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CHAPITRE XIII

INDICATION DES SOURCES DE LA REVELATION, ET EXPOSITION DES DOGMES DU CHRISTIANISME , QUE PLUSIEURS DISCIPLES DE SAINT IRÉNÉE SCELLENT DE LEUR SANG

Dans sou Traité contre les hérésies, saint Irénée établit que l'Écriture sainte et la tradition catholique sont les deux canaux par lesquels la doctrine chrétienne est arrivée aux hommes. — 11 établit la primauté du siège de Rome. — Il expose le mystère de la Trinité, dogme fondamental de la révélation chrétienne, — l'incaruaticn du Verbe, — la Rédemption, — le dogme de la maternité divine, — l'Eucharistie et la présence réelle, — le sacrifice de la messe, '— la confession. — Alliance de la charité évangélique avec le zèle pour l'orthodoxie dans saint Irénée. — Martyre de ce saint évéque de Lyon. — Félix, prêtre, avec les diacres Fortunat et Achillée, prêchent l'Évangile à Valence. — Ferréol et Ferrution, apôtres des Séquanes. — Leiu' martyre. — Caius et Hippolyte , évêques des nations. — Progrès du christianisme.

Si l'argumentation toute rationnelle que saint Irénée dirige contre les gnostiques montre l'éloquence chrétienne occupée à défendre les principes mêmes de là raison ou les préliminaires de la foi, il e>t encore plus intéressant de suivre l'évêque de Lyon au milieu des preuves par lesquelles il établit les sources de la révélation et les dogmes du catholicisme. D'abord il combat les hérétiques sur le terrain de la révélation chrétienne, pour les réduire par l'autorité de l'Écriture sainte et de la tradition. Or, pour échappera ce double argument, les hérétiques du second siècle avaient recours à toutes sortes de procédés. « Quand on leur oppose les Écritures, dit saint Irénée, ils se mettent à incriminer les Écritures elles-mêmes, comme n'étant point certaines ni dignes de foi, soit parce qu'elles ne sont pas assez concordantes, soit encore parce que ceux qui ne connaissent point la tradition n'ont pas le moyen d'y découvrir la vérité. La tradition, en effet, ne s'est pas transmise par l'Écriture, mais par la parole; c'est pour cela que saint Paul a dit : Nous prêchons la sagesse au milieu des pa?' faits , mais non la sagesse de ce monde. Or, d'après le syatème^des hérétiques, chacun d'eux en particu ier posséderait cette sagesse, qu'il aurait trouvée par lui-même; pure fiction qui leur paraît être la vérité. Ainsi, cette prétendue sagesse aurait été représentée tantôt par Yalentin, tantôt par Marcion; la veille, par Cérinthe; le lendemain, par Basilide; enfin, par quiconque vient disputer à tort et à travers contre la foi établie. Chacun d'eux, en effet, altérant à son gré la règle de vérité, peut impunément se prêcher lui-même. Que si, au contraire, nous les rappelons à l'autorité de la tradition, qui nous arrive des apôtres, et dont le dépôt est gardé dans les Églises par la succession des prêtres, à l'instant même ils s'attaquent à la tradition, sous prétexte qu'étant doués de plus de sagesse que les prêtres, et même que les apôtres, ils ont trouvé la vérité tout entière. A les entendre, les apôtres auraient mêlé aux paroles du Sauveur des éléments empruntés à l'anc enne loi. Bien plus, s'il fallait les en croire, le Seigneur Jésus lui-même aurait parlé tantôt dans un sens purement terrestre, tantôt avec un mélange du terrestre et du céleste, quelquefois d'une manière entièrement divine. Quant à eux, ils possèdent la scienG^"-

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