LE VKNTRK DE PARIS
faut est chez un brave maraîcher, François, veuf et devenu comme le prie adoptif de l'enfant. Le vrai père, un nommé Florent, passe pour mort. On raconte qu'il a voulu s'évader de Gayenne, où il avait été déporté pour cause politique en 1851, et qu'il a péri dans son évasion.
M- Méhudin n'est pas fâchée de cette nouvelle, car, si elleignore que Louise a eu un enfant, elle sait que sa fille avait du goûl pour Florent, el que le souvenir de cet homme l'empêche de faire un bon mariage. Donc, au momenl même où Louise apprend la douloureuse nouvelle et cache son chagrin, H ■"• Méhudin, sans méchanceté, se réjouit et boit au prochain mariage de sa fille. Ce contraste de sentiments est dramatique et m'a fort intéressé.
Florent n'est pas mort, vous vous en doutez, et c'est lui que François et M"" Méhudin, venant en voiture aux Halles par l'avenue de Neuilly, ramassent par terre, évanoui, car Florent n'a pas mangé depuis vingt-quatre heures. Tout le monde n'a pas le don de jeûner comme les Succi et les Merlatti !
Celte rencontre de M1' Méhudin el de Florent, qu'elle ne reconnaît pas, forme, sans autre péripétie,
Le Second Tableau : Mourant de faim.
Décor curieux représentant l'avenue de Neuilly, avec l'Arc de Triomphe au fond, à l'horizon ; niais M. Zola ne prétendra pas que ce décor-là « sert à l'analyse des faits et des personnages », car la rencontré aurait pu aussi bien avoir lieu dans un coin de rue... sans horizon. Il n'en est pas de même du
Troisième Tableau : le Réveil des Halles.
Ah ! là, en effet, le décor « met la nature ellemême au théâtre dans son action sur l'homme » ; mais tout auteur dramatique, à quelque école qu'il appartienne, montrera les Halles quand il voudra faire agir dans le cadre professionnel les dames ou les forts de la Halle.
Le décor et la mise en scène sont très pittoresques : l'action se noue; comme la police a besoin de faire croire dans un intérêt politique à un complot contre l'empereur, les agents chargés de cette vilaine besogne jettent leurs regards sur Florent et comprennent vite que ce malheureux est l'homme qu'il leur faut.
En effet, Florent est un convaincu; il a de la sincérité et de la naïveté. Dans leromau, son caractère est merveilleusement décrit, expliqué : j'avoue m'être pris de passion pour ce Florent toujours généreux, toujours victime. Dans le drame, il est moins sympathique, car il semble songer plus à se venger qu'à
servir la cause des opprimés. C'est du ins une impression que j'ai eue.
Florent est le frère du charcutier Quenu-Gradelle : il va donc habiter chez celui-ci, en dissimulant son état civil, espérant passer inaperçu, grâce au bruit qui a couru de sa mort.
QuatiuLme Tableau : la Charcuterie Quenu-Gradelle.
Florent vit, lui maigre, au milieu des gras; lui sobre, au milieu de la tnangeaille. Aussi veut-il quitter ce milieu ->i peu fait pour lui, mais il apprend sa paternité, et il reste, car Louise demeure dans la maison, et il va falloir
s'occuper de conquérir M™ Méhudin. C'est pourquoi Florent pousse la complaisance jusqu'à accepter le poste d'inspecteur à la Halle, quoiquil répugne à servir l'administration impériale. Cependant, le complot contre 1 empereur et l'empire se développe... sous l'œil des policiers qui sont des provocateurs. On
se réunit
Au café Charles : Cinquième Tableau.
Acte un peu long. Il sert surtout à nous montrer la colère de Mmc Méhudin en constatant la constance de l'amour de Louise pour Florent. Puisqu'il en est ainsi, il faut
se débarrasser à tout prix de Florent, et la Méhudin dénonce Florent au préfet de police. Il y a double emploi , puisque le conspirateur était déjà dans le piège des policiers ; toutefois, cette résolution de la Méhudin amène la belle scène du
Sixième Tableau : l'Enfant.
Le fils de Louise a été amené secrètement par François chez sa mamau. M™ Méhudin survient. On cache l'enfant • mais bientôt l'explication s'engage entre la mère et la fille ; M" hudin révèle à Louise que c'est elle qui a dénoncé Florent ; Louise est irritée, s'emporte jusqu'à menacer sa mère; celle-ci va gifler Louise, quand effraye par cette querelle, l'enfant sort de sa cachette et, se jetant entre les deux femmes, s'écrie : « Méchante, ne faites pas de mal à maman! »
On s'imagine l'effet produit et les conséquences de cette brusque révélation; la Rrand'mère chasse de son foyer Louise et le petit Jean ; mais l'enfant va ramener et conquérir la bonne-maman ; les menottes du chérubin et sa voix
Mé-