‹ Les premières rides (volume 2)Chapitre 2 sur 14 · AMI · texte numérisé non relu

AMI

« et sois sûre que ^accourrais tout de (( suite pour te consoler et te prêter l'apte pui de ma tendresse, si jamais ton mari (f pouvait oublier que je lui ai confié le « sort de ma fille et que cVstpour la rente dre heureuse.

« Parle, o ma chère enfant! un seul « mot, et je vole te presser dans mes « bras! »

« Ta mère qui t'aime,

« A. de Bal mare. »

Madame Dernouville, bien qu'elle eût fort à se plaindre de son mari, crut de sa dignité de souffrir en silence, et de n'étaler ses douleurs devant personne, pas même devant une mère. Elle écrivit donc à madame de Baumare qu'elle était beaucoup moins malheureuse qu'on ne le di-

1 ti DU A ML.

sait, et que, jusqu'à présent, elle n'avait à reprocher à son mari qu^un peu de froideur et d'inégalité dans le caractère. Elle avoua que la vicomtesse de Forestan, malgré tout son esprit et les charmes de sa conversation, était une femme à laquelle on ne pouvait guère se fier; « néanmoins, comme je ne voudrais pas être injuste sur le compte d'We personne qui n'a peutêtre pas cherché à me nuire , ajoutait Amélie, {""attribuerai plutôt Téloignement que j'éprouve pour madame de Forestan à une antipathie naturelle et inexplicable, qu'à une aversion fondée sur de puissans motifs. »

Amélie, avec ce tact délicat que la plupart des femmes possèdent au suprême degré, avait compris que le meilleur moyen de ramener son mari et de le gué-

DllAME. 1 T

rir d'une passion funeste, c'était de ne pas se plaindre et de ne faire à personne des confidences inutiles et dangereuses qui ne serviraient qu'à aigrir Adolphe et à Téloigner davantage. Elle espérait, à force de douceur, de résignation et de patience, toucher le cœur de son mari et faire vibrer un jour ou l'autre, dans une âme non encore flétrie, tout ce qu'elle enfermait de cordes sensibles et généreuses.

Ernest de Forestan, dévoré d'un amour qu'il ne pouvait éteindre, et dont il entrevoyait tous les obstacles presque insurmontables, ne voulait pas venir encore au château de sa mère, malgré les instances réitérées de celle-ci, qui lui écrivait lettres sur lettres et le suppliait de quitter Paris. Il avait écrit plusieurs

fois à madame Dernouville qui, ne pouvant se méprendre à Pexaltation des lettres de ce jeune homme, n'avait pas cru devoir lui répondre. Chaque jour plus triste et plus seule, elle désirait vaguement, sans presque se l'avouer à ellemême , elle désirait qu'Ernest arrivât; mais quand elle songeait aux conséquences terribles que pouvait avoir une amitié trop intime entre elle et le jeune de Forestan, elle frémissait dans une terreur involontaire et faisait des vœux pour qu'il demeurât à Paris toute la saison.

Au reste, elle était comme toutes les femmes dans une situation semblable. Un jour, elle aurait donné tout au monde pour voir Ernest, quand elle avait le cœur trop gonflé de douleur, quand la solitude pesait sur elle de tout son poids ; et, le

1MIAME. 19

lendemain, ce qui l'épouvantait le plus, c'était Tidée qu'Ernest pouvait venir.

Une fois même, en lisant une lettre où, sous les expressions les plus modérées et les plus convenables, la passion d'Ernest éclatait violemment, elle prit le parti de lui écrire pour le supplier de ne pas venir, encore à Morlinière, et d'attendre que son amour s'éteignit de soi-même.

Mais, presque en même temps que cette lettre, Ernest en reçut une autre de sa mère, qui lui fit prendre une résolution bien différente de celle qu'il aurait prise peut-être, grâce aux prières de madame Dernouville.

Cette lettre de la vicomtesse, la voici :

« Mon pauvre Ernest, que fais-tu donc

« à Paris?... je t'en conjure, dis-moi ce qui

« peut te retenir si long-temps loin de tou-

« tes les personnes qui t'aiment. Il me

« semble que le séjour de Paris doit être

« détestable maintenant, par la chaleur

« accablante qu'il y fait! Elle est à peine

« supportable ici, sous nos épais ombra-

« ges, au milieu des fleurs! Viens donc,

« viens donc, mon bien-aimé ! Je t'attends

« avec une impatience extrême ! Tu sais

« bien que je ne puis être heureuse

« loin de toi î Je t'assure que si tu étais au-

« près de nous, rien ne manquerait à mon

« bonheur! Mais par momens, vois-tu, je

« suis bien seule, et le temps me paraît

« long ! M. Dernouville vient toujours me

« voir très souvent, et nous parlons d'une

« foule de choses qui nous intéressent vi-

« vement; nous lisons ensemble les grands

« poètes, les philosophes ; nous discutons

DRAME. » î

« sur l'histoire et la morale comme de « vieux sages de la Grèce, et les heures « s'écoulent avec une rapidité délicieuse; « mais nous ne pouvons pas toujours être « ensemble! Madame Dernouville est « seule pendant ce temps-là, et je présume « qu'elle ne s'amuse guère! Allons, viens k tout de suite, cher Ernest; je suis très « sûre qu'elle te souhaite aussi vivement « que moi-même ! La pauvre femme est « d'une tristesse inconcevable ! Je ne sais « vraiment pas ce qui lui fait tant de « chagrin, mais toutl'ennuie et la fatigue; « elle ne lit plus ! c'est à peine si elle me « rend mes visites.

« Entre nous soit dit, elle est d'une « humeur indéfinissable ; elle qui m'ai- « mait autrefois à l'adoration , elle est « changée à mon égard d'une manière in-

ara drame.

n croyable. Je n'ai jamais vu d'amitié « plus fantasque, plus mobile! et pourtant « je l'aime toujours, moi. Je lui témoigne, « s'il est possible, encore plus d'affection et « d'intérêt. D'ailleurs, je n'ai pas la force « de lui en vouloir! Elle a bien quelque « sujet d'affliction... elle n'est pas heu- « reuse ! Il est clair à présent que le k caractère de son mari est l'antipode du « sien, et que, fort aimables et charmans « tous deux, ils n'étaient pas faits l'un « pour l'autre! Ils le sentent parfaitement, « et chacun en convient sans peine en « particulier.

« Comment, tout cela fmira-t-il? je « n'ose le prévoir.

« Ce qui me paraît néanmoins assez « positif, c'est qu'Amélie a dans le cœur m un trop plein d'amour et de sensibilité

<( qui demande à s'épancher dans un « cœur jeune et brûlant comme le sien, « et ce cœur n'est certes pas celui d'Arc dolphe!

(f Mais, je ne veux pas t'en dire davan- « tage par écrit, une lettre a toujours (( besoin d'explications, de commentaires. « Viens au plus vite, et je te promets des « détails qui t'intéresseront plus que tous « les plaisirs que tu peux goûter à Paris, « dans tes cercles et tes clubs.

» Il est inutile, je crois, de te dire que « ton père serait aussi très enchanté de « te voir; tu n'en peux douter, mon ami, « mais ta présence m'est cent fois plus « nécessaire qu'à lui î II aime bien ses « enfans, mais il a dans le cœur une plus « grosse somme de tendresse paternelle « pour les papillons , et, pourvu qu'il en

(( fasse tous les jours une récolte abon- (( dante, il est dans une jubilation mer- « veilleuse et s'embarrasse fort peu des « choses de ce monde.

« Je mentirais d'ajouter que ta sœur « Alexandrine meurt d'impatience de te « voir. Elle ne t'aime pas, et tu peux être « sûr qu'elle te fera sa moue habituelle , « qui devient plus maussade chaque jour; « mais que t'importe! un plus joli visage « que le sien te sourira, une voix plus « douce te dira que tu es le bien venu !

Alexandrine était fort surveillée par sa mère et ne pouvait pas écrire à ses amies de couvent sans en demander la permission. Il fallait qu'elle montrât toutes ses lettres à madame de Forestan qui les raturait et les biffait comme un véritable censeur.

2 fi DRAME.

Mais Alexandrine, qui voulait épancher dans un cœur ami tous ses griefs, toutes ses peines, résolut décrire pendant la nuit pour dérober sa correspondance aux yeux maternels.

Tandis que tout le monde reposait dans le château , elle se releva une nuit , ralluma sa lampe, et, sans faire le moindre bruit avec sa plume et son papier, elle écrivit la lettre suivante à une jeune personne qui était sortie du couvent presque en même temps qu'elle :

(f Ma chère Fanny, je trouve enfin le « moyen de décrire, et cette fois, j'espère, « on ne contrôlera pas ma lettre! J'ai une « foule de confidences à te faire , des « secrets à te dire et de très graves ! Pourvu a que ma mère qui dort dans une chambre

« auprès de la mienne, ne se réveille pas « et ne vienne^pas me surprendre! oh ! « je serais perdue! Tu vois comme ma « main tremble! C'est que je la crains « mortellement ma mère! et rien que « d'entendre sa voix, le frôlement de sa (t robe dans une pièce voisine, je frissonne « et mon cœur bat d'une manière!... Oh! «• quelle femme! quelle femme !..

« Au moins, toi, tu es heureuse! tu as « un père, une mère qui faiment, et tu « connais la douceur des caresses mater- « nelles! Moi, je n'ai jamais reçu de ma « mère que des réprimandes glacées , des u paroles dures et impérieuses! Je n'ai u jamais vu ses yeux me sourire, sa main « prendre la mienne avec affection! Hélas! « jamais !...

« Tu sais comme je désirais quitter le

-2 8 WUME.

« couvent, ma pauvre Fanny! je me re- « présentais le monde sSis des couleurs « ravissantes! Je croyais que toutes mes (( journées se passeraient en fêtes, en plai- « sirs, que tous les soirs, jurais au bal avec « mamère, etque j'aurais de belles robes, « de belles toilettes, des bijoux!.. Mon « Dieu ! comme j'étais folle ! quelles illu- « sions, hélas! et quel désenchantement!

« Du matin au soir, il faut que je reste « dans la chambre de mamère, assise à « côté d'elle, à coudre, à faire de la tapis- « série; et je ne puis lever les yeux de k dessus mon ouvrage ! Ma mère est tou- « jours là qui me gronde, qui m'accuse de « paresse! Pourtant je n'ai jamais plus tra- « vaille! c'est au point que j'en suis « presque à regretter le couvent! Car m enfin , j'étais plus libre , j'avais de

DRAME. jfl

nr bonnes amies avec lesquelles je pouvais « causer en toute confiance , à cœur « ouvert ! Tu te rappelles, Fanny, comme « nous bâtissions de beaux rêves, de beaux « romans dans notre imagination déjeunes « filles! Comme l'avenir nous apparaissait « tout en fleurs! Mon Dieu! mon Dieu!

« que la réalité est loin du songe!

u Ici, je ne puis échanger une idée, une « parole avec qui que ce soit. Personne ne « m'adresse un mot tendre et consolant, « excepté néanmoins mon pauvre père, « qui est excellent pour moi, mais d'une ff faiblesse , d'une soumission pour sa «femme!... Imagine-toi qu'il tremble « devant elle, et qu'avec un seul mot elle « fait de lui tout ce qu'elle veut.

« Le jeune ménage dont je t'ai parlé m plusieurs fois habite toujours une cam-

3 0 DKAM1S.

« pagne voisine de la nôtre; mais nous le « voyons moins souvent, c'est-à-dire ma- « dame Dernouville; car pour son mari, « il ne passe pas un seul jour sans venir « voir ma mère, et ils s'enferment en- « semble des heures entières, comme je » te Pai déjà dit. Tu es bien curieuse , ff n'est-ce pas, de savoir le sujet de si u longs entretiens!... Oh! le sujet n'est « pas toujours aussi moral et philosou phique qu'on serait tenté de le croire, « par les paroles décousues qu^ils jettent <( au hasard pour vous éblouir et vous <( donner le change, quand vous entrez u brusquement dans le salon... Il est vrai « qu'ils oublient rarement d'en fermer la << porte à double tour.

« Va, ma chère Fanny, je suis plus < clairvoyante que ma mère ne se l'ima-

« gine, et je comprends les choses à dernier mot... D'ailleurs je ne te cache pas m que je suis tant soit peu curieuse, et « que si j'ai de bons yeux, j'ai en outre f( l'oreille d'une finesse merveilleuse!...

a Mais vraiment, puisque j'ai entamé « ce chapitre, il faut que je l'achève!... « Je te dirai, mon amie, que j'ai fait, il « y a quelques jours, une découverte u que je ne donnerais pas pour une parure « de diamans... Je t'avais déjà parlé de « certaines choses assez plaisantes, que v j'avais entendues ou vues très clairece ment, mais tous ces témoignages-là « n'étaient point assez significatifs!... ce « n'étaient que de légers indices ! Actuelce lement, Dieu merci! j'ai la clef de l'éu nigme... et d'abord je t'annonce que je « sais positivement d'où vient la tristesse

Si DRAME.

« de madame Dernouville ! La malheue» reuse femme! je ne m'étonne pas qu'elle « pleure du matin au soir!... Elle est si « bonne! vraiment, son mari est bien «coupable!... mais je connais une per- « sonne encore plus coupable que lui , u peut-être!... Oh ! oui, plus coupable!... « car sans les perfides conseils de cette « personne-là, certe, il n'aurait jamais « fait ce qu'il a fait !

« Ma mère a bonne grâce, en vérité, « de me faire continuellement des leçons « de morale! Je sais, moi, qu'elle parle à u M. Dernouville d'une tout autre façon. « Tu ne peux concevoir de quelle manière « elle s'exprime sur le mariage et sur une « multitude de choses qui m'avaient tou- « jours semblé très respectables. Mais, « peut-être, me prend-elle encore pour une

DKAMK. 5 3

« enfant, et veut-elle me tenir le plus » long-temps possible en lisière, pourdis- « simuler son âge, et n'avoir point l'em- « barras de me conduire dans le monde, « où la fille pouvait faire quelque tort à la « mère !... Car, sans trop d'amour-propre, « je crois très fort que mes dix-neuf « ans et ma figure n'ont rien à craindre « d'une femme de quarante ans. Tous les « hommes n'ont pas le goût de M. Der- « nouville, et la jeunesse a bien son « prix!... Mais à propos de INI. Dernou- <( ville, je le crois maintenant beaucoup « moins enthousiasmé de sa conquête, et « je ne serais pas surprise qu'un de ces « jours il s'aperçût que je ne suis pas trop <( mal... Il est souvent, pour moi, d'une u prévenance, d'une amabilité... quand ma « mère n'est pas là!... Enfin, nous verte rons !

« Mais ce qu'il faut, mon amie, que je ( te raconte, c'est l'étrange scène qui

< s'est passée hier entre M. Dernouville ( et ma mère! Ils se promenaient au fond

< du parc, très avant dans la soirée, et moi, je les suivais à quelque distance dans une petite allée sombre, où je

( ne craignais pas qu'ils m'aperçussent. ( Ils s'assirent sur un banc de pierre, et ( moi

Alexandrine , avant de tourner une page qu'elle venait de finir, prit une sébile pleine de poudre, et la versa sur le papier; mais la sébile lui échappa tout-àcoup des mains et tomba sur le parquet avec bruit.

La vicomtesse de Forestan, qui avait le sommeil très léçer, s'éveilla en sursaut;

elle appela sa fille , et, comme celle-ci, plus morte que vive, ne donnait aucune réponse et demeurait clouée sur sa chaise, madame de Forestan renouvela sa question à haute voix et fut sur le point de se lever.

Alexandrine , entendant un craquement de lit dans la chambre de sa mère, s'empressa d'éteindre la lampe et se recoucha tout doucement, avec un frisson d'épouvante. Elle chiffonna brusquement sa lettre, et la cacha sous son oreiller.

La vicomtesse, n'entendant plus rien, crut s'être trompée et se rendormit.

A peu près vers cette époque, Dernouville reçut plusieurs lettres de ses amis, qui presque toutes faisaient allusion cTune manière plus ou moins significative à sa passion pour la vicomtesse de Forestan.

Une de ces lettres le contraria plus

5 S l.'Il.VME.

que toutes les autres, et le blessa douloureusement dans son amour-propre :

c'est au point qu'il fut au moment de se fâcher très sérieusement, et de demander raison à la personne qui Pavait écrite, bien qu'il ne fût pas d'une nature querelleuse et susceptible.

L'auteur de cette lettre était un de ces prétendus fashionables d'assez mauvais ton qui se croient tout permis, et se piquent d'une franchise, parfois singulièrement insolente. Il avait fait, quelques années auparavant, une cour très assidue à la vicomtesse, et furieux, humilié de n'avoir pas réussi, il nourrissait une secrète rancune, un levain d'animosité contre Der-* nouville, qu'il avait sujet de croire plu* heureux et plus favorisé !

Adolphe ne savait pas que ce jeune

homme avait aimé madame de Forestan.

« Mon pauvre Dernouville, écrivait le « dandy, vous savez tout l'intérêt que je u vous porte, nous avons bu du vin de « Champagne cinq ou six fois ensemble, « et il n'en faut pas davantage pour s'ai- « mer comme Achille et Patrocle, ces « deux vaillants Rococo. Parbleu , mon « cher, je vais vous donner un conseil, «un conseil d^mi , de bon et brave » garçon !

« Vous avez pour maîtresse une femme « de quarante et quelques , passable encore « le soir aux bougies, mais effroyable- <( mont passée au grand soleil!... Parole « d'honneur, si vous ne secouez pas « ce vieux joug d'ici à une huitaine de «jours, vous êtes un homme coulé; on

(( ne vous regardera plus sans rire, et les « femmes de trente cinq ans vous tour- « neront le dos!

« Quelle rage diabolique vous avez là!... « Madame la vicomtesse de Forestan!...

«• Oh ! franchement, vous êtes un joli garce çon, assez bien partagé du ciel pour « oser prétendre à quelque chose de (f mieux!... Avouez que ce n'était vraice ment pas la peine de faire une infîdé- « lité à votre femme pour une aussi maure vaise bonne fortune ! Votre femme « est charmante, adorable, et Tautre « nVst pas digne en vérité de lui servir « de camériste !

« Croyez-moi, cher ami, rompez , rom- <c pez tout pacte avec l'impiété , si vous ne « voulez pas devenir la fable de tout '< Paris. L'amoureuse vicomtesse en va-

DHAMU. 4 1

« lait une autre encore, il y a cinq ans ; « elle était alors dans son été de la Saintu Martin, et vous savez qu'un été ne dure a pas cinq ans. »

Adolphe n'eût pas laissé une pareille injure impunie; mais il apprit le lendemain matin que l'insolent persiffleur venait d'être tué en duel.

Page 1