‹ Les premiers beaux joursChapitre 23 sur 33 · LIS EA60TIN8. «SI · texte numérisé non relu

LIS EA60TIN8. «SI

— Vraiiîionl ? fit-i^lle en souriant. Mais je vous remercie bien; jamais un musicien ne m'a accompagnée comme vom*;. ÎI m*a semblt» qno votre vi(»loncelle pleurait.

Après un moment de réflexion:

— Qwe c'est désagréable de vous quitter! dit-elle.

— Oh ! oui.

— Nous nous re verrons.

— Vous ne m'avez pas raconté, dit Théodore, la fin de vos débuts au théâtre.

— - Venez demain, mon ami, avec votre basse, pour ne pas exciter ...

Elle s'arrêta en hésitant. Théodore écoutait.

— Pour ne pas exciter ?... demanda-t-il.

— Oh ! rien. A demain, n'est-ce pas ?

Mystères de province.

Le même jour, Théodore se promenait, seul, le long des bords de la Marne. D'habitude il était mélancolique et rêveur ; mais il paraissait agité, soit qu'il marchât d'une façon inquiète et tourmentée, tantôt à grands pas, tantôt s'arrêtant avec brusquerie à regarder couler la rivière, tranquille et verte.

Il avait dépassé, pour être plus solitaire, l'endroit où les bourgeois de la ville se promènent habituellement ; aussi fut-il étonné et médiocrement content de

ttt LES PREMIERS BEAUX JOURS.

rencontrer, étendu sur le gazon, derrière une haie, Marteau- Isidore, qui semblait très-heureux de regarder les nuages.

— Eh bien ! jeune homme, dit le bourgeois, avezvous été plus heureux aVijourd'hui sur votre instrument?

Quoique Théodore n'eût jamais eu la moindre relation avec Marteau-Isidore, cette qiflîstion ne le surprit pas, les personnes âgées ayant, en province, des droits aussi sacrés que ceux des vieillards à Sparte; mais la nature de la question Tinquiéta. On savait donc dans la ville, pensa-t-il, qu'il avait été le matin chez Tactrice.

— J'étais à la répétition d'hier, continua Marteau, et j'ai tout entendu par hasard.

Théodore ne répondait pas.

— Vous avez tort d'être timide, jeune homme, car vous passez pour bien pincer du gros violon.

— De la basse, vous voulez dire.

— Bah ! je m'entends. Écoutez-donc, je ne suis pas musicien, moi... Dans ma jeunesse, je jouais de la flûte, mais en amateur tout à fait. On apprend beaucoup mieux la musique aux enfants à l'heure qu'il est. Comme je vous disais, je passais ce matin près du Soleil d'Or, et je vous ai vu entrer, votre gros violon sous le bras.

— Avec matasse, dit Théodore en souriant.

— Vous y êtes resté deux heures approchant.

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— NoD^ monsieur; j'ai répété très-vivement mon morceau, une demi-heure tout nu plus.

— Permettez, ma montre est très-juste. A dix heures cinq vous entriez, à midi quarante vous sortiez.

— Mais, monsieur ! dit Théodore en trouant la terre avec sa botte.

— Voyez, je vous fais bonne mesure encore. Du reste, ça se conçoit, vous êtes jeune, la petite Victorine n'est pas déplaisante. Eh ! eh ! il faut que jeunesse se passe.

Théodore sentait la colère lui monter à ces questions et à ces commentaires indiscrets.

— On avait eu le soin de renvoyer le mari. Ah ! jeune homme, jeune homme, je suis un vieux routier, moi qui vous parle, dit Marteau-Isidore en ftiisant rouler se gros yeux inquisiteurs.

— De quel mari parlez- vous, monsieur? dit Théodore, qui se sentait de violentes envies d'envoyer le questionneur prendre un bain dans la Marne.

— N'ai-je pas aussi rencontré Saint-Victor, le directeur, vous savez bien... C'est lui le mari, ou à peu près, de votre flamme.

— Ma flamme ! s'écria Théodore au comble de la colère.

— Mais oui ; il vous faut donc des points sur les t, ne vous a-t-elle pas embrasé en vous embrassant? eh ! eh ! fit en ricanant le terrible bourgeois, fort heureux de son jeu de mots.

tti LES PREMIERS BEAUX JOURS.

En entendant cette plaisanterie, Théodore devint pâle. Sa figure se contracta; il s'arrêta, les poings crispés, devant son interlocuteur.

— Monsieur, s'écria-t-il, je vous demanderais raison de vos goguenarderies si vous en valiez la peine. Mais tout le pays vous méprise. Vous savez bien que vous avez ruiné les petits commerçants de la ville. Vous savez bien que vous vous êtes enrichi en volant vos pratiques. Est-ce qu'on devrait parler à un homme de votre espèce ? Je suis bon de me meUre en colère pour vous qui prêtez à la petite semaine, vous, un infâme usurier !

A son tour, Marteau-Isidore pâlit de rage. Il voulut répondre, mais la voix lui manquait.

Théodore partit après avoir jeté un dernier regard de mépris au bourgeois, qui ne reprit son sang-froid qu'en voyant le jeune homme disparaître.

— Tu me le payeras, toi ! dit-il sourdement.

Puis le bourgeois reprit aussitôt son masque calme; et comme un bruit de pas et de voix se lit entendre non loin, Marteau s'étendit sur le gazon^ derrière la haie, à la place où l'avait trouvé Théodore.

Mise eo scène d'une comédie.

Les arrivants étaient le secrétaire de la mairi»^ ot Saint- Victor. Tous deux causaient avec clialeur.

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— Le plus profond secret sur celle afTatrc, disait M. Ponceau.

— Aqiii le(iitos-voiis r n'pondjut >ai!i(-> ictor, toute la comédie est là ; cependant j'en reviens à ce que je TOUS disais tout à l'heure, la vue du pays est nécessairo.

—Monsieur Saint-Victor, il y a dans les magasins un décor représentant une ville, un décor très-propre encore. 11 peut lutter avec le petit salon orange.

— Ça ne fait pas notre compte. Si les habitants ne recoonaissent pas la petite place où Ton vehd de la viande...

— La Placette, comme nous l'appelons?

— Précisément, la Placette, j'ai besoin d'une Placette. 11 faut qu'on y voie les maisons avec les enseignes et les noms sur les enseignes. Tout le succès viendra du décor de la Placette... Je ne dis pas cela pour mettre en doute vos instincts dramatiques, au contraire ; mais vos channants petits couplets, car je sais que vous n'en faites que de charmants, y gagneront... l'intrigue aussi. Au fait, avez-vous une intrigue?

— C'est assez intrigué, dit complaisamment M. Ponceau. Je vous ai dit le commencement de l'ouvrage, TOUS allez voir. Nous en étions au jeune homme... Le mari ignore que c'est l'amant de sa femme ; elle le fait passer pour son cousin... N'est-ce pas un peu risqué?

— C'est selon, dit Saint-Victor.

— Ne vous gênez pas, dites vraiment le fond de votre pensée?

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— Non, non, Tinlrigue peut marcher ainsi. C'est fort gai, l'amant qui passe pour le cousin. Divers auteurs dramatiques ont déjà employé ce moyen avec succès.

— On peut se rencontrer, dit M. Ponceau. Alors le dénoûment se déroule naturellement, le mari ne sait rien.

— Bravo î et tout le monde applaudit... surtout si nous avons le décor de la Placette.

— Pensez-vous que cent francs suffiraient? dit M. Ponceau.

— Non, il vaudrait mieux ne rien avoir.

— Là... en faisant des économies.

— Je mets tout au plus juste prix, dit Saint-Victor. Mon décorateur est un garçon d'un immense talent ; je l'ai enlevé à l'Opéra. Ce jeune homme voulait jouer à toute force la comédie ; il peindra pour presque rien le décor, c'est plutôt un service qu'il me rendra.

— Une idée ! s'écria M. Ponceau, je ferai un couplet final pour le maire.

— Très-bien ! monsieur Ponceau, vous êtes un . homme vraiment ingénieux. Pourquoi n'avez-vous pas

travaille pour la capitale ? Qui est-ce qui dit que tous les gens d'esprit sont à Paris ? Je voudrais qu'il vous entende, celui-là. Le couplet au maire ira parfaitement... avec le décor. Vous me le ferez chanter dans mon rôle, et, d'un geste adroit, je montre sa maison sur le décor, car elle y sera, la maison du maire.

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— Ln niomeiit, le maire ne demeure pas à la Placette.

— N'importe, nous mettrons sa maison en coulisse, du côté cour.

— Je n'ai pas encore dit que je consentais à faire les frais du décor.

— Vous plaisantez, c'est entendu. Qu'est-ce que ( ent cinquante francs pour un homme aussi haut placé que vous ?

— Soit, (lit M. Ponceau, dont tous les scrupules étaient levés. Je voudrai cependant m'entendre avec Notre décorateur.

— Vous êtes dans votre droit. Je pense aussi à une chose... nous mettrons les maisons des gens les mieux posés de la ville, je dirai à mon décorateur d'y peindre la vôtre. A propos, serais-je bien indiscret en vous demandant la petite somme d'avance ?

M. Ponceau fit la grimace.

— Les couleurs sont d'un prix exorbitant, dit Saint- Victor, je suis certain d'y mettre encore de ma poche.

— Eh bien I envoyez demain de bon matin chez moi, la somme sera prête.

— Ah! monsieur Ponceau, vous me comblez. Oserais-je vous prier de dîner chez moi, à l'hôtel?

— Monsieur Saint-Victor, je suis flatté, vraiment.

— Nous parlerons de votre comédie. Je ne vous iunnerai pas d'esprit, vous en avez à revendre; mais

j ai passé ma vie dans le théâtre, il y a les entrées, les

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sorties, qui sont terribles pour quelqu'un qui n'en a pas riiubitude... Ainsi vous daignez partager mon modeste diner ?

— Ah ! monsieur, vous êtes trop bon.

— Entre nous, je vous dirai qu'on n'est pas bien à mon hôtel, une véritable gargote où je dépense un argent fou. Nous y dînerons mal, très-mal même.

— Il y a quelque chose de plus simple, dit M. Ponceau entraîné dans un abîme de dépenses^ venez dîner chez moi.

— Ah ! monsieur Ponceau !

— Mon dîner est prêt. Quand il y en a pour un, vous savez le proverbe, et puis je préviendrai à ma pension.

— Vous êtes mille fois trop gracieux... Comment ! je vous invite à dîner, et c'est vous maintenant qui...

— C'est sans façon, mon cher monsieur Saint- Victor.

— Vous me permettrez au moins de vous offrir le café.

— Merci, je n'en prends jamais.

— Alors je ne dîne pas avec vous...

Poussé à l)out, M. Ponceau accepta.

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Mil D'une lettre anonyme qui changea les plans de comédie.

M. Ponreau (iniicurait lùovs vue (ic ia M.mnsc, chez d'honnêtes rentiers qui tiraient profit d'un premier éUge inoccupé en le louant à une personne de confiance.

Ces rentiers etiiient glorieux d'être en rapport avec un personnage de riniportance de M. Pi)nceau. Aussi étaient-ils aux petits soins près de lui. On allait ouvrir pour monsieur le secrétaire de la mairie ; on recevait ses lettres. La maîtresse de la maison n'était jamais plus heureuse que les rares jours où elle pouvait pénétrer dans l'appartement de son locataire. Enfin M. Ponceau était respecté, vénéré, adoré, dorloté; pour résumer d'un mot son heureuse position de célibataire, o Tenfant chéri de la maison. »

Comme il introduisait la clef dans sa porte, suivi de son convive :

— Monsieur Ponceau ! monsieur Ponceau ! cria-ton à rétage au-dessous. J'ai une lettre très-pressée pour vous.

Au même instant une grosse dame monta en soufflant les v'mgt-cinq marches qui séparent le premier étage du rez-de-chaussée.

— Monsieur Ponceau, c'est un petit paysan qui m'a

dit de vous dire de la lire tout de suite, tout de suite.

— Je ne connais pas cette écriture, dit le secrétaire de la mairie en tournant et retournant la lettre, qui sentait le mystère.

H ouvrit sa porte.

— Dieu ! que c'est dur, par ces temps-ci, de monter un étage, dit la grosse ()ame, espérant être invitée par son locataire à entrer chez lui.

M. Ponceau, peu sensible à ses insinuations, salua sa propriétaire après l'avoir remerciée, et referma sa porte.

— Vous permettez ? dit-il à Saint-Victor en décachetant la lettre.

— Comment donc, mon cher ami ! vous êtes chez vous.

A peine M. Ponceau eut-il lu quelques lignes, qu'il pâlit et sembla terrifié. Cependant il continua, non sans manifester la plus vive surprise. Puis il relut cette étrange lettre :

c Monsieur, je vous défends de donner à M. Saint- Victor les cent cinquante francs que vous lui avez promis pour les frais de décor de votre comédie. Cela n'empêchera pas la représentation ;,mi rontrairo. \\(mi qu'elle ait lieu.

« Mais^ sll vous avisiez de contrevenir à mes ordres, dans huit jours la place de secrétaire de la mairie de Château-Thierry serait vacante, en raison de votre démiuion. Je vous sais assez d'esprit pour ne pas cher-

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à connaîtra l'auteur de cette lettre, qui se dit ami.»

M. Poncrau tomba sur une chaise.

— Qu*avez-vous, mon cher? dit Saint-Victor, auriezvous appris la mort d'une personne chère î

— Non, dit M. Ponceau, c'est une affaire secrète d'administration. •

Et il ferma soigneusement la lettre anonyme.

Le repas se ressentit de cette aventure. M. Ponceau était troublé et il Ht assez froidement les honneurs du dîner à son invité.

Le directeur dans l'embarras.

Les débuts de la troupe eurent lieu sans grand succès. Saint-Victor fit vingt-six francs net, les frais payés. C'est du moins ce que constata, dans un article théâtre, le Foyer de Château- Thierry. Toujours caché sous son terrible pseudonyme de Diogène,}\. Ponceau déplorait le peu d'enthousiasme que les habitants de la ville manifestaient pour l'art dramatique :

0 L'honorable directeur, écrivait-il, ne recule devant aucuns frais pour plaire au public. Il choisit son répertoire avec beaucoup de tact. Nous avons remarqué mademoiselle Victorine, qui ne peut manquer, un jour ou l'antre, d'obtenir de grands succès sur les principaux théâtres de la capitale. Elle a une voix agréable, juste,

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perlée^ et chante avec beaucoup de méthode. Célicourt a parfaitement rendu lerôledu jeune premier; Verdelet a été très-plaisant dans un rôle sacrifié. Madame Saint- Prix ne nous en voudra pas de notre crime de lèse-galanterie. Nous aurions dû la mettre en première ligne; mais notre plume est seule coupable. Lapsus calamil

« Les honneurs de la soirée ont été pour Saint-Victor, qui a mis dans son rôle autant d'entrain, de verve et de brio, que Philippe, des Nouveautés. On a crié bis au couplet final, et c'était justice. Espérons que les prochaines représentations seront plus profitables à notre spirituel directeur-acteur. »

— Penh ! le méchant article ! dit Saint-Victor à Victorine.

Saint-Victor ne se faisait pas faute de critiquer M. Ponceau, depuis que celui-ci avait refusé de faire les frais de son vaudeville.

Verdelet et Célicourt entrèrent.

— Nous venons, dit le comique, au nom de toute la troupe, qui crève de faim.

— Mes pauvres vieux, dit Saint-Victor, je comprends ça.

— Pourquoi rester ici ? 11 n'y a rien à refrire. A Soissons, dit Verdelet, je me rattrapais sur Tarmée. Mène-nous dans une ville de troupiers, je ne te demanderai plus d'appointements, moi, je suis sûr de trouver à dtner. Il n'y a pas après les sergents-majors et les muré-

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ohiux de logis. Voilà des gens qui comprennent le comédien et qui l'emmènent dîner.

— Attendez quelques jours, mes enfants.

— A Alibeville, dit Cclicourt, je serai à mon plan, au moins.

— J*ai remarqué, dit Verdelet, que les Abbevilloises ont un grand faible pour les jeunes premiers.

— Patience, nous irons, dit Siiint-Victor. Mais il faut obéir à mon itinéraire. Vous voulez donc qu'on m'enlève mon privilège?

— Il est beau, ton privilège 1... Tu ne pourrais pas nous donner vingt francs à compte à chacun.

— Vingt francs par tête ! s'écria le directeur, ça fait deux cents francs. J'avais machiné une petite affaire qui a fait four, malheureusement. Savez-vous combien il m'est resté l'autre jour, après avoir payé les pompiers, le garçon de IhéAtre, le liiniinaire, les figurants, les habilleuses ?

— Nous savons bien que tu ne nages pas dans Tor, dit Verdelet. Mais j'ai un moyen.

— Dis vile.

— Il y a dans cette ville un nommé Marteau-Isidore, honnête usurier de son état, qui te prêterait volontiers.

— N'est-ce pas ce gros homme, avec le front dégarni, qui me lorcTi'it i-tui «h.v |.,v.n.w\roc 9 (\\{ Viriorine.

— Lui-même, des yeux de bœuf.

— J'y cours, dit Saint- Victor.

t44 LES PREMIERS BEAUX JOURS.

Un lonp-cervier.

La maison de Marteau-Isidore est au bout de la ville. On la reconnaît facilement à des barreaux de fer ventrus qui garnissent les fenêtres. Ces baireaux, jadis fort en usage en province, disparaissent tous les jours. Seules, les personnes âgées qui tiennent aux traditions de leurs ancêtres s'en servent, ou les gens d'affaires, qui se précautionnent ainsi contre les voleurs.

Une domestique âgée vint ouvrir à Saint-Victor et rindroduisit dans le cabinet du bourgeois. Rien n'indiquait riiomme d'affaires. On ne voyait pas de papiers, pas de registres, et pas de cartons verts gros de dossiers.

Marteau-Isidore entra peu après d'un air souriant :

— Monsieur Saint- Victor, donnez-vous la peine de vous asseoir.

Le directeur fit les questions sanitaires d'usage et toussa légèrement avant d'entrer en matière.

Ils est à remarquer que la toux joue un grand riMe dans les affaires. C'est toujours le demandeur qui tousse. Aussi un usurier parisien très-célèbre, le père Guillaume, qu» avait observé chez un grand nombre de tujeh ce ^ymptôme, abordait-il la question en répondant : a Monsieur a besoin d'argent! »

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