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die d'un ballot du temps de Rameau; puis encore l'amusante ronde : « In jour Hargol allait à l'eau », qui sera tout à l'heure populaire; enfin, dans le tableau, la Kermesse, le morceau dont je vous parlais tout à l'heure, el qu'on ne se lassait pas d'entendre. Voici la scène. Les seigneurs et les daines de Bruges, que je ne savais pas si gais, envahissent la grande place en s'accompagnanl de crécelles et de mirlitons-, un vieux mendiant s'avance, curieusement costumé d'après le violoneux d'Ostade; il demande l'aumône, e1 Thérèse-Roseline, toujours généreuse, chante en public au bénéfice du vieux mendiant, qui l'accompagne de son antique violon. Ce que chante en ce moment M"" Jeanne Granier, C'est une gavotte en mi bémol avec réponse à la quinte: mais si vous avez jamais entendu quelque chose de plus fin, de plus trouvé, de plus charmant el de plus attendrissant à la t'ois, je Tirai dire à Home.

Au tableau suivant, l'aspect général de la pièce s'assombrit : le drame s'annonce dans un quatuor en fa, puis il éclate dans un duo d'amour, dont la mélodie syncopée et pleine de passion appartient à l'opéra de genre.

Je voudrais bien encore citer une demi-douzaine de rondes et de chansons agréablement chantées par M"" Thuillier-Leloir, chargée du rôle respectable, mais secondaire, de la bonne fourmi; mais l'heure me presse. Il faut finir.

Le succès personnel de M Jeanne (ïranier, sur qui repose toute la pièce et toute la partition, a été immense. Jamais la créatrice du Petit Duc n'avait été plus en beauté, plus en verve, plus en voix.

Avec M. Alexandre, très habile chanteur, M. Mauguière qui est un jeune chevalier d'aspecl quelque peu transi, je nommerai encore MM. Raiter, Petit, Scipion et Gobreau.

Décors et costumes sont superbes, et les ballets fort bien réglés. Mais que voulez-vous que je vous dise de plus? La pièce a commencé à neuf heures du soir pour unir au delà d'une

LES PBEMIÈBES ILLUSTRÉES.

heure du matin. Quand donc les directeurs de théAtre, et particulièrement M. Debruyère, qui est un homme fort intelligent, renonceront-ils à ces pratiques insensées?

Auguste Vitu.

DISTRIBUTION DE LA CREATION

MM. MAUGUIERE .... Chevalieb Fhantz.

ALEXANDRE .... Vincent.

RAITER Duc de Fayensbebg.

PETIT Guillaume.

SCIPION Mathias.

M"'" Jeanne GRANIER . . La Cigale.

THUILLIER La Fourmi.

CARMEN Vénus.

Lola ROUVIER . . . Cupidox.

Paris.— Maison QuAntln, 7, rno SalntJlenolt

Un Conseil judiciaire

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COMEDIE EX TROIS ACTES De MM. A. BISSON et Jules MOINAUX

l'i première fois au théâtre du Vaudeville

le 8 novembre 1886

Directeurs :

MM. Carré et Deslandes

C'est la première fois

que je vois si brillamment

réussir une pièce eu trois

actes à peu près sans action el sans caractère, et qui se soutient seulement par la drôlerie des événements ajoutés bout à bout, par le pittoresque «les silhouettes et la bonne humeur des mois. . Les auteurs du Conseil judiciaire n'ont pas mis de machine à leur bateau: ils ont déployé leurs voiles, ilsont compté que le l'on rire se déchaînerait et mettrait tout en branle. Le fou rire s'est déchaîné, el la pièce est parvenue à bon port. Maintenant qu'arriverait-il si l'on jouait le Conseil judiciaire devant une salle en majorité composée de profilons et de gens décidés à résister? Dans ce cas, je le crains bien, le Conseil judi demeurerait en panne. H n'a pas ce qu'il faut pour

voguer contre vents et marées. Ainsi, je serais bien étonné qu'on lui eût fait, à la seconde représentation, le succès d'éclat de rire dont il a bénéficié à la première, et qu'il retrouvera certainement par la suite.

La donnée du Conseil judiciaire est la plus

banale du moude, et ce serait assurément jouer un

mauvais tour aux acteurs ~^*^^£Qg^&

que d'analyser la pièce sans dire cliemin faisant : « A ce moment-là tel personnage dit telle phrase, tel acteur l'ait tel geste, telle porte se ferme, telle porte s'ouvre. » En réalité, il faudrait rapporter tous les bons mots de la pièce et mettre sous les yeux du lecteur une centaine de photographies des « tours de bouche » de l'acteur Jolly, pour fournir la vraie excuse de ce fou rire qui, l'autre soir, a bondi de l'orchestre au balcon, du balcon aux loges, des loges au plafond et qui du lustre est retombé en larmes de joie.

La toile se lève sur le prétoire austère qui sert de cadre ordinaire

à toutes les fantaisies de M. Moinaux, sur la solennité des hautes boiseries du Palais de justice et du papier vert fleurdelisé d'or. La mise en scène est d'une fidélité scrupuleuse; rien ne manque, pas même, dans la foule qui s'entasse sur les quatre bancs réservés au public, l'Anglais en macferlane qui visite le monument pendant l'audience, son Bœdeker à la main.

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