‹ Les Premières illustréesChapitre 20 sur 97 · A CIGALE ET LA FOURMI · texte numérisé non relu

A CIGALE ET LA FOURMI

Lorsque le rideau se relève (à min ni i quarante minutes) sur le troisième et dernier acte, nul ne sait ce qu'elle est devenue; le chevalier, qui a rompu avec la duchesse et s"est misa la recherche de Thérèse, vient lui-même annoncer à ferme de Charlotte qu'il n'a pu retrouver les traces de sa bien-aimée.

Cependant, lorsque tout le monde est rentré dans la ferme, on voit Thérèse apparaître; ell es! en haillons, affaiblie par le chagrin et les privations clic se laisse tomber sur un banc, à coté de la guitare qui lui servait à gagner sur la route le pain noir de la charité. Elle 4. s'\ endort et fait un rêve, dont le spectateur partage avec elle l'illusion. Elle se voit frappant à la porte de la ferme; une femme, accompagnée de trois petits enfants qui s'accrochent à sa jupe, se dresse sur le seuil. C'est l'économe el laborieuse Charlotte, à qui la Cigale demande la charité. ■ \<>us chantiez, j'en suis bien aise ; eh bien ! dansez maintenant ! i Celte reproduction exacte de la célèbre composition de Gustave Doré est d'un grand effel scénique.

Mai> ce n'était qu'un rêve. Lorsque Thérèse se réveille, elle esl dans l'intérieur de la ferme, au milieu des fêtes de Noël, environnée de t< ms les siens qui

la consolent et la réchauffent de leurs caresses, et c'est le bon Vincent, l'amoureux dédaigné, qui met la main de Thérèse dans la main du chevalier, resté ûdèle à ses serments.

Pour résumer celle fable ingénieuse et touchante, mais qui ne donne pas dans toutes ses parties la sensation d'une égale nouveauté, il faut se figurer trois cercles concentriques : le premier, qui sert de cadre à la composition, c'est la Cigale et la Fourni; le deuxième, par où l'on entre dans le troisième et par où l'on en sort, c'est-à-dire qui ouvre et qui dénoue la pièce, s'appelle la Grâce de Dieu; le troisième, qui l'orme le noyau du drame, c'est Advienne Lecouvreur déjà nommée.

rjiruï

Mais qu'importe le gisement originaire des matériaux que MM. Chivot et Duru

ont empruntés à leurs prédécesseurs, pendant qu'ils dormaient, s'ils en ont édifié une charpente suffisamment élégante et légère, qu'ils puissent signer comme architectes, toutes réserves faites des droits de leurs aînés?

Le conseil que je leur donne, en vue de consolider leur ouvrage, c'est de couper largement plusieurs scènes inutiles et vides, spécialement dans le premier tableau du deuxième acte, qui a, plus que les autres, besoin d'être allégé; cette opération lui serait d'autant plus profitable qu'il contient la brillante kermesse de la grande place de Bruges et la gavotte avec chœur qui demeure le clou de la soirée.

Ceci m'amène à la partition de M. Audran ; je ne citerai des vingt-trois morceaux qui la composent que les plus réussis-, ils sont encore assez nombreux pour en assurer le succès.

D'abord le duetto entre Thérèse et Vincent, dont le motif en la bémol, exposé par le baryton, M. Alexandre, qui en a fait ressortir avec charme le motif tendre et gracieux, est repris ensuite par les deux voix. C'est le premier morceau que le public ait bissé. Puis le récit d'une représentation à l'Opéra, chanté par Thérèse en forme de pot-pourri, et qui contient une plaisante et fine paro-

Page 1