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Les Ibères (1), dont, pense-t-on, les Basques (2) sont les descendants, venaient, semble-t-il, du Nord de l'Espagne, des pays situés au pied des Pyrénées. Cent suppositions ont été faites sur leur origine, aucune n'en a résolu le problème. Déjà, bien certai-
Invasions celtiques.
nement, les populations espagnoles étaient fort mélangées. En contact avec l'Europe par les Pyrénées, avec l'Afrique du Nord par
Hisi. Gaule, 1908, t. I, p. 2-25, noie 3), d'après des considérations tirées d'Aviénus et d'Hécatée de Milel.
(1) G. de Huniboldl (Priifuny der Unlersuchuny iiber die Urbewohner Hispaniens, 1821 ; Werke, IV, 11*05, p. 57, sq.) avait émis l'opinion que, dans les temps très anciens, la l'ace Ibère avait occupé tout l'Occident de 1 Europe. Celte théorie négligeait les Ligures alors peu connus et attribuait aux Ibères une jiartie des documents sur lesquels on s'appuie aujourd'hui pour établir l'aire d'habitat des Ligures.
(2j L'origine des Basques est complètement inconnue. La langue, dont le lexiejue est bien plus riche en mots d'emprunt qu'en son
propre fond, possède une grammaire complètement étrangère à celle des langues européennes. Le basque est une langue agglutinante, dépourvue de toute fle.xion, son verbe à formes incorporées et à conjugaisons péri— phrasliques ne ressemble en rien à celles dont le vocabulaire basque a pris tant de termes. C'est une langue touranienne, commele finnois,. le turc, le madgyar, etc., mais n'ayant aucun air de parenté avec les autres langues agglutinantes connues. Le basque a donné lieu à des études très considérables demeuréestoutes sans résultat en ce qui concerne l'origine et les parentés de ce peuple et de soru parler.
LA PRÉPOXDÉRAXCK IHAMENNE l^l^J
un étroit bras de mer, probablement aussi avec Tancien continent de l'Atlantide, l'Espagne avait servi de lieu de passage, et les races les plus diverses s'y étaient sûrement rencontrées.
On a cru pouvoir comparer les conditions de développement social de la péninsule Ibérique avec celles des autres pays situés dans des presqu'îles ou des îles telles que l'Armorique et la Grande-Bretagne, négligeant de remarquer que, si la Bretagne et l'Angleterre forment des sortes de culs-de-sac où les peuples les moins forts devaient être forcément enfermés, il n'en est pas de même pour l'Espagne, pour l'Italie, pour la Grèce, qui^ de tous temps, ont servi de passage, où toutes les races ont laissé des témoins et où, par suite, les peuples sont le plus confondus. 11 semble qu'à l'époque quaternaire déjà, les Pyrénées ne constituaient pas une frontière entre la Gaule et l'Espagne ; en effet, ou bien les artistes des cavernes vécurent à la fois sur les deux versants de la chaîne et jusqu'au centre de la Gaule, ou bien ces troglodytes ont émigré, se mouvant dans un territoire mipartie espagnol, mi-partie français. Dans les deux hypothèses, les Pyrénées, pour eux, ne formaient pas une barrière.
Plus tard, quand les Cretois, les Phéniciens et les Grecs vinrent apporter en Ibérie les principes de leur civilisation, il existait déjà, dans cette péninsule, des royaumes et, partant, des divisions ethniques. Le plus important et le premier de ces États semble avoir été celui de Tartessus (Cadix); puis, vers le sixième siècle, vint celui de l'Èbre (1) ou des Ibères, alors que le fond de la population renfermait en outre les Ligures en grand nombre (2). La métallurgie avait alors fait de grands progrès dans la Méditerranée (3), et l'Espagne, très riche en métaux, prenait, de ce fait, une importance de jour en jour plus grande. Fut-elle déjà très convoitée ? nous ne le savons; mais certainement il s'y passa des mouvements de peuples dont l'importance a été grande pour les pays voisins.
(1) Cf. Tu. Rei.nacii, /îei'. det^ Eludes grecques, (2) Cf. texte d'Avienus sur les Draganes
XI, 1808, p. 46, sq. — Une des principales (196-198), de Thucydide sur les Sicanes (VI,
questions à résoudre en Espafirne est celle de 2, 2. — Avienus, 485, 464 ; Eratostliène ap.'
la parenté ou de la différence de la lanjjrue de Slrab., II, 1, 40.) — Pline. IV, Uu ; — P. Meta,
l'Ebre ou des Ibères avec celle de Tartessus : III, 1."). — Plolêmée, II, 6, 9. — Strab., III,'
la toponymie permettrait de la résoudre dans 4, 11. — Silius, III, 357. — Slrab., III, 4, là
le sens de la parenté, s'il était bien prouvé et 13.
que les noms de lieux tartessiens à radicaux (3) Cf. H. et L. Siret, les Premiers âges du
ibériques ne sont pas postérieurs à l'extension métal dans le sud-est de lEspayne, 1887. An-
de l'Etat de l'Ebre. l'C. Julli.vn, Hist. Gaule, ver:*. l'JJ8, t. I, p. 258, note 6.)
!lllS LES PREMIÈRES CIVILISATIONS
Nous ignorons quelles furent les causes de l'invasion des Ibères; de même que nous ne savons pas si ce mouvement s'opéra en plusieurs flots ou en un seul (1). Il semble que les montagnes furent traversées par tous leurs cols, et que les bandes se répandirent presque en même temps depuis les Pyrénées jusqu'à la rive droite du Rhône (2), jusqu'au plateau Central et aux Charentes(3), occupant ainsi toute la région que, douze siècles plus tard, envahirent les Arabes, venus, eux aussi, d'Espagne par les mêmes voies.
Les Celtes qui, pendant ce temps, s'étaient fermement établis, n'en continuèrent pas moins leurs expéditions ; après la conquête de la Gaule, Brennos ('4) marcha sur la Grèce (5) avec environ deux cent mille hommes armés, traînant derrière lui les femmes, les enfants, les troupeaux et tous les biens de la tribu (6).
C'est vers ZiOO, dit-on, que le sol de la France ne suffisant plus à nourrir sa population (7), deux chefs celtes émigrèrent, emmenant avec eux une partie de la nation (8) ; Bellovèse aurait pris vers le sud et gagné l'Italie, tandis que Ségovèse se serait dirigé vers la vallée du Danube.
Ceux des Gaulois qui s'étaient acheminés vers l'Italie détruisirent la puissance étrusque (9), déjà très ébranlée par les Romains et les autres Italiotes (10) ; fondèrent entre le Tessin et l'Oglio la nation puissante des Insubres (il), plus loin au sud celles des Cénomans (12), des Boïens (13), des Lingons (1/i), des Sénons (15), etc. Parcourant la majeure partie de la péninsule, ils saccagèrent
(1) Il se peut que les Vascons soient descen- (6) Plutarque, Cani., 15. — Diodore, XXII, 9, dus par le Velate et par Roncevaux, les lier- 1. — Strabon, VII, l, 3.
gètes par le Somporl, les Ausetans et autres par (7) Slrabon, IV, 1-2 ; IV, 4, 2 et 3. — Tite-Live,
le Perlus. (Cf. Sieglin, Prufung des iberischen XXXVIII, 16, 13. — Justin, XXV. 2, 8.
Urspnmyes einzelner Slrammes u. Sladlenamen (8) Suivant la tradition nationale (Tite-Lli'e,
im Sadlkhen Gallien, 1871, Ak. d. Wiss. Wien.. V, 34. - Justin, XXIV, 4. — César, VI, 24, 1-2.