‹ Les premières représentations célèbresChapitre 25 sur 70 · LES TROIS MAUPIN · texte numérisé non relu

LES TROIS MAUPIN

TAcadémie, si M. Scribe y a, comme tous ses confrères, sa part de collaboration.

La pièce du Gymnase est jouée comme elle est écrite, au pied levé, à Taventure. Il n'y a pas de rôles, il n'y a que des acteurs. Il n'y a pas de femmes, il n'y a que des robes. Les plus riches d'entre ces robes sont celles de mademoiselle Delphine Marquel et de mademoiselle Delaporte.

Un mot sur naademoiselle Delaporte, à qui le public semble porter quelque intérêt. Elle est bien jeune, et on se hâte de lui tailler des robes en pleine effronterie. Le personnage de la présidente de Noyon, loin d'appartenir à la veille de la Régence, est déjà tout imprégné de la corruption du Parc-aux-Cerfs ; c'est un fardeau qui doit paraître un peu lourd à ces épaulcB encore délicates; c'est une responsabilité qui doit répugner par instants à ce jeune esprit. Mademoiselle Delaporte fera bien d'atténuer plusieurs parties de cette création, auxquelles sa bonne volonté mal conseillée serait peut-être tentée de donner trop de relief.

On trouvera sans doute singulier que nous n'ayons pas dit un mot du collaborateur de M. Scribe dans les Trois Maupin^ de M. Henri Boisseaux. Gela est pourtant bien naturel. La personnalité de M. Scribe a évidemment dévoré celle de son jeune associé. M, Boisseaux se résignera en souriant, j'imagine, et voilà pourquoi il comprendra nos réserves vis-à-vis de lui ,

GAITÉ

Cariouchej drame en cinq actes, par MM. d*£iinery et Ferdinand Dugué. (Janvier 1859.)

Jl y a des héros de mélodrame avec lesquels on n'en a jamais fini. De ce nombre est Cartouche. Le Cartouche de laGaîté ressemble à tous les Cartouche connus, au Cartouche de Legrand d'abord , représenté en 1121 au Théâtre-Français, s'il vous plaît ! (Legrand, un acteur-auteur, qui était né le jour que Molière était mort) ; puis au Cartouche de MM. Armand Overnay et Théodore Nézel, représenté vers 1828 à TAmbigu-Comique, un des premiers triomphes de M. Frédéribk Lemaitre. Il n'évite pas non plus la ressemblance avec les Mandrin et les Pou^ tailler qui ont infesté les scènes du boulevard. Cela nbus a surpris: nous nous attendions à une quasiréhabilitation de Cartouche, ou tout au moins nous espérions le voir mêlé à quelque grand secret d'État; notre attente a été déçue. En gens habiles, MM. d'Ennery et Dugué se sont gardés de faire un

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