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LXX.XIV

(1) Hérodote, VU, clx.v.\iv-cl,\xxvi, l.Tœ.OCXi fantassins et 80.0(X) cavaliers. Ailleurs (VII, ccxxviii), il dit que 3.000.000 d'hommes ont attaqué les Tliermopyles. Ctesias (Fray;?;., 2'.i. ^23, ds MuLi.EU-DmoT, Ctesine Cnidiifnujmenta. p. 50), et Ephore avaient adopté le même chiffre [Diodore de Sicile, X, 3). Isocrale (Archiddinus, §99, vl Pniuititeniïïque, "„ 49, éd. Didol, pp. 87, 15»',) compte 7(X).(XKJ coiiihallarils sur 5.(XHt.(iU0 d'hoiiimes composant l'armée asiatique, (^urtius (7//'.</. (/recque) accepte un million. G. Maspero [Hisl. tinc. des peuples de l'Orient classique, t. III, p. 717) réduit ce nomhre à 12U.0OO combattants. Cette dernière opinion semble être

la ])liis plausible, car il faut bien évaluer à 2m.(XHj le nombre des non combattants de. cette armée; procurer la nourriture à 300 ou 350.000 bouches, à ces époques et dans ces pays est déjà un tour de force. Sur ces 120.0(.Kj condiattanls bon nondjre dut être laissé en arrière pour assurer la retraite, en sorte que si ^.■j oii30.0(X)se présentèrent aux Tliermopyles, c'est assurément un effectif énorme. Mais il ne suffisait pas à la vanité des Grecs. Léonidas avait sous ses ordres un corps de 10.(X)0 hoplites. (Hérodote, VII, clxxii-clxxiv. Cf. A. lI.vuvETTE, Hérodote historien des guerres mrdi(iues, ji. 340, sq.)

1,2) Eschyle, 7'er.<.,.339, 340, indique 1.20" vaisseaux comme ayant i)ris part à la bataille de Salamine.

(3) Ouar.'inte mille hommes environ sous la conduite d'Artabaze et la protection de la cavalerie. -Mardonius, ajirès le départ du roi, ne disposait que de W.OOO hommes, en sorte que les Grecs ont siniçulièrement exagéré l'importance de leur victoire de Platée.

cadavres de ces malheureux qui, venus du fond de l'Asie au pillage de la Grèce, ne devaient jamais revoir leur patrie.

La puissance perse était brisée, son prestige abattu (1). La Thrace, les Iles, la Macédoine, recouvrèrent leur indépendance. C'est sur la côte d'x\sie que, dès lors, se transporta la guerre. Mais les Perses, n'osant plus attaquer en face de pareils adversaires, remplacèrent les armes par l'intrigue. Sur ce terrain, malheureusement, ils reprenaient souvent l'avantage, car le Grec était capable de toutes les trahisons. L'or des Perses fut, pour les Hellènes, plus dangereux que les flèches.

Seul dans la Grèce, le Péloponèse était resté indemne du cataclysme perse; mais toutes les colonies demeurèrent en dehors, et celles d'Italie, de Sicile, de Cyrène, de la mer Noire, continuèrent sans interruption leur développement. En sorte que, si les Hellènes avaient été vaincus à ^larathon, rien n'eût été perdu pour le progrès humain. L'histoire de l'évolution de riiellénisme en Sicile en est la preuve.

Cette servitude, d'ailleurs, eût été de courte durée ; car bien que jeune encore, l'Empire ])erse était vermoulu et déjà se décomposait. Si la victoire ne donna pas aux Grecs cette entité politique qui leur eût permis d'exécuter de grandes choses, peut-être la défaite leur aurait-elle fait comprendre la nécessité de s'unir.

Les succès des Hellènes n'aflranchirent pas définitivement les eaux et les terres grecques. EJien des villes étaient encore occupées par des garnisons perses; il fallut les prendre les unes après les autres. Des escadres du Iloi des Piois battaient la mer, on dut les poursuivre et les détruire. Ces vaisseaux étaient, pour la plupart, montés par des Phéniciens ; les (^recs les traquèrent avec rage, cherchant à leur rendre le mal qu'ils avaient reçu d'eux ; ce fut un renouveau des haines séculaires.

Sous Artaxercès 1*"", la Bactriane se révolta; elle fut réduite. Puis l'Egypte se souleva, soutenue par une flotte athénienne {1}; car

(1) C'eslce qui ressorldes récits que les Grecs qu'elles ne pouvaienl être avantageuses dans

nous ont laissés de ces événements, seuls leurs résultats, nièine les meilleurs. (Juanl à

comptes rendus d'ailleurs que nous en possé- être humiliés par Marathon ou Salamine, ils

dions. Mais il est permis de penser qu'ils ont ne le furent pas, les flatteurs de la Cour eu-

exagéré singulièrement les conséquences de rent vite fait d'elTacer le souvenir d'une

leurs victoires, et que les Orientaux n'y per- all'aire qui n avait pas tourné à l'avantage de

dirent pas en jireslige autant que veulent leur maître.

bien le dire leurs adversaires. L'empire des {ij Takhos était parvenu à mettre sur pied Achéménides continua de dominer comme par une armée importante d'Égyptiens et de merle passé; il évita d engager de nouvelles cenaires grecs et une Uotte de 200 voiles. guerres avec la Grèce, parce qu'il considérait Trahi par Agésilas, il fut contraint d'aller im-

LA PUKl'ONDKRAXCi; IHAMHXNE

Athènes pouisuivait sans merci les l^erses et les Phéniciens, ])aitout où elle les pouvait rencontrer.

Enfin ce petit peuple de rAtti(|ue et le (liancl lloi s'accordèrent pour signer une convention. Athènes s'interdisait d'envoyer ses \ aisseaux de guerre entre Chypre et l'Egypte, sur la côte phénicienne ; tandis ((ue les Perses s'engageaient à en agir

Route suivie par l'expédition des Dix-Mille.

de même dans les eaux considérées comme grecques, c'est-à-dire depuis l'île de Chypre jusqu'à la Thrace, la côte asiatique, l'Hellespont et le Pont-Euxin. Ce traité, comme on le voit, était tout à l'avantage des Hellènes.

A partir de /i24, jusqu'à la chute de l'Empire perse, la monarchie achéménide ne se maintint, au milieu des troubles, que par la force acquise au temps de Cyrus et de Darius. Cet Etat semblait à tous un tel colosse que personne n'osait l'atta(|uer. Toutefois en réalité, la plupart des satrapies étaient devenues indépendantes ; elles ])ayaient, il est vrai, le tribut, mais n'obéissaient que fort mal à la cour. Quel(|ues-unes, voisines de la frontière,

plorcr If pardon (lu roi <1l's rois (:!5'.) av. .I.-C). fiu'il devail èlre le .Icrnit-r à porhi'. Vaincu tandis que Neclaneijo, prodlanl de la fail)iesse par Darius Oclius (3i"2 av. J.-C.;, il se rcfuiiia desPerses, s'emparait (le lacouronne d'Egypte en Ethiojjie.

plus menacées c[ue les autres, se réclamaient parfois du roi, afin de se protéger, par son prestige, contre les dangers extérieurs.

A la cour de Perse on ne voyait plus aucun courage ; ce n'étaient, à Suse, qu'intrigues de palais, assassinats, empoisonnements, lâches supplices; mais à l'heure du danger, en présence de Tennemi ou d'une révolte, le roi s'enfuyait. Cet état de décomposition, l'expédition de Cyrus le Jeune (Z|05) et de ses dix-mille mercenaires devait le divulguer aux Grecs. Une poignée d'hommes traversa tout l'Empire, sans trouver de résistance. Les Perses avaient remplacé leurs forces militaires d'antan par la fourberie, la trahison, le manque à la foi donnée. Moralement, cet Etat était aussi vermoulu que matériellement.

Au cours de ces luttes, le monde grec s'était formé définitivement, réglementant les anciens usages, adoptant une forme gouvernementale, soit démocraticjue, soit autocratique, toujours basée sur l'intérêt de la ville, du clan ; mais n'ayant aucune portée générale touchant l'ensemble des Hellènes.

Chaque Etat grec, même régi par la démocratie, possédait une puissante aristocratie, dont le poids était grand dans les affaires publiques.

Cette noblesse était sacerdotale ; car le sacerdoce de chaque divinité était réservé à certaines familles possédant ce culte, comme bien propre, au moment où elles étaient entrées dans l'Association formant l'Etat. C'est ainsi que, dans tous les milieux grecs, fut constituée une aristocratie héréditaire, investie de privilèges inviolables.

Les prêtres, en tant que clergé, ne formaient pas une caste ; et, nulle part, n'étaient étrangers aux droits et aux devoirs de la vie civile ou militaire. Ils étaient des citoyens comme les autres; mais leur influence particulière se traduisait, aux yeux du public dans la vie civile, par leur connaissance de ce qui, de droit, revenait aux dieux i^l), par ce fait qu'ils étaient en contact plus intime avec la divinité que les autres mortels.

Le clergé, ou du moins les familles qui en tenaient lieu, sous le prétexte de ménager les intérêts matériels du dieu, veillaient aux leurs. Aucun morceau de terre appartenant au temple ne pouvait être distrait ; aucune habitation laïque ne pouvait être

(1; E. Cuitnis, Ilisl. grecque. Tniil. Bouclié-Leclerq, 1883, I. II, p. 7.

LA PRÉPONDÉIUNCIC IMANIENNE /|29

construite, dans un voisinage du sanctuaire, qui eût pu porter atteinte au respect dû à la divinité (1). Tout individu qui avait trouvé asile sur le sol sacré devenait le protégé du dieu et des prêtres, échappant ainsi au j)ouvoir civil ('2).

Mais en dehors du sacrifice et de la garde des biens divins, les familles sacerdotales avaient un autre moyen, bien plus lucratif et plus sur, d'exercer une induence considérable. Ce moyen, c'était la divination sous toutes ses formes. Elle fut, en Grèce et à Rome, poussée bien plus loin encore que chez les Chaldéens passés maîtres, cependant, en cette supercherie, et que chez les Égyptiens, dont les Indo-Européens la reçurent plus spécialement.

Il revenait à certaines familles sacerdotales d'expliquer la volonté des dieux d'api-ès les phénomènes atmosphériques, le vol des oiseaux, en un mot suivant les présages naturels ; tandis qu'à d'autres appartenaient l'interprétation des sacrifices, l'élude attentive des flammes, du corps des victimes, etc.. Enfin, les dieux parlant par leurs oracles, se choisissaient eux-mêmes les organes de leurs manifestations. Et pour mieux montrer que la volonté divine n'avait rien à faire avec la sagesse ou la force des intermédiaires, leurs instruments étaient de faibles femmes, des jeunes filles ; tout comme aujourd'hui, en hypnotisme, les meilleurs sujets sont les femmes, les jeunes filles faibles, mais douées d'un nervosisme excessif.

Ces secrets se conservaient avec grand soin dans les familles, et on le conçoit sans peine. Peu à peu, la croyance du public s'éteignit et, à l'époque romaine, deux augures ne pouvaient plus se regarder sans rire. N'est-il pas curieux de voir que les deux plus grands peuples de l'Antiquité, nos maîtres en tant de choses, accordèrent un tel crédit aux oracles, que de pareilles futilités jouèrent un si grand rôle dans leur destinée politique?

Au début, le dieu faisait entendre sa voix alors seulement quil lui semblait bon. Les prêtres laissaient attendre les fidèles, afin de les pouvoir exploiter tout à leur aise, comme cela se pratique encore de nos jours dans les lieux de pèlerinages musulmans et autres, à la Mecque, à Kerbala et ailleurs. Plus tard, trouvant

(l)Pausan, IX, 2-2, 2. —Amm.,Uarc., XXVni, yrecque. Trad. fr., 1883, t. II, p. 8. — CeUe

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