‹ Les premières représentations célèbresChapitre 50 sur 70 · LE MARIAGE DE VADÉ · texte numérisé non relu

LE MARIAGE DE VADÉ

et mademoiselle Nanette Dubut^ blanchisseuse de linge fin, un des ouvrages les plus amusants de ce Vadé, le héros de la nouvelle comédie de TOdéon.

Mademoiselle Nanette n*est pas en reste de beau style avec M. Jérôme, et voici la magnière dont elle lui répond : « Monsieur, j'n'avons pas le cœur aussi dur que du mâchefer; j'ne d'mandons pas la mort d'un vivant comme vous, ben du contraire. Si j'ne vous ons pas écrit une réponse à l'autre lettre d'avant advant-z-hier, c'est que mon frère Jean-Louis, qui s'est brûlé une de ses mains droite, a pris toute Tencre pour mettre dessus sa brûlure. >» A la bonne heure, au moins I voilà des amours qui s'annoncent de la bonne sorte. Jérôme Dubois obtient la permission de faire visite à mademoiselle Nanette Dubut. « En revenant nous revoir demain, lui écrit-elle, n'manquez pas d'amener aveuc vous ste chanson qu'vous avez chantée d'votre voix ; ma mère m'a dit qu'aile 4tait gentille à manger. Gnia itou un jeune garçon qui y sera, Cadet Hustache, qui en sait tout fin plein; tâchez qu Votre cousin, en revenant de Sèves, tombe cheux nous; ça fra qu'plus on est de fous et plus on rit. Ma marraine Marie Barbe et puis 0a fille, ailes vienront exprès. Je leur ai fait envoyer dire par hasard qu'ailes n'auriont qu'à venir, à moins qu'ailes n'ayont pas le temps, comme de raison queuquefois. »

Mais à. cette soirée, le pécheur du Gros-Caillou devient jaloux, et il s'eji ouvre le lendemain à la blanchisseuse de fin : « Pour au sujet de Cadet Hustache, qui a chanté V plus fort, pendant deux heures, de la compagnie, c'est un fignoleux, qui fait trop le

fendant à cause qu'il a du bec; y veut fringuer par dessus nous. Y m'a fait tout devant vous une dérision sur la chanson que j'avons chantée en votre honneur. Qu'il n'y ravienne pas davantage, car j'ie r'muerais d'un fier goût, et sans l'honnêteté que j'vous dois j'y aurions fait voir qu'j'avons des bras qui valent ben sa langue, f»

Ces passe-temps, dont lé ton est celui de la vérité même, obtinrent, lors de leur apparition, un succès incroyable. Vadé donna son nom à un genre. Personne n'a mieux que lui saisi l'accent du bas peuple; et je ne sache pas de toile de Van Ostade qui vaille le petit poëme de. la Pipe cassée, qui a eu un nombre considérable d'éditions, et des plus belles. Ainsi donc, ce que Ton a appelé le Tiàlisme dans ces dernières années, — cette tempête dans un baquet, — est loin d'être une chose nouvelle. C'est tout au plus l'écho affaibli des essais de cette école populaire du dixhuitième siècle, très-heureusement représentée, en outre de Vadé, par Caylus, Grosley, Malirepas, Moncrif, d'autres encore.

Ce n'est pas la première fois qu'on fait paraître Vadé au théâtre : il y a eu à Feydeau un Vadi che» lui et aux Variétés un V(idé à la &renouUlire. Il a âguré également, comnle personnage accessoire, dans quelques pièces plus récentes ; mais sa physiotiomie n'ajamais été plus fidèlement rendue que dans la jolie comédie de MM. Âmédée Rolland et Jean Du Boys. Comme tout le monde le sait, Vadé ne se contentait pas d'observer^ les mœurs du fond de son cabinet; il se mêlait aux commères des halles et faisait sa partie dans des colloques dont ses Bouquets pois-'

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sards ont tâché de nous rendre toute Ténergie et tout le pittoresque. Les assonances- étaient alors la base du langage des marchandes en plein air> qui égrenaient pendant des heures entières des chapelets de tropès dans le goût suivant : «« — D'mandezmoi quoi qu'il me demande, avec son visage sans viande? — Ahl la belle veste au fond bleu! C'est tout comme un r'posoir, et saint Gille au milieu I — Sa bouche commence à s'fendre ; c'serait ben dommage de Tpendre 1 — Il est bèn dégourdi pour son âge ; trois poulets dinde et lui fraient un fringant attelage I — Quoi donc I qu'est-ce qui le fait rire? Parle donc, petit Jésus de cire! — Tu vois ben c'monsieul c'est un chien qui m'tromperait s'il n'valait rien! -«^ Eh mais! il est en deuil; il a les grâces d'un cercueil. -^ Thérèse, ânis, tu fais bisquer les gens; faut qu'il aille porter ses billets d'enterrement! — Il a Tmors aux dents, y va regimber! Coures donc pas si fort, vos mollets vont tomber ! «-« CW pas par là;. comme il s'en val C'est pourtant Tbon Dieu qu'a fait ça! n

Ze Mariage de Vadé est précédé d'une courte et vive allocution, tout à fait dans le goût du temps, qng vient débiter une jeune femme en habit de Folie. Ce prologue a pour but d'aguerrir le public, contre les mots un peu gros et les propos salés qu'il va entendre. Ensuite le rideau se lève sur le cabaret de madame Babavin :

On sait, ou peut-être on ignore Que tous les jours,- avant PaurorOi, Ces beaux muguets à bran de vin Vont ohez la veave Babavin

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Tremper leur cœur dans Teau-de-vie, Et fumer, s'ils eu ont envie.

Le sujet est peu de chose : le cœur de Vadé hésite entre le caprice d'une marquise et l'apaour d'une écaillère. Qui l'emportera, de madame de Beaupré ou de NicoUe? Tout est là. Les deux premiers actes se passent au cabaret, le dernier à un bal masqué donné par la marquise. NicoUe y vient au bras d'un jeune se-igneur, par qui, dans un instant de dépit, elle s'est laissé conter fleurette; elle y rencontre Vadé, dont l'amour se réveille au feu de la jalousie. Vadé s'emporte, Taccable de reproches, et... lui propose de Tépouser. Il renonce aux marquises et à leurs pompes.

Au poëtd du vin, la muse populaire ! .

Avant MM. Rolland et Du Boys, M. Arsène Houssaye, un rêveur attendri, avait déjà rêvé et raconté les passions en partie double de Vadé, dans sa séduisante Galerie des portraits du dix-huitième siècle^ faite moitié d'intuition et moitié de poésie. Ajouterai-je qu'il n'y a aucune trace de ce mariage dans l'histoire? cela est de peu d'importance. Il aurait été fâcheux que les deux auteurs n'eussent jamais songé à marier Vadé : cela nous aurait privé d'une foule de vers aimables et coquets, brillants comme des fleurs, gazouillants comme des oiseaux, et auxquels le public de mercredi dernier a fait le plus chaleureux accueil. Les côtés poissards sont ménagés, malgré l'avertissement du prologue; je m'attendais à un échantillon plus complet de la rhétorique des halles.

COMËDIE-FRANCAISE

Le Fils de Giboyer^ comédie en cinq actes, par M. Emile Augier. (Décembre 1862.)

Il faudrait un cautionnement pour discuter cette pièce, qui est avant tout une comédie politique. Déjà, dans les grands journaux, le premier-Paris, devançant le feuilleton, s*est emparé du Fils de Gihoyer et en a fait sa proie. On n*a point paru surpris des hardiesses de M. Emile Augier; on était prévenu; on savait que son haut talent Tavait affranchi des formalités de.la censure. Reste à savoir le parti qull a tiré de cette situation exceptionnelle. Je ne peux ni ne veux entrer dans cette critique, qui comporterait des développements périlleux. Le mieux pour moi est de raconter le Fils de Giboyer, en tâchant de me garer de la passion ou plutôt des passions qui y débordent.

•fiîx-i.-E--T:rr3.* iî^eLe. TLi Jïraz*: cj-inê. iLfijrLT, f-bso-

jysAiL ie iLc-^i^T'sâL. E r:r l:^ a ti..\7 :^-é ^-^c'-êu^ ter-

br«*; c'eèl îid c::; e^ c^aj^ de dire asx par^rts et anixaiLÏÂ : * M^sieiirs, c^Az.i îIt:;:^ fera z".x:>ir! ■ Le :=. SI est de Heni Y. : rrier e i z^^^ prai':::! c -e pl^s c é5et- T*l est le perscraa^e c^e le iiar^^ c'Anbo- KTe TT-ar.de ai:^Tès de lid p:*:^^ le saeuï« à la tète d ta yjzr:^ îégïtîriiîte, «obs le psezicfiTiLe de 11. de BcTergL Les y^-^rzj&zs. Ié.gTî:n::5l.rg ae seront g:;ère faites dt cadeaii, et j'iaiirire zz.^ leî cLoâe& se paissseat um pen ^2^5^ d:r?:esie£i ciâz eux. Mm TOB» ea Terrei liea d'autres toi: * à The-ne. Ly.s?g» paser le poète eozii^^e, les sLaîns pleines d^andaset et de TÎolesces, arëc son £a:if-coz:dîûi as cha* peaa!

Gîbûjcr on Bojergi deisasde dosze niille &aaes d'app^iatementé pi'iir mentir à sa eonscienoe, e;!9lter raaôes réfîise, banrc ea brèche ITnir^rsîtê, et, arîoa ses propre» ternies, • eiêe!:îcr le J}i<ci ins ssir le mlHitcB. • SU se cote ans^i cher, ce n^est point par en setîîaiént ex&péré de son mérite, c'est pour rendre rexistecce facile à son £ls, car le drôle a un fils, isen d*ane pl:e;:^e de JDTunasx, ua gi^Stnd ^argo& de Tingt afi», joli, braTe éléigaat. Gibojer. soudaine-

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