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MI. I\ 5 ACTES ET 13 TABLEAUX

Tiré de la tragédie de Shakespeare

ALEXANDRE DUMAS et PAUL MEURIGE

Miitc pour la première fois sur le théâtre de la Comédie française, le 28 septembre 1886.

Directeur : M. Jules Claretie. — Secrétaire général : M. Bodimeh.

Commenter Hamlet, l'intel prêter, essayer d'en faire comprendre toutes les

beautés, surtout celles <i n î sonl mécom s par certains esprits, c'esl là une

entreprise qui cause à la fois de la joie, de l'émotion el de la crainte : de la joie, car la matière est noble, le sujet grand, el je serais heureus de faire passer dans l'âme de tous l'admiration que ressent mon âme pour ce chef-d'œuvre « plus qu'humain • : de l'émotion el de la crainte, car j'ai peur, — peur trop

fondée, hélas! — de succomber sous le poids de la tâche, de ne pouvoir dire, de façon saisissante, tout ce qu'il faudrait dire et ce que pourtant je conçois et sens bien.

Essayons, malgré ces appréhensions; essayons, car cela est utile, l'accession du public à la pensée shakespearienne étant loin d'être aussi complète que je l'avais cru jusqu'alors. Il y a eu en effet, mardi dernier, à la Comédie française, des résistances parmi les auditeurs; je les ai signalées déjà au cours de la note parue dans Paris, le lendemain de la première représentation ; et si j'en crois ce que j'ai déjà entendu dans les couloirs du Théâtre-Français, beaucoup de réserves seront formulées par quelques-uns de nos confrères.

Oui, le débat sur le génie de Shakespeare et sur le caractère A'Hamlet, débat ouvert sérieusement il y a près d'un siècle, continue; eh bien, entrons dans

la lice, en champion du Maître et surtout de l'œu vrequi est plus contestée que l'auteur.

D'ailleurs, la prolongation de ce combat littéraire n'a pas lieu de surprendre outre mesure, car on peut dire de Shakespeare ce que Victor Hugo dit du prince Hamlet : « 11 épouvante et déconcerte. »

Quant à l'œuvre, je ne prétends pas, comme Schlegel l'écrivait en 1808, « qu'Hamlet ressemble à ces équations irrationnelles qu'on ne peut jamais résoudre et dans lesquelles il reste toujours une fraction d'une grandeur inconnue » ; mais j'accorde, avec le même Schlegel, « que chaque penseur qui s'occupera à nouveau û'Hamlci pourra ne pas se mettre parfaitement d'accord avec ceux qui l'ont précédé dans sa manière d'envisager le sens de chaque partie et leur réunion ».

On l'a bien \u depuis cent ans, durant lesquels se sont succédé tant de commentaires et de commentateurs, à partir de Voltaire et Gœthe jusqu'à nos jours! Aussi, faudrait-il un gros volume pour contenir le résumé de toutes les interprétations suggérées par Hamlet.

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