LES FEMMES COLLANTE
Ah! c'était bien autre chose qu'à la première représentation ! Et moi-même j'ai
poulie d un bout à l'autre du spectacle.
« Ce n'est pasque la pièce eût été sensiblemenl retouchée ; on s'était contenté de retrancher quelques Longueurs el de supprimer deux ou trois mots à scandale. Mais les acteurs étaient déjà plus sûrs de leurs rôles; ils n'étaienl plus affliges de cette peur qui les paralyse, quand elle ne les surexcite pas outre mesure devant la critique; et puis, c'était un public différent, un public qui ne venait que pour s'amuser el qui s'amusail en conscience.
« Mon Dieu! que ce vaudeville est gai! Est-ce que vraiment le vaudeville, si longtemps abandonné et languissant, va renaître? On le dirait. Voilà trois théâtres en quinze jours qui obtiennent de grands succès avec des pièces de ce geure signées de noms nouveau v ou peu connus. Les Trois Noces, des livres Clerc, à la Renaissance; les Petites Mann uvres, de M. Champvert, aux Menus-Plaisirs, et eulin, à Déjaet, s Femmes collantes, de M. Candillot.
I Mais, de ces trois débuts, celui qui est sans comparaison le plus brillant, celui qui donne le plus d'espérances, c'est celui de M. Gandillot. Je serais bien surpris si nous n'avions pas cette fois mis la main sur un homme de théâtre, sur un auteur dramatique.
« Il n'a guère plus de vingt ans; ou m'assure qu'il n'a eu de collaborateur d'aucune sorte, qu'il n'avait pas même donné sa pièce à lire a Hector Crémieux, son oncle, qui est un vieux routier du théâtre; qu'enfin il a écrit seul, absolument seul, les Femmes collantes. Et songez que ce vaudeville a cinq actes ! Et ce n'est pas une petite affaire que de soutenir le rire sur une donnée fantaisiste durant trois heures de spectacle. Bien peu chez nous y ont
réussi : quand nous aurons cité Labiche, le maître des maîtres, et Lambert Thiboust et Meilhac, nous serons à peu près au bout de noire rouleau. Des cinq actes qui composent les Femmes collantes, c'est peut-être le dernier qui est le plus gai ; et il n'y en a pas un où l'action languisse sérieusement, où le rire s aire le.
'i Ce jeune homme possède ledon du théâtre à llli degré Singulier, el.ee qui
est plusétrange encore, c'estqu'il a une dextérité de main, une sûreté d'exécution que les plus habiles n'ont acquise, le plus souvent qu'a force de forger. Je suis tout à l'ait surpris et charmé. >
Voilà l'opinion de M. Sarcev. auquel sa position exceptionnelle permet de remplir pendant quinze jours une salle de spectacle sur sa simple affirmation de s cire amusé.
M. Gandillota fail le reste en démontrantque M. Sarcej avait eu raison, el c'est ainsi que les Femmes collanu voguenl vers la deux centième. Mais, c'est
égal, nous avons la conviction que le vigoureux coup de rame que leur a donné au début le pilote du Temps est pour quelque chose dans un des plus grands et plus légitimes succès de l'année théâtrale.
Nous nous plaisons à rendre ici hommage au talent de M. Gandillot d'une part et à l'insistance qu'a mise M. Francisque barcey à le faire constater au public.
DISTRIBUTION DE LA CREATION
MM. LACOMBE. . . . . . Campluchahd.
FOTJRNIER Mobrillon.
BABLET Badikois.
LÉVY HlPPOLÏTE.
PREVOST Dumont.
STEBLER Bodolphe.
CHERET Le Maike.