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III. Minoen récent I. — (Ilaghia Triada

Vases en stéatite ornés de bas-reliefs. Fresques très habiles, épées de bronze, écriture linéaire, encore mélangée de linéiques hiéroglyphes. — XVIIl^ dynastie (xvii's.).

ll\. Minoen récent II. -Traces nombreuses d'influence égyptienne. Second palais remanié de Cnosse. Art céramique à son apogée. — Deuxième ville de Phylacopi (Milo). — Ruines «le Théra (Santorin). — Tombes à fosses de l'acropole de Mycènes. — XVIIP dynastie.

III. Minoen récent III. — Mycénien. L'hégémonie passe sur le continent. XVIII" à XIX° dynastie.

IV. Inrasion Jorienne. - Apparition du fer, de la fibule, de l'incinéralion, retour de la céramique au décor géométrique.

(-2) Dès les débuts de la royauté, les Pharaons avaient les yeux tournés vers le delta, puisque c'est à Menés qu'on attribue la fondation de Memphis ; mais cette ville ne devait être, au début, qu'im simple poste militaire chargé de surveiller la route d'.\sie et de protéger la vallée du Nil en la Ijarrantà son entrée.

(3) Cf. A. Mosso, G/( .Scat'i di Cre/((, Milano, p. 52, fig. 29, a, b.

Tôh

LES prp:mieres civilisations

iles de VÉgée, des terres voisines de l'Europe et du nord de l'Afrique, populations possédant des tendances, des aptitudes et des besoins analogues aux siens.

Minos est, dit-on, le fondateur de cet Etat dont le développe-

L'ile de Crète dans la haute antiquité.

ment fut si rapide qfie, dès le vingtième siècle, son influence régnait sur la majeure partie de la mer Méditerranée. Commerçant avec tous les pays et surtout avec l'Egypte, chez qui elle alla puiser des notions artistiques, la Crète sut développer chez elle, dans une évolution qui lui est très personnelle, la sculpture (1), l'architecture, la peinture à fresques, la céramique et tous les autres arts utiles.

Libre dans son progrès, n'ayant pas à restreindre, par des canons religieux, l'envolée de ses conceptions, elle produisit des œuvres d'une grâce réaliste parfaite, que seule la Grèce de labelle époque devait surpasser.

Ce peuple Cretois n'élait ni sémite, ni égyptien, ni aryen; il appartenait aux vieilles couches de la population, avait du sang quaternaire dans les veines, de ce même sang peut-être que les peintres magdaléniens, que les Berbères de l'Egypte primitive, que les Sumériens de Chaldée ; mais il possédait aussi l'élément principal du progrès, la sécurité.

Chypre, également visitée par les Egyptiens, était peuplée de

II) E.-li. Ua\l {The decoralive art ofCrele in de consulter les nombreuses publications

the Bronze Aije, Philadelphie, 1907) a donné parues depuis queltjues années sur les fouil-

un excellent exposé de l'art décoratif, plus les en Crète, spécialement céramique. Ce travail dispense

LEXPANSION SKMITIOUK 25^

congénères des Crélois, mais elle était trop voisine des côtes^ d'Asie; les maîtres du continent, en la visitant, y semèrent la ruine et la crainte. Aussi n eul-elle pas le loisir de se développer à l'égal de sa nœuv d'Occidcul.

Ainsi l'Egypte, par son commerce, avait fait naître dans la Méditerranée une civilisation raflinée et une thalassocratie puissante qui, longtemps avant celle de la Phénicie, fut maîtresse des mers.

En Asie, l'Elam avait prospéré en dehors du monde Méditei'ranéen. Il n'avait jamais été entièrement soumis aux empereurs chaldéens; si quelques-unes de ses villes, telle Suse, obéissaient au maître d'Agadê, les Suméro-Akkadiens n'avaient d'autorité que dans la plaine; et cette j)laiue, tiès réduite alors, n'était qu'une faible partie du domaine anzanite.

La mer s'avançait à cette époque au delà du Iniri-age naturel de- Nasseri-Ahwaz, et, en amont de cette ligne d'îlols rocheux, étaient des lagunes et des marais que comblaient peu à peu les apports du Kâroun, de l'Ab-é-Diz et de la Kerkha. Plus loin vers le Nord- Ouest, la mer venait baigner les collines qui séparent aujourd'hui la Kerkha du Tigre et le pied de Kouh Hamrîn ; en sorte que la plaine élamite se trouvait réduite à une longue ])ande de terrain s'étendant en demi-cercle au pied des montagnes.

Au moment où les Sémites, venant d'Arabie, abordèrent les côteschaldéennes,ilsdescendirent également dans les payssusiens, occupèrent Dilmoun (Bender Dilem) (1), île sableuse située au sud-est de l'Elam et tous les îlots boueux qui, sortant alors des eaux, font aujourd'hui partie de la terre ferme (2).

La puissance akkadienne en Elam fut probablement longtemps disputée parce que les indigènes, retirés dans les vallées du Poucht è Kouh, du Louristan et des Baktyaris {3}, étaient toujours prêts à profiter du moindre moment de faiblesse des conquérants; parce que les montagnards se rendaient insaisissables, grâce aux difficultés naturelles de leur pays ; enfin, parce qu'à cette époque la Susiane n'était guère attaquable que par mer. Dans le haut pays,.

(1) C'est à tort que .1. Oppert a placé Dil- ment de la ville arluelle de Bender-Boumoun dans l'île de Bahrein; ceUe île, aiijoiir- chir.

d'hui réunie au continent, étail alors située à (3) Le district actuel de Mal-Emir, sur la

quelques kilomètres de la côte. (Cf. .1. de route de Chousier à Ispalian, était une princi-

MoRGAN, Mém. de la Délég. en Perse, t. I, pauté élamite. Elle portail le nom d'Aiapii- :

Rech. archéol.) on y voit encore des ruines el plusieurs stèles

(2) Lors de l'invasion sémitique, ces pays anzaniles. (Cf. V. Scheil, ds Mém. Déléij. enétaient de langue anzanite. Ils furent repris Perse, t. IH, 1001, p. IWJ, sq. et G. Jéquieb, plus tard par les rois susiens et Chilhak in Description du site de Malamir, même ou- Chouchinak éleva un temple sur remplace- vrage, p. 133, ^q-).

les Élamites conservèrent toujours leur indépendance. Ils avaient leurs villes, Madaktou (J), Khaïdalou (2), Naditou (3), Khammanou (4), etc.,où le vainqueur ne les pouvait atteindre. Ces villes gardèrent toujours le titre de « cités royales », même au temps de la splendeur de Suse, de l'indépendance de toute la nation.

Comme touteslesanciennes monarchies, l'Elam était unroyaume féodal divisé en principautés; il y avait les Habardip, les Houssi, leNimé, etc., obéissant tous au roi de Suse; et, pendant Toccupation akkadienne de la plaine, c'est dans leurs cités que se conserva l'indépendance et l'esprit de revanche.

Entre 2300 et 2280 av. J.-C. (5), profitant de la faiblesse des Sémites et, probablement aussi, de dissensions qui troublaient l'empire, un roi de Suse, Koudour-Nakhkhountè I, chassa les dominateurs de l'Elam et, traversant la plaine mamelonnée qui le sépare de la vallée du Tigre, pénétra au cœur de la Chaldée, s'empara d'Ourou, de Babylone, de presque toutes les villes du pays des deux fleuves et renversa l'Empire chaldéen(6). Une dynastie indigène survécut cependant dans la ville d'isin, tandis que les Élamites avaient installé leur nouveau centre politique à Larsam.

Le peuple d'Élam, se vengeant de sa longue servitude, dévasta le pays de ses anciens maîtres ; Suse regorgea des trésors des Choumirs et des Akkads; il rapporta dans sa ville comme trophées de ses victoires, les dieux au nom de qui la Chaldée l'avait opprimé.

Certainement la réaction fut dune violence extrême, car bien des peuples s enfuirent devant les armées anzanites. Ce furent les adorateurs dAssour, qui gagnèrent le Nord en remontant la vallée du Tigre, les habitants des bords de la mer, des îles de Sour, Arad, Dilmoun qui, émigrés sur les côtes de Syrie, devinrent

(1) Probablement Derrè i Chahr, dans la Nanâ qui avait été enlevée de la ville d'Onmoyenne vallée de la Kerkha (Seïn-Merrè). rou 1.635 ans auparavant par Koudour Nakh- (Cf. J. DE Morgan, Mission scienlif. en Perse, khounlé l'Ancien.

t. IV, 1" partie, Rech. archéol., p. 2-29, et carte (0) Peut-être devons-nous attribuer à l'époque

de l'Elam.) de Koudour Nakhkhounlé l'Ancien la série

(2) Probablement Khorremûbâd dans le de tablettes proto-anzaiiites découverte à Suse Louristan. (Cf. J. de Morgan, op. cit., p.-228. ) et publiée par V. Scheil (Cf. Mém. de la Délé-

(3) Cf. J. DE Morgan, op. cit., t. IV, 1" par- galion en Perse, t. VI, 1905, p. 59, sq.); la protie, p. 230. fondeur à laquelle ces tablettes ont été Irou-

(4) Cf. id.. p. 228. vées (15 mèlres) légitimerait cette supposition,

(5) Cette date nous est fournie d'une ma- d'autant mieu.x que le caractère ciim])table nière certaine par un te.xte d'Assourbanipal des textes qu'elles portent en faisait des do- (Cf. G. Smith, Hisl. of Assurbanipal, p. 251^ cuments d'usage passager ; on n'avait aucun où il est dit que ce souverain, lors du sac de intérêt à les conserver toujours dans les la ville de Suse en 645 av. J.-C., enleva pour archives ou la bibliothèque des rois sula rapporter en Chaldée la statue de la déesse siens.

LEXPAXSION SÉMITIOUK 257

les Phéniciens ; enfin les Ghananéens et autres tribus cantonnées dans le bas Euphrate, qui remontèrent le fleuve, grossissant leur noniljre des peuplades rencontrées sur leur chemin.

La tradition veut que les Elamites, vainqueurs, aient étendu leur domination jus({u'à la Syrie ; peut-être j)Oursuivirent-ils les fuyards juscju'à la mer du Soleil couchant ; toujours est-il que la Cœlesyrie et la Palestine furent envahies par des populations trop nombreuses pour qu'elles fussent à même de trouver dans cette région la satisfaction de leurs besoins.

Là, certainement, est l'origine de Tinvasion des pasteurs en Egypte. L'établissement des envahisseurs dans le delta, la route quils suivirent pour y parvenir, leur nature ethni([ue montrent que le flot venait, non des déserts du sud ou du sud-ouest de l'Arabie, mais bien de la Syrie où lavait jeté une pression queseule la conquête élamite était à même d'exercer à cette époque..

L'invasion de TEgypte ne se produisit pas de suite après l'émigration de Chaldée. Les peuples nouveaux venus dans la Cœlesyrie, la Palestine et la Phénicie, cherchèrent probablement à s'établirdans ces pays ; mais ce surcroît dépopulation ne trouvant pas la place d'y vivre, et, peut-être aussi, poussé par des événements que nous ignorons encore, s'écoula vers le sud.

On a pensé trouver la cause du départ d'Asie des Hyksos (1) dans de grandes éruptions volcaniques qui, ayant eu lieu dans l'Arabie centrale, auraient rendu inhabitable une partie de la péninsule ; mais la position même que les massifs volcaniques occupent en Arabie exclut cette hypothèse.

En effet, ces chaînes sont situées sur les rives de la mer Rouge et de l'océan Indien. Il s'ensuit que leurs éruptions auraient causé des migrations par mer et non par terre ; que les émigrants auraient abordé la côte érythréenne de l'Egypte et non la péninsule sinaïtique et le delta ; enfin que la Chaldée ne serait pas restée indemne d'une nouvelle invasion sémitique, et que les tribus préphéniciennes du golfe Persique n'auraient pas été chassées de leur pays, de même que les Chananéens de l'Euphrate, par un cataclysme se passant au loin dans l'Arabie.

Lorsque le flot des llyksosse présenta vers l'isthme de Suez, la

(1) Les Égyptiens, confondant les pasteurs Shasou, le roi des Shasou, au pluriel Hiqou-

avec les nomades qu ils étaient accoutumés à Shosou dont les Grecs ont fait llyksos. (Cf.

combattre sur leur frontière asiatique, les G. Maspero, Ilisl. anc. des peuples de l Orient .

avaient nommés Shasou, et leur prince, Iliq- V éd., 1893, p. 161, note 2.)

science de la guerre (1) était bien plus développée chez les Clialdéens que chez les Égyptiens, et la race sémitique, bien j)lus ardente à s'emparer du bien dautrui, voyait ses appétits surexcités encore par les privations sans nombre qu'elle avait dû supporter dans son long voyage au travers des pays pauvres. Aussi les États du Pharaon furent-ils pour l'envahisseur une proie facile, en même temps qu'indispensable à l'existence de ces hordes.

Après avoir remonté le cours de lEuphrate, les pasteurs eussent aussi bien pu se tourner vers le Nord plutôt que vers le Midi; mais, sur le haut fleuve, dans les gorges de l'Amanus et du Taurus, ils eussent rencontré des peuples pauvres, forts et belliqueux, qui les auraient arrêtés.

D'autre part. l'Egypte enrichie par des milliers d'années de paix, encore inviolée, excitait bien plus les convoitises que tout autre pavs. Memphis exerçait sur ces bandes la même fascination que causèrent plus tard Rome et Constantinople sur les barbares.

Il est à remarquer que jamais les invasions sémitiques n'abordèrent, dans un esprit de conquête, les grands massifs montagneux; et que, si quelques expéditions s'y aventurèrent parfois, ce ne fut que pour piller ou par mesure de protection. La Chaldée ne j)ut écraser l'Élam, TiVssyrie laissa subsister TOurarthou ; si elle franchit les chaînes kurdes, ce ne fut (jue pour opérer des razzias sur le plateau iranien. Le Sénùte s'est toujours montré homme de la plaine (2); l'I^gvptc répondait donc à ses aptitudes sous ce rap])()rt.

(1) Parmi les ressourcCb militaires spéciales lii.fl. unli(i., p -202. — Max Mulleu, Biogr. of

aux populations de l'Asie se trouvait l'usage Wordx. p. lit;.) C.-F. Kiel (.Ua;i of bibl. Arch ,

du cheval, dont l'emploi semble être r.é quel- II, 219) dit qu'au temps de Salomon (vers

que part dans les pays situés au nord de lan lOOO av. J.-C.) les rois et la noblesse

l'Asie antérieure, bien plutôt qu'en Extrême- montaient des clievaux au lieu de mules el

Orient ou dans les steppes de Sibérie. Il d'ànes (2, /îo/.s, IX, 21, 23 ; XI, 16; /sai'e, XXX,

semble que, bien qu'avant vécu à l'étal sau- li', : .Im., IV, 10). Mais cet usage était déjà à

vage dans tout le monde occidental, le che- cette époque connu depuis des siècles ; car il

val ne devinl.un auxiliairedelhomme que très existait des chevaux en Egypte au temps de

tardivement. En Chine, dans les anciens temp.-;, Jacob, à l'époque des Hyksos (Ge«., XLVII,17;

le cheval n'étaitpas monté. Cet usage apparaît Exud., IX, 3; Deul. XVII, 16). Dès le temps

vers la fin de la dynastie Chi'Ju (Liu hiuen). La de Thothmes 1»% on les voit figurer sur les

cavalerie fut, pour la première fois en Chine, monuments.

employée à la guerre à l'époque de Su Tsin, (2i Plus tard, l'invasion musulmane n'oc-

c'est-à-dire vers 350 av. .f.-C. Cf. Terrien de cupa ni l'Iran, ni les massifs de l'Arménie et

L\CouPERiE, The oldest book of Ihe Chinese, du Taura*. En Perse, la population devint

The Yh-Kiiuj, vol. I, Ilistory and Method, musulmane; mais aucune colonie sémitique

London, 1892, p. xviii, note 5.)'— A la bataille ne s'y fixa. Le Taurus et l'Asie Mineure ne

de Marathon (190 av. J.-C), les Perses firent changèrent de religion qu'avec la conquête

usage de cavalerie, mais non les Grecs. turque. En Espagne, pays montagneux, l'élé-

L'équitation, à l'époque d'Homère {Odiissée, ment arabe, quoique gouvernant, fut tou-

V, 371; Iltinde, X, 513; XV, 6791, n'était pas en- jours très peu nombreux ; il en fut de même

core complètement entrée dans les usages. en .\lgérie. au Maroc, où les indigènes em-

II en était de même aux Indes à l'époque vé- brassèrent l'Islam. Il ne faut pas confondre

dique (/?/<;., V, Gl-2). (Cf. O. Scnn.^DER, P;-e- dans les Arabes tous les musulmans.

L'EXPANSION SI-MITIQLE 259

Le moment était craillcurs propice pour envahir la terre du Nil, l'anarchie y régnait en maîtresse. Depuis la XIP dynastie, le pouvoir royal s'était aflaibli au point que la XIV" n'avait plus guère de puissance ([ue dans le Deltad, autour de la ville de Xoïs, dont elle avait fait sa capitale. Partout ailleurs, les princes révoltés s'étaient déclarés indépendants, luttaient entre eux ou contre les restes du pouvoir royal.

La faiblesse des souverains, l'excès des richesses résultant de la bonne administration des Ousertesen et des Amenemhat, paralysaient les forces pharaoniques quand le flot des llyksos se présenta aux portes du Delta.

« Il nous vint un roi nommé Timaeos, dit Manéthon (1); sous €6 roi donc, je ne sais pourquoi. Dieu souffla contre nous un vent défavorable ; et, contre toute vraisemblance, des parties de l'Orient, des gens de race ignoble, venant à limproviste, envahirent le pays et le subjuguèrent facilement et sans combat. »

Quelle orgie pour ces « hommes ignobles », pour ces nomades pauvres, cupides, sensuels et cruels ! L'Egypte connut toutes les horreurs. Et quel afl'reux réveil pour les paisibles populations ■de la vallée du Nil que l'arrivée de -ces hordes féroces ! Le patrimoine des aïeux mis à feu et à sang, ses villes incendiées, ses temples détruits et ses habitants, ceux qui échappèrent au carnage, réduits en esclavage.

Les sépultures des rois violées (2), le llyksos s'empara des immenses trésors qu'elles renfermaient. Elles furent systématiquement exploitées, au moyen e galeries de mines, quand les entrées ne purent être découvertes, quand les prêtres se refusèrent à livrer leurs secrets.

A peine quelques sépultures princières échappèrent-elles au pillage, entre autres celles de la Xll^ dynastie que j'ai retrouvées dans la nécropole memphite(3); et l'on peut juger par les trésors

(1) Manétiiox, édit. Unger, p. liO. dans l'inUTieur delà pyramide d'Ouscrlc-

(-2) Il est impossible datlril)uer à d'autres sen III, ne sonl pas l'œuvre d'Egyptiens, mais

rju'aux pasteurs la violation des sépultures bien d'étrangers. (J. M.)

royales et princières de l'ancien et du moyen (3>Cf. J. de Morgan, Fouilles à Dahchour,

Empire dans la nécropole memphite ; car in-4, 2 vol. 1902-3. Les trésors de cinq prin-

l'ouverture de ces tombeaux exigea des Ira- cesses renfermaient plus de ;0 kilogram-

vaux longs et importants qui ne purent être mes d'or et on peut évaluer à plus de 10)

faits que de connivence avec le gouvernement kilogrammes, au moins, ce ([ue renfermait cha-

dans un temps où les prêtres n'avaient plus cune des pyramides royales de la Xll'' dynas-

le pouvoir de proléger les monuments confiés tie. On com^oit avec quel acharnement les

à leurs soins. D'autre part, les dessins gros- pasteurs altatiuèrent ces monuments pour le»

siers tracés par les ouvriers sur les murs, violer.

260 LES PREMIÈRES CIMLISATIONS

qu'elles renfermaient de la richesse et du luxe qui régnaient en Egypte, lors de l'arrivée des Asiatiques.

Dans les pyramides royales que j'ai ouvertes, tout avait été enlevé, jusqu'aux cercueils de bois lamés d'or et, en se retirant avec leur butin, les pillards avaient tracé, sur les murs blancs des cryptes, des caricatures (l) qui, par leur facture, décèlent des mains étrangères.

Ce qui restait de Memphis('2) fut choisi par les Hyksos comme centre de la nouvelle royauté ; mais les forces militaires étaient concentrées à Avaris (3), dans le Delta. Là fut élaljli un vaste camp retranché capable de contenir 2/iO.OOO hommes, tous Asiatiques. C'est d'Avaris que les rois pasteurs exploitèrent ce qui restait de la malheureuse Egypte.

L'invasion avait été dès longtemps précédée par la venue pacifique d'un grand nombre d'hommes d'Asie, arrivant par petits groupes, s'établissant comme commerçants et prospérant sous le régime juste et doux des Pharaons ; tolérés sans méfiance, ils devinrent bientôt, par leur nombre, un élément important et dangereux. Lors de l'arrivée des Hyksos, ces étrangers se groupèrent autour des nouveaux maîtres de leur sang; peut-être même les avaient-ils attirés et facilitèrent-ils singulièrement l'écrasement de l'Egypte, qui, pendant si longtemps, les avait nourris.

Toutefois les rois pasteurs n'avaient pas d'un seul coup parachevé leur œuvre; ils s'étaient substitués aux Pharaons de la XIV dynastie dans leur Etat, mais avaient aussi hérité de l'hostilité des princes de la Haute-Egypte. Fuyant devant eux, une partie de la population du Nord remontée vers le Sud venait renforcer la résistance. Il fallut, dit-on, deux siècles pour l'abattre. Enfin depuis Syène jusqu'à la Méditerranée, toute la vallée du Nil, ravagée, obéit aux nouveaux maîtres (/i).

(1) Cf. DE Morgan, Fouilles à Dahchour, 1903, J'ai visité les ruines en 1895. (J. M.) (Cf. Fouilles fig. 137 à 140. de Mnrielle, Musée du Caire.)

(2) Dans mes fouilles de isg'î, à Mil-Ralii- (4) La période de 600 ans, consacrée au.x neh, j'ai retrouvé, sous les dallages du temple Hyksos par Manéthon, semble être beaucoup ramesside de Phlah, les ruines de l'édifice de trop longue. L'historien compte 250 ans pour la XII' dynastie. (J. M.). la conquête, 200 ans pour l'occupation du pays

(3) Hàrouàrou (Tanis), ville dont les ruines et 150 ans pour la guerre d'indépendance. On sont situées à quelques kilomètres au sud du convient aujourd'hui de placer au cours du lac Menzaleh ; les buttes qui les composent, vingtième et du dix-neuvième siècles la XI" rougies par un formidable incendie, sont en- dynastie, et vers le di.\-septième la XVIIP combrées d'obélisques brisés, de fiagments dynastie. 11 ne resterait donc que deux ou trois (le statues et des matériaux de grands édifi- siècles au plus pour répondre aux XIII» et ces en granit. On voit que cette ville a été XIV' dynasties, à l'invasion des pasteurs (XV« détruite avec un extraordinaire acharnement. et XVI' dyn.), et à la XVIP dynastie pharaoni-

LEXPANSION SKMITIOUE

Ce fut le plus grautl pillage de ranliquilé ; il eut son retentissement dans le monde entier d'alors. Les Asiatiques se présentèrent en foule, venant sans cesse, par la voie du Sinaï, pour prendre leur part dans cette gigantesque curée. Les uns s'enrôlaient au camp d'Avaris, les autres s'établissaient dans les villes du Delta, afin d'y exercer des commerces, devenus très lucratifs dans ces moments troublés.

Du nombre de ces derniers était une tribu chananéenne, celle d'Israëlqui, issue de Clialdée(l) en même temps que d'autres nommées Ammon et Moab (2), se serait séparée d'elles et, après de longues aventures, les laissant en Syrie, serait entrée en Egypte.

Cette tribu d'Israël, nous ignorerions sa venue sur la terre du Nil si, plus tard, elle n'avait joué un rôle bien supérieur à son importance politique. Comme tous les autres Asiaticjues, elle ne vint qu'attirée par Fappàt du lucre et ne mérite de considération spéciale (3\ que parce que nous sommes mieux documentés à son sujet que sur le compte des autres peuplades ayant j)ris part à ce sfrand mouvement.

Les Hyksos importèrent en Egypte les principes gouvernementaux de l'Asie ; au lieu de chercher à reconstituer l'empire de la XII® dynastie avec ses nomes, ils se créèrent dans le Delta un royaume où leur autorité était directe. Pour la haute et la moyenne partie du pays, ils la pillèrent d'abord, puis soumirent au tribut les princes en les plaçant sous l'autorité de ceux de Thèbes.

C'était le caractère propre à la méthode gouvernementale de toutes les monarchies asiatiques ; un territoire vaguement

que; ce qui semble être un minimum trop faible, car la XIII' el la XIV"- dynasties comptent 80 règnes, les Hyksos 81, et la XII' dynastie 43, ce qui attribuerait à chaque régne une durée maxima d'un an, dix mois et se|)t jours. Or, la date de la XVlIP dynastie semble certaine. C'est donc celle de la XII' dynastie qu'il faut remonter. D'autre part, la date de Koudour Nakliounlé l'Ancien, -2300 ou 2280 (G. Smitu, Hisl. oj Assurbanipal, p. 251) est certaine etco'incide avec le départ des Hyksos de Chaldée. Si nous ajoutons à cette ilate les 600 ans de Manéthon, nous sommes menés au di.\-septième siècle pour la XVII' dynastie. Sans compter le tem[)s que dura le vojagc des pasteurs entre la Chaldée el l'Egypte. Or, nous savons, que la XVIIl' dynastie correspond au seizième siècle. C'est donc 100 à ISOans au moins qu'il faut retrancher de l'évaluation des prêtres égyidiens.

(1) Abraham, suivant la Bible, serait sorli

d'Oiirou. Si les Juifs ont choisi cette ville pour lieu de leur origine, c'est probablement parce quOurou était la ville sainte où les rois venaient se faire introniser. Ils pensaient relever ainsi, aux yeux des générations, la valeur de leur chef originel. (Cf. G. Rivière, Le Code de Hammoural)i,ds Rev. de.-i Idées, 15 févr., 1905, p. 135.) On place généralement vers le vingtième siècle le départ d'Abraham de Chaldée. Cette date, comme on le voit, coïncide à peu de chose près avec le mouvement élamite.

(2) .\mmon se fixa au nord-est de la mer Morte, Moab au sud-est, au sud des monts du Haourân, sur la limite du désert et la route du Sinaï.

(3) La Bible (Genèse, XLV, 17-18) fait dire à Joseph par le pharaon Hyksos : « Pressez votre père el vos familles, el revenez vers moi ; je vous donnerai du meilleur du pays d'Egypte cl vous mangerez la graine de la terre. »

limité formant l'apanage direct du maître, et une zone plus ou moins étendue de royaumes tributaires. Au delà, on se contentait de simples expéditions de pillage, d'où la métropole tirait sesesclaves et une partie de sa richesse. A Rome, plus tard, les trois classes territoriales se retrouvent encore, la terre romaine, les colonies et les royaumes alliés; mais à la brutalité orientale avait alors succédé la haute intelligence aryenne des affaires pujiliques. De nos jours, la métropole, les colonies et les zones d'influence et de protectorat, ne résultent que de la persistance de ces principes politiques rationnels.

Avec des idées nouvelles, les Ilyksos apportèrent en Egypte bien des améliorations inconnues jusqu'alors dans l'armement,, dans la science militaire. Il semble que l'emploi du cheval fut du nombre; car ce n'est qu'après leur départ que nous voyons le char figurer sur les bas-reliefs égyptiens. Où connurent-ils le dressage de cet animal ? Ce ne semble pas avoir été en Ghaldée ; car, là aussi, nous ne le voyons apparaître que tardivement.

L'écrasement complet de l'Egypte dura plus de deux siècles et demi, dit la légende ; car deux cents ans environ auraient été consacrés à la réduction des princes du Sud. Enfin, dans la Haute- Egypte, l'étendard de liiulépendance se leva ; tant d'exactions, tant d'humiliations ne pouvaient durer sans que disparût à jamais la nationalité égyptienne.

Peu à peu les Hyksos, gorgés de richesses, s'étaient adoucis (1)» If luxe les avait gagnés ; et leur cour, copiant celle des ancienspharaons, était devenue aussi somptueuse et d'un protocole aussi compliqué que celle des rois indigènes. Incapables de traiter euxmêmes des détails administratifs, ils les avaient laissés entre les mains de fonctionnaires égyptiens. Les Grecs, les Romains, les Arabes ne firent pas autrement; l'Égyptien et le Copte furent toujours indispensables aux maîtres du pays.

D'abord proscrite, la religion égyptienne fut enfin tolérée. Quelques temples furent ouverts de nouveau, le joug devenait de jour en jour plus supportable^ concessions plutôt dues à l'afl'ai-

(1) Les arts avaient repris; malheureusement Manclhon que nous le tenon*. U existe ce-

louslesmonumenlsdeceltci'i.oqueontétésys- iientlant, au Musée du Caire, quelques monu-

lématiquement détruits lors (le la réaction ; les mcnts hyksos (/'oo ///es de Marielle à Taiiis)

textes hiéroglyphiques qu'ils portaient ont jirésentant des caractères très particuliers

été martelés avec tant de soin qu'il est impos- (Cf. A. Mariette, Lettre à M. le vicumte de

sihie d'y reconnaître un seul signe. Tout ce Bougé, sur les fouilles de Tanis, p. H) mais ne

ijuc nous possédons sur les jiasteurs, c'est de fournissant aucun renseignement historique.

blisseinoiit du pouvoir qu'à des scnlimenls d'humanité. L'heure élail |)r'()|)ice ])our hi réaction.

Cliasscs de la haule et de la moyenne Egypte, les Ilyksos se virent assii^gés dans Mempliis, puis dans leur camp d'Avaris. Enfin rejclés hors du Delta, les derniers débris de leur armée furent encore vaincus en Syrie (1), où le Pharaon les j)()ursuivit. C'était la première fois que les troupes égyptiennes, dépassant le Sinaï, pénétraient en Asie.

Bien que l'armée hyksos se fût retirée, il restait encore sur la terre du Nil, et plus spécialement dans le Nord, une foule d'Asiatiques, j)resque tous les non-condjattanls. Ils refusèrent de partir; on les mit en servitude, et ils devinrent les manœuvres de la réfection, car l'Egypte nélait plus qu'un monceau de ruines.

Il fallait aussi assurer le trône à la XVIP dynastie ; car, dès la libération du territoire, des révoltes éclatèrent contre la suprématie des princes thébains et la Nubie toujours demeurée indépendante prétendait le rester. L'armée, qui venait de combattre l'étranger, tourna ses armes contre ses propres congénères et, après quelques eflbrts, l'ordre fut rétabli. L'histoire moderne ne fournit-elle pas bien des exemples d'une situation politique analogue à celle dans laquelle se trouvait lEgypte après sa longue servitude?

Revenus de leur stuj)eur à la vue de leur patrimoine dévasté par les Asiatiques, d'horreurs dont ils ne pouvaient même pas souj)çonner l'existence, les Egyptiens, comprenant qu'un royaume d inqiortance ne peut se maintenir sans intervenir dans la politique générale, modifièrent du tout au tout leurs vues. Ils avaient appris la guerre, le pillage, l'injustice, la violence, le mépris de la vie des autres; ils entretinrent dès lors de formidables armées, de puissantes flottes de guerre, modifièrent leur administration intérieure et ne révèrent plus que conquêtes. Leurs troupes remontèrent le Nil jusqu'aux confins de la terre, portèrent le nom des j)liaraons en Ethiopie, sur les rives mêmes des grands lacs, dit-on, et revinrent chargées de butin. Ils n'oublièrent pas non plus le chemin suivi par les pasteurs et l'Asie paya ses crimes.

C'est longtemps auj)aravant, pendant la réaction élamite en Chaldée, au moment où les maîtres d'autan étaient devenus esclaves à leur tour, (|u'en dehors des Ilyksos, bien des tribus

(I) A Sharoiiliana, probablement Sliaroiiken, G. Maspero, Ilisl. anc. de.< peitple.-i de l'Orient, «lans la tribu de Siméoii. Uosué, XIX, 6. — Cf. V' édit., 189:{, p. 169.)

sémitiques avaient émigré. Nous avons vu ([ue certaines d'entre elles, primitivement cantonnées dans le Nord, peut-être vers Agadé, remontèrent le Tigre et s'installèrent dans sa vallée très en amont du site actuel de Bagdad, assez loin, pensaient-elles, pour ne pas être inquiétées par lÉlam; là elles fondèrent une ville, El Assar (aujourd'hui Qal'a tchergliat), c'étaient les Assyriens ; que d'autres chassées des côtes et des îles du golfe Persique, territoires appartenant jadis aux Élamites, traversèrent la Ghaldée, remontèrent l'Euphrate et vinrent s'établir sur les côtes syriennes de la Méditerranée, c'étaient les Phéniciens.

La position primitive de ces tribus sur la mer en faisait une race de navigateurs et de marchands. Autrefois ils avaient parcouru le golfe Persique et la mer des Indes, abordé sur les côtes d'Arabie, aux bouches de l'indus et, plus au sud, le cabotage les avait peut-être même conduits dans la mer Erythrée et sur les côtes de l'Afrique. Les boutres arabes de Mascate ne font-ils pas encore aujourd'hui le trafic de Zanzibar, de Bombay, de Cevlan et de la mer Rouge ?

Leur nouvelle j)atrie permettait aux Phéniciens de développer leurs aptitudes, car les hasards d'une migration ne les pouvaient mieux servir. Ils occupèrent les îles, les caps delà côte méditerranéenne, tous les points maritimes présentant quelque avantage et, dès leur fixation, disposèrent leur vie politique en vue de la navigation, du transit, du commerce, accordant aussi peu que possible aux nécessités territoriales, mais réservant toute leur énergie, toutes leurs ressources pour la colonisation et surtout j)Our l'établissement de comptoirs commerciaux.

Par tradition, ils connaissaient toutes les routes terrestres et maritimes depuis la Syrie jusqu'aux Indes; ils apprirent vite celles de l'Occident et devinrent, pour près de deux mille ans, les grands intermédiaires commerciaux du monde, remplaçant peu à peu, dans la domination de la mer, les Cretois et les Égyptiens.

Depuis longtemps déjà, des peuples sémites ou sémitisés étaient venus se fixer dans le pays du Liban, leur apparition en Égvpte et dans le Sinaï en est la preuve; mais la majeure partie de la Syrie, surtout la montagne, était encore occupée |)ar des autochtones.

Quand les Chananéens traversèrent ces pays, ils eurent à lutter contre des tribus dont ils ne nous ont pas transmis les noms; mais qu'ils désignent par des appellations ne laissant aucun

doute sur la nature ethnique de ces peuplades. Ce sont les « lîephaïni, hommes à la voix boui-donnanle et indistincte » parlant des idiomes incompréhensibles pour les Chaldéens ; les « Néfilim, monstres formidables » ; les <( Zomzoniim, des géants », auprès desquels les Sémites semblaient n'être que des sauterelles. Le premier passage des Chananéens réduisit l'importance des tribus indigènes; leur retour d'Egypte, quelques siècles plus tard, les fit disparaître.

La réaction anzanite sur les peuples sémitiques avait donc profondément modifié la face du monde. En anéantissant l'empire summéro-akkadien, elle avait créé l'Assyrie au nord, la Phénicie et la Judée à l'ouest ; elle était cause de l'entrée de l'Egypte sur la scène politique mondiale. La conquête de KoudourNakhkhountè est l'un des faits dont les conséquences ont été les plus graves dans les destinées de l'Orient.

Dès lors commence l'histoire du monde, des grandes luttes pour la prépondérance, des grandes étapes du progrès. Deux puissances seules sont en présence, les Asiatiques et les Africains, les Sémites et les Égyptiens^ deux frères ennemis. Ils se disputeront la suprématie pendant plus de mille ans, jusqu'au jour où interviendra la race aryenne qui, en quelques années, anéantira ces États, réduisant leurs empires, si puissants jadis, au rang de simples provinces.

Mais, pendant que les armées élamites franchissaient le Tigre, pendant que les Hyksos pillaient l'Egypte, les grands mouvements des peuples du Nord se continuaientlentement. Déjà les avant-coureurs iraniens, longeant les plages de la mer Caspienne, s étaient avancés jusqu'à l'Araxe, semant leur passage de dolmens, apportant avec eux le bronze grossièrement travaillé, l'électrum, Tor, la poterie, les animaux domestiques de l'Asie centrale. Cette avant-garde resta cantonnée dans les montagnes fertiles et boisées du ^Nlazandéran, du Ghilan, du Talyche. 11 ne semble pas qu'elle ait pénétré bien loin sur le plateau iranien déjà occupé dans sa partie occidentale par des peuples apparentés aux races primitives de la Chaldée.

Jamais les Sémites ne soumirent les j)euplades montagnardes du Zagros, des monts Carduques ; mais il n'est pas douteux ({ue, refoulés de la plaine, ces peuples n'eussent, dès une époque fort reculée, gagné le plateau persan ou tout au moins les pentes orien -

taies de la chaîne bordière, et ne s'y fussent installés en dépit des rigueurs du climat. Malgré cela, leurs établissements durent être fort peu nombreux, car on ne rencontre que bien rarement des traces de la pierre taillée dont ils se servaient certainement en même temps que du métal. '

L'Iran central, encore couvert de lacs, de déserts salés, aride et desséché, soumis à des températures extrêmes, n'était pas d'un grand attrait pour des envahisseurs. Les premiers Aryens le négligèrent ; mais ils furent rapidement suivis par d'autres tribus, leurs congénères, les unes s'avançant par le nord, les Mèdes ; les autres par le sud, les Perses, après avoir traversé les massifs montagneux de la Bactriane et les déserts d'Arachosie.

Un rameau de la branche du Nord passa l'Araxe, le petit Caucase et, remontant la vallée du Cyrus, vint se fixer au milieu de la grande chaîne, près des célèbres défilés du Dariall; ce sont les Ossèthes de nos jours.

Les hordes qui, prenant la voie de l'Ouest, s'étaient avancées dans les steppes de Russie, furent arrêtées par la Caspienne, par le Caucase et sa grande muraille, par la mer Noire et toujours empêchées de descendre vers le sud, dans les pays du Soleil. Les unes, poursuivies par le froid, continuèrent leur chemin par la vallée du Danube ou par les plaines de Germanie ; les autres envahirent la Thrace,leur nombre allant croissant chaque jour, prêtes à fondre sur l'Asie Mineure après avoir franchi le Bosphore.

Ainsi, pendant que dans l'Asie antérieure, déjà très développée, s'ouvraient de formidables compétitions, le ciel s'obscurcissait au nord d'innombrables fumées de campements; un déluge humain se préparait.

En Europe centrale, il semble que ce soit au cours du troisième millénium qu'apparut le métal. Dans quelques terres méditerranéennes il était depuis longtemps en usage, s'étant de proche en proche répandu de la Chaldée et de l'Egypte.

Beaucoup plus loin vers l'Orient, au delà des chaînes glacées de l'Asie centrale, en dehors de toute communication avec le monde méditerranéen, une autre race se développait sur elle même, préparant une civilisation qui plus tard devait atteindre un sommet. La Chine qui, malheureusement nous est trop peu connue au point de vue archéologique, était déjà, semble-t-il,

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