‹ Les Premières illustréesChapitre 92 sur 97 · US · texte numérisé non relu

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possible, un beau-frère, il a bien sous la main un ami qui ferait l'affaire, mais c'est un peintre. Bah : après tout, qu'à cela ne tienne, se dit l'inventif Champagnol, et il présente comme un joueur de contre-basse des plus distingués, Duroseau, qui esl également agréé. Mais, ce n'est pas encore tout; M '" Pagine! ont un parrain qui lui aussi a une toquade : il veut que les maris de ses lilleules soient terres sur les mystères du trapèze et les douceurs de la corde à nœuds; lui-même, Moulinier, jongle très passablement avec des haltères qui ne pèsent que la bagatelle de vingt à vingt-cinq kilos, et voilà champagnol et Duroseau obligés de soulever des poids formidables comme de simples hercules de foire.

Kn tin, et celte fois nous voilà au bout, tout va être définitivement conclu, quand Moulinier s'avise île reconnaître dans le postulant Duroseau le séducteur qu'il a trouvé, le mois dernier, lliriant à lioliinson avec, sa maltresse Caroline.

Or. Duroseau essaye de se disculper, et, comme il s'est aperçu que ladite Caroline était justement prise en ce moment dans les filets du bel fllyrien. qui se trouve ainsi a la tête de trois femmes, il voudrait bien la faire pincer en flagrant délit parle farouche Moulinier et lui prouver qu'elle n'était pas sa maltresseet qu'elle ne l'avait jamais été.

Le traquenard tendu par Duroseau à la vertu de Caroline fournil le second

aite: mais au lieu de trouver ladite Caroline, on surprend i première lois

\l Paginet et une seconde fois M"" Verduron. A un moment donne, les demi femmes seules en présence s'invectivent a qui mieux mieux el vonl se prendre ;mi\ cheveux pour les jolis veux du liel Oscar, quand elles entendent du bruit et,

se trompant de cachette, rentrent précipitamment, M Verduron dans le cabinet

de \f paginet et M" Pagine! dans celui île \l Verduron. Paginet qui était présent, tout a l'heure, quand on a surpris Clotilde, veut sauver la femi le Bon

ami; la même pensée vient a Verduron qui. présent, lui aussi, quand on s'était trouve ne/ a nez avec Valentine, veut a tout prix éviter une esclandre; ils vont. ouvrent et... chacun se trouve on présence de sa femme...

Au troisième acte, nous voilà au foyer du théâtre Rossini, où Clèopâtre va enfin voir le feu, si longtemps attendu, de la rampe.

Tout entier aux émotions de sa première, Paginet a oublié pour un moment sa mésaventure conjugale; tout à coup on apprend que le contre-bassiste solo a déserté son poste au moment du combat. Comment faire? heureusement, Duroseau ne doit pas être loin. — Qu'on aille me le chercher! crie Paginet qui avait chassé le malheureux peintre qu'il soupçonnait d'être l'amant de sa femme. Duroseau arrive. — Je vous pardonne, lui dit Paginet, maisà une condition : vous allez me remplacer au pied levé la contre-basse qui me manque; vite, à votre archet, voici le solo, et attaquons! — Attaquer quoi? répète stupidement le faux musicien qui, de sa vie, n'a jamais tenu que le pinceau. Au fait, il n'y a qu'une chose de très diflicile dans le morceau, ajoute Paginet, c'est le la; nous sommes pressés, donnez-moi le la et je vous liens quitte. Acculé, Duroseau prend son courage à deux mains et son archet d'une seule, il appuie, la corde vibre et, ô stupeur! du premier coup, il donne le fameux la. Bref, tout finit par s'expliquer au mieux. Le bel Oscar décore les deux maris qui n'ont plus de soupçons et Ghampagnol et Duroseau épouseront les filles de Paginet. Clèopâtre a fort agréablement réussi.

La pièce est très gaie, pleine de mouvement et de mots heureux; malheureusement, voilà les grandes chaleurs, et ce vaudeville, qui pourrait fournir une longue carrière au commencement de la saison, se ressentira peut-être de la température de juin.

C'est Jolly qui joue Paginet; il y est excellent, comme toujours; Dieudonné en ambassadeur illyrien fait excuser la coquetterie de ces dames; Boissclot, Verduron — et Courtes, l'hercule Moulinier— sont très amusants ainsi que leurs camarades Corbin etPeutat — Duroseau et Champagnol. Le côté des dames n'est pas moins bien partagé et le public a largement applaudi la belle Mmc de Cléry, la gentille Mlle Darly et la piquante M11* Dolci, une soubrette spirituelle et délurée. Henry Kkroul.

DISTRIBUTION DE LA CRÉATION

Le doc Oscar.

Paginet . .

Verduron. . .

Moulinier . .

Duroseau. . .

Champagnol. .

Serquicny . .

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