‹ Les premiers ap^otres des GaulesChapitre 91 sur 180 · SAINT BENIGNE, APOTRE DE LA BOURGOGNE, ET SES COMPAGNONS, MARTYRS · texte numérisé non relu

SAINT BENIGNE, APOTRE DE LA BOURGOGNE, ET SES COMPAGNONS, MARTYRS

Authenticité des actes de saint Bénigne. — Ce saint est envoyé par saint Polycarpe avec Andoclie, Thyrse, Andéol et quelques autres collaborateurs apostoliques dont les noms sont connus de Dieu seul. — Le sous-diacre Andéol évangélise les Cavares, les Voconces, les Méminiens. — Son martyre. — Bénigne et ses compagnons Andoche et Tbyrse sont accueillis chez le décurion Faustus, à Autun. — Interrogatoire de Symphorien. — Son martyre. — Floscel ou Flocel martyrisé avec quelques autres adolescents. — Vénération de la vertueuse Leonilla, sœur du décurion Faustus, pour l'apôtre de la Bourgogne. — Les trois frères jumeaux Speusippe, Éleusippe et Méleusippe. — — Héroïsme de ces jeunes confesseurs de la foi. — Le prêtre Andoche et le diacre Thyrse évangélisent le Dijonuais. — Leur martyre. — Pascasia, fille spirituelle de l'apôtre Bénigne. — Martyre de Bénigne, l'an 170. — La vierge Colomba vient dans les Gaules avec Beata, sa parente plusieurs autres compatriotes. — Elle évangélise le Sénonais. — Son martyre sous le règne de Marc- Aurèle. — Patrocle chez les Tricasses. — Son martyre. — Savinianus, disciple de Patrocle. — Son martyre. — Julia, jeune captive du barbare Claudius, refuse de l'épouser. — Elle le convertit à la religion chrétienne. — Leur martyre.

Une nouvelle colonie asiatique avait été envoyée dans les Gaules à la sollicitation des chrétiens de la vallée du Rhône; elle se composait de Bénigne et de ses compagnons Andoche, Thyrse, Andéol ; elle était arrivée dans la province lugdunaise quelque temps après le bienheureux Pothin, ainsi que le constatent les actes de ces martyrs rapportés à Grégoire de Langres par des pèlerins d'Italie; ces actes n'ont pas péri, comme le croyaient trop légèrement Baillet, Tillemont et autres de la même école. Dans le vii° siècle, ils furent paraphrasés, mais avec une bonne foi, une fidélité dignes de toute espèce de louanges. Les hypercritiques accordent en général trop peu de valeur à ces travaux de seconde main, très-curieux quelquefois, très-exacis même, et, dans certains cas, vraiment de nature à consoler de la perte des pièces originales. On rencontre, au ix^ siècle, un troisième travail hagiographique sur l'apostolat de Bénigne; ce n'est pas précisément une paraphrase de ses actes; mais la vie de ce martyr, celle d' Andoche, de Thyrse, de Symphorien, d'Andéol, des trois frères jumeaux sont fondues dans un même récit qui se recommande par une grande sincérité historique dans l'emploi des vieux manuscrits; il se recommande aussi en ce qu'il entre dans la très-ancienne collection du prêtre Wolfhard. On objecte que ces actes ne se trouvent pas dans le recueil de dom Ruinart; ce serait une grande erreur de s'imaginer que \es Acta sincera de ce béûédiclin. contiennent tous les actes authentiques que l'on possède; ce serait être bien peu au courant du mouvement de la critique depuis deux siècles, de rejeter parmi les apocryphes tous les monuments non compris dans cette savante collection. Au reste, le judicieux dom Rhinartavouait, avec la modestie du vrai talent, qu'il avait ignoré beaucoup d'actes;

1 Ada primomm martyrum sijicera, par dom Ruinart; in-folio, Paris, 1G89.

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