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je n'avais plus qu'à sortir du ch&tcnu, caries apparences étaient (,•••- ■■ -i. Li comtesse, sans dire un mol, changea cou , ut de physionomie; tout ce qu'il
y avait de sévère dans sa figure disparut^ on eût dit un arc-en-ciel se dessinant tout à coup sur des nuages sombres. Elle monta sur le lit, prit les rideaux et se rapprocha de moi tout à fait comme elle avait surpris Jeannette... — Oh ! s'écria Sylvestre; et puis? — Et pais, dit Jamesj je fus cent fois plus déconcerté par un changement si subit dans la manière d'agir de la comtesse; à mon tour, je sautai au bas du lit et je m'enfuis, laissant la comtesse. — Mallieureux ! s'écria Valentin'. — Et vous avez osé la revoir ? demanda Sylvestre. — Non, dit James, je quittai le chftteau dans la matinée. — Faisons vite notre quatuor de Haydn, dit Valentin; il n'y a rien à ajouter après une pareille conclusion. »
Violette Taffin amena, à la séance qui suivit, son amie Victoire, qui était une jeune fille pâle, maigre et d'une santé appauvrie. « Mademoiselle, dit Valentin, permettez-moi de vous embrasser. — Mais je ne vous connais pas, » dit-elle en souriant. Sans attendre de permission, Valentin l'embrassa, a Voilà, dit-il, la connaissance faite ; maintenant j'ai le droit, quand vous sortirez ou vous entrerez, de vous saluer de cette façon. — Que dira Violette? demanda Victoire.
— Violette y est habituée, dit Valentin. Comment vous appelez- vous? — Victoire, dit-elle. — Eh bien. Victoire, il y a quatuor ce soir; je vous en préviens, atin que s'il vous prenait quelque envie de parler, il est temps maintenant de satisfaire à ce besoin. — Pourquoi? demanda-t-elle. — Parce que tout à l'heure le silence le plus absolu sera votre partage. — Je l'ai prévenue, dit Violette. — Vous me croyez donc bien bavarde ! demanda Victoire. — Du tout, dit Valentin, mais on a vu des personnes qui aiment à causer et qui se trouvent malades d'un bavardage rentré ; ne vous gônez pas, vous êtes libre à cette lieure, causez beaucoup, dites tout ce que vous voudrez, même des bêtises, Violette vous aidera. — Est-il galant? dit Violette. — Vous me comprenez bien, n'est-ce pas,Victoire; j'entends que vous pouvez parler de sujets d'une importance médiocre. — Je comprends, dit Victoire, que vous êtes sans façon. Monsieur Valentin. — Si vous me dites encore monsieur, je vous tutoie, d
Valentin avait un tel empire sur les grisetles, qu'au bout de cinq minutes, par sa bonne humeur, ses embrassades, sa gaieté, il savait réduire les plus fièrés au silence, et que fascinées par le sans-géne de sa conversation, elles s'imaginaient connaître Valentin depuis plusieurs années.
Sylvestre, qui entra sur le moment^ était d'une nature contraire : il était plutôt occupé du dedans que
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«lu dehors, cl quand une idée bouillonnait en lui, il aurait passe auprès d'un régiment de tambours sans les entendre. — Oh ! mon ami, s*écria-t-il en entrant dans la chambre J'ai entendu Prcciosa; quelle musi- 4]ue * j'en rôve, je me réveille en pensant à Prcciosa; il y a un petit motif qui m'est revenu dans la tôle et qui ne m'a pas quitté de la journée... Aujourd'hui je je cherche et je ne le retrouve plus... Voyons? » Il se mit au piano et essaya quelques accords : a Ce n'est pas ça; pourquoi n'as-tu pas la partition de Preciesa. Tu devrais avoir tous les opéras de Weber... Comme le public, du reste, a compris la partition de Prcciosa! les grandes œuvres seront toujours comprises... Tout le monde s'y mettait; le chef d'orchestre, les musiciens, les choristes eux-mêmes, qui ne vont pas bien ordinairement ; cependant, ce jour-là, ils ont mieux chanté, parce qu'ils comprenaient. La chanteuse était une allemande qu'on ne connaissait pas encore, une femme d'une quarantaine d'années, les traits fatigués; elle était brisée par Tamour ou par la musique, peut- ^Ire partons les deux à la fois; aussitôt que l'orchestre fit entendre ses premiers accords, sa figure s'illumina et elle parut une tout autre femme. Quoique musicienne, elle laissait aller sa tôle à un doux balancement qui ne ressemblait pas à ces balancements de tôte des bourgeois de l'Opéra-Comique ; la musique lui produisait le môme effet que la brise qui incline les ftuilÎPK (!p<; nrlires; aussi me suis-je douté qu'elle al-
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lait bien chanter, quoique son âge et les fatigues empreintes sur sa figure fissent préjuger quelque altération dans la voix... Je voudrais te donner une idée de la ronde des bohémiens et de ces cors qui se répondent danslesbois, elducliant des oiseaux... Quelle musique ! il y a longtemps que je n\ii entendu quelque chose d'aussi beau... Je ne peux pas, continua Sylvestre en grimaçant et en se torturant la figure qui réfléchissait le trouble de ses pensées, te donner une définition de Preciosa.., Cela ne se définit pas; mais toute la salle devait Atre influencée comme moi. Le sentiment de la nature paraît si visiblement dans cette œuvre, il est si'difticile de mieux rendre le silence des grands bois troublés par le son du cor ; le chant des oiseaux se traduit si clairement par le timbre du hautbois, des clarinettes et des flûtes, que chacun oublie la ville et ses petites passions pour rêver aux grandes solitudes, aux verdures éternelles... Le chœur des bohémiens nous rappelle à la vie libre... Tiens, dit Sylvestre en s'interrompant, bonjour, Violette, je ne vous avais pas vue. — Tu as mangé la part de Victoire, dit Valenlin. —Quelle Victoire? demanda Sylvestre. — Mademoiselle, dit Valenlin, en montrant la griselto qui, assise mélancoliquement sur le divan, écoutait l'enthousiaste. — J'ai mangé sa part 1 demanda avec inquiétude Sylvestre. — Elle n'avait qu'un petit quart d'heure à causer : tu parles bien, il est vrai, mais tu n'en rognes pas moins sa provision de para-
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les. Violelto, pri'pnre les lampes et les pupitres. Pendant que la jeune fille obéissait aux ordres de Valentin, Sylvestre s'était mis au piano et cherchait à se souvenir d'un motif de Preciosa, « Voilà déjà huit heures, dit Valenlin, et James n'arrive pas. — CiUelina est prévenu ? demanda Sylvestre. — Oh ! il ne manque jamais : il ne s'enthousiasme pas en apparence comme James, mais il est plus sérieux. On sonne^ Violette, ▼a ouvrir. » C'était le premier violon, a Nous serons obligés de jouer des trios ce soir, dit-il. — Diable! s'écria Valentin, James ne vient pas, je parie. — Je l'ai rencontré dans la journée, dit Catelina, il m'a prévenu qu'il avait des affaires importantes. — S'il s'agissait encore de quelque rendez-vous, dit Sylvestre, on pourrait lui pardonner; mais rien de sérieux ne rengage ailleurs. — Il lui est tombé un parent de province, dit Catelina. — Il n'y a pas de parents, s'écria Valentin, quand on fait delà musique. Je passe ma vie en vagabond, à me faire donner congé par tous mes propriétaires à cause des quatuors, et cependant je tiens bon : il faut savoir se sacrifler pour la musique. Est-ce que vous vous en allez? Victoire. » La jeune fille s'était levée et mettait son chapeau. a Je suis sortie, dit-elle, de l'atelier avant l'heure, et j'ai peur qu'on ne vienne me chercher. —7 Quel est l'heureux ont dit Valentin. — C'est quelqu'un que tu ne connais pas, M. Colisée, dit Violette. — Mademoiselle, reprit Catelina, il pleut beaucoup, je vous aver-
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lis. — Oh ! dit Victoire avec un certain effro i^ il va se mouiller. — Eh bien! Violette, dit Valentin, dis-moi si je suis autant aimé que ce M. Colisée; es-tu jamais troublée ainsi de me laisser mouiller !
— M. Colisée, répondit Violette, est toujours trèsbien mis, en bottes vernies, et Victoire sait combien il lui est déplaisant de se mouiller^ tandis que tu ne crains pas de marcher sans parapluie.
— Un parapluie! s'écria Valentin, je les hais, les parapluies; malheur aux gens qui marchent sur les trottoirs en les tenant devant eux comme un bouclier, je ne manque jamais de leur donner un violent coup de poing; mon rêve serait de les broyer avec la toile, les baleines et le manche.
— Alors, dit Victoire, je n'ose pas vous demander de m'en prêter un.
-^ Violette s'est passé la fantaisie d'une ombrelle, dit Valentin, mais je lui interdis le parapluie quand €lle esta mon bras; aussi. Victoire, comme vous le présumiez, vous n'en trouverez pas ici.
— Comment faire ? disait Victoire.
— M. Colisée, dit Violette, ne te voyant pas venir, montera à Tatelier; on lui dira que tu es partie avec moi, et il viendra ^B chercher.
— Mesdemoiselles, dit Valentin, un ptni m- mhikc, nous nous accordons, d
Deux heures se passèrent en trios; mais les trois amis, accoutumés à faire de la musique de quatuor,
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irétaîent pas s*itisfaiU de la crrtaino maigreur que ne paniennent pas à dissimuler trois instruments à rordes : ù chaque repos, le nom de James reparaissait, flanqué d'injures de toute espèce; mais l'entrée de H. Colisée vint mettre une diversion à la mauvaise humeur des exécutants. Le nouvel arrivé jeta un regard sec sur Victoire qui avait souri en voyant entrer son amant et qui devint morne sous ce coup d'cèil. M. Colisée représentait un jeune employé par Texcessif soin de sa toilette ; il tenait ses habits i'omme on tient des livres. Le regard était attiré pat une chaîne d'or et par des breloques également en or disposées avec symétrie. Entre l'ouverture du gilet de velours apparaissaient les plis d'un petit jabot empesé avec soin ; la cravate, lustrée et d'un satin luisant, large de deux doigts, couleur bleu de ciel, appartenait, par les nœuds réguliers et carrés, à ces cravates toutes faites qui se trouvent à l'étalage du chemisier et qui ne laissent nulle part à la fantaisie du porteur. Sur la cravate se collait, plus roide qu'un morceau de fer-blanc, un faux-col rabattu. Le chapeau était aussi !)rillant qu'aux vitres d'un chapelier ; pas un poil ne se détachait de la niasse, et il ressemblait à un lac «aime. En l'ôtant, le jeune homme laissa voir une chevelure lisse, onctueuse, partagée sur le milieu du front par une raie plus droite qu'un soldat prussien, qui sillonnait le dessus du crâne et descendait jus- <|u'au cou. Des favoris un peu minces partaient des
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oreilles et allaient s'épaississant avec une régularité désespérante^ pour former deux belles poires de chaque côté drsjoues. Les sourcils avaient été tracés, sans doute, parle tire-lignea d'un architecte, en demi-cercle parfait, et semblaient tendus comme la corde d'un arc ; la barbe du menton, en forme de royale, aurait fait le désespoir d'un maître d'écritures, tant elle était irréprochable dans sa tournure de virgule présentée de face; le même soin avait présidé à la moustache épaisse, qui se tordait tout à coup aux angles de la bouche et présentait une petite pointe aiguë vraisemblablement obtenue par une cire sans égale. La figurr du jeune homme offrait .ce teint mat particulier aux lorettes qui prennent un grand soin de leur corps; elle ne paraissait pas naturelle, les eaux de toilette, les onguents devaient y jouer un rôle éternel quand le jeune homme était retiré en son particulier. De grands , yeux noirs taillés en amande et bordés de longs cils semblaient plutôt de grandes fenêtres par les ouvertures desquelles il ne passait ni esprit ni intelligence.
Irréprochable en tout, on pouvait reprocher h ce jeune homme de ne penser jamais ; ses lèvres étaient dbposées à recevoir un sourire perpétuel, et elles s'ouvraient pour laisser voir une rangée de dents si blanches, si bien rangées et si bien taillées, qu'elles pouvaient avoir été décrochées la veille, dans un passage, à la montre d'un dentiste, l.i \ie était absente de cette physionomie en proie à l'art des parfumeurs
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e\ des coiffeurs. Habillé d'une veste turque, M. Colisée eût pu gagner sa vie à tourner sur un piédestal dans la boutique d'un marcliand d'habits. Un costumier Teôt habillé en Espagnol, avec un pourpoint couvert de broderies, et Teût susjx^ndu à sa fenêtre du premier étage, certain qu'il ne bougerait pas et qu'il remplirait avec avantage un mannequin.
Le Irio regarda avec stupéfaction cette élégante gravure de modes vivante, pendant que Victoire dé- Torait des yeux son amant; une flamme maladive, passait par les yeux de la petite ouvrière, qui restait presque en extase devant le jeune homme. Toute l'attention de Valentin était portée surtout vers un •-ertain parapluie' bleu de ciel, fluet et léger, qui complétait l'habillement de M. Colisée. Quant à lui, après avoir jeté en entrant un regard dans la glace de l'appartement, il salua les trois amis d'un signe de tête modéré qui ne pouvait déranger sa coiffure. Ayant été invité à s'asseoir, il releva les pans de son habit avec la précaution d'une marquise qui s'assied avec ses paniers; et, autant que pouvait l'exprimer sa physionomie, il envoya un regard sévère à l'adresse de Victoire. Celle-ci, partagée entre le plaisir de voir son amant et la crainte de lui avoir déplu, suivait avec inquiétude un coup d'œil qui allait d'elle aux bottes du jeune homme.
« Violette, dit-elle bas a i oreille de son amie, pourrais-tu me prêter un torchon?»
Violette passa dans la pièce voisine et en revint aussitôt avec un linge. Alors Victoire, sans perdre uno seconde, s*agenouilla devant son amant et lui essuya les bottes, sur lesquelles paraissaient deux ou trois taches de boue.
Valentin suivait cette pantomime et regardait ses amis on haussant les épaules. Catelina ne laissait rien paraître de ses observations, et Sylvestre souriait amèrement. Pour M. Colisé.î, étendu avec une nonchalance affectée dans le fauteuil, il ne prétait aucune attention à Victoire, qui lui essuyait les bottes avec la compassion de la Madeleine baisant les pieds du Christ, et il se regardait dans la glace qui lui faisait face, avec une entière complaisance.
a Si nou^ jouions la sérénade de Beethoven? » dit Valentin exaspéré^ on voulant donner \m niitro ronrN à ses pensées.
Il suffisait qu'un des amis eût un désir pour qu'il fût accepté avec empressement par les autres; malgré les grandes discussions musicales qui s'élev ' ' parfois il propos de Beethoven et d'Haydn, un c^'.. tjsme amical les réunissait et les empêchait de s'opposer à la lecture d'un maître plutôt qu'à celle d'un autre maître.
a Fais donc atu ..Immî : » dit Sylv. . tiv :> Vn!f>'^»;'. qui ne partait pas au signal donné.
Mais Valentin levait de temps en temps les yeux de dessus son cahier et regardait curieusement le jeune
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homme dans son fauteuil, qui avait tiré de sa poche mi flacon de sels et le respirait avec aflectation. L'appartement était petit et rempli^ il est vrai^ d'un épais brouillard de fumée de tabac qui n'était rompu que par la vive lueur d'une lampe à quatre becs suspendue au plafond.
— Nous n'allons pas! s'écria Sylvestre indigné, nous n'allons pas ! Peut-on faire de la musique pareille !
Une fois assis devant son pupitre. Sylvestre ne connaissait plus que la musique, et rien n'était capable de le déranger de son attention profonde; au contraire,
alentin se laissait influencer par l'harmonie et oubliait qu'il jouait en compagnie pour être absorbé par son instrument propre^ ce qui est le plus grave défaut quand il s'agit de musique d'ensemble. Valentin avait fait trop longtemps de la musique seul avec son piano pour se rompre entièrement à l'esclavage du quatuor et du trio. Il était trop ou pas assez attentif à sa partie ; trop attentif, il ne regardait jamais le premier violon et suivait un rhythme précis, sans s'inquiéter si le mouvement ralentissait ou augmentait de vitesse. La direction d'un quatuor est imprimée par le premier violon; les trois autres instrumentistes sont des inférieurs qui lui ont juré une obéissance absolue et qui ne doivent pas le quitter de l'œil, pas plus que les musiciens d'un nombreux orchestre ne jouent leurs parties qu'en regardant en même temps l'archet du chef d'orchestre.
Sylvestre entrait souvent dans des colères d'autant plus vives qu'elles étaient sourdes et continues^ car Valenlin n'aimait pas ôtre repris et soutenait toujours qu'il était dans son droit. Une fausse note^ une attaque molle, un piano pour un forte, un for le pour un piano, un final sans énergie, remplissaient l'âme de Sylvestre de tempêtes, parce qu'il remarquait surtout chez Valentin un manque d'attention. Valentin avait un défaut encore plus prononcé, c'était de se laisser distraire par les moindres événements : Violette ouvrant une porte, la lampe qui baissait, le poêle qui s'éteignait, prenaient aussitôt une case de son cerveau, la case réservée tout entière à la musique, et l'entraînaient à des fautes de détail qui faisaient bondir Sylvestre sur son tabouret.
a Ce n'est pas la peine de continuer, s'écria Sylvestre exaspéré par une queue de Valentin, il vaut mieux en rester là.
— Très-joli! très-joli I » fit M. Colisée en frappant légèrement ses mains gantées l'une contre l'autre.
Ce compliment immérité redoubla la colère de Sylvesli' a Vous trouvez? Monsieur, dil-il d untonsarcastique.
— Oui, vraiment, très-joli.
— Eh bien 1 Monsieur, dit Sylvestre, qui ne pouvait comprendre qu'on accolât le mot joli à l'auteur de la symphonie héroïque, c'est du Beethoven.
— Ah! vraiment! dit M. Colisée, Beethoven a Th! de bien jolis motifs.
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— Brute! » murmura Sylvestre qui so pinçait les i.\. — < comme '•' *"''* '-^v.ni que « ' -o no fit
>iou.
Heureusement M. Colist^e se préparait au départ et ne remarqua pas la sourde colère qui agitait Sylvestre ; mais aussitôt qu'il fut parti l'explosion éclat:i parmi les amis.
c Comment, dit Sylvestre à Valentin, tu connais des ôlres pareils, tu les reçois et tu les admets pendant que nous faisons de la musique !
— C'est de la faute de Violette, dit Valentin.
— Il n'a pas fait de bruit, dit la jeune fdle pour s'excuser.
— Il aurait mieux valu, s'écria Sylvestre ; je lui aurais jeté un pupitre à la tête, j'étais dans mon droit ; mais c'est un homme peint ! Grands dieux ! quelle éducation a reçue un pareil être ! Il a osé tirer un flacon de sa poche et le respirer, comme si la musique sentait mauvais.
— C'est c^ qui m'a troublé, dit Valentin ; voilà pourquoi j'ai passé une ligne.
— Pourquoi le regardais-tu ? demanda Sylvestre.
— Et toi?
— Moi, je le voyais malgré moi dans la glace, car je lui tournais le dos ; mais cela ne m'a pas empêché de faire attention à ma partie.
— Il est vrai qu'il se regardait beaucoup dans la glace, dit Violette.
lit LIS PmiMIERS BEAUX JOURS.
— Après deux ou trois séances pareilles, dit Catelina, il finirait par dévorer le tain; je suis certain que ta glace doit être abîmée.
— Et cette femme a Tair de l'aimer ! dit Valentin.
— Elle l'adore, reprit Violette. Toute la journée, à l'atelier, elle ne parle que de M. Colisée ; ses moindres pensées sont tournées vers lui, elle ne sait qu'inventer pour lui plaire.
— Pauvre fille ! dit Sylvestre ; j'étais vraiment honteux pour elle quand elle a essuyé les bottes vernies de cet homme.
— Cest de la légèreté, dit Valentin.
— Bon! dit Violette, à partir de demain, je ne cire plus tes souliers.
— Avise-toi, dit Valentin, de laisser ma chaussure morne I En cirant mes souliers, tu agis dans un but d'utilité, de propreté et d'économie. Je ne te compromets pas devant le monde"; tu l'avoues, mais rien ne t'y forçait. Ce sont des petits détails d'intérieur que tu te plais à révéler et qui n'ont rien de pénible ; tu ne voudrais pas me voir dans les rues crotté comme un barbet. Tu as assez d'amour-propre pour tenir à ce que ma chaussure resplendisse. Ne brosse plus demain les souliers de celui qui t'adore, continua Valentin d'un ton plaisant, je suis incapable de me livrer à cette fonction, j'appelle un commissionnaire et je lui confie cette besogne, moyennant une rétribution de tant par mois. N'ayant pas de rentes, je grève mon bud-