‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 129 sur 248 · Et non i58o; cp. Borovy, Varchev. Brous, p · texte numérisé non relu

Et non i58o; cp. Borovy, Varchev. Brous, p

2. Actes du Consist. utraq. ; Boi-o\y, l'archev, Mçdek, p. -ô.

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litiquc le Consistoire, n'avait pour lui aucune sympathie, et le gros même des curés utraquistes qui, dédaigneux de leurs chefs naturels, cherchaient ailleurs des secours plus réels et une direction plus ferme. Ils en appelaient à l'archevêque des décisions qui les frappaient, lui soumettaient les cas difficiles. Le roi avait permis aux capitaines de cercles de nommer aux cures qui relevaient de lui des prêtres catholiques, lorsqu'il ne se présenterait pas de candidat utraquiste : les capitaines, sûrs que leur zèle ne déplairait point, dépassaient un peu leurs instructions. L'archevêque avait reçu la surveillance des domaines de la couronne (i 58 1) : les candidats utraquistes s'adressaient à lui, l'Administrateur n'était pas consulté pour les nominations, n'en était pas même toujours avisé. Bénéchovsk}^ ne prenait pas son parti de l'abdication complète que l'on exigeait de lui : bien rares sont les hommes qui renoncent à un commandement, même nominal. Les Utraquistes d'ailleurs devaient mourir dans l'jmpénitence finale, ils imploraient la protection de l'archevêque, mais criaient à la trahison si celui-ci prenait au sérieux leurs promesses d'obéissance. Les anciens démêlés recommençaient, et l'Administrateur s'attirait de vertes semonces; il ferait mieux, plutôt que de se mêler de ce qui ne le regardait pas, de surveiller avec un peu plus de soin les curés de Prague et des autres villes du ro3'aume '.

Il y aurait eu là, en effet, de quoi suffire à ses besoins d'activité. Ce que valait alors le clergé utraquiste, on le devine à voir ce qu'étaient les titulaires des principales charges ; quelques-uns sont des types d'une jo3^euse fantaisie. L'Administrateur avait un neveu, Mathias Bénéchovsky, plus connu sous le nom de Philonomos. Après avoir été précepteur, il essaya de l'agriculture, et eut pour maîtresse une certaine Salomé qui avait été chassée de Prague pour inconduite. L'agriculture ne lui réussissant pas, il eut l'idée d'entrer dans les Ordres et tâta l'opinion en publiant une traduction des épîtres de saint Ignace; dans la préface, il se

I, Lettre de l'archev. Martin, Borovy, Mcdek, p. yS,

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lamente pieusement sur la corruption contemporaine : « L'union a disparu, la foi périclite; que sont devenues la discipline et Tobéissance aux autorités ecclésiastiques? » Ce gage de repentir lui valut la place de vicaire de l'Église de Vit; il étalait des sentiments très catholiques et gagna par là la faveur de l'archevêque, du légat, de la cour impériale même dont il flattait habilement les ambitions polonaises; il publiait de petits opuscules grammaticaux, des traductions sans valeur, et s'en targuait pour solliciter le priorat alors vacant du collège deTous-les-Saints. Les maîtres du collège, peu flattés de l'honneur de l'avoir pour collègue, l'évincèrent en précipitant l'élection, et Mathias, après avoir essayé, sans succès, de contester la validité du vote, alla chercher fortune en Moravie (1579). Il fut nommé curé de Kourzim, eut bientôt maille à partir avec les autorités qui finirent par l'expulser de la ville, en appela de leur décision et ennuya tellement l'évêque de Brno qu'il fut mis en prison. De retour à Prague, il arracha une promesse de nomination au grand chancelier Vratislas de Pernstein. 11 visait toujours son priorat, envoyait mémoire sur mémoire, énumérait ses titres, accablait les ministres de promesses de dévouement. Les maîtres consultés l'écartèrent encore sans pitié : sa candidature n'était pas sérieuse; était-il même Utraquiste? Dans tous les cas, il n'était ni étudiant, ni professeur de l'Université de Prague; il reconnaissait lui-même qu'il n'avait pas fait d'études régulières, promettait seulement de compléter son instruction après sa nomination. — Battu de ce côté, Mathias changea ses plans et, grâce sans doute à l'appui des Catholiques, fut nomméabbé du couvent d'Emmaiis. Le monastère d'Emmaiisou cloître slave remontait à Charles IV et étaitunedes plus célèbres fondationsde la Bohême, la direction n'en était généralement confiée qu'à des ecclésiastiques distingués. A peine installé, le dévouement de Mathias à la foi catholique disparut et il ne songea plus qu'à passer gaiement son temps : il installa dans le monastère un jeu de quilles, un tir aux oiseaux, attira des compagnons que les scrupules ne gênaient pas plus que lui; puis, rejetant toute pudeur,

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il céda Salomé à un tailleur et épousa en grande cérémonie la fille d'un cabaretier. Le cloître fut transformé en cabaret, avec une enseigne, de la musique ; les clients ne manquaient pas, mais l'argent allait grand train; quand les recettes ne suffisaient pas, on vendait une coupe de bois '. L'archevêque et l'administrateur se plaignirent; Mathias ne s'en inquiéta pas : il comptait sur la protection des conseillers. Cependant, le scandale était trop criant, et, en lôgo, il fut déposé de ses fonctions et chassé du pays 2.

L'administrateur Venceslas Bénéchovsk}' était depuis longtemps fatigué de ses ingrates fonctions. Dès i585, il suppliait qu'on acceptât sa démission : il avait perdu, disaitil, sa fortune personnelle et telle était sa détresse qu'il en était réduit à vendre ses habits. La frasque de son neveu lui avait enlevé le peu de courage qu'il conservait. — Mathias l'accablait d'injures, le dénonçait comme traître et renégat; — il obtint enfin d'être remplacé en ibgo. C'était un assez piètre chef que ce vieillard maladif; du moins ses mœurs étaient-elles pures et ses intentions droites. Il eut pour successeur un ancien chanoine catholique, Fabien Rézek, qui trahit l'Église dont on lui avait confié les destinées, favorisa tour à tour au détriment des Utraquistes les Luthériens et les Frères, puis se réconcilia avec la cour romaine et mourut chanoine d'Olomouts. Les fidèles d'ailleurs se louaient volontiers de sa complaisance : avec de l'argent, on obtenait de lui tout ce qu'on voulait. Il en coiàtait cher pour avoir des prêtres utraquistes : les municipalités devaient les faire venir souvent de fort loin, payer leur voyage, les envoyer à Prague où on les soumettait à un examen, — ils disaient une messe. Ce dernier voyage surtout causait aux bourgeois des transes fort vives; il leur était arrivé si souvent que leurs candidats n'étaient pas revenus, empor-

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