Ï.A SITUATION POLITIQUE
1626, la question constitutionnelle n'était tranchée. Le roi avait inspiré à ses rivaux une terreur qui, pendant plus d'un demi-siècle, empêcha toute levée de boucliers, mais le temps affaiblissait peu à peu ces souvenirs et, lorsque de nouvelles tentations les sollicitèrent, les nobles voulurent encore une fois essayer leur chance. Comment s'en étonner? La stabilité politique n'est qu'une utopie, puisque la vie môme des Etats n'est que la lutte des diverses forces sociales qui se font équilibre. Tout au plus peut-on diminuer l'acuité et le danger de ces rivalités permanentes et nécessaires en répandant les idées de tolérance et en faisant pénétrer dans les divers éléments dont se compose une nation le sentiment profond du patriotisme, c'est-à-dire de la solidarité des intérêts et des droits. Ferdinand n'avait pas eu de si hautes visées, il avait vécu au jour le jour, satisfait des résultats obtenus et s'en remettant à ses successeurs du soin de continuer et de terminer son œuvre. Une entente durable entre le souverain et les nobles, un compromis équitable qui aurait respecté les légitimes prérogatives de la diète sans dépouiller le souverain de ses attributions nécessaires, supposait plus que le talent d'un homme supérieur; il y fallait l'aide du temps, des efforts continus, un esprit réciproque de conciliation et de bonne volonté, un dévouement éclairé à la patrie, le concours des circonstances : autant dire que toutes les probabilités étaient pour que cet accord désirable ne s'établît pas. Le seul pays où un régime mixte et tempéré ait à peu près réussi à se maintenir, c'est l'Angleterre, après quelles secousses ! et grâce à des conditions toutes spéciales. Dans les autres contrées, ou bien la monarchie supprima tout contrôle et aboutit au despotisme, comme en France, ou bien elle fut annihilée, comme en Pologne, et l'anarchie oligarchique sombra dans l'invasion. En Autriche et plus particulièrement dans le royaume de Bohême, à la fin du xvf siècle, quelques esprits supérieurs entreverraient la possibilité et la nécessité d'une réconciliation durable et sincère entre la monarchie et les seigneurs, mais ils ne faisaient pas école, et les passions religieuses, aggravant les