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résie. L'irritation fut vive pourtant parmi les Protestants. Les Défenseurs auxquels il n'était pas permis de remplir leur mission, résignèrent leurs pouvoirs et expliquèrent leur retraite dans une proclamation véhémente qui était presque un appel à l'insurrection. Voilà donc où aboutissaient tant d'espérances! Les événements de lôyô avaient été désastreux, désastreux pour la royauté qui n'avait su ni résister ni tenir ses promesses, désastreux pour les Réformés, qui, divisés et naïfs, avaient gâché la plus admirable situation, désastreux enfin pour le pays, condamné à se traîner toujours dans l'anarchie et les discordes religieuses. La destinée avait offert aux patriotes tchèques une suprême occasion de relever le royaume et de grouper tous les partis sous une autorité commune, acceptée par tous et sanctionnée par la Constitution ; mais ils n'étaient déjà plus capables de l'effort nécessaire pour saisir ce retour de fortune. Après l'avortement de cette tentative mal conduite, satisfaits de la tolérance de fait dont ils continuent en général à jouir, se complaisant dans l'obscurité et le vague qui profitent à quelques seigneurs, imprévoyants et frivoles, ils assistent pendant plus d'un quart de siècle, sans que leur sottise s'en alarme, aux préparatifs de la réaction qui ne devait pas se contenter longtemps des succès négatifs qu'elle venait de remporter.

Maximilien n'obtint même pas la récompense de sa soumission à la cour romaine ; le trône de Pologne lui échappa. Ce dernier déboire hâta sa fin. Les Catholiques redoutaient un scandale, craignaient qu'au dernier moment il ne s'avouât protestant. Ils réussirent à l'éviter, mais ils ne parvinrent pas à décider l'Empereur à recevoir les sacrements. L'évêque Lambert s'était glissé jusqu'à lui, « caché et déguisé ». Le mourant en manifesta quelque ennui : je ne l'avais pas demandé, dit-il. L'évoque l'exhorta à se rappeler les souffrances et la mort de Jésus-Christ « dont la grâce et la satisfaction dépassent tous les péchés de Votre Majesté. — Comment en serait-il autrement, répondit Maximilien. Quelques minutes après, il expirait, laissant au monde une dernière énigme (12 octobre ib-jb).

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En face de cette tombe prématurément ouverte', les peuples ne se souvinrent plus que de leurs premières espérances. Maximilien ne les avait pas opprimés, il avait l'esprit large et l'âme douce : il eût fait un excellent monarque constitutionnel, mais sa volonté vacillante avait fléchi sous une responsabilité trop lourde, et le résultat de son règne était déplorable -. Il avait gaspillé en quelques années toute l'autorité lentement reconquise par Ferdinand, et il laissait à son tils un trône ébranlé et un pouvoir miné par des passions irréconciliables. Le jour des funérailles, le cortège se déployait dans les rues de la capitale avec une pompe inouïe : lorsqu'il arriva sur la principale place de Prague, des rumeurs sinistres passèrent à travers la foule; il était question de conspiration, de massacres : Rodolphe était blessé, mort. La panique s'empara des assistants, ils se sauvaient éperdus, se précipitaient dans les maisons : les ecclésiastiques quittaient leurs surplis pour ne pas attirer les regards, les prélats jetaient leurs crosses. Bien que la saison fût encore froide (mars), quelques fuyards se jetèrent dans la Vltava pour se dérober au péril; le calme ne se rétablit pas d'assez longtemps. — C'est comme la mise en scène de l'incertitude qui planait sur les destinées du pays et de l'inquiétude qui rongeait les âmes.

1. Nous avons d'assez nombreux récits des derniers moments de Maximilien; les détails varient quelque peu; le récit très détaillé de Dietrichstein que rapporte Gindely (II, p. 225-228), paraît le plus digne de foi, et, en somme, il prouve une volonté très claire de ne pas accepter les sacrements. L'évêque le presse de se réconcilier avec Dieu.. — Je l'ai déjà fait. — Se repent-il de ses péchés? — Oui. — Meurt-il dans la religion catholique? — Oui. — Ce fut son dernier mot. — A-t-il été réellement prononcé et qu'en conclure ?

2. Reconnaissons ses qualités personnelles, dit M. Maurenbrccher qui lui est plutôt favorable, ses bonnes intentions, avant tout sa tolérance libre de tout confessionalisme et très en avant de son temps; l'histoire cependant, impitoyable dans ses sentences et inaccessible à ces considérations personnelles, ne peut que prononcer une condamnation sans appel. A la tin de son règne, l'Allemagne était plus divisée que jamais, les partis politiques et religieux, plus émus. C'est de cette confusion qu'est sortie par une suite inéluctable la guerre de Trente-Ans {Sybel's Hist. Zeitsch., VII, p. 38o). — Et c'est aussi vrai de la Bohème que de l'Allemagne.

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