CHAPITRE IV
Tandis que , après avoir fécondé de leurs sueurs la semeoce évangélique dans l'est de la Gaule, Nazaire et Celse recevaient pour récompense les glorieuses palmes du martyre, les agents delà police impériale cmciGaient saint Pierre et décapitaient saint Paul comme les chefs de ces chrétiens abhorrés à qui la calomnie publique, propagée par Néron, attribuait l'incendie de Rome, œuvre de l'artiste couronné. Dans ce moment, le messager qui eût dit à l'histrion persécuteur que l'une de ces obscures victimes qui venaient d'expirer sur la voie d'Ostie, hors de la ville, était le monarque d'un empire qui devait se substituer au sien; qu'un jour les Césars disparaîtraient pour faire place aux successeurs de ce supplicié; que dans le palais souillé par leurs débauches trônerait en souverain le vicaire du Christ qui naquit dans retable de Bethléhem; qne le royaume de ce vieil'ard à la robe blanche et au bâton pastoral serait plus vaste que celui du peuple-roi, et qu'il n'aurait d'autre limite que l'éternité; ce messager eût été renvoyé comme un insensé ou battu comme un imposteur : et pourtant rien de plus vrai. Pierre avait piis possession de Rome par son tombeau; dix-neuf siècles ont passé sur cette pierre angulaire; elle n'a pas remué et elle ne remuera jamais jusqu^à la consommation des temps.