‹ Les premières représentations célèbresChapitre 46 sur 70 · LA. DERNIÈRE IDOLE · texte numérisé non relu

LA. DERNIÈRE IDOLE

l'église le paroissien de sa femme, dansTéglise où il n'avait pas mis les pieds depuis de nombreuses années; là, il s'est agenouillé machinalement, et Dieu lui a enseigné le pardon. Cela est fort bien, mais je ne saurais dire à quel point la rentrée de ce vieillard est pénible, ce qu'elle a de secrètement humiliant pour lui et quelles perspectives lugubres elle déroule à l'esprit.

Malgré cette impression dernière, qui m'est peutêtre toute personnelle, la petite pièce de MM. Ernest Lépine et Daudet a paru émouvoir le public. Elle n'en est pas plus nouvelle pour cela ; c'est Misanthropie et Repentir dans le cadre du Village. Ce dont il convient beaucoup, par exemple, de féliciter les deux auteurs, qui commencent, c'est d'avoir fait une pièce de sentiment^ au lieu de cette éternelle pièce de mots qu'apportent tous les débutants. Ce grand avantage reconnu, qu'ils me permettent de les engager à se méfier de la fausse poésie, de la poésie de souvenir et de reflet à laquelle ils sont enclins. La littérature a ses rengaines comme le mélodrame, ses bijoux en similor, ses vêtements déjà portés.

COMÉDIE-FRANÇAISE

La Loi du copwr, comédie en trois«Bctes, par M. Léon Laya. (Mars 1862.) "

Voilà une pièce bien mal à propos appelée comédie, et qui en remontrerait aux drames les plus éplorés. £a Loi du cœur est une variation mélancolique sur des motifs du code, avec accompagnement de polices d'assurance; cette nuance de tristesse était inconnue à La Chaussée. Il y a trois pères dans la Loi du cœur, tous les trois honnêtes et excellents : d'abord, M Richaud, un homme enrichi dans les affaires, bien élevé d'ailleurs, esprit positif, raison un peu froide; — ensuite, le colonel d'Orémond, le type du militaire cordial et enjoué; enfin, M. Morin, personnage énigmatique et sombre, qui ouvre la pièce et qui la referme. Le premier de ces trois pè-res, Richaud, a marié sa fille au fils du colonel d'Orémond et il lui a assuré, par contrat, une belle fortune; de son côté, le colonel a donné deux cent mille francs à son fils. Ainsi pourvu, le jeune ména*ge

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