‹ Les premières civilisationsChapitre 48 sur 79 · OM · texte numérisé non relu

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C'est à l'époque de Ménephtah (1) ou de Séti II (2), vers le temps où le Delta était menacé parles Lybiens, que les Israélites, |)roritant d'un moment où leurs maîtres étaient absorbés par la

défense du territoire, s'échappèrent d'Egypte et, tournant la ligne des forts de l'isthme, en suivant les plages de la mer Rouge (3), s'enfoncèrent dans le massif du Sinaï, se dissimulant au milieu des monlagnes et parmi les nomades, leurs parents, mal soumis aux Pharaons.

Depuis l'expulsion des pasteurs, l'Egypte s'était montrée dure pour tous les étrangers restés sur son territoire; elle avait appris à connaître ses hôtes (5) et les traitait en conséquence ; mais pour les Hébreux, qui n'avaient point été ])ellig(''rants, la mesure était particulièrement sévère et la transition brusque.

En même temps que les Pharaons craignaient (h' nouvelles

Graffilo phénicien des mercenaires de Psammélique P'ou de Psammétique II (de 650 à 595 av. J.- C.) sur l'un des colosses du grand temple dipsamboul (4).

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Décalogue samaritain de Naplouse (<>).

V '\)S7t)jv'^l^viJV'v] -Ul -^(11*1

Inscription nabalhcenne (7j.

tentatives delà part des Asiatiques, ils se vengeaient sur eux des maux qu'avait souflerts l'Egypte de la part de leurs congénères.

(Ij C'est sous Menephlali, qu'apparaît pour la première fois dans les textes égyptiens le nom d'Israilou. " Israël est déraciné et n'a pas de graine. » (Cf. Ph. Vnu;Y, Note sur le pharaon Mene|)litali et les temps de lE.xode, dans la Rec. biblique, 1900, )>. f)85. — Deiber, La stèle de Meneiditah et Israël, in Reu. bibl., 189'J, p. 267, sq.) — W. Spiegei.berg, Die Ersle Ervahnung Israël in einem a^gy|>lischen Te.xte, in Sitzunijxberirhii; der K. preus.f. Akademie zii Berlin, "l8ilG, XV, p. 593. — G. Maspero {Ilisl. II. pp. 430 et 443, sq ) traite des Apouriou, qu'on avait cru pouvoir identilicr avec les Ilélireux, identification aujour- <l hui rejetée.

{■2) Cf. E. DE RouoÉ, Examen critique de l'ouvraqe de M. le citev. de Bunxen, 2' partie, p. 74.

(3) Exode, I, 14; XV, 1-10.

(4) >■ Cussaï, fils d Abdpaam, préposé aux... » (Corpus Inscr. sem., 1" partie, n° 112.)

(5) Cf. M.\MJTU0>J, ds JosepI). contra Apio- ^ nem, 1. XXVI, XXVII.

(ti) W. Wrigut, Proc. of the Soc. o/ Bibl.Archaeol., 6 nov. 1883, p. 2R.

(7) Cf. Pli. Berger. Nouvelles Inscriptions, n" 19, Euting, n» 2 — In., Ilist. de lécriiure, 1891, p. 274-5 (1" s. de notre ère) (Arabie), vallée d'El liedjr.

(1) Dapvès G. Maspc.0, UisL anc. des pc.ule. cie lOneni classique, l H, P- G83.

Tous étaient placés en servitude sous une étroite surveillance (1).

Jadis bien accueillis sur la terre du Nil (2), les Israélites, devenus presque les maîtres du pays sous leurs parents les pasteurs (3^, se trouvaient subitement tombés au rang d'esclaves {!\). Ils s'enfuirent, ne sachant certainement pas où se fixer ; leurs hésitations dans le Sinaï en sont la preuve. La police égyptienne, après avoir, semble-t-il, faiblement tenté de les reprendre sur la frontière, ne se préoccupa guère d'eux par la suite.

Au Sinaï, ils s'arrêtèrent dans les gorges et les vallées où ils trouvaient de l'eau (5), n'osant ni gagner la Syrie, ni revenir sur leurs pas, attendant les événements; ils errèrent longtemps, quarante ans, dit-on. Là, ils souffrirent de la faim, car le Sinaï est une terre aride, et peu à peu reprirent la vie nomade de leurs ancêtres. Lorsque, poussés par le besoin, ne conservant aucun espoir de rentrer en hommes libres dans la terre du Nil, ils se décidèrent à gagner le Nord, ils étaient redevenus Bédouins.

Ce flot, avec ses tentes, guenilles tendues au vent, ses trous peaux, son bétail chargé des bardes et du peu de biens emporté

(1) Cf. Chabas, Méhiivjes é<juploloiji<jues, i" série, pp. 108-165.

(2) Exode, I, 8.

(3) La légende bililiriue de Joseph, fils de Jacoi), usant du crédil qu'il a su se créer pour servir les intérêts de sa tribu, est l'un des traits caractérisant le mieux les habilelés du peuple hébreu. Un rôle analogue a fréquemment été joué à la cour des pharaons |)ar des Sémites araméens ou cliananéens qui, profitant des préoccupations politiques de leurs maîtres, s immiscèrent dans les affaires el devinrent des favoris. Ben .Vzana sous Mcnepbtab, Arisou sou.s le règne suivant, L'inkhanou en Chanaan sous Aménopbis IV.

(Cf. Maspei'.o, ///.s/., h, pp. 438 el ViO. — WmcKLKR, Die Thontafcin, 61^ 31, sq. ; GC), 1.5, sq., etc.)

(4) Exode, I, 11-14. On jugera des conditions dans lesquelles vivaient les esclaves et condamnés au.\ Iravau.x, d'aiirès le récit suivant d'Agalharchidès, qui, au deuxième siècle av. J.-C, vécut à la cour des Plolémées (d'ap. DiODORE DE Sicile, Bibl., III, 12-41 et Photios, Cod., COL, 11. — .V.-J. Delattise, le Pays de Chanmin, 180G, p. 80, noie 1). « Les rois d'Egypte envoient aux mines (de la frontière nubienne) les malfaiteurs condamnés, les prisonniers de guerre, et même ceux de leurs sujets qui ont succombé à des intrigues, el que la disgrâce a fait tomber dans les fers. Ces derniers sont envoyés jiarfois seuls, parfois avec toute leur parenté... La multitude des gens ainsi livrés esl mise aux entraves ; elle supporte le labeur sans relâche ; aucun repos ne lui est accordé et, grâce à une surveillance jalouse, aucune évasion n'est pos-

sible... En ce (pii concerne la santé, on n'a aucun souci île ces malheureux, dépourvus même d'un haillon pour couvrir leur nudité (excepté les femmes, d'ajjrès le texte de Pholius), et personne ne peul voir un tel excès de misère sans se sentir ému de compassion. Ni le malade, ni l'estropié, ni le vieillard, ni la femme si faible, personne en un mot, n'obtient ni indulgence, ni relâche. Les coups relienuenl, lion gré mal gré, tout le monde au travail, en allendant la mort, suile inévitable de si mauvais Irailemenis. Ces mallieiireux reilouleut l'avenir encore plus (pie le présent, tant est grand leur sup|)lice, el ils préfèrent la mori à la vie. » Celte fa(;ou de traiter les condamnés sous le régime adouci des Plolémées permet de se faire idée de ce cpii se passait au (piinzième siècle av. J.-C. dans les mines de Nubie, du Sina'i. et dans les grands chantiers de construction ouverts après le déi)art des Ilyksos pour la restauration de rEg\pte.

(5) La principale de ces vallées esl celle dile Wadi Faran, où coule une petite rivière. Elle esl située au pied du pic le |)lus élevé de la pres(pi île. C'est là que les traditions pla- (;aient les fails miraculeux dont Moïse aurait été témoin Les premiers chrétiens y construisirent des monastères et des églises, dont on voit encore les décombres ; les cénobites se creusèrent des demeures dans les rochers. Mais, constamment inijuiétés par les nomades, ils durent abandonner Wadi Faran, el s'installer au Sina'i actuel, dont la basilique date de l'époque de Justinienll. (J. M., Voyage de 1800.)

LA l'UKPONDÉRAXCE KGVPTIENXE

d'Égyf)lP, s'écoula en longue traînée par la dépression joignant la

mer Morte au golfe d'Akaba, ancienne vallée du Jourdain. Dans ce

désert, ses étapes furent marquées par les points d'eau; mais tous

étaient déjà occupés, il fallut les con(|U('rir.

D'autres tribus bédouines, les Kénites, les Madianites, les Édo-

mites, qui déjà flottaient en ces lieux, les joignirent et après un

séjour prolongé dans la

région de Kadesh (1), la

horde entière continua sa route vers le Nord.

Les Hébreux, comme

d'ailleurs beaucoup de peuplades nomades de ces temps (3), étaient alors répartis suivant douze (?) tribus (fi), groupes d'importance inégale obéissant tous à un même chef, leur guide ; Moïse d'abord, Josué ensuite, suivant la tradition. Ce chef, malgré tous ses efTorts pour en imposer par la religion (5), n'avait qu'une autorité bien relative; car, à peine sorties des pays arides, les tribus se divisèrent. Juda, Lévi, Siméon, joints aux Kénites, s'arrêtèrent pour un lem])s dans le ])ays d'ilébron (6), laissant le gros de la nation avec les Edomites et les ^ladianites

Inscriplion palmyréenne de la statue de Zénobie, d'après un estampage de M. J.-E. Gautier (2).

(1) Aujourd'hui Ain Gadis. Cf. C. Tbumbull, A visil lo AïnQadis, the supposed site of Kadesh Barnea, in Pal. Exploi. Fund. Quart. SI., July, 1881, p. 208, sq. Les ruines de villes chananéennes sont nombreuses (Cf. H. Vi.ncent, Canaan. 19)7, chap. I, p. 23, sq.);les principales découvertes jusqu'à ce jour sont: Tell el Ilesy, Tell es-"^afv. Tell el Moutésellini, Tell Zakariyâ. Tell ta'anak, Tell Sandaliannah, Tell Djezer, Tell Djedeideh, Oplie 1 (Jérusalem primitive), etc.. Epaisseurde quelques murailles: Gazer, muraille du vingt-neuvième siècle au quinzième. 3 m. 35; muraille du quinzième siècle, 4 m. -25; Tell elHésy, 5 m. 20 à 3 m. 50; Tell esSafy. 3 m. 66; Megiddo, 8 m. 60 (Cf. H. Vincent, op. cit.). Le rempart de Lâchis (dixhuitième siècle av. .I.-C.) est fait de briques crues, séchées au soleil etdonlla pâte est mélangée de paille hachée. (Bliss. A .Ùound, pp. 22 et 44. — F. Pétrie, Tell el Hcsi/, p. 21.) Ce mode de construction, prodigieusement ancien en Chaldée. se retrouve en Egypte dès l'époque de Mènes.

(2) Statue de Septimia Batzabba'i (Zénobiei. Illustre et juste |1 reine. Les Septimiens Zabda, général en || chef el Zabbaï, général de Tliadmour (Palmyre), les très puissants, || l'ont ériiféc à leur souveraine. Dans le mois de Ab de l'année 582 (août 271). «

(3) Les Edomites avaient douze tribus, aux-

quelles était adjointe une tribu illégitime, celle d'Amalek {Genèse, XXXVI, 4-14; 16-22); les Nakhorides (Genèse, XU, 20-24); les Ismaélites (Genèse, XV, 12-16) et les Qétouréens (Genè.^e, XXV, 1-6) étaient dans le même cas. (Maspero, Hist. anc. peupl. Orient, \' éd., 1893. p. 302, note 1.)

(4) 1. Ruben, 2. Siméon, 3. Lévi, 4. .luda, 5. Issakhar, 6 Zébulon, 7. Joseph, 8. Benjamin, 9. Dan, 10. Naphtali, 11. Gad, 12. Ashsher. Piépondant aux noms des douze fils de Jacob, 1 à 6 descendant de sa première femme Léa, 7 et 8 de sa seconde Rachel, 9 à 11 des servantes de son harem.

(5) Au souvenir du Sina'i resta, pour les Hébreux, attachée l'idée de la demeure divine (Cf. Cantique de Déborah (Jaijes, eh. V, v. 4-6), Deuléronome, XXXIII, 2; Ùahlnilaik, 111,2; Psaumes, LXVIII,8-9, etc.).— Sur le sommet de la stèle des lois de Hammourabi, le dieuChamach (le Soleil) est représenté remettant au roi le burin avec le(]uel il doit graver les lois dictées par la divinité. C'est ainsi que Moïse re(;ul les lois de Dieu sur le Sina'i, que le prince DoudouPhor, (ils de Menkéri (IX' dyn.), découvrit aux lueds du dieu Thot. à llerniopolis, le XLIV« chapitre du Livre des morts.

(6) Cf. B. Stade, Geschichle des Volkes Israël, pp. 131-132.

continuer sa route par la rive orientale et la mer Morte.

Ces neuf tribus et leurs alliés longèrent les pays de Moab et d'Ammon, peuplés de congénères que, s'acheminant vers l'Egypte, les Hébreux avaient laissés des siècles auparavant.

Il semblerait que ces peuples leur eussent accordé libre passage sur leurs terres ; car ils s'avancèrent encore et lentement prirent possession du pays de Galaad (l), district situé au nord de celui des Ammonites, sur la rive gauche du Jourdain.

Là, ils rencontrèrent des peuples dès longtemps fixés dans le pays, les Amorrhéens et les Bashamites, contre lesquels ils eurent à lutter; eux nomades, forts par leur mobilité, rilWIîA'rtlnX^ toujours en mesure de harceler ou de fuir, î^ ]^A ^a>I S guerroyant contre des populations sédentaires, HALVIUV? Tl S attachées au sol et que l'insécurité perpétuelle iiirMi Ai Hp^ devait forcément abattre. Peu à peu ils les

*^Yhf(IÎH absorbèrent.

Écriture Himyariie^ Galaad devint leur centre; de là, ils pous-

sèrent jusqu'aux contreforts du Haurân, jusqu'à Kénath (3) ; mais, devant des forces supérieures aux leurs, durent rétrograder. Ils se tournèrent alors vers les autres peuples leurs voisins, et malgré leurs incursions continuelles, les razzias qu'ils opéraient sans relâche, ils ne parvinrent ni à s'enrichir, ni à se procurer de nouveaux territoires.

A la longue, le pays de Ghanaan fut enfin conquis. Jéricho forcé, les Hébreux s'y installèrent ; mais, rétablis de leurs revers, les indigènes (/i) tentèrent un premier edbrt pour chasser ces intrus.

Une coalition des Chananéens du Sud se forma, commandée par Adonisédek, roi de Jébus, et fut défaite ; une autre, ayant à sa tète Jabin, roi d'Hazor, fut également écrasée et les vainqueurs massacrèrent les vaincus.

Dès lors, chaque tribu commença de guerroyer pour son propre compte, en quête de butin et de terrains ; c'est ainsi que les Ammonites furent absorbés.

Dans les montagnes de l'ouest de la mer Morte, les tribus de

(1) Galaad rapi)elaitaiixlsi'aéliles les noinsde (3) Cf. Stade, Gescli. d. Volkes Israël, leurs ancôtres Esaii, Laban, Jacob. (Cf. Ge- pp. 148-152.

Mè.s-e, XXIII, V. 2-3, v. 23-33.) (l) Beth-Anat, Bet-Shemesh, Magiddo, Taa-

(2) Cf. I. et A. DEiiENBOURC, £/ade.s- sur /Vp/- nak, Beth-Sheàn, Sichem, Jébus, Gibéon, graphie du. Yémen.V sëv\Q{Aans Journ. Asiat.) Guézer, Aialon, etc. {Juges, l, 21, sq.), places Paris, 188i, pp. 36 et 51, n" 6. « Cippe de Ksm. fortes chananéennes, avaient conservé leur infîls de Daf. a... et puisse Athtar l'oriental dépendance.

frapper celui qui le détruirait. »

LA PRÉPO.XDÉRANCl-: KGVPTIE.NM-: 303

Lévi et de Siinéoii presque détruites, joignirent leurs restes à celle de Juda (1) ; tandis que leurs alliés, les Danites, plus habiles, réussirent à s'emparer de Lais, colonie sidoniennc où ils s'installèrent, après en avoir massacré toute la''|)()j)iilalion (2).

Presque partout les Hébreux tenaient la campagne, vivant sur le

Hébreu carré (I" s. de noli-e ère) (:5).

pays; mais ils ne j)arvenaient (pie l'arement à s'emj)arer des villes chananéeunes qui, presque toutes, grâce à leurs murailles, conseï'vèrent pendant longtemps leur indépendance. Les nomades, c'est une règle, ne peuvent s(» tlécider au siège dos places fortes (/i).

11 résulta de cette situation une extrême division politique des <listricts envahis et partant, des luttes perpétuelles.. Du haut d(; leurs citadelles les Ghananéens assistaient journellement à la razzia de leurs cultures, au massacre de leurs campagnards, voire même aux combats entre tribus israélites ; car elles ne s'épargnaient pas entre elles.

Dans ce désordre les Hébreux, abandonnant leurs vieilles traditions, s'allièrent aux femmes indigènes; et, méconnaissant Yahwê, adorèrent les dieux étrangers (5).

Les Amorrhéens, les Moabites, les Philistins, cherchant à i-éagii* contre les incessants brigandages dont ils étaient victimes, furent vaincus à leur tour. Cette lutte de toutes les peuplades syriennes entre elles et contre les Bédouins du désert dura de longues années ; et l'avantage ne resta jamais bien longtemps aux mêmes mains,

(1) Cf. Genèse, XLIX, v. 7; Josué, XIX, 1-9; {'->) Jiujes, 111. .'i-7. La (■on(iin''Le<''gy|ilienne no I C/i/'on., IV. 24-43. semble pas avoir apporlé de niodificalions

(2) Juges, XVIII, I, 27-31 . fonfiamenlalesdans les concepts religieux clia-

(3) Cf. DE Vogue, Rev. avch., t. IX, I8Gi, nancens. L'intr()<lnclion de quelques diviniirs p. 200 sq., pi. VI, d'un des sépulcres de la nouvelles (Amon) el de (pu'hiues objets du vallée deJosapbal. — « Ceci est le tombeau et culte jieuvenl nélre que lelTet de la servilité le [monument] : 1° d'Eléazar, Onias, Joazar, des Sémites conquis. Il n'e.xiste depuis l'Oronte Juda, Simon, Johassan, fils de .Jamah (.'), fils jusqu'aux frontières du Sinaï aucun vestige de d'Azar;iahj; 2° de... fils d'Eléazar; ;.des| fils sanctuaire égyptien preuve certaine <|ue les d'Onias .., d'entre les Benè-Hézir. pharaons ne tentèrent pas d'inqioser leur cuite

(4) La plus ancienne preuve de l'e.xistence de au dehors. (Consulter sur les trouvailles d'objets forleresseenpaysdeChanaanqiiisoitparvenue cultuels égyptiens en Palestine :II. Vincent, jusqu'à nous est une fresque découverte par Canaan, l'JU7, ]). 447. — Sciiu.M.iCiiliR, Mill. d. Fl.Felrie à Desbasiieli et représentant le siège, Deulsch. PaUi.st. Vereinx, 1904, p. 55. — Bliss, par les Egyptiens, d'un château fort des Sali A Moand, p. 40, 67. — M.\CAUSTiiR, Quai., Slal., par un officier nommé Anti, pour un pharaon 1903, p. 213; 1904, p. 15, etc.)

de la V" dynastie (vers 3600 av. J.-C).

aucune de ces principautés n'ayant la force nécessaire pour établir sa suprématie.

Çà et là, quelques tentatives d'organisation d'un pouvoir royal échouèrent. Le peuple de Manasché établit à Ophra(l) un royaume dont Jéroubal fut le chef et Abimelech lui succéda, bien que n'ayant aucun droit à la couronne. Ce premier royaume n'eut d'autre objectif que de piller et de rançonner les caravanes, de razzier tous les pays voisins. Sichem se révolta, elle fut détruite; enfin Abimelech ayant péri d'un coup de pierre devant Tébez qu'il assiégeait (2), son royaume disparut avec lui.

Pendant cette période, celle des Juges de la Bible (3), la Syrie, livrée à elle-même, ne se trouvant contrainte ni par l'Egypte qui avait abandonné ses territoires asiatiques, ni par les Hétéens dont la puissance s'éteignait peu à peu, ni par l'Assyrie dont les armées n'avaient point encore franchi l'Euphrate, se débattit dans la plus affreuse anarchie.

Tour à loiir et pour un temps très court, les peuples les plus forts dominèrent les autres et de tous, il semble que ce soit les Philistins (/|) (qu'on a longtemps pensé d'origine Cretoise (5) ou carienne ((5), alors que sûrement ils sont Kgéens) qui, installés jadis dans le pays par les Piamessides (7), exercèrent la suprématie la plus durable.

(1) Ophra (1 Aljiézur, dont rem])lacement est inconnu.

(-2) Cf. Stade, Gesch. d. Fo/A-e.s- Israël, pp. 190-101.

(3) Sortes de héros spéciau.x (sophet) à chaque tribu, mais n'ayant aucune autorité sur l'ensemble de la nation. Ehoud (tribu de Benjamin), Japhtéh (Galaad), Gédéon (Manaslishé), etc.

(4) E. Renan {Hisl. gén. des langues sémiliques, 4« éd., t. 1. pp. 5:i-55 ; Ilist. peuple Isriiël, II, pp. 24-33) considérait les Piiilistins comme d'origine Cretoise et leur attribuait un dialecte gréco-latin. Ce dialecte se serait perdu après leur arrivée en Palestine, car à la XXIP dynastie on parlait, chez les Philistins, la langue chananéenne (Cf. Chassinat, Bull. Insl. Fr. Caire, I, 1901. pp. 98-100.). Cette origine Cretoise acceptée par M. W. Max-Miiller entre autres (Mitt. der Vorderasialisrhen Gesellschafl, 1904, 2, pp. 14-15), semble cependant encore fort douteuse, k II semble que les Egéens qui, lors des mouvements des peuples de la mer contre l'Egypte, s'installèrent en Palestine, appartenaient à diverses tribus : au premier rang les Poulousali ou Philistins qui donnèrent leur nom au pays, puis des Cretois et des Pheléti. L'origine de ces derniers, tout comme celle des E'oulousali, resta indéteiminée ; jusqu'ici,

la qualification d'Egéens leur est seule applicable. (R. Dussaud, Questions mycéniennes, ds lieu, de l'hist des religions, 1905, tirage à part p. 31.)

(5) Juges, III-IX.— IIitzig. Urgescli. u. Mglho log der Philislaeer. p. 14, sq. — GiiNESius, Thesanrus. au.x mots Caplhor, Erelhi, etc. — EwALD, Geschichle des Volks Israël, I, p 325, sq. — Bertheau, Zur Geschichle der Isr lelilen, p. 188, sq — MovERS, Die Phœnizier. I, pp. 3-4, 10. 27-29, 33, sq.; 663. — Tucn, Commenlar iiber die Genesis, p. 213. -— Lengerke, Kenann. I, p. 193, sq. — KnObel, Die Vœlkerlufel der Genesis, p. 215, sq. — MuNK, Palestine, p. 82, sq.

rc) II Sam., XX, 23. — II Rois, XI. !, 19.— IlSom , VIII, 18. Hakréli est un nppollatif et non un ethnique (R. Dussavd, Ilev. hisl. relig,, 1905. Ouest. Mijc, tirage à j'art, |i. 32, note 1.)

(7) Le territoire qui leur fut concédé, enlre la Syrie, la mer et le désert, s'étendait du torrent d Egypte aux environs de .Joppé.dont cinq villes importantes [lar leurposition stratégique, Gaza, \scalon. Ashdod. Ékroii '•', Galh, commandaient les débouchés de I.T Palestine et les abords de l'Isthme de Suez. (G. Maspero, llist. nnc. des peuples de l'Orient, V' éd., 1893. p. 313. 313, et note 4. — Fr. Lenormant, Hisl ancienne, t. I, p. 207-208.

LA riŒl'ONDKUA.NCE ÉGYPTIENNE

Cependant, grâce à plusieurs expéditions heureuses contre les peuplades de la Phi listie, Saûl,chef de la tribu israélite de Benjamin, était parvenu à grouper (|uel(|ues districts sous son autorité.

Enfin (1) David, un aventurier, secoua le joug (|ui pesait sur les Hébreux (2) el, groupanl auloiif de lui les mécontents, sans distinction de nationalité, fonda le royaume juif; non sans des luttes acharnées conlre les anciens maîtres, et aussi contre les peuples soumis [)ar les Philisliusen même temps que les Hébreux. Jérusalem, l'ancienne Jebus des Chananéens, fut choisie comme capitale du nouvel Etat (3) et fortifiée {!\).

Profitant de la division du pays, de l'antagonisme des divers roitelets et surtout de l'inattention des grandes puissances, David s'empara de toute la Palestine et de toute la Syrie, réduisit à son obéissance Damas, MaaUha, Piohob, Zobah, Ilamath, Moab ; mais n'entama pas les domaines de Tyr et de Sidon. Il étendit son pouvoir depuis les rives de l'Oronte jusqu'aug olfe d'Akaba, depuis les frontières de Phénicie jusqu'au désert syro-arabique et, en un seul elfort, forma son royaume, im])osant sa domination par des cruautés dignes des rois d'Assyrie.

En Idumée (5), Joab fit égorger toute la partie mâle des vaincus ; àMoab(6), les deux tiers de la population fut de sang-froid mise à mort. Les Ammonites, « on les mit sous des scies, sous des herses de fer, sous des haches, on les fit passer par les fourneaux où Ton cuit la brique (7) ».

Partout ce ne furent que massacres, égorgements, tortures et finalement pillages. Les dépouilles des victimes furent agréables à Yahwé ; comme, quel({ues siècles plus tard, celles de la Judée elle-même devaient remplir de joie le cœur d'Assour.

(1) Les années qui précédèrent l'apparition de David sV'Toulèrent en luttes perpétuelles des Hébreux conlre les Philistins. L'intérêt de ces guerre:^, n est d'ailleurs que local Cf. Stade. Geschichte des Volkes Israël, p. 160. sq.

(2) II Sam.. V, 17-25. — I Chroiu, XIV, 8-17. — I Chron.. XVIII, 1. —Cf. Stade, op. cil , p. 2»;5-Jt)7.

(3) Salomun s'efTorça d'établir dans sa capitale, près (le sa résidence, le centre du culte de son petiiile, mesure politique continuée par tous les d\ nastes israélites, el d'établir ainsi un culte national. " Les monarques juifs des deu.x royaumes essaient vainement (le centraliser le culte dans leurs capitales et chacun à l'ombre même ih son palais ; celte religion officielle el national- mettra de longs siècles à triompher des cultes locau.x, issus du sol, àcecpril

semble, plus encore qu'ils ne sont inhérents à une race.» (II. Vincent, Canaan, 1907, p, l.'il.)

(4) L'arrivée des Hébreux au pays de Chanaan semble avoir introduit des méthodes nouvelles dans la construction. Alors que les Chananéens ne connaissaient que l'appareil polygonal en matériaux à peine dégrossis, les Israélites font usage de blocs équarris de calcaire. (Cf. H. Vincent, Canaan, 1907, p. .59.) Les nouveaux venus avaient bien certainement appris en Egypte les jirincipes de construction qu'ils appliquèrentjtrès gauchement d'ailleurs, à Tell Ta'anek (Cf. Sei.li.x, Tell Tuanak, p. 21, sq., pi. 1), mais d'une manière beaucoup plus habile à Jérusalem.

(5) I Rois, XI, 15-11^.

(fi) II Sam., X-XII; I Chron., XIX-XX. (7) II Sam., VIII, 2 ; I Chron., XVIII, 2.

306 LES PREMIÈRES CIMLISATIONS

Et ce royaume, qu'était-il, même au temps si court de son apogée, sous David et Salomon (1) ? Un district montagneux, pauvre, à peine long de 200 kilomètres et large de 150, même pas une province des empires asiatiques; vingt auties principautés tributaires de l'Egypte, de l'Assyrie ou de la Perse ont, plus que lui, des droits à figurer dans l'histoire ; et, cepemiant, l'imagination des exégètes bibliques l'avait tellement grandi qu'il y a peu d'années encore on lui accordait une importance dominant toute l'antiquité orientale.

Aujourd'hui que, grâce aux nombreux textes antiques nouvellement découverts, il est aisé de comparer l'état d'esprit des Hébreux et leur valeur politique à ceux des autres peuples asiati- (jues, ils se montrent sous leur vrai jour. Ce n'était qu'une peuplade sémitique comme les autres, douée des mêmes vices et des mêmes qualités ; rien de plus, rien de moins.

Les récentes investigations en Palestine (2) ont jeté une lumière toute nouvelle sur les progrès de la culture dans I(\s pays bibliques, connus autrefois seidement ])ar des traditions souxcut douteuses, toujours tendancieuses. Les ruines interrogées j)ar d'habiles observateurs (3) ont montré que la succession des faits coïncide, comme il fallait s'y attendre, avec les lignes fournies par l'histoire générale asiatique.

Au début, de[)uis les temps préhistoriques les j)lus anciens jusqu'aux environs du vingtième siècle avant l'èie vulgaii-e, les peuples palestiniens seraient, suivant quelques auteurs, demeurés à PEtat néolithique.

Celte date apj)roximalive du vingtième siècle ne saurait, à mon sens, être acceptée ; car il est inadmissible que la Syrie, placée entre deux foyers très anciens des connaissances métallurgiques, exposée à de fréquentes invasions asiatiques dont nous jîossédons d'exactes notions, se trouvant sur le passage des relations commerciales entre l'Egypte et la Chaldée, en contact constant

(1) Salomon reconnaissail la suzeraineté du (3) Les principaux ouvrages à consulter

roi d'Egypte, recevait une de ses filles en ma- sont : Zeilschrifl des deul. Palaslina-vereins. —

riage, adorait ses dieux et les honorait en face Milllieilunyen u. Nachrichten des deiit. Palds-

de Yahwé. (H. Vincent, Canaan, 1907, p. 4(55.) tina-L'ereins . — Quarlerii/ slatenienl Palestine

C'est par les Hébreux seuls que nous connais- Exploration Fiind. — Bévue biblique.— Procee-

sons celte alliance de la fille du pharaon avec dimjs of Ihe Soc. biblical Arcliaeoloijij. —

leur roi ; et il est permis de douter de lu sin- Ci, eumont-Ganneau, Reçue// d'Arc/jeo/oy/V orien-

cérilé de cette assertion. taie, 1899. — Perbot et Chipiez, Hist. de l'art.

Ci) Cf. H. Vincent, Canaan, Paris, lib. t. 111, etc. V. Lecoffre, 1'j07.

par nier avec les civilisations égéennes et ci'étoises (1), soit demeurée ignorante des métaux (2).

Les antiques migrations des Chaldéens se rendant dans la vallée du Nil la traversèrent; les armes élamiles la con({uirent, de même que les empereurs suinéro-aklcadiens (3) ; les Hyksos la j)arcoururent. Puis les hommes d'Abraham {!i) y laissèrent les peuples d'Ammon et de Moab; elle eut dès la haute antiquité des contacts directs avec les Sémites de l'iMiphi-ate moyen et, forcément, connut de 1res bonne heure les arts utiles, tels que la métallurgie, la construction et la céramique (5). C'est donc vers l'époque des premiers mouvements des Asiali(|ues vers TÉgypte ((u'il <;onvient de reporter les débuts de l'étal énéolilhique en Cœlésvrie, soit antérieurement au quatrième milléniuni avant notre ère. Les indices sur lesquels ou s'était basé pour abaisser réj)oque de ce fait ne peuvent avoir été que mal interprétés.

Dans ces pays relativement pauvres, le j)rogrès peut ne s'être fait que lentement ; aussi est-il possible d'admettre une longue durée de la civilisation énéolithique. En Chaldée, en Egypte, pays riches, la période d'incubation n'exigea-t-elle pas des dizaines de siècles ? Puis, cette culture se modifia peu à peu, évoluant sur elle-même et profitant de maintes influences. L'arrivée d'éléments et]i]ii(|iies nouveaux forma l'état social dit chananéen, dont

(1) La seule route entre la Chaldée et l'Egypte remonte l'Euphrate jusqu'à Deir el Zor ou Mesqueneh. gagne la montagne, traverse la Palestine, suit la côte de la Méditerranée ou celle du golfe d'Akkaba et entre en Egypte par Péluse ou Suez.

(2) i^a connaissance du métal en Egypte est contemporaine de Menés ou quelque peu antérieure; en Chaldée elle est plus ancienne que Narâm Sin (3800); on peut lui assigner dans les deux pays une antiquité supérieure à 4.000 ans av. J.-C. Si donc en l'an 2000 les Palestiniens avaient encore été à l'état néolithique, ils eussent vécu vingt siècles entre ces deux foyers : l'un, l'Egypte, situé à 400 kilomètres ; l'autre, la Chaldée, à 120O (l'Oronte n'est qu'à 150 kilomèlres environ de l'Euphrate), sans en recevoir le plus précieux des enseignements, supposition invraisemblable amenante rejeter la date du vingtième siècle pour les débuts de l'énéolithique dans la Palestine.

(3) Cf. G. Maspero, Histoire, H, p. 17, sq. — ZiMMERN-WiNCKLEH, Die KeiHnsrliriflen und das Alt. Teslam., 3' éd., p. 15. — L.-'VV. King. Art. Babylonia, ds. Encyclopedia biblica (de Cheyne), I, col. 440, § 41.

(4) n fut un temps où certaine classe de savants était tellement suggestionnée par la

recherche des traces du peuple d'Israël, qu'au moment de la découverte du tombeau de Khnoumhotcp (à Béni Hassan] et de la fresque qu il renferme représentant une caravane, on y voulait voir 1 arrivée d'Abraham en Egypte {Genèse, XIL 10, 20), ne doutant pas que les Egyptiens n'eussent accordé leur attention à cette insignifiante tribu dont ils étaient euxmêmes si féru^.. Inutile de dire que nous ne connaissons et probablement ne connaîtrons jamais Abraham ([ue par la Bible. C'est, semble-l-il, vers le vingtième siècle que les Hébreux, conduits par leur patriarche, traversèrent le pays de Chanaan.

(5) Bien qu'avant la XVIII» dynastie les Egyptiens n'eussent pas lancé leur-; armées en .\sie, ils n'en avaient pas moins des communications avec les peuples de la Syrie (Cf. Max Mlller, Asien und Europa nach AUnejuipl. Denkmaelern, p. 2. — G. Maspeuo, Histoire, I, p. 392). « Les découvertes contemporaines en Ctianaan nous ont fait constatera maintes reprises la trace des Egyptiens, à des époques parfois fort reculées, le vingt-cinquième siècle par exemple, pour l'hypogée de Gezer,probablement aussi pour les tombes et un palais de Megiddo. » (Cf. Mittheil. u. Nachvichlen d. d. Paliisl. vereins, 1906, p. 50 et 52.^ (H. Vi.NCE.NT, Canaan, 1907, p. 430, note 1.)

308 I^E^ PREMIÈRES CIMLISATIONS

on a voulu placer les débuts au seizième siècle avant notre ère.

Cette dernière date, proposée par quelques archéologues, semble, elle aussi, beaucoup trop rapprochée de nous; car au seizième siècle, la Palestine était parcourue en tous sens par les Égyptiens, les Hétéens, les Phéniciens et le degré de civilisation de ces peuples était trop élevé pour que les pays soumis à leur influence n'eussent pas très largement bénéficié de leur incessant contact. D'ailleurs, depuis bien des siècles, la Syrie et la Palestine, de même que les pays de TOronte et du haut Euphrate, n'étaientils pas sémitisés, la Crète et l'archipel n'avaient-ils pas atteint l'apogée de leur développement? pourquoi vouloir faire de la Syrie un îlot de peuples aussi en retard sur le mouvement général ?

Les divisions chronologiques établies pour la culture dans cette partie de l'Asie antérieure, considérées au point de vue relatif, semblent être fort judicieuses; mais il n'en est pas de même en ce (jui concerne les dates pour les raisons énoncées plus haut. Voici, d'ailleurs, cette classification telle qu'elle est présentée dans les récentes publications : si j'insiste sur cette question, c'est uniquement par suite de l'intérêt majeur qu'elle présente au point de vue de l'ensemble du développement dans le monde antique.

\ (\). — Entre les origines imprécises de la culture et le seizième siècle suivant les auteurs. [Période amorite (FI. Pétrie), préisraélite archaïque (lUiss), indigène (H. Vincent)], civilisation dont je crois devoir reporter la fin vers le cinquième milléniiim av. J.-C. Les instruments de silex, les poteries grossières ornées d'incisions, la nature primitive des sanctuaires sont ses caractéristiques. Les populations qui l'ont produite appartenaient probablement aux vieilles races de l'Asie antérieure plus proches des Sumériens et des Hétéens que des Sémites.

IL — Du seizième au douzième-onzième siècle (auclorum) [Période phénicienne (Fl. Pétrie), préisraélite postérieure (Bliss), chananéenne (H. Vincent)]. Longue phase correspondant, cà mon sens, à l'influence suméro-akkadienne dont le début se perd dans la nuit des temps et qui semble se terminer avant le vingtième siècle. Cette civilisation présente non seulement des caractères spéciaux dus au vieux fond de la population et à sa culture, mais aussi des analogies frappantes avec celle de la Chaldée.

(1) Les termes proposés par II. Vincent être beaucoup mieux appropriés que ceux pour désigner ces quatre périodes semblent employés par Flinders Pétrie cl par Bliss.

Le métal j)araît faire son apparilion dès les débuis de cette période. La céramique qui se couvre de peintures est inspirée, dans sa technique comme dans sa décoration, par les œuvres similaires de Chaldée et non d'I^gypte (1). Les procédés de conslruclion sont clialdéens (2). La forlification joue un rôle important et s'inspire des principes suméro-akkadiens (3). Le culte franchement asiatique [h] donne naissance à des sanctuaires d'une disposition toute spéciale (5), établis sur les hauts lieux tles anciens habitants; preuve qu'il s'est fait une sorte de fusion entre les croyances anciennes et nouvelles.

Au cours de cette longue phase, l'ornementation céramique se modifie (6), la technique demeurant chaldéenne; elle est d'abord purement asiatique puis, vers l'époque du développement minoen se laisse pénétrer par dos influences artistiques occidentales,

III. — Du douzième ou onzième au neuvième ou huitième siècle (auctorum); [Période juive (Fl. Pétrie, Bliss), Israélite (H. Vincent)] dans laquelle la culture se modifie par suite de l'arrivée des Hébreux et des contacts de plus en plus fréquents avec les pays du Nil et de la mer.

Les vieille.s traditions céramiques s'éteignent peu à peu pour faire place à des formes plus utilitaires (7) qu'artistiques. Les objets d'importation étrangère abondent (8). La construction s'inspire des œuvres égyptiennes (9). Le temple remplacera bientôt les hauts lieux chananéens (10). Je verrais j)lutôt dans cette

(1) Cf. J. DE Morgan, Comptes rendus de l'Acad. des inscr. et belles-lettres, 1907. — Revue de l'Ecole d'antlirop. de Paris, 1907.

(2) Cf. les observations de Fl. Pétrie au sujet des constructions de Lâchis en briques séchéei au soleil (.wiii s. av. J.-C.) {Tell el Hesi/, p. 21.)

(3) Cf. H. Vincent, Canaan, 1907, p. 29, II. Foi-tificalion et structure. Les malériau.x, les remparts. — Les restes du plus ancien rempart connu jusqu'à ce jour en Palestine seraient la muraille antérieure de Gezcr ; elle daterait, suivant IMacalisterfOurt;^ S/af. Pal. Explor.F., 1904, p. 203; 1905, p. 28, sq ), de la période s'étendant du vingt-neuvième au quinzième siècle.

(4) Cf. H. Vincent, Canaan, 1907, chap. III, p. 153.

(5) Tell es Sâfy. (Bliss et Macalisteu, Excav. in Palestine, p. 31, sq.) Gczer, le plus important et le mieux conservé de tous ceu.\ découverts jusqu'à ce jour. (Cf. Quart. Slal., 1903, p. 23, sq.)

(6) Les spécimens les plus anciens montrent une ornamentalion très voisine de celle (lu'oii

rencontre à Suse etàTepeh Moussian (Poucht è Kouh), dessins géométriques (H. Vincent, Canaan, 1907, pi. VI H, entière, lig. 205', représentations d'animau.x (/(/., tig. 2(JC à 211), se compliquant {Id , lig. 213, 214), pour enfin siniprégner d'influence occidentale {Id., lig. 212, 232). — Sellin, Tell Taanak, (ig. 21. A ce dernier type appartient le vase du musée du Louvre, dit de Jériisaleni, tous deu.x présentent nettement le caractère susien.

(7) C'est à peine si, à la IIP période, on rencontre encore sur les vases quelques grossières peintures. Cet art s'éteint en Ctianaan comme en Elam, s'atrojjhianl peu à peu et ne persistant que sous formes de grossières bandes colorées ornant les amphores.

(8) Cf. Macalisteh, Quart. St. Pal. Explor. Fund., janv. 1905, lig. 2. — Sellin, Tell Taanak, lig. 44, 94, 97, 219.

(9; Cf. Sellin, Tell Ta'annak, fig. 5. Ap]iareil en grossières pierres de taille d'époque Israélite.

(10) Cf. Perrot et Chipiez, Hisl. de l'arl.

transformation une action réflexe des Chananéens d'Egypte, Tin- 'luence des llyksos chassés de la vallée du Nil et aussi des Hébreux dont, au début, le rôle ne fut sûrement que bien secondaire. Cette période comprend certainement aussi celle des conquêtes asiatiques de TÉgypte. Elle a donc débuté vers ran 2000 av. J.-C; empreinte d'influences multiples, par suite des progrès efl'ectués par tous les pays du monde antique et par la Méditerranée indo-européenne nouvellement entrée en scène, cette culture ne possède plus rien de personnel.

lY. — Du neuvième ou huitième au quatrième siècle [Période séleucide (FI. Pétrie, Bliss), judéo-hellénique (IL Vincent)].

J'ai dû, pour faire mieux comprendre la vie des peuples palestiniens, sortir des limites tracées par ce chapitre que seules la deuxième et la troisième période intéresse, l'une concernant lespeuples sur lesquels l'Hébreu eut à conquérir le sol, l'autre s'appliquant à la civilisation contemporaine des Israélites.

Pendant que se passaient les événements dont il a été question plus haut, profitant de l'apathie élamite, les Sémites du Tigre -moyen avaient, comme leurs congénères du Sud, repris leur indépendance. Leurs villes de Singar, d'El Assar, de Kalakh, de Ninoua, jadis administrées par des patésis sous la suprématie chaldéenne ou élamite, se groupèrent, après leur affranchissement, et formèrent la fédération d'où naquit plus tard le royaume d'Assyrie. Entre le dix-huitième et le seizième siècles, c'est-à-dire au temps de la conquête égyptienne des pays syriens, vivaient, sur le Tigre, des princes qui, sans être déjà rois, étendaient leur influence sur les diverses peuj)lades sémitiques cantonnées sur le cours moyen du lleuve. Ils portaient le titre à'ichakkoa ou palési (1).

Assour n'était, à cette époque, qu'un petit royaume correspondant à la partie plate de la vallée. En lutte perpétuelle contre les anciens habitants dépossédés et retirés dans les montagnes kurdes (2) et arméniennes (3), ce nouvel Etat était menacé vers le Sud par ses congénères de Chaldée (4).

(1) Sur cette époque encore obscure il y ;i lien (3) Les Bikni. les Mousri, les peuiiles de il'espérer que les fouilles allemandes jellerunl Khoubouslda.

bientôt une vive lumière. Voirplus loin la liste (4j Les Louloubi entre autres. Cf., sur la

des plus anciens princes d'Assyrie, telle quelle slèle d'Anou Baiiini, au pays de Bâtir (Zohàb\

ressort des plus récentes découvertes. J. de Morgan, Mission scientifique en Perse,

(2) Les Kouti, les Namri. t. IV; Reclierches archéologiques, l" paitie.

LA PUKF^ONDKUANCK ÉG VI» TIlilNNE 311

Celte siluation périlleuse développa chez les gens d'Assour les qualités giHMrières de leur race. Peu à peu ils se rendirent maîtres des autochtones leurs voisins, étendirent leurs territoires dans le» pays accidentes de IKst et du Nord, dans le Sindjar et vers le Khabour, que. peut-être ils atteignirent de très bonne heure. Ils accrurent leurs ressources par le butin fait sur les tribus vaincues et pi'ospérèront (1(^ telle manière qu'au (|ualorzième siècle ils constituaient déjà une puissance traitant d'égal à égal avec celle de Babylone (1).

Ce sont les princes d'El Assar (|ui fondèrent le royaume d'Assyrie; leur capitale située au sud de leursEtats, c'est à-dire près des pays 1res développés, s'élevait au milieu d'une plaine fertile qui, par les soins des anciens patésis ou ichakkous, s'était couverte de canaux.

Mais si la lichesse des campagnes d'El Assar rc'pondait aux besoins de la poj)ulation, elle ne satisfaisait pas les and)itions des rois dAssyrie qui, maîtres d'un peu})le ardent (4 ])elli([u<'ux par nature et par éducation, ayant goûté au butin pris sur les nations voisines, ne révèrent plus que le pillage du monde. Dans ces temps d'ailleurs, il était bien difficile [)Our une nation de vivre sans dominer. Telle fut lorigine du caractère et de la fortune des Ninivites.

Au moment où l'Assyrie n'était encore qu'une minuscule principauté, l(^s Cosséens (2), peuples des montagnes, peut-être apparentés aux Elamites, profitant du sommeil des rois susiens, descendirent en Ghaldée, renversèrent la dynastie babylonienne et, sul)sli tuant leurs rois aux princes sémites, fondèrent la monarchie dite cassitequi, pendant quatre siècles environ, gouverna la plaine, sans grand éclat d'ailleurs.

Ces princes, souvent en guerre contre leurs voisins y compris l'Elam, semblent n'avoir fait d'expéditious (|ue sui- leurs frontières ou contre des feudataires révoltés. Nous possédons de leur époque un grand nondjre de documents dits Koudourrous (3), titres de

p. 147, sq. fig. US. — V. Sciiuii., liecueil des Koxsiier, in-8, Liepzig, 188i. — Hai.iïvy, /?eci;e

Irai'., 1602, p. 103. cn7/V/u(*. 188i,i). 481-487.Lcs (;o.s.séons(Ko7'Ja:o:)

(Il Entre 14œ el, 1370, Assourhelnisisou et ouKassiles, en assyrien Kuclichou, sont inen-

son fils Ba^ourassour traitaient sur le pied lionnes par I^olybefN', 4i, 7), Strahon (XI, 13,6;

d'égalité Karainclacli et son fils Bournabou- XVIl, IH. Dioilore de Sicile ^XVII, 111), Arrier

riach I", roiscosséjns de Ghaldée. Les deux fa- (L'x/;/. Alex , VII, 15, 1).

milles royales s'allièrent par des mariages. (3j Cf. J. de Mohgan, dans Méin. de la Délég

(•2!Cf. PoGNON,Ins(-ript. do Méroii-Nérari I"', en Pente, t. I, 1900. Rech. nrchéoL, p. 165, sq.

roi d'Assyrie, dans Joarn. asial., 18s3, t. II, /-/., t. VII, 1905, ii. 137, sq. p. 351-431. — Fr. Delitzsch, Die Sprache der

propriété foncière gravés sur pierre, faisant penser qu'ils ont pris grand souci de l'administration intérieure de leurs Etats (1).

Ces écrits, tous rédigés en langue sémitique, n'offrent guère d'enseignements sur la nature ethnique des Cosséens. Ces conquérants n'étaient pas des sémites, cela résulte de leurs noms propres; c'est tout ce que nous sommes en mesure d'affirmer. Quant à leur lieu d'origine, on le place généralement dans les montagnes du Louristan (Pouclit é Kouh) ; mais il se peut qu'ils soient venus des massifs qui bordent au nord le golfe Persique et que les Kashshi des Assyriens ne soient que les restes de ces tribus après leur expulsion de Cbaldée.

Au Nord-Est et à l'Est, la migration aryenne s'était continuée. Des montagnes voisines de la Caspienne, les ^Nlèdes étaient entrés sur le plateau, rencontrant, surtout en Azerbaidjan et dans le Kurdistan actuel, des tribus autochtones probablement issues de la vallée du Tigre, des montagnes d'Arménie ou des vallées du Caucase. Ils s'emparèrent des meilleurs territoires et sinstallèrent divisés en une foule de tribus, vivant côte à côte avec les anciens habitants (2), les absorbant ou les refoulant devant eux ; de même que plus tard, après avoir joué leur rôle, ils se trouvèrent eux-mêmes repoussés dans les montagnes par dautres invasions (3).

Leur industrie s'était quelque peu perfectionnée pendant leur séjour dans le nord de la Perse, si nous en jugeons par ce que nous révèlent les fouilles ih). Us avaient probablement exploité quelques affleurements des riches gisements de cuivre du Qara dagh et du Ghilan (5) et progressé en métallurgie ; leurs armes, devenues plus meurtrières, devaient leur donner une grande supériorité sur les peuples du plateau.

De cette époque sont, je crois, les citadelles dont on rencontre encore les ruines dans les pays caspiens (6), forteresses situées

(1) En s'élablis~anl dans la Chaldée, les actuel, il en C.-.1 Ijeaiicoup dont les noms ne Cosséens introduisirent de nouveaux usages sont sûrement pas indo-européens.

dans la )iropriété foncière ; le collectivisme (3j C'est plus spécialement l'invasion turque

avec partage et jouissance tem|ioraire fut qui a refoulé les anciens peuples du Nord de

remplacé par la propriété exclusive et héré- la Perse dans les montagnes.

ditaire. (Cf. Ed. Cuo, La propriété foncière (4) Cf. J. de Morgan, Mission se. en Perse,

en Chaldée, ds Noav. Rer. hist. de droit fran- t. IV, 1" partie, chap. II, p. 13, sq. — H. de

çais et étranger, nov.-déc. l'J06, p. 728, sq.) Morgan, dans Mèm. de la Délèy. en Perse,

Cette innovation est bien le fait d'une inva- t. VIII, 19tiG.

sion brutale et du passage de l'autorité en des '5) Cf. J. de Morgan, Mission se. en Perse,

mains étrangères. t. III. Etudes géologiques.

(2) Parmi les nombreux peuples cités dans (6) Cf. II. de Morgan, op. cit. les textes assyriens comme habitant l'Iran

sur des hauteurs faciles à défendre, et entourées d'immenses nécropoles de dolmens imposants par leurs dimensions, et d'une magnifupie cousU'ucliou (1).

Les arts n'exislaient pour ainsi dire j)as chez ces peuplades; leur goût se contentait de quelques dessins géométrie] ucs liés simples tracés au brunissoir sur les vases de terre grossière et de quel([ues ornements de métal destinés à la parure. L'or (2),rélectrum (3) et le bronze étaient alors les seuls métaux en usage chez eux. On ne rencontre aucune ciselure, aucune tentative de représenter Ihomme ou Tanimal. Nous nous trouvons là en présence d"une race ne possédantpas de liens communs avec celles que, jusqu'ici, nous avons rencontrées dans l'Asie antérieure; c'est un élément ethnique spécial analogue en tout à celui (pii, dans l'Europe occidentale, fit disparaître les arts archéolithicjues, comparable aux hommes de la pierre polie et du bronze.

Au Sud, une autre branche aryenne, celle des Perses, ayant dans sa marche vers le Sud^ atteint le versant intérieur de la chaîne bordière, le suivit quelque peu, maintenue sur sa droite par les déserts salés, sur sa gauche par les montagnes elles-mêmes. Elle gagna le Fars et ne sarrèta qu'aux territoires d'Ispahan occupé peut-être déjà par les ^Nlèdes. Se butant d'une part dans les montagnes à des tribus probablement apparentées aux Élamites. d'autre part, sur le plateau, à leurs congénères venus des pays caspiens par le haut bassin du Kizil Ouzen (Séfîd-roud) (/i), ils s'établirent dans la Perside et, peu à peu, descendirent jusqu'à la mer (5).

Ces deux pointes avancées de la migration iranienne avaient laissé derrière elles bien des tribus dont les noms sont devenus synonymes des satrapies achéménides. Derrière les Mèdes étaient les llyrcaniens (6), dans le « pays des loups » (7) bordant le sud de la mer Caspienne. Proches parentes des Perses, les tribus caspiennes semblent n'être qu'une branche de ce peuple,

(1) Cf. n. DE McMîGAN, dans Mém. de la dée. Pour 3' parvenir, force leur élait de Irn-

Délég. en Perse, l. VIII, 190G. Recherches verser l;i plaine élamile, et je suis porté à

archéologiques. croire ((iiils furent pendant un temps maîtres

(i) Cf. J. DE Mono.KJS, Miss. se. en Perse, l.W, de la Siisiane.

1" partie. Rech. archéol., Nécropole de Véri. (Gj l.'Hyrcanie formait avec la Parthyène

(3) Cf. H. DE Morgan, op. cit. (Parihava) la XIIP satrapie. — Je n'ai pas

(4) Districts actuels de Bidjar et de Glier- cité les Parthes ])arce que ce peuple non rhous, |)ays légèrement accidentés. Le Kizil Mazdéen n'était certainement pas arrivé dans ouzen i)rend sa source à peu de distance au le pays lors de la composition de l'Avesta et nord d'Ecbatane (Ramadan). que d'ailleurs il n'appartenait pas, semblc-t-il,

(5) C'est peut-être à l'occupation des mon- au groupe médo-pcrse.

tagnes du sud de l'Iran par les Perses qu'est (7) Vehrkana, Cf. Fr. Spiegel, Eranisclie

due la migration des Cosséens vers la Chai- Allerlhumskunde, 1871.

31 à LES PREMIÈRES CIVILISATIONS

qui, entraînées à la suite des Mèdes, les auraient chassés devant elles mais se seraient arrêtées sur les bords de la mer. Derrière les Perses, les Carmaniens (1) et les Gadrosiens (2), descendus tous deux jusqu'aux rives du golfe Persique ; les Drangiens (3) et les Arachosiens (i) arrêtés dans les massifs du Baloutchistan ; enfin les Margiens (5) et les Baktriens (6) demeurés <à la limite des steppes de l'Oxus.

Un autre rameau de la branche aryenne avait, pendant ce temps, au sortir de l'Aria (7) ou de la Bactriane, pris la route du Sud- Est et, traversant l'indus, s'était avancé jusqu'au cœur des Indes, asservissant, absorbant ou poussant devant lui les habitants, la plupart de langues dravidiennes qui, eux-mêmes, ne devaient l'occupation du pays qu"à d'antiques conquêtes.

Il est impossible d'assigner une date à ces mouvements et c'est à peine si nous en pouvons suivre les traces ; mais, vraisemblablement, ils se terminèrent entre le quinzième et le douzième siècles avant notre ère, leur origine se perdant dans la nuit des temps.

Ce n"est qu\à l'époque de Cyrus (8) qu"aj)paraissent les premières inscriptions en langue iranienne ; auparavant ces peuples ne savaient point écrire. Nous en serons donc toujours réduits, pour les débuts de leur histoire, aux légendes de l'Avesta et aux textes, malheureusement trop laconiques, dans lesquels les Assyriens nous entretiennent de leurs campagnes en Iran. Les premières de ces inscrij)tions remontent au temps de Bamannirari III, c'est-à-dire au neuvième siècle i^9) avant notre ère seulement.

Quanta l'Avesta (^10), les meilleures autorités s'accordent pour placer sa rédaction primitive, ou mieux la réunion des éléments qui le composent (li\ vers les temps où la nation mède, dont les mages semblent n'avoir été qu'une secte ou une tribu, avait à peu de chose près terminé son mouvement (P2\

il) La province otiuelle de Kiiman a con- celle «le J. Darmsteter, dans les Annales du

serve leur nom. Musée Gniniel, t. XXI à XXIII, Paris, 1892.

(2) Cf. Spiegei., op. cit., 1871.' (11) La personnalité de Zoroasire fZaralhoiis-

(3) Cf. Spiegel, op. cit., 1871, p. 161, 219. Ira) est rien moins que prouvée. (Cf. Spiegel, (i) Haraouvaslis des Perses, XXIP satrapie. Erani.'iche AllerlhumsKunde, l. I, p. ms, sq.)

(5) Cf. Spiegel, op. cit., 1871. (12j La rédacliondu premierlivre du Vendidnd

(G) Bakhlris, XVII' satrapie. tel que nous le possédons daterait seulement

(7) Ilaraïva, XV» satrapie. du deu.xième siècle de notre ère, et le tableau

(8) 549 av. J.-C. à 5-29. (|u'ii donne des provinces iraniennes ne serait

(9) Ramannirari III, 812 à 784 av. J.-C. pas antérieur à cette époque (Cf. J. Darms-

(10) La meilleure traduction de l'-lccs/a e-t teter, le Zend Auesla, t. III, 1893, introd.

LA IMU.PONDLIUNCE KGVl'TIENNE

Les diverses étapes qu'assigne celle tradition à la branche indoiranienne, bien que ne présentant guère de sécurités scientifiques, sont cependant intéressanle^s à suivre; parce que si elles ne correspondent pas exactement à la réalité, elles l'ont voir du moins l'ensemble de la migration (1).

Ce sont (2) : la Sogdiane (3), la Margiane /i), la Bactriane (5), les pays situés entre cette région et la Margiane (6) elle-même,

p. L) ; TAvesla porte l'empreinle grecque, issue de la conquête macédonienne, se manifestant par des emprunts de docti'ine (id., p. I.I), des traces d'influence juive dniis les vues générales el dans la forme (id., p. LVII); mais ses origines remontent sûrement à des âges très anciens, puisque dans les débuts de la monarchie achéniénide nous voyons Ahouramazda apparaître dans les inscriptions.

(1) G. Maspero (Ilisl. anc jieup Or. classique, t. m, 18011, p. 450, noie 1) expose de la manière la plus claire l'étal des études sur les origines de la race iranienne. L'opinion, dit-il, que le premier chapitre du Tend/rfaci esl d'une haute importance pour l'histoire des origines aryennes el des migrations iraniennes remonte au début de notre siècle. Ileeren [Ideen :ar Allen Geachichle, t. I, p. 498), i)uis Rohde (De Heili<je Sage des Zendvolks, p. Cl) émirenl d'abord 1 idée qu'il nous présentait l'étal de l'Iran tel qu'il était du temps de Zoroastre ; Rhode pensait même que l'ordre dans lequel les provinces élaient énumérées répondait aux étapes successives de la conquête, l.assen, parlant de ce principe, conjectura que l'Airyanem Vaèjù, nommé le premierdans la liste, était le berceau de la race {Indische Allerthumskunde.l" ijd.,[. I, p. 526) el bientôt Haug voulut voir dans le chapitre entier une sorte de journal rédigé au cours de la migration (Das Erste Kai)itel des 'Vendidads, ds Blnsen, JEgyfilen's Slelluny in der lVe.s;</e.sc/i/c/i/e,t. V,2'parlie,p. 104. 127). Ces notions ont i)révalu jusqu'au moment où Kieperl les réfuta (dans \esMonalsberirlile de l'Acddémie des Sciences de Herlin, 1856, ]>. 621, sq.) et où Rréal démontra (dans son Mémoire de la géographie de l'Avesla i)ublié en isti-i dans le Journal asiatique et reproduit dans les Mélanges de mijlhologie el de linguislique, p. 187, sq.) que toute la géographie de l'Avesla est cssenliellemenl fabuleuse. Celte opinion est admise par J. Darmsleler [le Zend Avesla, t. II, p. l-4\ — D'après de nouvelles théories, les Iraniens seraient venus d'Europe, descendus des plaines de la Russie méridionale dans les vallées du Kour et de l'Araxe; de là, rejelés d'Arménie par l'Ourartou, ils se seraient étendus sur le plateau Persan, les Mèdes dans le Nord, entre l'Ararat et Ilamadan, les Perses plus bas, vers l'Elam ; le rameau indien, également venu d'Europe, serait entré dans le pays des cinq fleuves par la Transoxiane.

Si l'ancienne interprétation des te.vtes axestiques laissait prise à la critique, certes celle qu'on propose aujourd hiii n'est pas exempte de reprociies, car elle présente des invraisemblances nombreuses. D'abord elle se relie inti-

mement à celte théorie \>\us que hasardée qui fait venir tous les Aryens d'Europe, comme si l'Europe des temps glaciaires eût présenté une surface suffisante jiour lincubation de cette race qui, en moins d'un mlllénium, couvrit presque loul l'ancien monde. Là est une iml)Ossibililé matérielle, ((ue la linguistique ne soup(;onne même i)as. Admettons, cependant, que le point de départ soit bien lEurojJe. Voici donc les Iraniens cantonnés au nord du Caucase dès que ces terres furent débarrassées des lacs el des glaciers. Ce serait là qu'ils auraient inventé la métallurgie, le tissage, la culture, tous les arts que les Aryas possédaient au début. Où en auraient-ils trouvé les éléments? dans ces alluvions boueuses à ]ieine sorties des eaux? Admettons encore celte hypothèse afin de ])ouvoir suivre dans leur exode imaginaire les Mèdes el les Perses. Ils traversent le Caucase, se répandent dans V\rmcnie el font du Qarabagh (pays situé aux alentours du Gheuk tchaï) leur Anjanem-vaédjô (Cf. Spieoel, Eranisclie Alterlhumskunde, I. I, p. 1114, 211. — J. DAU.MSTETEB, Thc Zcud Avestn, t. I, p. 3, le Zend Avesla, t. II, p. 5, note 4), au contact des Touraniens, qui les laissent établir dans ces montagnes sans que toutefois aucune trace d'eux soit restée dans ce pays. Ensuite ils sont chassés vers le Sud ; mais ce ne peut pas être par suite du froid qu'ils quittent le Qara daghi pour se rendre, d un bond, dans la Sogdiane el le pays de Merv, afin d'y trouver un climat plus doux '■ El dans tous ces mouvements, en contact perpétuel avec les grandes civilisations asiatiques, les Iraniens restent nomades ignorants, se forment à peine en société, pas encore en royaumes, ne se laissent envahir par aucune connaissance utile ! Voilà qui dépasse les bornes de ce qu'il est permis d admettre même par égard pour les noms ([ui se sont inscrits en lête de cette théorie. (J. M.)

(2) Cf. .1. Dar-msteteiî, The Zend Aiestn, t. I, p. 1-10.— Bréal, Fragm. de critique zende : de la Géogr. de l'Avesla. Jour, usial , 18()2 ; Mélanges lie mijlhologie el de lingui.'<lique,p 187.— Spieoel, Eranische AHertluanskunde, t.I, p. litO

{?) Çoughdhà (de VAresla Vendidùd, Fr. I), sur le haut Oxus au nord de ce tleuve, aujourd'hui Taciikent.

(4) Mouron (jd.), district actuel de Merv.

i5jBàkhdhi (/ti.), district actuel de Balk(Afghanislan).

(6) Xiçàya (j(i.), la Ntaa-'a de Slrabon et de Plolémée, VI, 10, 4.

l'Ariana (l),le Seistan (-i) pour la première partie de l'exode en commun. Les triljus se seraient alors divisées : les unes traversant l'Arachosie (3) seraient entrées dans le Pundjâb (/i) et auraient envahi les Indes ; les autres, par l'Apavortène (5), auraient gagné THyrcanie (6), puis le district de Rages (7) et le Khoraçan (8).

Là s'arrête le récit (9), il n'y est pas question de la séparation des Mèdes et des Perses ; c'est donc dans les provinces du nordest de l'Iran qu'aurait eu lieu cette division, les uns partant vers l'Ouest, les autres s'étendant au Sud.

Mais il ne faut pas oublier que ce récit, maintes fois certainement arrangé par les prêtres, sest pendant plus de mille ans uniquement transmis de bouche en bouche et que les plus anciennes copies que nous en possédons ne datent que du milieu (10) de notre ère. Que de transformations il a dii subir, même depuis les temps où il fut fixé par l'écriture (^11), sous les Achéménides, les Grecs, les Parthes, lors de la renaissance sassanide du culte mazdéen et enfin tle la persécution islamique !

Les Aryens arrivèrent en Iran à l'état pastoral, divisés en un grand nombre de clans rattachés entre eux par quelques liens, saidant mutuellement dans les entreprises d'où dépendait le salut commun, mais vivant chacun d(^ ses propres moyens.

Peu à peu les tribus se fixèrent, fondèrent des bourgades, défi-

(1) Harùyou (/J.), Haravaiva des Perses, au- peutêtre que le district deVahmeh-RehncluIans

jourd'liui district de lierai 'Afghanistan). la moyenne vallée du Lar, cette vallée étant

(2}Vaekerêla-Douhzaka l'/J.)' où se trouvent la seule voie par laquelle les monts Elbourz

encore près de Djellabad les ruines de Dous- puissent être traversés depuis la vallée du Sé-

hak. t'idroud jusqu'à la passe de Chaliroud-Aste-

(3) Haraqaïti ('/(/.), pays compris depuis Kan- ràbàb. Cf. J. de Mot.gan, Miss. se. en Perse, dahar jusqu'à la rive droite de l'Indus. t. IV, 1896, Archéol., p. 133.

(4) Heplahendou(ù/.),le f^endj-àb,aux Indes. 1 10) Le plus ancien manuscrit zend connu de

(5) D'après Fr. Lenormant, TOurvâ de l'A vesta est celui de la bibliothèque de Copenl'Avesta serait rOurivàn des Assyriens; 1 Apa- hague.

varctisène d'Isidore de Sic, § 3 ; l'Apavortène ai) L'écriture zend ne semble pas être beau-

de Pline, VI, 18. coup plus ancienne que le pehlevie ; elle re-

(6) Khnentà-Vehrkanà (/(/.), Varkàna des Per- monterait donc tout au plus au premier ou au ses, aujourd'hui Djouardjân, près d'Astérâbâd. second siècle de notre ère. Auparavant on

(7) Ragae (Isidore de Sicile, § 7), dont les faisait usage en Perse de caractères araraéens, ruines sont à Chah Abdul Azim, près de Téhé- employés sur les monnaies par les princes ran. persépolitains, ceu.x de 1 Elymaïde et les Ar-

(8)Tshakhrà (Ayes?o,/d.), aujourd'hui Karkh, sacides de Persedepuis MithridateV (vers 150

à l'extrémité nord-ouest du Khoraçan, d'après ap. J.-C.) jusqu'en 2-22, où, sous Artaxerces P'

Haug. (Sassanide), ils cédèrent la place au pehlevie.

(9) L'Avesla parle encore d'un district de Le plus ancien manuscrit conservé du Vendi-

Varena que les Aryens auraient traversé en dad date de l'an 1324, il provient d'une copie

descendant du plateau vers la mer Caspienne, faite en 1185 dans le Seistan. (J. Darmsteter,

par conséquent entre Rages et Amol. Ce ne op. cit., inlrod., I, p. 15.)

LA rHÉPONDÉRANCL: ÉGYPTIENNE

nircnl leurs fi'onlièi'os; mais le morcellement subsista jusqu'au temps où les Assyriens ciilièrent en contact avec les Mèdes clans le voisinage du lac d'Ourmiah, jusqu'à celui môme des Achéménides ; l'énumération des peuples figurant à la revue des armées concentrées sur le lk)S[)hore en témoigne.

L'élément nouveau apportait dans l'Asie antérieure des notions nouvelles. C'étaient dabord, dans la vie matérielle, des procédés métallurgiques spéciaux, des animaux domestiqués inconnus jusqu'alors, tels le mouton venu de l'Altaï, le l)iifnc originaire des Indes ; enfin, dans l'ordre moral, des conceptions religieuses et philosophiques (1) autrement élevées que celles des j)euples les plus civilisés d'alors (2).

Ormazd (Ahouramazda) (3) est le dieu unique, mais émanant d'une force vague, « le temps infini », créateur (/i), clément, omniscient, parfait. Il est le ciel immense (5), son œil est le soleil (6), Dieu abstrait qui ne peut avoir d'image. Les émanations de sa puissance sont personnifiées dans des génies, dans des esprits bienfaisants, répondant aux diverses nécessités de la vie, aux différents actes terrestres. Mais ces génies, ces esprits qui sont de son essence n'agissent que suivant sa volonté.

Chaque être, vivant ou à naître, a son ange protecteur, son guide, mais nen demeure pas moins responsable de ses actions, dont il rendra compte lors du jugement dernier. Après la mort,

(1) Le zoroastrisme ancien présente un fond aryen commun avec l'Inde pour certaines croyances et spécial à l'Iran pour d'autres, par conséquent une part provenant des temps antérieurs à la séparation et une postérieure, mais cependant spéciale à l'Iran et n'étant pas le produit d'influences extérieures. Parmi les croyances les plus anciennes sont: le dieu du ciel, dieu suprême Ahouramazda; le dieu de la lumière céleste, Milhra ; le culte des divinités naturelles (l'eau, le feu, la terre, le vent), un ensemble de mythes mettant aux prises le dieu de l'éclair et le serpent de l'orage ; le culte de Ilaoma. (J. Darmsteter, le Zend Avesla, t. III, 1893, introd., lxxiii.)

L'Avesta,telque nous le jiossédons, n'est que le débris d'une littérature beaucoup plus vaste, divisée en vingt livres ou Naska, que l'on possédait au temps des Sassanides.

L'Avesta sassanide lui-même, suivant la tradition parsie, n'était que le débris d'une collection antérieure, détruite en grande |>artie par Alexandre, qui lit traduire en grec les nasks traitant d'astronomie et de médecine et lit brûler les autres. Après lui, les grands prêtres se réunirent, écrivirent chacun les parties de l'Avesta qu'ils se rappelaient et

ainsi fut restauré ce que l'on possède de l'Avesta. Il ne resta qu'un nasks complet, le Vendidad. (J. Darmsteter, le Zend Avesta, t. III, I8!i3, Introd., p. vu, sq.)

Le culte zoroastrien ne devint religion d'Etat que lors de l'avènement des Sassanides (226 ap. J.-C); il régna jusqu'à la conquête arabe (652) et l'introduction de l'Islamisme eu Perse. Il survécut dans quebpies villes, Téhéran, Bahramàbâd, Chirâz, Kachari, Bouchir, mais plus spécialement à Yezd et à Kirman où les Parsis sont au nombre d'environ six à sept mille. La majeure partie des Zoroastriens émigra aux Indes dans la présidence de Bombay et forme aujourd'hui une population de 80 à lOÔ.OOO âmes (89.887 en 1891).(Cf..l. Dahmsteter, le Zend Avesta, 1892, introd. I, p. xxxvm.)

(2) L'étude la plus complète sur la religion avestique est celle de J. Darmsteter, Ormazd el Ahriman, in-8, Paris, 1877.

(3) Ahourùmazdàô en zend.

(4) SpiEGEL,£,'rn/iisc/ie Alierlhumskunde, i.W, p. 21, sq.

(5) Spiegel, op. cil , t. I, pp. G68-711.

(6) .T. Darmsteter, Ormazd el Ahriman, p. 30 et le dieu suprême des .\ryens dans Essais orienlaux, p. 120-121.

les bons entreront au paradis près d'Ahouramaztla, les mauvais seront précités en enfer.

Cette croyance en un Dieu voulant un univers bon, l'ayant créé dans ce but, ne pouvait s'accorder, à priori, avec les douleurs de la vie, avec le malheur et la lutte pour l'existence. Les Iraniens pensèrent qu'une sorte de génération spontanée, dans la matière mise en mouvement, avait été l'origine d'un être mauvais, cVAhriman, principe du mal, venu contre la volonté créatrice pour lutter perpétuellement contre le bien, contre l'œuvre dOrmazd.

Ce dogme, comme on le voit, était de la plus parfaite moralité, il tendait vers la perfection et résumait, en somme, l'esprit de toutes les idées religieuses modernes : la confiance et l'espérance d'une part, et d'autre part la crainte.

Certainement cette foi ne fut pas celle des Aryens alors qu'ils étaient tous réunis, car seuls les Iraniens et les Indiens ont atteint cette hauteur de pensée. Les autres branches, celles qui gagnèrent l'Europe et l'Asie Mineure, y sont arrivées avec des cultes grossiers peu difïerents, au point de vue philosophique et moral, des religions de l'Asie antérieure.

C'est donc après les premières séparations que prit naissance la conception du dieu unique et bon. Elle naquit avant que les tribus n'allassent coloniser les Indes et la Perse. Elle évolua des deux côtés d'une manière différente, ])roduisant d'une part les Védas, de l'autre l'Avesta (1), c'est-à-dire deux des livres religieux les plus importants de la haute antiquité.

Quant aux dieux d'antan, à ceux qui, dans les pays de l'Altaï, recevaient les offrandes et les prières, ils furent oubliés des Indoiraniens au point que leurs noms mêmes n'ont pas survécu.

L'Avesta devint le code religieux de la Perse ; mais cette loi, héritage d'une secte ou d'une tribu, ne fut certainement pas suivie iiu pied de la lettre par tous les peuples iraniens (2). Elle demeura pure parmi les Zends et resta confinée dans quelques parties du pays; ailleurs elle fut certainement modifiée, dénaturée par les

(1) U ne nous esl parvenu qu'une fail)le par- bornée. C'est un Talmud, un livre de casuis-

tie de 1 Avesla.Nous ne possédons que le Ven- tique cl d'étroite observance. J'ai peine à croire

didad, le Vispered, le Ya.^na et quelques mor- que ce grand empire perse ait eu une loi aussi

ceaux secondaires connus sous le nom de stricte. « (E. Re.nan, /?ap/(. sur les travaux de

Petit Avesta. la Soc. aaiat., 1880, p. 29.)

(2j « C'est le code dune secte religieuse très

prêtres, jus(ju'à devenir presque iiniqiiejueiit une règle d'obser- Tances et de pratiques.

Quoi qu'il en soit, ra[)parition de l'Avesta sur la scène du monde fut d'un grand poids dans les destinées de la philosophie et de la morale humaines. La concej)tion diiu dieu uiii(iue (1), immatériel, élail née. Bien longtemps j)lus lard, nous la verrons apparaître aussi chez les Hébreux, a|)p]i(|uée à Yahwè terrible et vengeur; puis le christianisme, rentrant (hiiis les sentiments aryens, fera de cette même divinité un dieu de bonté, de miséricorde, d'égalité des hommes devant lui.

r]n même temps que se mouvaient les peuples dans l'Iran et dans rinde, il se passait aussi d'importantes migrations dans le Nord de l'Asie antérieure et quelques-unes des tribus aryennes nouvellement venues s'aventuraient plus au Sud.

Sous les Ramessides, vers le quinzième siècle (2), il s'était produit en Egypte un fait anormal. Des peuples nouveaux, aux noms jusqu'alors inconnus, parlant des langues incompréhensibles pour les races de l'Asie et de l'Afrique, avaient attaqué le Delta. Les uns, débarqués sur la côte de la Cyrénaïque, s'étaient alliés aux Lybiens ; les autres, après avoir traversé la Syrie, se montraient du côté de Péluse.

Ils se nommaient Danaens, Troyens, Tyrséniens, Teukriens, Chakalach, Chardanes, Philistins, Lyciens, Cariens, etc., et descendaient de l'Asie ^lineure où se passaient alors de grands événements.

Longtemps les rois hétéens avaient tenu sous leur influence, sinon sous leur domination, les nations de l'Amanus, de la Cappadoce, de la Phrygie, du Pont et de l'Arménie occidentale. Ces peuplades, dont beaucoup étaient apparentées entre elles, formaient la puissante confédération contre laquelle s'étaient heurtées les armées des Pharaons dans le nord de la Syrie (3).

(1) Ce dieu, au début, irélait pas, à propre- (-2) Sur la fixation du l'époque des Hamcs-

nienl parler, dieu unirpie ; car il est « le plus sides. Cf. Ed. Maher (Chronolog. Bestimmung

grand dus dieux... Darius invoque Ahoura- der Regierungszeit der Rainussidcn, in Zei/sc/ir.

inazda « avec tous les dieux ». Les dieux au.v- f.Aefjijiil.Sprache ii. Allerlh. Knnde.Bâ. XXXH,

quels sacrifient les Perses d'Hérodote son! des Heft. '2, p. 91), 1895) et A. Kisem.ouu (Proc. of

dieux naluralistes, le soleil, la terre, la lune, Ihe Soc. of Bibl. Archaeol , décembre 189ri).

le vunt, les eaux. .\rta.xerxès Mnémon invoque Suivant ces auteurs, Tothmès III serait monté

nommément, avec Ahouramazda, deux aulrus sur lu trône en 1504 av. J.-C. et mort en 14.5u.

dieux. Mitbra et Anahala f.\nûbita), ledieu de (3) On a tenté de prouver que les peujjles

la lumière et la déesse des eaux. Mais la base de la mer étaient doriginu africaine. (Cf.

<lu Mazdéisme est le dieu suprême. (Cf. J. Dumkeh, Geschiclite de.t Mteiiliums, I, p. 151,

Dar-Msteter, le Zend Aresla, t. III, 1893, inirod. sq. — Unger, Chronohx/ie des ManeUio, p. 118,

p. L.XV.) cité par G. Maspero, Âevue critique, nouvelle

Parmi ces peuples, tous ceux de l'Asie Mineure jusqu'aux rives du Bosphore et à la Paphlagonie étaient des Phrygopélasges, de race aryenne, installés dans ces pays depuis que, chassés de Thrace par d'autres tribus, leurs congénères, ils avaient, quelques siècles auparavant, quitté l'Europe,

Mais, le mouvement aryen se poursuivant, peu à peu ce furent les Dardaniens, les Kébrènes, les Phrygiens, les Paphlagoniens, les Ascaniens (Arméniens), les Bithyniens, les Mysiens, les Teukriens, etc., qui, eux aussi, passant le Bosphore, vinrent demander des terres à l'ancien monde, poussés par d'autres tribus qui prirent leur place en Europe (1).

Ils trouvèrent, en entrant en Asie, le pays occupé au Nord par leurs congénères, et à TOuest aussi bien qu'à l'Est et au Sud par les anciennes races (Ibères, Chalybes, Saspires, Moschiens, Toubals, Hétéens, gens du Nairi, etc.), enfin, dans les districts du Sud-Ouest, par des peuplades (Lyciens, Lydiens, Lèlègues, Cares, etc.) dont la nature ethnique ne nous est pas encore connue.

Dans le désordre qui accompagna et suivit ces mouvements, la puissance hétéenne sombra ; les peuples qui avaient subi son joug le secouèrent et entraînèrent même leurs anciens maîtres à leur suite dans l'expédition que, par terre, ils projetaient contre l'Egypte.

Si les Asiatiques continentaux avaient souffert des Hétéens, les gens des côtes et des îles avaient aussi fort à se plaindre des Phéniciens (}ui, peu à peu, s'étant installés sur tous les points favorables de leurs territoires, exploitaient de là les contrées environnantes.

Les Cariens devenus marins ("2) tenaient depuis quelque temps

série, t. V, ]>. 320. — J. IIalévy, Etudes ber- menis. (Cf. Gr. G. Butzureano, dans Congrès

bères, inJourn. Asiat., 1874, t. IX, p. 400, sq.) internai. d'Anlhrop. de 1889. Paris, 1891, p. 229,

Cette théorie ne peut se soutenir en présence pi. HI.) Ces objets, qui semblent devoir être

des noms de ces peuples qui, pour la plupart, reportés vers le (juinzième ou le douzième

appartiennent à 1 Asie Mineure (Iliouna siècle, avaient déjà subi l'influence asiatique

= Ilion ; Dardani ;= Dardaniens ; Piilasa au travers de l'Asie Mineure et de la Thrace,

= Pedasiens ; Masou = Mysiens; Aqaïou- tout en conservant leurs caraclèi'es artistiques

cha =: Achéens ;Tourcha = Tyrrhéniens,etc.). et industriels indigènes.

(1) A Getazina (commune de Baiceni, dis- (2) Les types des bateaux diffèrent suivant

trict de Jassy), on a rencontré, avec des ins- les régions. Ceux de Phénicie (Gf. Daréssy,

truments en pierre,, en os, et quelques orne- Rer. Arch., 18;i5, pp. 286-292), à la XVIIl» dy-

menls en bronze et en argent, une céramique nastie égyptienne, se rapprochent par leur

très curieuse, rappelant en même temps les forme générale de ceux usités sur le Nil dès

formes et ornements du Caucase et de la les temps préhistoriques (Cf. J. de Morgan,

Perse septentrionale et ceux de la Grèce Rech. oriy. Egypte, I8dù, \)\. X), et à la XIP dy-

primitive(Mycènes,Tirynlhe, Hissarlick, etc.). nastie. (Cf. J. de M., Fouilles à Dahchour,)

Les idoles, spécialement, sont d'un grand in- Les navires égéens (Gf. Tsoumtas, Ephemeris

térêt, car elles reproduisent dans les moindres Archalogikè, 1899, p. 90), plus légers, se rappro-

détails celles de l'énéolithique égyptien, sauf chent plus des navires de course égyptiens de

toutefois qu'au lieu d'être peintes, elles sont la XVIIP dynastie. (G. Maspero, ///*■(., I,

ornées de dessins incisés figurant des vête- p. 393.) La barque mycénienne présentait un

la mer et y disputaient aux Sidoniens, sinon la suprématie, du moins le monopole de la piraterie. Les Aryens, qui eux-mêmes avaient appris à naviguer, entrant en lutte contre les Phéniciens, les chassèrent de Grèce d'abord, des îles ensuite, de Crète entre autres.

Dans l'intérieur de l'Asie Mineure, la lutte pour la possession de la terre fut acharnée. LV/zar/e nous a transmis les échos poétiques d'un épisode de ces guerres. Enfin, tous les peuples ne trouvant pas la place d'y vivre, quelques-uns durent s'expatrier ; c'est ainsi que, par mer comme par terre, beaucoup d'entre eux cherchèrent à envahir la terre du Nil; tandis que d'autres s'éloignaient vers l'Occident, emportant sur leurs vaisseaux toute leur fortune, leurs armes.

Par les navigateurs phéniciens, cariens et autres, par les Hétéens et les Syriens, les peuplades du Nord connaissaient l'Egypte, dont les richesses, grandies à leurs yeux par les récits des voyageurs, excitaient leurs convoitises. Mais ils furent vaincus; Piamsès 111 les arrêta vers sa frontière de Péluse d'une part et dans l'ouest du Delta de l'autre.

Les Philistins prisonniers de guerre furent, nous l'avons vu, cantonnés en Syrie, les Shardanes (1) gagnèrent la Sardaigne, les Thyrséniens l'Italie centrale, les Lydiens colonisèrent l'Ombrie. D'autres Pelasges-Thyrenniens apparurent à Imbros, à Lemnos, à Samothrace, dans la péninsule de Ghalcis, sur les côtes et dans les îles de la Propontide, à Cythère, à la pointe de Laconie, et sur presque tout le littoral de la mer Méditerranée; ne laissant aux Phéniciens que bien peu de leurs anciens comptoirs, ceux d'Afrique, d'Espagne et des Baléares, entre autres, qui ne se trouvaient pas dans la sphère hellène.

Ainsi, ce passage de tribus d'une rive à l'autre du Bosphore fut la cause de cette grande migration maritime qui répandit le sang phrygo-pélasge dans presque tous les pays méditerranéens

autre Ivpe à proue et poupe relevées, mais numenls égyptiens trouvés en Sardaigne, Chris-

de forme spéciale. (Cf. R. Dussaud, Rev. liana, 1><79 ; M. Pais, Le popolazione egizie in

Ecole d'Anthrop., 1906, p. 129, fig. 53.) En Sardegna, in Ballelino archeologico sardo,

sorte qu'au cours du second millénium avant 1884. Les preuves apportées par Pais contre

notre ère, la Méditerranée était sillonnée par cette opinion sont insuffisantes. Il ne faut pas

des flottes de forme et de nationalités diver:^es cherchera rattacher les objets égyptiens qu'on

battant chacune pavillon de leur pays. (Celui trouve en Sardaigne à la migration des Shar-

de Svra était un poisson attaché en poupe.— danes; car ces peuples vinrent en fugitifs et

Cf. TsouNTAS, op. cit.) non en commerçants et, en quittant l'EgypIe,

U) Au sujet de la migration par mer des ils n'y avaient pas laissé les attaches qu'e.xige

Shardanes en Sardaigne, Cf. Chabas, Recher- le commerce. ches.p. 3>X>, sq. ; Lieblei.n, \olices sur les mo-

LA PllKPONDÉRAXCE ÉGYPTIENNE 323

«t prépara la coloriisalion grecque, d'où devait sortir la véritable civilisation.

Dans presque tous les pays qu'ils envahirent, les émigrants rencontrèrent des peuples aryens comme eux, venus de l'Europe orientale ou centrale, et mélangés avec les anciens habitants; mais •ces tribus étaient encore très primitives, tandis que les nouveaux -arrivants avaient déjà bénéficié de leur contact avec les civilisations orientales.

Le coup avait été si violent pour les llétéens, et par suite pour tous les autochtones de l'Asie Antérieure, qu'à peine s'en relevèrent-ils quelque peu devant les envahissements assyriens. C'en était fait de leur puissance; peu à peu leurs voisins, les Indo- Européens du Nord, s'infiltrèrent parmi eux; certains même, tels les Ascaniens, les traversèrent pour s'avancer vers les pays •de l'Ararat et de Van et remplacer plus tard les Ourarthiens, peu après la chute de Ninive.

L'élément nouvellement venu, l'Aryen, ne possédait encore •qu'une civilisation bien rudimentaire par rapport à celles des vieux peuples, il était encore très voisin de la phase nomade et pastorale, ne connaissait pas l'écriture ; et, cependant déjà, se transmettaient, de bouche en bouche, en Hellade, des chefs-d'œuvre de poésie, littérature dont les sociétés asiatique et égyptienne s'étaient toujours montrées incapables.

Des arts, les nouveaux venus ne possédaient même pas la notion; ni dans l'Iran, ni dans l'Europe occidentale ou centrale, ni même dans le monde hellénique ; mais les Grecs, plus que tous les autres peuples, en avaient les aptitudes naturelles ; et ces qualités, ils devaient plus tard les développer au plus haut degré, enfantant des merveilles.

Si les Iraniens et les Indiens possédaient seuls alors les conceptions philosophiques élevées qui, chez les branches européennes, ne se montrèrent que plus tardivement, tous ces peuples n'en avaient pas moins quelques conceptions religieuses et des mœurs communes (1); mais ils ne possédaient j)as, pour la plupart, d'apti-

(1) Avant leur séparation, les Indo-Eiiropîcns devognala = née d'un dieu, nom propre); vieil

possédaient la notion de la divinité ; le radi- islandais, livar, etc.]. Pour eux, le dieu est un

«al dv, commun à toutes les langues de leur fait naturel ou social, aiuiuel on attaclie une

groupe, en fait foi [sanskrit, deuas ; lithua- importance particulière ; le dieu n'a i)as un

nien, dëvas ; vieux prussien, deiws (génitif nom distinct de celui du fait en ((uer-tion ; le

<Jeiwas) ; latin, deixs et ses dérivés (vocatif, dieu n'est pas une personne ayant un nom

dive); vieil irlandais, dia \ gaulois, dévo (dans propre ; c'est le fait lui-même, c'est son es-

32Zi LES PREMIÈRES CIVILISATIONS

tudes gouvernementales. Ils empruntèrent le plus souvent au vieux monde ses méthodes avec leurs défauts et leurs qualités, et sïls employèrent la forme démocratique, reste de leurs usages d'antan, ce ne fut que dans un cercle très restreint et sans habileté soutenue. C'est aux Italiotes qu'étaient réservées les grandes vues politiques qui aboutirent à l'empire du monde.

Les qualités, les aptitudes indo-européennes devaient encore, pendant bien des siècles, demeurer à l'état latent; ce n'est que peu à peu, par le contact de ces esprits d'élite avec les progrès réalisés par d'autres races que, recevant les principes de leurs premiers maîtres, les Aryens porteront au sommet les arts et les sciences, atteindront toutes les habiletés.

Aussi serait-il inexact et injuste d'attribuer à une race plutôt qu'à une autre l'origine de nos civilisations ; toutes y ont concouru. Les anciens Asiates fournirent les matériaux dans la construction de ce grand édifice, les Sémites les dégrossirent, les Aryens les assemblèrent et les ornèrent.

L'incubation de la civilisation grecque dura plus de mille années. Négociants habiles, ils remplacèrent peu à peu les Phéniciens dans la colonisation et le commerce maritime, visitèrent le monde entier d'alors, puisant chez les divers peuples des notions, souvent rudimentaires qu'ils développèrent, parfois compliquées ou confuses qu'ils eurent le talent de simplifier ou de dégager des broussailles orientales.

L'expédition contre l'Egypte leur avait appris à respecter la puissance de ses souverains, mais aussi à connaître sa civilisation. Pacifiquement et isolément ils s'y installèrent dès la fin de la XXP dynastie, habitèrent les villes de la côte, les portes du Delta ; ils y trafiquèrent, conservant leurs usages nationaux, leur manière de penser, leur langue. C'est ainsi que, de très bonne heure, tout ce qui se faisait dans lo^cidentde l'Asie et en Egypte eut son écho chez les peuples de la Grèce, de l'Asie Mineure et

des îles.

Les pays de l'Euphrate et du Tigre étaient, pour les Grecs, plus

sence sa force intime. Le sens de deiwos est indo-européenne, ds Revue des Idées, 15 août

celui de » divinité », pris dans l'acception la 1907, n" 44, p. 689, s(i.) Pour l'Avesla, la divi-

idus large ; duaush (sanscrit védique;, Zej?, n\li- demeure immatérielle. Elle prit une

Zeas (Zeu Trâiep = Jupiler), aies signifient forme en Europe, au contact des panthéons

..ciel., «jour ..,1e dieu étant ce/e./e par op- du vieux monde, mais n en consenapas

position avec l'homme lerreslre (latin, humus, moins la notion générale de la divinité dan^

homo ; guma en gothique, goma en vieux haut Ifi racine du. allemand, etc.). (Cf. A. Meillkt, La religion

difficiles à alleindre; aussi ne les connurent-ils que plus tard et, malgré quelques expéditions assyriennes aux confins de leurs territoires, ils ignorèrent longtemps cotte puissance. Pendant plus de mille ans Tintcrieur de l'Asie demeura le domaine commcicial des Phéniciens et autres Sémites de la Syrie, parce que, sur le continent, la Grèce ne les pouvait atteindre. La civilisation grecque euipiunta bien, il est vrai, quelques notions aux pays asiatiques; mais c'est surtout vers l'Egypte, la Phénicie et la Crète qu'elle tourna son attention.

Cette influence ne pouvait porter que sur les pays proches de la Méditerranée; elle diminuait, peu à peu, lorsqu'on s'avançait vers le Nord. On en retrouve cependantquelques traces jusqu'en Scandinavie (1)

Dans le bassin du Danube, en Scythie, en Allemagne, se pressaient alors des peuplades sauvages, sans histoire, sans littérature et sans arts; demi-nomades, demi-sédenlaires, en perpétuel conflit entre elles sur des questions de territoires, de pâturages et de troupeaux.

Le métal, cuivre, bronze et or, était déjà répandu dans toute l'Europe centrale, en Gaule, en Grande-Bretagne, en Suisse, dans les Alpes, où les tribus sédentaires vivaient dans leurs villages des lacs. La culture des céréales et des plantes textiles, l'élevage du bétail, la pèche et la chasse, la lutte contre leurs voisins étaient les seules préoccupations de nos ancêtres de ces temps.

La civilisation du bronze, qui semble s'être répandue vers l'époque de l'expansion pharaonique au dehors, prend alors un grand développement dans les pays méditerranéens, grâce à la proximité des vieilles sociétés de l'Asie Antérieure et de l'Egypte. Chaldéens, Assyriens, Phéniciens, Chananéens, Hétéens et Egyptiens, tous ont leur part dans l'influence répandue et, que ce soit en Crète (2),

(1) Les peuples celtiques n'ont jamais ha- avait eu dans l'ile (l'importants mélanges anbilé la Suède peuplée dès longtemps par la térieurs à l'apparition des Hellènes dans la racegermanique, maisleurcivilisation a exercé Méditerranée. Les Cretois appartenaient une très grande influence sur la Scandinavie au fond de la vieille population de ces parades le quatrième siècle avant notre ère. ges. Evans les considère comme composés (O. MoNTEt.ius, Co/iyr. /)ré/î. /"rfiAip., 1907 (1908), de trois éléments : l'un apparenté aux peup. 80'i.) Aiirès la conquête de la Gaule par pies de l'Anatolie, l'autre issu de l'Europe, César, l'influence celtique en Suède fut hienti'jt et, par suite, voisin des Ligures, et le dernier remplacée par l'influence de la civilisation ro- venant de la Libye. (Cf. A.-J. Evans, Prehi.tl. maine. i/</.,p. 812.) lombx of AVio.s.so.s-, Londres, 1906, p. 132. —

(2) Il est impossible de dire, d'une manière Seugi, lex Hacex de la Méditerranée. — R.-M. certaine, à quelle race appartenaient les hom- Brnuows, The dixcorerien in Crète, Londres, mes qui habitaient l'ile de Crète, au début du 1907, p. 170.)

royaume Minoen, et si, dès ces époques, il y

àMycène ou à Troie, les traces s'en montrentbien nettes (I), sans que, souvent, il soit aisé de faire la part originelle de chacun.

Entre la civilisation méditerranéenne du bronze et celle des. pays du centre, de Touest et du nord de l'Europe, il existe bien certainement des liens ; mais ces affinités se confondent avec les. connaissances primitives communes, et l'on ne peut pas dire d'une manière certaine que les progrès du Nord procèdent de ceux du Sud (2). Les divers groupes se développèrent sur eux-mêmes, su-

co

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