C DRA1UL
— Que dis-tu ?
— Je suis coupable!...
— Toi !... non, c'est impossible, Amélie!Tu es un ange!... Oh! pardonne!..
— Le pardon !... dit Amélie toute frissonnante, c'est moi qui l'implore!... J'en ai besoin!... Je t'ai trahi!... tue-moi !
— Amélie!... ta raison s'égare! reviens à toi, je t'en conjure!... relève-toi!...
— Non!. ..je veux mourir à tes pieds!..
DlUMb. î»1
Je te dis que je suis coupable !.. Adolphe !.. tu n'as pas voulu me croire !... Il est trop tard !... Tue- moi!... tue -moi !... je me suis donnée à un autre!...
— Ciel!... Mais, ce n'est pas vrai!...
tu veux me punir!... m ''épouvanter !... Oh! c'est trop cruel, Amélie !... Vengetoi, mais sans te calomnier! .. Par tout ce qu'il y a de plus sacré au monde , par les cheveux blancs de ton père, je t'en supplie , rétracte ce que tu viens de dire ! . . .
— J'ai dit la vérité !
— Non ! non ! c'est un mensonge ! s'écrie Adolphe avec un gémissement tiré du fond de sa poitrine ; c'est un men-
songe horrible!... Toi, la plus noble! toi, la plus pure des femmes!...
— Je ne le suis plus, Adolphe !
Alors, une idée affreuse passe comme la foudre dans l'esprit troublé d'Adolphe, une idée à s'arracher le cœur, à se briser la tête contre les murs. Tout à l'heure, la porte de la chambre à coucher était fermée en dedans; le verrou était mis.
On parlait Amélie n'était donc pas
seule?...
Il s'élance précipitamment vers la chambre d'Amélie, pousse la porte et regarde partout avec des yeux effarés. Il voit une fenêtre ouverte... Au bas de cette fenêtre,
dans le jardin, la plate-bande a gardé l'empreinte de plusieurs pas.
— Il est parti ! murmure faiblement madame Dernouville en retombant à genoux.
— Qui donc ?
— Ernest de Forestan!...
— Lui ! s'écrie Adolphe d'une voix sourde.
— Il était dans cette chambre avec moi tout à l'heure !
Adolphe pousse un cri lamentable, et tombe sans connaissance.