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PREFACE V

d'améliorer son état sont précisément les causes du progrès; chacun lutte pour obtenir un sort meilleur, et, de tous ces efforts, résulte l'ascendance.

Elle est bien irrégulière, cette marche en avant ; car, depuis que l'homme est sur terre, mille fluctuations sont survenues, soit que les peuples eux-mêmes se fussent transformés, soit que des éléments nouveaux soient intervenus. Après les mœurs douces de la Chaldée primitive, l'autocratie brutale des Akkadiens et d'Assour; après Rome, les barbares; après Constantinople, les Arabes. Rien ne prouve que nous n'atteignons pas, de nos jours, un maximum dans le bien-être social et que l'humanité ne retombera pas sous peu dans les privations et la douleur.

S'il en doit être ainsi, apprenons du moins à jouir du bonheur qui nous est échu de naître dans une période aussi favorable, et sachons reconnaître les bienfaits de ceux à qui nous le devons.

Si, désormais, l'humanité doit se perfectionner sans cesse et ramener l'âge d'or sur notre planète, ne doit-elle pas éprouver une extrême jouissance en rappelant les temps maudits où Thomme souffrait ?

Là est le seul profit que doive attendre de l'histoire celui qui n'y cherche pas simplement un amusement de l'esprit; car, malgré les sept mille ans de ses annales, jamais ses exemples n'ont servi à la conduite des hommes. Dans chaque temps on retrouve les mêmes fautes, les mêmes erreurs, les mêmes imprévoyances, les mêmes vices, les mêmes iniquités. Les maîtres ont changé ; qu'ils se nomment peuples ou despotes, les idées se sont modifiées, mais aucun génie n'a su profiter largement des leçons du passé.

C'est que l'observation, le calcul, ne sont j)as les causes les plus importantes dans l'évolution des progrès humains. La plus grande part des événements revient aux passions, aux intérêts, aux aptitudes, aux défaillances des éléments en jeu et, dans la plupart des cas, leurs effets ne peuvent être escomptés.

Les peuples se transforment; jamais ils ne sont semblables à eux-mêmes, et bien rarement ils ont un gouvernement qui réponde exactement à leurs tendances. Tout gouvernement gouverne, et même s'il semble suivre le sentiment du peuple, il le guide, il le conduit dans le chemin voulu par ses pensées, par ses intérêts.

Certainement, quelle que soit la forme du pouvoir, les limites d'action du gouvernant lui sont, en temps ordinaire, imposées par

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