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LA PROPAGANDE LUTHÉRIENNE

peu satisfaisante, les avait servis. Le bruit des concessions impériales avait décidé les indifférents et les timides à se séparer du Consistoire, et c'étaient les Luthériens qui recueillaient presque tous les déserteurs de l'Utraquisme. — D'abord les seigneurs. Mais leur conversion entraînait vite celle de leurs pa3^sans.

Si ceux-ci hésitaient, les nobles avaient des moyens de persuasion irrésistibles. Tel maître, telle religion, c'était la loi du temps, et les propriétaires qui protestaient contre elle quand le roi voulait la leur appliquer, l'imposaient sans scrupule à leurs serfs. Les plaintes de ces derniers, assez nombreuses, permettent d'affirmer que la liberté de conscience n'était au .wi"-" siècle qu'un mot vide de sens, une de ces formules que les partis inscrivent sur leur drapeau, et qu'ils oublient aussitôt après la bataille. Çà et là, les prêtres catholiques étaient expulsés ou malmenés; les lamentations de l'archevêque ou les ordres de l'Empereur étaient pour eux une protection fort insuffisante '. Un fait donnera une idée des procédés des seigneurs et de l'état des esprits.

Dans le comté de Kladsko (Glatz), un certain Schmidt eut l'idée de forcer les paysans de Kœnigshain à se faire Luthériens : ils refusèrent avec beaucoup de fermeté; les rebelles furent dépouillés des charges municipales, frappés à coups de bâton, jetés en prison. Plusieurs moururent; on défendit d'ensevelir leurs cadavres en terre sainte. Le prieur du couvent des Augustins de la ville voisine essa3'a d'intervenir, et ses délégués prièrent Schmidt de ne plus inquiéter ces malheureux : il n'était ni prieur ni évèque. — Nous sommes catholiques, criaient les paysans, notre foi n'est pas autre que celle de notre seigneur le roi. — Oui, répondit Schmidt furieux, et si le diable emportait l'Empereur, vous voudriez aussi aller avec lui dans l'enfer. — Le pasteur lu-

I. V. Borovy, VArchev. Médek, p. iio et sq. Comme d'habitude, les écrivains catholiques sont très disposés à exagérer les faits et surtout à en tirer des conclusions excessives. Sans les suivre jusqu'au bout et tout en admettant que les griefs des prêtres sont souvent imaginaires, il serait puéril de les nier, et les passer sous silence, suivant l'exemple de trop d'écrivains protestants, c'est fausser la vérité.

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thérien mêla au débat sa voix sentencieuse : Nous n'avons de seigneur que Jésus, Jésus et non l'Empereur. — Les pa}'sans furent soumis à une captivité plus rigoureuse et ils ne recouvrèrent leur liberté qu'après avoir abjuré le Catholicisme '. — Et cela se passait sur un domaine royal! Et ce Schmidt était un officier de l'Empereur!

Les Catholiques menaientgrand bruit de ces fâcheux scandales; une façon de légende commençait à se propager parmi eux : la nation était toujours secrètement dévouée à son ancienne foi, mais elle était opprimée par ses maîtres. « Le peuple est excellent, écrit le curé d'Oujezd. — Votre Éminence, écrit un autre, ne saurait croire à quel point le peuple d'ici est pieux et catholique. » — En réalité, il faut en rabattre. Le même curé d'Oujezd se voit délaissé par tous ses paroissiens: « ce peuple effréné et qu'un désir furieux pousse vers les prêtres irréguliers et toute liberté », déserte les cérémonies officielles et se presse aux sermons d'un tisserand ; le curé signale le fait aux autorités municipales, on se moque de lui; ce sont les conseillers qui ont appelé le prédicateur hérétique. Le garde des forêts, officier roval, ne paie pas les dîmes, fait ses Pâques à l'église du tisserand -. — Les lamentations officielles sur le malheur des pa3^sans condamnés à l'hérésie servaient surtout à entretenir le zèle des Catholiques militants; plus tard, on voulut excuser parla les représailles. Pour le moment, la petite armée fidèle s'égrenait rapidement. En admettant même la sincérité de l'attachement des serfs à l'Eglise romaine, leur opposition n'avait ni consistance ni signification politique et dans les classes supérieures la proportion se modifiait rapidement au profit des Luthériens. Il ne convient pas sans doute de prendre à la lettre les déclarations d'Adam de Sternberg qui, à la diète de 1609, demandait des garanties pour les Catholiques, parce que les Protestants étaient trois cents fois plus nombreux. Les chiffres officiels montrent

1. Id., i583, p. 119, d'après le rapport du prieur à l'archevêque.

2. Lettres du ciii-é d'Oujezd, citées par Bgrovy, p. 20, 108.

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du moins qu'un quart seulement des Seigneurs était encore catholique, et un quatorzième à peine des Chevaliers. Dans l'ensemble des habitants, les Catholiques qui avaient longtemps formé un tiers de la population, n'en représentent bientôt qu'un dizième ou même un quinzième '.

Malheureusement, cette supériorité numérique des Luthériens était compensée par leur extrême médiocrité morale. Là même où aucune violence n'avait été nécessaire pour introduire le culte réformé, les seigneurs n'avaient certes pas eu la pensée de consulter auparavant leurs serfs. De là un double inconvénient. Le mépris des droits des sujets entraîne chez les maîtres un certain amoindrissement de l'âme: qui ne respecte pas la conscience d'autrui, fait bon marché de la sienne; recourir à la force en matière de foi, c'est, dans une certaine mesure, admettre la légitimité d'une semblable méthode et s'exposer à des représailles. Parmi les seigneurs, la plupart des conversions avaient été déterminées par des considérations matérielles, mais les intérêts répugnent aux sacrifices et, au jour de la lutte suprême, ils paralysèrent la résistance. Les paysans n'avaient conservé dans le cas le plus favorable qu'un courage passif; leur résignation, souvent héroïque après la défaite, devait être impuissante à la prévenir. Les Luthériens n'avaient d'ailleurs ni organisation ni Confession ni clergé véritable. Comme chacun des nobles tenait plus à profiter des avantages de la Réforme qu'à assurer le triomphe de ses idées, ils négligèrent de reprendre et de terminer l'œuvre esquissée en 1 675. Les curés n'avaient aucune influence, souvent aucune valeur, et nulle autorité ne maintenait l'unité de foi.

Le mal eût été médiocre si de cette confusion s'était dégagée l'idée de tolérance; en Moravie, où les dissidences

I. Cp. Gindely, Gescliiclite des dreissigjaehrig. K. I, p. 124. — Dvorsky, Proportion des Catholiques et des Protestants en lOog. Sur 232 seigneurs, 61 sont catholiques et, sur plus de 2,000 chevaliers, environ 140. Ces chiffres sont approximatifs, mais probablement exacts. A Prague, il y avait, en iGifj, 5o églises non catholiques et 41 catholiques : mais parmi ces dernières, plusieurs étaient abandonnées et beaucoup n'étaient que des chapelles de monastèrçs. {Revue historique tchèque, 1884, p. 280).

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étaient aussi profondes et les sectes plus nombreuses encore, les diètes reconnaissaient à chacun le droit de faire son salut à sa guise et n'avaient de haine que contre les persécuteurs. En Bohème, par une malheureuse contradiction, la foi était en même temps moins sérieuse et plus exclusive: l'indifférence s'y faisait oppressive. C'était la suite presque inévitable de la manière dont s'y était développée la Réforme et du caractère féodal qu'elle avait affecté. Le rêve des seigneurs était une religion d'état, c'est-à-dire une de ces religions pour laquelle l'attachement est surtout objectif, que l'on pratique avec un certain scepticisme, mais que l'on tient à imposer aux autres. Il est diflicile d'imaginer un contraste plus absolu avec les Frères. Ceux-ci étaient timides et héroïques, convaincus et humbles; les Luthériens au contraire, tièdes et exclusifs, violents et prompts aux défaillances; les premiers ne vivaient que par devoir et leur activité en devenait moins hardie et moins féconde; les seconds, en écartant l'idée de devoir, supprimaient une des conditions nécessaires de la vie; en somme, incapables également de conquérir le monde, les uns, parce qu'ils lui étaient trop étrangers, les autres, parce qu'ils lui étaient trop soumis.

La gravité des circonstances aurait dû éveiller l'attention des Protestants : ils ne semblaient pas apercevoir l'orage qui s'amoncelait à l'horizon. Un moment interrompue, vers 1675 ', la réaction catholique européenne reprenait sa marche en avant. En France, en Allemagne, en Pologne, les Réformés perdaient du terrain : tous leurs nouveaux essais de propagande échouaient misérablement; dans les pays où leur puissance paraissait le mieux établie, elle était ébranlée

I. La première période de l'action des Jésuites irait de i56o à 1572 : restauration catholique en France, tyrannie du duc d'Albe dans les Pays-Bas, reprise des provinces de l'Allemagne méridionale, commencement de la réaction religieuse en Autriche et en Pologne. Ces succès provoquent une énergique résistance des Protestants vers ibyb et, pendant une dizaine d'années, ils disputent le terrain, souvent avec succès. L'assassinat du prince d'Orange, 1584, qui entraîne la soumission des provinces belges à Philippe II, marquerait le commencement d'un second assaut catholique qui aboutit à l'insurrection des Protestants d'Autriche et à la chute de Rodolphe.

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par de brusques secousses et quelquefois renversée. Entraînés par le succès, les défenseurs de la Papauté redoublaient d'audace. Les doctrines les plus violentes l'emportaient. Sixte-Quint montait sur le trône de saint Pierre ( 1 585-1 5qo). En matière de religion, écrivait Juste Lipse, on ne peut admettre ni grâces, ni indulgence; la véritable indulgence, c'est de n'en avoir aucune : pour en sauver plusieurs, on ne doit pas hésiter à en sacrifier quelques-uns. — La plupart des docteurs contemporains ratifiaient ces conclusions. La piété étoulVait riuimanité. La guerre était conduite avec méthode, suivant un plan préétabli; répandus partout, admirablement renseignés, les Jésuites dominaient le champ de bataille, retenaient et lançaient les troupes, désignaient le point qu'il fallait emporter et qui était la clé de la position. Pour le moment, l'avenir du Catholicisme dépendait de l'issue des événements en Autriche : que les hérétiques s'y maintinssent, et tout espoir était fermé, peut-être l'Europe perdue pour la Papauté. Aussi, à peine AL^ximilien disparu, l'Eglise s'efforçait-eile de reprendre le terrain perdu. Dans la Haute et Basse-Autriche, les Protestants étaient chassés des villes royales et menacés sur les domaines des seigneurs; dans les provinces que Ferdinand l" avait léguées à son fils cadet, Charles, la Styrie, la Carinthie, la Carniole, l'hérésie, un moment victorieuse, était rapidement refoulée, dès que l'élève des Jésuites, P'erdinand de Styrie, arrivait au pouvoir. Le cercle se resserrait autour de la Bohême. C'était le plus ancien et le plus redoutable centre d'opposition : les Jésuites se sentaient déjà assez forts pour porter l'attaque de ce côté. Ils avaient traversé sans désastre le règne de Maximilien; ils attendaient de celui de Rodolphe une éclatante victoire '.

I. Il y a là, si je ne me trompe, un point très important; les Jésuites prirent l'offensive et ce furent eux qui donnèrent le signal des hostilités. Le fait n'est guère contestable si l'on étudie les événements en Bohème, mais la lumière éclate bien plus évidente encore si on les rapproche de ce qui se passait dans les autres provinces des Habsbourgs. Le plan d'attaque contre la Réforme s'y dévoile clairement. Quelques faits et quelques dates suffisent à le montrer: Rodolphe refuse de confirmer solennellement les promes-

Leur zèle avait déjà sa récompemsc. En i588, le nombre de leurs élèves dépassait 5oo, et 700 dix ans plus tard. Ils ouvraient de nouveaux collèges, à Kroumlov (1584), Khomoutov(i589), Jindrzichov-Hradets(i592), Kladsko, (1597). La Compagnie comptait deux cents membres en Bohême, tous actifs, pieux, soumis. Ils étendaient leurs missions, avaient leurs savants et leurs polémistes. Sous la conduite de cet incomparable état-major, les bataillons catholiques, encore peu nombreux, se reformaient; les prêtres étaient mieux choisis, plus instruits, contenus dans le devoir par une rigide surveillance. Dans une guerre, a dit un illustre penseur contemporain, la victoire revient toujours à celui qui la désire le plus vivement. Les Jésuites avaient sur les Luthériens l'avantage d'une conviction implacable et d'un dévouement imperturbable, comme ils avaient sur les Frères la supériorité de leur hardiesse et de leur habileté politiques.

Ce qui avait le plus manqué jusqu'alors aux Catholiques, les Jésuites le leur avaient apporté. Ils avaient le rare mérite de ne pas se payer d'illusions. Ils s'étaient très rapidement aperçus de certains de leurs échecs ; convertir le penses faites par son père aux Etats de Haute et Basse-zVutriche (1377 et 1578); il interdit Texercice du culte protestant dans les villes de la Basse-Autriche (1578) et ferme l'église et l'école ouvertes dans la maison des États; il force les bourgeois à assister aux cérémonies catholiques, à se confesser et à communier (i38o); Michel Khles! mène l'affaire assez habilement pour qu'au bout de huit années, le Protestantisme ait complètement disparu de presque toutes les villes. Les seigneurs opposent une plus longue résistance; mais la révolte des paysans (1595-98) donne prise contre eux, et un grand nombre de cures sont rendues aux Catholiques. Les mesures de restauration sont étendues à la Haute-Autriche (1597-1600). — En Styrie et dans les provinces voisines, les États avaient forcé Charles à reconnaître le principe de la liberté religieuse; la réaction se prépare après la mort de Charles (1590), sous la régence de sa veuve, Marie. Lorsque Ferdinand prend le gouvernement, en quatre années (1597-1600), le Catholicisme, presque complètement anéanti, est partout rétabli, les églises protestantes fermées; les nobles, qui persistent dans l'hérésie, sont exclus de toutes les fonctions, et les défections éclaircissent rapidement leurs rangs. — Les historiens catholiques auront toujours quelque peine à contester ces faits. Leurs efforts pour démontrer que l'attaque vint du coté protestant semblent révéler d'ailleurs un bien curieux recul de l'idée religieuse. Les Jésuites ne rougissaient pas de leur œuvre et les timides apologies de leurs défenseurs actuels sont pour eux une injure. Nous condamnons leurs principes, mais ils se seraient condamnés bien plus sévèrement eux-mêmes s'ils ne les avaient pas appliqués.

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pie, ils n'y songeaient plus. Le roi était bien disposé; ils comptaient bien que sa piété serait active, mais ils l'avaient vite jugé à sa valeur : son dévouement aurait des défaillances, et d'ailleurs sa puissance était fort limitée par les privilèges des seigneurs. C'étaient ceux-ci qui avaient introduit la Réforme et ils en étaient les plus redoutables soutiens : c'est par eux qu'ils songèrent à la ruiner. Le droit public faisait d'eux les arbitres de la foi de leurs sujets : pourquoi ne retournerait-on pas contre les Protestants les coutumes qui les avaient favorisés jusque-là?

Les Jésuites s'appliquèrent avant tout à gagner un certain nombre de nobles, secouèrent l'indolence de ceux qui étaient catholiques, mais dont la foi platonique assistait indifférente aux usurpations de l'hérésie. Par eux, ils comptaient remettre la main sur une partie du royaume, remplir de leurs séides les postes les plus importants, dominer le Conseil suprême; alors seulement, ils démasqueraient leurs projets, qui, révélés avant l'heure, auraient provoqué une levée de boucliers universelle et entraîné la ruine définitive du Catholicisme tchèque.

Ils gagnèrent d'abord les femmes. Depuis l'avènement des Habsbourgs, les relations avec l'étranger étaient fréquentes et les seigneurs se mariaient souvent en Italie ou en Espagne : le chancelier Vratislas de Pernstein avait épousé une espagnole, Marie, de l'illustre famille des Manriquez de Lara; Jean de Pernstein, une des parentes de Marie ; Adam de Hradets, Guillaume de Rosenberg, bien d'autres encore, avaient pour femmes des étrangères. Ces espagnoles et ces italiennes, élevées dans des sentiments de piété m3'stique, étaient des auxiliaires admirables pour les Jésuites qui accrurent adroitement leur fanatisme. La mode s'en mêla. Marie Manriquez donnait le ton : bientôt les processions recommencent,— les pèlerinages et les cérémonies où la religion s'étale et où elle s'exalte. Plus que les dons ou les macérations, la conversion des hérétiques est agréable au Sauveur : les directeurs le rappellent à leurs pénitentes, et les maris ne résistent guère à cette douce et habile près-

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sion. Que de motifs d'ailleurs à faire valoir auprès d'eux : les faveurs de la cour, la revanche d'humiliations séculaires, le relèvement de leur autorité sur leurs domaines. Les Catholiques ne sont toujours sans doute qu'une infime minorité, mais ils compensent en partie leur infériorité numérique par leur cohésion et l'éclat des situations qu'ils occupent. La plupart des grandes familles historiques sont dès lors dévouées aux Jésuites; les Rosenberg, les Lobkovits, les Hradets, les Pernstein, — pour ne citer que les plus illustres et les plus riches, — les appellent sur leurs terres, ferment les écoles hérétiques, chassent les prédicateurs luthériens, interdisent les cérémonies des Frères '.

La transformation qui s'est produite dans les esprits se montre dans les rapports excellents qui s'établissent entre les nobles et l'archevêque. Ils sollicitent ses conseils, écoutent ses avis, prennent leurs précautions pour que leurs biens ne passent pas entre des mains hérétiques. Un noble reçoit les ordres, et le grand burgrave de Prague, Guillaume de Rosenberg, écrit à l'archevêque pour le prier d'ajourner la première messe du nouveau prêtre : il désire y assister avec quelques amis -. L'archevêque Médek fait transporter à Prague les reliques de saint Procope, et la vieille cité hussite voit se dérouler derrière la châsse du saint un long cortège d'illustres pénitents ^.

Vers i584, ^^s travaux d'approche sont terminés. Les Jésuites, appuyés sur l'administration et sur la fraction la plus

I. C'est surtout contre les Frères que sont dirigés les efforts des Jésuites pendant cette première période. Ils ne se jugent pas encore assez solidement établis pour s'en prendre aux Luthériens, travaillent à diviser leurs adversaires, excitent et exploitent la susceptibilité jalouse des Utraquistes. Contre les Frères aussi, ils concentrent toute l'action de leur polémique. Sturm, un des douze jeunes gens que Ferdinand l"' avait envoyés à Rome pour. y être élevés sous les yeux de Loyola, publie contre eux en 1482 « la comparaison de la Foi », un des plus remarquables traités de polémique qui aient été écrits contre l'Unité. Sa modération relative, l'éloge qu'il faisait de la morale des Frères, de leurs qualités littéraires et de leur musique, rendaient plus graves ses autres accusations. 11 parcourait le pays, provoquant ses adversaires à des discussions publiques, et elles n'étaient pas toujours sans résultat.

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