‹ Les premiers ap^otres des GaulesChapitre 142 sur 180 · CHAPITRE XV 3Q · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV 3Q

, , oui

Guy eveque de Béarnais, en iît une solennelle translation à l'abbaye de Saint Quentin, récemment fondée par ses soins.

Il y a lieu de croire que ce fat alors que la Gaule belgique donna une illu.tr. femme martyre, Tbeudosia d'Amiens, à la ville de Rome devenue la econde Pa des Gau ois; depuis le règne de Caracalla, où le titre et les prérogatives de ci W„ romam furent accordés aux principaux des cités transalpines! il y avit souvent des transmigrations de familles entières de Gaulois en Kalfe et de S m en G ut Des fonctionnaires impériaux devaient avoir leur résidence au de à d Ilpës ou v séjourner de temps en temps. Il est permis de conjecturer qu'Aurelius Onl ^ !' ' pai. un poste de distinction ; c'ét^t peat-ê,re in offl ieTr™ n'enCn son^à Amiens, cenire d'administration civile et militaire. En se rendant à UonH avai

ThLr' °,' '^ "'"'"'' ''"' P™™'"' "J"'" '» ™<"'»" >•! martyre. Sst ire de Theudosia et les circonstances de son supplice sont un secret qu'elle emporta dr,st

ciel; seulement quelques mots inscrits par Aurelius, son époux, suTsa tombe d^ marbre, y révèlent en cette noble femme amiénoise toutes les m racul u4s vertu Ignorées du paganisme, et qui , du cœur immaculé de la Vierge Marie venaentd*', cendre dans le coeur de la fille, de l'épouse, de la mère chrétfennes

C est des catacombes de Sainte-PrisciUe que, le )" avril 1842, se fil l'extraction du corps de sainte Tiieudosia, qui gisait à colé du corps de son eune enfant avec me flole de sang. Ce saint corps , donné par Grégoire XVI à M- Pa lalinr e 2'du même mois, fu, déposé dans l'oratoire de ce prélat, sons les splendWes ; ùt!; dû A-a-ican. M^ Pallavicini l'emporta lorsqu'il se retira dans sa famille à G nés avec le itre d'archevêque de Pirgi, ù, paniù^s. L'Église d'Amiens n'aurait jama con„a ces pr oieuses reliques sans le zèle d'un éminent catholique qui réussinenreûse ment a rendre sa:nte Theudosia au pays qui l'avait vue naître. L'ép aphe de c^t martyre mteressait la ville d'Amiens , lors même que l'on ferait abstraction de toute de de sainteté. Le nom de Theudosia, ciselé sur un sépulcre des catacombe et eelm de Modesta découvert dans un quartier d'Amiens avec des urnes pannes ne sont-ils pas les plus anciens noms de femmes amiénoises que dermonumen ^ aient transmis a la postérité? 11 est remarquable qu'Aurelius a tenu à graverTur le tombeau de son héroïque compagne le nom de la ville lointaine qufla d avaU donnée. Cette indication forme une exception dans le style lapidaire des ZZm lecles. Quelques épitaphes désignent la nation ; ainsi l'on sait, par une LSon tumulaire des catacombes de Sainte-Agnès, qu'un Goraien, nonc; des GaZ a été martyrise a Rome avec toute sa famille. Une autre inscription , trouvée dans un des cimetières souterrains de la voie Nomentane, apprend qu'un frère et une sœur uZ mus e Archontia bien qu'ils eussent, le premier un nom latin, l'autre un'noL grec, étaient Gaulois d'origine; mais une indication plus précise du lieu où un chiS tien avait reçu le jour a été rarement consignée sur la pierre de sa tombe : dans le

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Tandis qu;à Rome mourait pour la foi une martyre amiénoise, qui seule peut-être eut le privilège de retrouver un jeune sépulcre dans son antique berceau, Riclias Varus cherchait avec une activité dévorante à surprendre les pasteurs et à disperser les troupeaux». Piat ou Piaton, apôtre de Tournay, tomba entre les mains de ce

vâto ""'" * """"' '"'""'"•'■ ^™ """^ IMroducUoD parM>. Gerbet. Édil. I804 ; to-j., à Paris, chez van unial. Mit. I80O. - I ,« de sa,nt Fumci et de mint V,clorie, pai' a.. Salmoi. Édit. 1635.

tvTdn. La nature l'avait doué d'une physionomie heureuse et d'une parfaite aménité dans les manières ; ces qualités extérieures étaient rehaussées en lui par des \ertu3 éminentes qui en faisaient un homme accompli, sage dans ses paroles, prudent dans sa conduite, généreux dans ses desseins, plein d'énergie dans la volonté. L'ardeur de son zèle apostolique l'avait poussé de Bénévent, sa ville natale , à Rome , d'où le pape saint Caius l'envoya dans les Gaules avec Chrysole et d'autres missionnaires. Il paraît certain qu'il s'arrêta d'abord à Chartres; les habitants de cette vieille cité druidique ne voulurent point écouter sa parole ; il quitta le territoire des Carnates pour se rendre au pays des Nerves, où, d'après ses actes, il convertit trente raille personnes. Ce nombre n'est pas invraisemblable, si l'on considère qu'à cette époque Tournay, déjà une des plus importantes cités de la Gaule belgique au temps de Jules César, était devenue très florissante, et que le bienheureux Piat, durant un apostolat assez long, a parcouru toutes les contrées voisines. Un jour qu'il exhortait le peuple à abandonner le culte des idoles , il aperçut une troupe de soldats qui s'avançaient pour le saisir; sans se laisser intimider par leur présence, il dit à ses auditeurs : a Mes fils bien-ainiés, voilà que le Seigneur Jésus va me récompenser de mes travaux ; voilà que les ministres de ma mort vont me ravir mon corps vieilli sous le poids des fatigues, afin que mon âme, dépouillée de son enveloppe matérielle, retourne libre à son Créateur. » Parmi les horribles supplices qu'il souffrit avant de recevoir le coup mortel, on cite le percement de diverses parties de ses membres avec d'énormes clous qui servaient à relier ensemble les poutres des constructions romaines. Il eut la consolation de voir martyriser avec lui pour la foi Irenaeus, aïeul de saint Éleulhère, évêque de Tournay, et d'autres chrétiens de cette vénérable famille. Bironius dans ses Annales, et le P. Gaultraa dans son Histoire de Tournay, disent que Piat eut la tète tranchée à Tournay même , devant l'église qui porte actuellement son nom; d'autres prétendent qu'il fut décapité au bourg de Séclin, le 1" octobre 288; comme pour concilier ces deux opinions, la tradition rapporte que le bienheureux Piat, tué d'un coup de hache sur la place publique de Tournay, se dressa debout, recueillit avec ses mains le sommet de sa tête et chemina ainsi jusqu'à Séclin, où il tomba par terre et rendit le dernier soupir. Les fidèles l'ensevelirent secrètement dans cette bourgade de la Flandre ^vallonne et y bâtirent une petite chapelle •.

Trois siècles plus tard, saint Éloi, évêque de Tournay et de Noyon, renferma les ossements de son prédécesseur, d'héroïque mémoire, dans une châsse qu'il enrichit d'or, d'argent et de pierreries ; il ne se borna pas à ce précieux hommage ; il construisit sur l'emplacement de l'ancienne chapelle une église plus spacieuse et mieux ornée ; il y institua des clercs, leur assigna des bénéfices, afin que tous les jours l'office divin y fût célébré à la gloire de l'adorable Trinité ; tel fut le commencement de la célèbre collégiale de Séclin. Vers 881, époque des invasions normandes , on enleva de Tournay, en proie aux ravages de ces pirates , le corps de saint Piat , pour le transporter honorablement à Chartres, où l'on invoque sa puissante intercession dans les calamités publiques. Les révolutionnaires de 1793 brisèrent la châsse magnifique où il reposait tout entier, s'emparèrent de ses riches ornements et firent enterrer le corps dans un angle du cimetière de Saint-Jérôme, avec différents ossements arrachés de plusieurs reliquaires également violés et pillés. L'avocat Hérisson a publié les procèsverbaux rédigés en 1816, afin de constater la découverte de ce saint corps, enfoui par les modernes Vandales et arrosé de chaux vive pour le détruire sans retour : vain espoir de ces sacrilèges, qui furent trompés par Dieu même; leur tentative impie ne

' Notice historique sur saiîit Piat, par l'avocat Hérisson. Édit. 1816.

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