche Sprache, i' édit.. p. 8-2, sq.

(5 Les linguistes admettent généralement que, parmi les langues aryennes, le sanskrit et les langues iraniennes sont celles qui se sont le moins éloignées delà région où était parlé l'indo-européen commun. (Cf. A. IIovelacqle, In Linguistique, 4* éd., 18S8, p. 4U9.)

IQll LES PREMIÈRES CIVILISATIONS

données historiques et se base sur des faits géologiques et cliniatériques incontestables. Elle répond à toutes les hypothèses, fort bien étudiées d'ailleurs, des partisans du centre européen de l'aryanisme, en réduisant les foyers occidentaux au rôle de centres secondaires.

La limite supérieure de Page de ces migrations est fixée par la disparition des glaciers en Europe et dans l'Asie, par l'époque de l'ouverture des portes de Scythie, par celle du refroidissement de la Sibérie. Quant à sa limite inférieure, elle nous serait donnée par certaines racines communes à toutes les langues aryennes, désignant des végétaux et des animaux caractéristiques; si beaucoup de ces mots eux-mêmes n'avaient forcément disparu en même temps que les êtres qui en motivaient l'emploi, tels le mammouth.

Un premier mouvement, d'une extrême lenteur, affecta les pays inhabités, jadis couverts de glaciers et d'autres qui, déjà, possédaient une population. Certains peuples furent absorbés, d'autres émigrèrent, portant au loin des civilisations étrangères. Cependant le plateau iranien, l'Arménie, la Transcaucasie et une partie du Taurus semblent ne pas avoir été touchés par l'invasion néolithique, si toutefois nous devons rapporter au néolithique les premières invasions aryennes. Pour la Perse, le fait s'explique aisément ; car ce pays, couvert en majeure partie de lacs salés, stérile dans ses parties asséchées, n'offrait aucune ressource. En ce qui regarde les pays caucasiens et arméniens, nous les voyons occupés dès les temps les plus anciens par des races apparentées à celles de l'Asie antérieure, que la grande muraille caucasienne défendait contre les irruptions venant du Nord.

Les Aryens formèrent ainsi, dans l'Europe centrale et orientale, de nouveaux centres d'où plus tard, à des époques diverses et pour des causes qui nous échappent, ils se répandirent et formèrent le monde aryen moderne de l'Occident.

Les groupements linguistiques permettent de retrouver les principales de ces familles, sans toutefois qu'il soit possible de préciser leurs habitats secondaires, dont chacun mérite une recherche spéciale. La j)atrie de ces groupes a, d'ailleurs, fréquemment changé; chacun d'eux se mouvant, se divisant et se subdivisant, suivant des intérêts la plupart du temps inconnus.

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