‹ Les premières civilisationsChapitre 60 sur 79 · Masoutri Kanboali (Ka[A6j(ir)Ç). I ('A[xupTaroc · texte numérisé non relu

Masoutri Kanboali (Ka[A6j(ir)Ç). I ('A[xupTaroc

II [Gaunin?aJ (SfxÉsSiç). XXIX» dynastie, Mendesienne.

III. Salôoutrî Ntaraioiiacha(\a.piiOici'), '• Binri-Minoulirou. AVo//// 1. (NEosptTriça')

IV. Sanentonen.SotpouniphtahKliabbicha "' Kl'nonmmari-Solpounikhnoumou. Hakori V Khchai/nrcha {Elp^rfi 7.'}. ( Axwptç).

LA PRKPONDHRANCH IRANIENNE: /il 7

temples furent transformés en casernes et en écuries; enfin la momie de l'ancien roi Amasis fut brûlée publiquement, sacrilège aussi abominable aux yeux des Perses qu'à ceux des Égyptiens.

Cambyse envoya une expédition piller l'oasis d'Ammon, elle se perdit dans les sables ; lui-même alla dévaster ri<:tliiopie. Mais ces folies se payèrent par d'énormes dépenses en hommes et en matériel, pertes qui elTraN-aient à juste titre le roi, lors de son retour à Memphis. f.à, trouvant la ville en fête, par suite de l'apparition d'un nouvel Apis, joie contrastant avec ses préoccupations, il entra dans une colère aveugle et, de sa main, tua le bœuf sacré.

La nouvelle d'une révolte en Perse, celle du faux Smerdisl), se répandant, Cambyse quitta brusquement l'Egypte, gagna la Syrie, et là, se suicida (2). Le caractère violent et ])assionné de cet abject personnage expli(|ue fort bien qu'il se soit donné la mort dans un accès de rage ou de désespoir.

Cambyse avait vécu de l'œuvre de Cyrus, dilapidant les biens dont il avait hérité et par-dessus tout la belle armée avec l'aide de laquelle son père avait créé l'Empire ; ses excès amenèrent une décomposition du pouvoir, et, lors de sa mort, la puissance achéménide chancelait de toutes parts.

Gaumâta se donnait comme fils de Cyrus et par suite comme de race royale. Il n'y a donc pas lieu de penser, avec Hérodote, que cette révolution présentait un caractère religieux ou politique, entre Mages et Perses ou Perses et Mèdes.

Comme les grandes familles perses étaient bien mieux renseignées que la foule sur la fausseté de ses prétentions, l'usurpateur eut tout intérêt à diminuer leur puissance ; il les abaissa sans mesure et cet excès de précautions fut cause de sa perte.

On sait comment Darius (3) monta sur le trône (521). Plus tard, il fit de son père Hystape (Ji) 1 un des satrapes les plus importants de son empire, fait extraordinaire dans les annales d'un peuple

ni. Ousiriiihtahrî. Ps«;»ouh'(^Fâ|7.[xou6tî). (1) Gaumâta des inscripUons perses.

I\' (2) Cf. Inscr. de Darius à Bisouloun.

V XeforitlU. {NiOsplzTii fi,'). (3) Dariyavaouch, " le roi Darius déclare:

vv\> lie. ^^"1 PCi"e était Hystaspc (Vistàrpa); le père

, , ^>^.^\J>»«s<'e. Sehennyfque. d'Hyslaspe Arsaniès (Arsâma); le père d'Ar-

I. Snotmihri hotpounianhouri Nakhtliarali- samès, Ariaramnès (Arivàràmna); le père 6i7-Mianliouri-Snsil (Nsy-Tavigr,; a'). d'Ariaramnès, Tcispès (Caispis), le père de

II. Irimailnirî. Zadhou. Sotpounianliouri Teispès, Achaeménès (Ilakhâmanis). » (Ins- (Tew;, Tayciic). cription de Darius h Bisouloun, § 2, Irad.

III. KhopirReri". Nakhloumibouf (Nîxxavï- "'• ^[j*''''^' '^' Inscripl. des Acliéménide.% 1851, pr.ç [j' NaxTOvâ6o). '(4)'vichlûspa.

LA PRÉPONDÉRAXCK IRANIENNE /jlQ

(le race Aryenne, que de voir le père servir sous les ordres de son fils, et (jui montre combien les idées asiatiques sur le pouvoir absolu s'étaient implantées chez le peuple perse.

Le jeune roi, tout au plus âgé de trente ans, assumait une lourde tâche en gravissant les marches du trône ; il avait à remettre sur pied un Empire immense qui se disloquait de toute part. Les provinces, se révoltant les unes après les autres, créaient des difficultés sans cesse renaissantes.

Darius dut agir, par ses officiers et par lui-même, avec une extrême énergie et beaucoup de célérité. Nabouchodouosor, révolté dans Babylone, fut d'abord abattu ; puis ce furent Martiya (1) en Susiane, Fraortès (2) en Médie. De nouvelles révoltes éclatèrent encore à Babylone, chez les Parthes, les Hyrcaniens, en Arménie, dans la Margiane, chez les Sagartiens, les Sakes, etc., et Darius, pendant les trois premières années de son règne, dut se consacrer entièrement à leur répression. La stèle triomphale de Bisontoun énumère ces campagnes dans tous leurs détails 3).

En dehors de ces rébellions ouvertes, bien des satrapes, outrej)assant leurs droits, empiétaient sur les prérogatives royales ; Darius dut encore porter remède à ce genre de danger. Oroetès, satrape de Sardes, Aryandès, vice-roi d'Egypte, et bien d'autres furent, soit relevés de leurs fonctions, soit ramenés à la stricte obéissance.

Devant ces révoltes, ces empiétements sur l'autorité royale, le souverain jugea utile de modifier les attributions de ses gouverneurs et de les préciser. Dès lors, le satrape eut, il est vrai, comme par le passé, le pouvoir et le prestige d'un roi, mais fut étroitement surveillé. Des fonctionnaires spéciaux, placés à ses côtés, renseignaient la cour sur sa conduite, et de temps à autre, passaient des inspecteurs, accompagnés de corps d'armée. Le satrape commandait les troupes de sa province, mais les garnisons des forteresses étaient fournies par le pouvoir central. Ainsi deux éléments militaires étaient en présence ; et la défection de l'un d'eux ne pouvait plus, comme par le passé, entraîner la perte d'une province.

Ces règles apportées dans l'exercice de l'autorité étaient déjà

(1) Imani. ménides conçues dans l'idiome des anciens Perses.

(2) Fravarli. Paris, 1851, p. 8, sq. — Id., le Peuple et la lan-

(3) Cf. J. Oppert, les InscrijiHons des Aclié- gue des Mèdes. Paris, 1879, pp. 112-113, sq.

un orand progrès sur les procédés administratifs de l'ancienne Asie ; mais là où la réforme fut grande et l'innovation heureuse, c'est quand Darius assigna d'une manière fixe et définitive la taxe, que devait annuellement payer chaque satrapie.

C'était pour la première fois, depuis les débuts des empires, qu'un peu d'ordre était mis dans la perception des impôts. L'arbitraire absolu d'antan cessait, pour faire place à des règlements qui, bien que sûrement injustes et créé dans l'intérêt du roi plutôt que dans celui des peuples, n'en ofiVaient pas moins quelques garanties. C'est ce système qui régit encore l'Orient, et qui, transformé peu à peu par les Grecs elles Romains, finit par aboutir à la taxe individuelle, base des institutions fiscales modernes.

Certainement, déjà les Chaldéens avaient établi des taxes proportionnelles, mais leurs édits n'empêchaient pas l'arbitraire ; et c'est justement dans la suppression de l'arbitraire que résida l'innovation de Darius. Ainsi, grâce à ces nouveaux règlements, d'une part la province connaissait à l'avance le montant de ses contributions, d'autre part le gouvernement savait sur quelles ressources il pouvait annuellement compter.

Le système achéménide fut également celui des Séleucides, des Parthes, des Sassanides, des Arabes. 11 est encore celui que j'ai vu en vigueur en Perse, qu'on trouve dans les principautés indiennes, l'Afghanistan, au Maroc et dans tous les États orientaux qui subsistent encore.

Un gouverneur général achète, pai- exemple, sa charge ])Our un million, une fois donné, qu'il verse au roi; et s'engage à fournir annuellement à la couronne un autre million. Pour conserver sa charge, il doit, chaque année, envoyer à son souverain un nouveau cadeau ; sans quoi, un concurrent viendrait la lui enlever, en versant lui-même un prix plus important.

Ainsi, ce gouverneur général doit retrouver en une année les deux millions qu'il a dû verser au Trésor, plus les frais auxquels son gouvernement l'oblige, plus enfin le bénéfice sur lequel il comptait en sollicitant cette charge ; c'est quatre millions environ qu'il lui faudra faire entrer dans sa caisse.

Il procède alors pour ses vice- gouverneurs comme le roi en a usé envers lui, vendant les charges moyennant une somme fixe et une rente annuelle. Et ses subordonnés suivent son exemple, mettant aux enchères jusqu'aux plus petits emplois.

LA PUKPONDHRAXCE IRANIENNE /^21

Quant à riiabitant, s'il n'appartient pas au clergé, c'est lui qui supporte toutes les charges, souvent de dix ou (|uinze fois plus lourdes (jue si ses versements allaient diiectciucul au Trésor.

Ce procédé est certainement fort onéreux au point de vue des résultats qu'il fournit à l'Etat; mais tel quel, c'était, pour l'époque, un grand progrès. 11 n'est plus aujourd'hui, qu'un reflet de la barbarie des anciens temj)s.

Après avoir réglé les affaires intérieures de l'Empire (1), Darius reprit les conquêtes de ses prédécesseurs. 11 gagna ses f)rovinces orientales; et, ayant fait explorer les côtes du golfe Persique et les bouches de llndus par le Carien Scylax, fil, dit-on, la conquête des provinces voisines de ce fleuve. Il est à penser que cette campagne ne rapporta pas tous les avantages qu'en attendait le roi; car il ne poursuivit pas celte conquête et abandonna l'Orient, pour se retourner vers les peuples du Nord.

Les Scythes, dont les déprédations en Asie, cent vingt ans auparavant, avaient laissé dans l'esprit des peuples une terreur folle, s'agitaient probablement, à cette époque, dans la steppe audelà du Danube, et causaient des inquiétudes. Darius jugea utile d'aller les frapper au cœur de leur ten-iloire, et de prévenir ainsi toute velléité d'invasion de leur part.

Les portes du Caucase étaient gardées, les corps d'armée laissés en Khorasmie, en Sogdiane, en Baktriane, chez les Saces, etc., joints aux milices provinciales, ne permettaient pas aux nomades, vivant entre le Borysthènes et l'Iaxartes, de porter préjudice à l'Empire ; mais il n'en était pas de même du côté de la Thrace, et c'est vers le Danube que Darius dirigea ses pas.

Les Perses ne se faisaient pas, comme d'ailleurs les Grecs, une

(1) Le roi Darius déclare : C'est ce (niej'ai rès »; et il ameuta la Médie. Un Sagartit-n

fait par la volonté d'Ormazd dans toute ma nommé Sithrakhmès, qui mentit et parla

vie ; puisque les pays étaient rebelles contre ainsi : <• Je suis roi en Sagarlie, étant de la

moi, je livrai dix-neuf batailles; par la grâce race de Cyaxarès »; il ameula la Sagarlie. L'n

d'Ormazd, je détruisis leurs armées et je pris Margien iiommé Phraadès (|ui mentit et parla

neuf rois : un mage nommé Gomalès, qui ainsi : « .le suis roi en Margiane •«; et il

mentit et parla ainsi : « Je suis Smerdis, le fils ameula la Margiane. Un Perse nommé Valiyaz-

de Cyrus »;ct il ameuta la Perse. Un Susien, dûtes, qui mentit et parla ainsi : « Je suis

nommé Athrina, qui mentit et parla ainsi : Smerdis, fils de Cyrus »; et il ameula la

« Je suis roi en Susiane »; et il ameula la Per.se. Un Arménien, nommé Arakha, qui

Susiane. Un Babylonien nommé Naililâbel, mentit et parla ainsi : « Je suis Nabuchodo-

qui mentit et parla ainsi : <■ Je suis Nabucho- nosor, le fils de Nabonide » ; et il ameuta

donosor, le fils de Nabonide »; et il ameula Ilabylone. (Texte de Darius à Bisoutoun,

Babylone. Un Perse nommé Martiya, qui men- table IV, § 2, Irad. J. Oppert, les Inscr. des

lit et parla ainsi : « Je suis Umanis, roi en Acliéinénides, 1851, p. 156.) Comme on en peut

Susiane »; il ameula la Susiane. Un Mède juger, les Perses ne se mettaient pas en frais

nommé Pbraortès, qui mentit et parla ainsi : lilléraires dans les textes qu'ils composaient

a Je suis Xalbrilcs de la race de Cyaxa- en vue de la postérité.

idée nette de ce que sont ces immenses plaines de la Scythie. Des ténèbres, pour eux, enveloppaient tout le nord ; et Darius n'eût sûrement pas entrepris cette expédition s'il en eût connu les difficultés ; mais pour lui, le Danube, les pyles caspiennes et les steppes sogdiennes étaient frontières de la Scythie, qu'il pensait beaucoup moins étendue qu'elle n'est en réalité.

Le succès ne couronna certes pas cette entreprise hardie. Personne ne sait jusqu'où s'avancèrent les Perses dans ces plaines sans fin. Vaincu par le terrain, n'ayant jamais à faire qu'à des fuyards, le roi des rois rentra en Asie, après avoir, en deux mois, perdu la majeure partie de son armée.

Les Perses conservèrent les pays situés entre le Danube et le Bosphore ; la Thrace, Lemnos, Imbros restèrent entre leurs mains. Ils attachaient une grande importance à ces territoires, les considérant comme la base future du mouvement qu'ils comptaient opérer contre la Grèce d'Europe, dont ils convoitaient la richesse et le développement commercial.

Mais, quoi qu'ils pussent faire, leur prestige vis-à-vis des Grecs s'était écroulé lors de leur retraite de Scythie; leur grand nombre n'effrayait plus, parce qu'on avait reconnu leurs défauts, leurs points faibles. En attaquant la Grèce après 1 expédition de Lydie, les Perses l'eussent peut-être terrorisée et conquise ; après la campagne du Danube, il était trop tard.

Si même ils n'avaient convoité la Grèce, les Perses eussent été amenés à s'y présenter un jour en armes ; car de tous côtés ils étaient sollicités par des partis opprimés, des dynastes détrônés, des tyrans chassés ou menacés, des mécontents qui tous cherchaient à faire intervenir l'étranger dans leurs affaires.

Les Grecs étaient non seulement des brouillons, mais fréquemment aussi des traîtres à la patrie hellène. L'aristocratie de Naxos, expulsée, implora l'assistance d'Aristagoras, tyran de Milet, et par suite, celle du satrape de Sardes, Artaphrènes, frère du Roi des Rois. Cette intrigue conduisit au grand soulèvement des Ioniens et des autres Grecs mécontents. Milet s'érigea en république et Aristagoras, intrigant, ambitieux, finit par amener dans la querelle des peuples qui, comme les Athéniens, eussent toujours dû rester dans une prudente expectative.

Les alliés marchèrent sur Sardes, brûlèrent la ville basse, tout en ne pouvant s'emparer de la citadelle, où s'était réfugié

LA prépondérance: IUAMKNNE /i93

le frère du roi avec ses troupes. Coup de tète l)ien malheureux; car, non seulement, il ne porta que des fruits amers, mais aussi, en se retirant, les alliés furent défaits près d'I-^phèse.

Les villes de l'Hellespont, Byzance en tête, une grande partie des Cariens, les Gergithes de la Troade, prescpie toute l'île de Chypre se joignirent au soulèvement. Non seulement l'incendie de Sardes avait mortellement blessé l'orgueil des Perses, mais le soulèvement des Hellènes devenait pour leurs possessions de l'Occident un réel péril ; il était temps pour eux d'agir.

^lilet prise et détruite, ses hommes déportés en Susiane, ses femmes et ses enfants mis en venle comme esclaves, la flotte grecque anéantie, l'Ionie reconquise et livrée au pillage des Phéniciens, la Thrace, l'Eubée replacées sous l'autorité de la Perse, tels furent les résultats de la répression de Darius. Et la Grèce entière serait tombée sous le joug oriental si, à Marathon, les Athéniens n'avaient arrêté les progrès du Pioi des Rois. Cette victoire était un grand succès matériel et moral, car elle montrait aux Grecs la supériorité de leur valeur personnelle, de leur tactique et de leur armement sur ceux des Asiates.

Pour les Perses, c'était la dernière des humiliations que de voir les multitudes appelées de tous les pays de l'Asie succomber devant une poignée d'hommes ; le })restige impérial était entamé. Quelques années encore, et il ne restera plus de ces expéditions formidables que l'expression d'une gigantesque fanfaronnade.

Darius, malgré ses défauts, était un grand souverain. Il fut le seul de sa lignée; car ses successeurs se montrèrent lâches, faibles et indignes. Humilié par l'affaire de Marathon, le roi faisait d'immenses préparatifs pour se laver de cet aflront au moment où, distrait par des révoltes en Chaldée et en Egypte, il dut pour un temps ajourner ses projets sur la Grèce.

A l'habileté tactique, à la vaillance, à l'armement supérieur, Darius comptait opposer la masse et noyer, sous un déluge humain, cette poignée de citoyens qui avait osé se mesurer avec lui. Mais le temps de la force brutale était fini; peu à peu, la iruerre devenait une science et la Perse allait bientôt faire ellemême l'expérience de ce que pouvait devenir, livrées à l'esprit judicieux et méthodique des Hellènes, la stratégie et la tactique.

Xerxès, (ils de Darius, embrassant les projets de son père,

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établissant à Sardes son quartier général, fît venir de tout son empire d'innombrables hordes, un matériel et des approvisionnements énormes. La concentration s'opéra en Lydie, devenue un vaste camp. Là, on vit affluer des peuples de toutes les parties de l'Asie, parlant des langues incompréhensibles, portant des cos-

Notions géographiques des Hébreux vers le v s. av. J.-C.

tûmes et un armement bizarres, et au printemps de l'an ^|80, cette multitude se mit en route pour gagner le Bosphore.

Le camp royal (1), avec ses bagages, son harem, ses esclaves

{l) Chez les Perse>;, comme chez les Assyriens, le roi n'élailpas, comme en Egypte, un dieu. Ce n'est que plus lard, au.x temps Sassaiiides qu'il prit le titre de « Mincie lietri men Yezdàn » (d'essence divine). Mais le souverain Acliéménide recevait les hommages dus en tout autre pays aux divinités. 1! était le despote j)ar excellence, disposant de la vie et de la niorl, du bonheur et du malheur, omnipotent; son coslume, la robe médique (Xé.no- PHO.N, CyropéJie, Vlll, 1, § 40), teint de pourpre, était hrodé d'or, de |>erles Unes et de pierreries enchâssées dans de l'or. Plutarque {Vie d'Aiiaxerxès, § 21) estime à douze mille talents (70.(HX).000 de francs) un costume royal. Colliers, bracelets, bijoux de toute nature ornaient sa personne auguste. (Cf. .1. de Morga>, Sépulture acliéménide, ds Méiii. de lu Déléij. en l'erse, t. Vlll.) Il ne se munirait jamais en

public autrement qu'à cheval ou sur son char,

(Cf. llÉliACIlDE DE CUMES, Fiiujm. 1, ds MuL- LER-DinoT, Fraym. Ilixloric. Grueconim, t. 11, it5, sq.) accompagné de nombreux gardes el serviteurs, passait la majeure partie de sa vie dans son harem (Justin., I, 9) prenait seul ses repas (lléraclide de Cumes, Muller-Didot, Fragw. Hisl. Graecorum, t. 11, 'J6, sq.) et par tous les moyens cherchait à faire croire à ses sujets qu'il était un être supérieur à 1 humanité vulgaire. Son titre, roi des rois (Khsâya- Ihiya Khsâyatiyànâm) chah en chah, qui plus tard sous les Sassanides devint Malka Malkàn, indiquait que, supérieur aux rois, il n'avait pas d'égal.

Le palais des rois Achéménides était une ville entière où se pressait une multitude de serviteurs, de gardes el de fonctionnaires; un ndllier de bœufs, d'ânes (sic) el de cerfs était

LA PRÉPONDÉHANCK IHANIKNNK

des deux sexes, ses prêtres, ses devins, ses scribes, ses officiers et ses serviteurs de tout genre, ses trésors, ses gardes, était à lui seul plus noiubr(->u\ et plus encombrant (|u'un(' armée entière; quant aux comballauts, au nombre d'un million (1), dit-on, ils n'avaient entre eux aucune cohésion, aucune discipline, marchaient par groupes, comme des troupeaux, chaque bande correspondant à une nationalité. Tous ces gens étaient allâmes, car les approvisionnements manquaient pour une telle masse. Douze cents vaisseaux (2), recrutés sur loules le!« cotes, baltaicjit la mer.

La flotte comme l'armée se trouvaient h l'étroit dans le champ restreint où devaient se passer les opérations. A Salamine, les (îrecs, par des prodiges de valeur, mirent en grand péril !a flotte f)erse, au point que Xerxès s'étant retiré à Sardes, Mardonius jugea prudent d'évacuer Athènes, le Pyrée, et d'aller hiverner en Thessalie, A Platée l'armée perse fut vaincue, son général tué ; à Mycale, les restes de la flotte asiatique furent anéantis.

Et le roi qui, confiant dans cette nuée humaine, avait assisté à son propre désastre, lors de la bataille de Salamine, épouvanté, éperdu, s'était lâchement enfui, ne comprenant rien aux causes de sa défaite, incapable même d'en sentir la portée.

Les corps d'armée les mieux organisés se retirèrent en bon ordre vers le Bosphore (3), pour rentrer en Asie ; quant aux autres, désagrégés, ils tombèrent sous les coups des Thraces, qui les exterminèrent au passage. La terre d'Europe recueillit les

journellement nécessaire pour nourrir ceUe foule. (Héraclide de Cumes, Mlixer-Didot, Frngm. Hisl. Graer., 1. H, p. itô sq.) Les femmes étaient recluses dans 1' « Andéroun ». U n'y avait qu'une seule reine, trois ou quatre épouses légitimes choisies parmi les sœurs ou les cousines du roi (Cf. .1. Darmstetter, le Zend A:esla, t. I, p. 12 5, sq.) ou chez les si.v familles princières de Perse. (Hérodote, lU,

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