‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 130 sur 248 · I. Borovy, Médek, p. gb · texte numérisé non relu

I. Borovy, Médek, p. gb

1. « Il fut chassé à cause de sa conduite peu exemplaire », dit par une amusante litote un texte contemporain. Cp. dans les Mémoires archéologiques (en tchèque), I, p. 198 un intéressant article de Krzizek sur le couvent d'Emmaus. Sur Mathias Bénéchovsky, cp. Jiretchek, Riikovief,

LE CLKRGÉ UTRAQUISTE 3oi

tant l'indemnité de route et les avances qu'ils avaient sollicitées. Avec Rézek, les dispenses s'accordaient facilement, pourvu qu'on sût trouver le chemin de son cœur. On s'explique aisément que ses complaisances aient excité quelque défiance. De fait, ceux qui l'avaient choisi n'avaient aucune illusion sur son compte et ils lui avaient donné pour assesseur Jean Paminondas, chargé d'observer tous ses agissements et de signaler à la chancellerie celles de ses mesures qui paraîtraient suspectes. Après deux ans de cette honorable mission, Paminondas reçut en récompense l'abbaye d'Emmaiis. Singulier Utraquiste : sa haine contre les novateurs était telle que plutôt que d'accepter un vicaire marié, il avait demandé un collaborateur catholique. Il répara les désordres de l'administration de Bénéchovsky, rendit au culte la chapelle de Saint-Venceslas; mais, quand il voulut supprimer la fête de Hus ' et rétablir le rite romain dans l'Église Saint-Nicolas du Podskal, ses fidèles se soulevèrent ; il n'échappa à la mort que par la fuite, revint quelques années plus tard, ne réussit pas mieux à se maintenir et fut peut-être empoisonné. Quant au successeur de Rézek dans les fonctions d'Administrateur, ce fut un prêtre marié ^. La direction suprême oscillait ainsi des Luthériens aux Catholiques, et, au milieu de ces tiraillements, le vieux parti hussite s'éteint sans qu'il soit même possible de fixer le moment où il cesse d'exister. — Triste agonie déshonorée par les scandales et les hontes. Les textes ne permettent aucun doute sur l'ignominie du bas clergé hussite. Un des prêtres du cercle de Rakovnik accuse un couvreur d'avoir insulté sa femme; le couvreur, devant le tribunal, reconstitue la scène : la femme du prêtre était à l'auberge et s'y était si vaillamment conduite qu'elle ne se tenait plus debout; le couvreur la regardait en riant : tu as une pointe, lui dit-il. Le mari se fâche; de là, rixe et procès. — Les

1. « Cet abbé slave, chantait-on, a tait travailler dans sa vigne le jour de la fête de Hus; aussi doit-il à cause de cela souffrir dans l'enfer des peines éternelles. » (Mémoires archéologiques, 1, p. 198.)

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