‹ Les premières représentations célèbresChapitre 48 sur 70 · LA LOI DU CŒUR · texte numérisé non relu

LA LOI DU CŒUR

dont j'ai indiqué plus haut la silhouette. M. Morin raconte à Richaud,son camarade de collège, les souffrances raisonnées dont Tabreuve son fils, un homme irréprochable selon la loi, un drôle selon le cœur. Ce récit, auquel ne manquent ni la sincérité ni l'émotion, détermine chez Richaud une réaction prévue : il rassemble tous les siens et fait devant eux l'aveu complet de sa défaillance, en leur en demandant pardon. Le dénoûment est une embrassade générale.

La Loi du cœur est un succès, mais ce n'est pas une récréation. L'auteur, expert dans tous les genres, qui a écrit VÉtourneau pour M. Ravel, et le Duc Jdh pour M. Got, semble avoir voulu, cette fois, composer un drame puritain, sobre, enseignant. Il a commencé par en bannir l'élément comique ; je suis loin lie blâmer ce parti pris, à la condition cependant qu'on supplée à l'absence du rire par une succession rapide de situations intéressantes. Je vois bien que M. Léon Lava a été préoccupé par le PAflosophe sans le savoir; la conception seule du personnage de Morin me l'indique suffisamment. Mais dans Sedaine, quelle naïveté de langage et quelle doucQur d'allure I Lui aussi a montré un intérieur de famille , et quelle différence avec le tableau de M. Laja, aussi vertueux et aussi digne pourtant I Quelle fleur de poésie et de réalité chez Sedaine : les volets qu'on ferme, les grosses clefs, la ronde avec la lanterne, les serviteurs à qui Ton sourit, et la montre de Victorine. Ah! cette montre, ce rien, ce détail, c'est tout le charme de la comédie. J« cherche ce charme dans la Loi du cofur.

COMÉDIE-FRANÇAISE

Dolorès^ drame en quatre actes et en vers, par M. Louis Bouilliet. (Septembre 1862.)

Un vrai drame de Tolède, c'est la Dolorès de M. Louis Bouilhet. Cela commence par vive pieu! et cela va pendant quatre actes au milieu des sérénades et des rendez-vous. Les femmes passent enveloppées dans la mante, au bras des jeunes seigneurs qui portent la plume rouge au chapeau, sous les ombrages coupés de marbres, au bruit des fontaines jaillissantes, par une belle nuit d'été. Pour ma part, je goûte un certain plaisir à ce spectacle ; et pour peu que les personnages s'expriment dans une langue choisie, emploient des images gracieuses, se servent de rimes éclatantes, je me confesse aussi satisfait qu'à la représentation d'une des grandes comédies actuelles, où la Bourse et le notariat jouent les principaux rôles. .

Donc, un hardi capitaine, répondant au nom sonore de don Fernand de Torrès, aime depuis long-

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