‹ Les Premières illustréesChapitre 91 sur 97 · VAILLANT · texte numérisé non relu

VAILLANT

RnizARD M. DION.

Renée Mm« BRANDÈS.

M111' Choin D.GRASSOT.

Elles Maas M. CARON.

Adèle DOLCI.

Représenté pour la première fois sur le théâtre du Vaudeville, le 24 mai 1887.

Directeurs: MM. Deslandes et Carré.

M. Paginet, ex-facteur de pianos enrichi, s'est cru le rival de Gounod, et il a composé un grand opéra, Clèopâlre, qu'on lui a refusé partout, d'ailleurs, — la jalousie des confrères, parldeu: Mais, comme il a un million de fortune, il ne veut pas en avoir le démenti; il s'imposera ;i l'admiration de ses contemporains, voila tout, el pour ce, il a loué le théâtre Rossini où il a fait activement répéter sa Clèopâtre.

On esl à la veille de la première représentation lorsque la pièce commence.

Paginet a nue femme charmante, Clotilde; mais il la néglige.... les doubles croches et les triples croches l'absorbent; il n'a pas le temps, quoi 11 Ce mélomane a un ami, nommé Verduron, marié lui aussià unefemme non moins charmante que \i Paginet, Valentine; Verduron est également an li me de génie dans

son genre, il a inventé le phospho-guauo, et il travaille dur dans sa propriété, où il vit seul avec madame son épouse qui s'y ennuie ferme, bien entendu.

Avec deux maniaques de la trempe de Paginet et de Verduron, il n'y a évidemment qu'à chercher un dérivatif et, de là à le trouver, c'est l'affaire d'un pas. Clotilde Verduron a déjà rencontré le sien en la personne du sémillant Oscar, ambassadeur d'Illyrie, que Verduron a invité à passer un mois cbez lui pour l'initier aux merveilleux effets de son étonnante découverte et partant se taire décorer. Naturellement, Paginet, ami de Verduron, s'est trouvé en relations avec M. l'ambassadeur et, comme le maestro caresse in petto la douce perspective d'un ruban quelconque, il n'y a pas de prévenances dont il n'entoure l'Illyrien; celui-ci les accepte et fait une cour assidue à la gracieuse M"" Paginet qui lui a fortement tapé dans l'œil; plus tard, il fera peut-être décorer le mari, on

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verra; et en attendant, il prend des arrhes. Chacun des époux surprend, à tour de rôle, la déclaration que le bouillant diplomate fait à la femme de son ami. — Pauvre Paginet, dit Verduron d'un air navré! — Infortuné Verduron, soupire Paginet d'une voix non moins contristée.

Comme vous le voyez, l'intrigue nouée de la sorte a pas mal de fils déjà; mais l'écheveau en a semblé trop léger aux auteurs qui l'ont compliqué à plaisir, quitte à le dénouer plus tard, ce qu'ils ont fait fort habilement, d'ailleurs.

Ainsi, Paginet a eu deux filles d'un premier lit, — à ce moment, sans doute, la musique lui laissait quelque loisir — et il cherche à les caser. Comme de juste, les soupirants ne manquent pas aux fillettes, qui sont belles et riches; malheureusement, Pagineta un idéal: il neveut pourgendresquedesmusiciens;peu lui importe que ces messieurs soient fortunés ou non, pourvu qu'ils possèdent à fond la clef de fa et celle de sol, c'est tout ce qu'il leur demande, la dot qu'il donne à ses filles assurera le reste. Un jeune homme nommé Champagnol et qui aime l'aînée des demoiselles Paginet, s'est mis dare dare à piocher la musique et se donne d'emblée comme chef d'orchestre; il est immédiatement agréé par Paginet; mais voilà le chiendent, le beau-père veut marier ses deux filles le même jour; d'où nécessité pour le malheureux Champagnol de se trouver, le plus vite

CLÊOPATHF

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