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LE MAMAGF. DE RODOLPHE

formel, et le mariage fut fixé au mois de mai de l'année suivante. Il fut renvoyé, ajourné à diverses reprises, sans être pendant longtemps encore complètement abandonné. « C'était, suivant la remarque d'un historien pénétrant, un rêve à demi-séduisant, à demi-désagréable, dont Rodolphe ne voulait pas être réveillé, et qui, offrant à son imagination une série de combinaisons variées, le torturait, sans qu'il se résignât jamais à y renoncer tout à fait '. » Les prédictions menaçantes de ses astrologues, l'ennui de renoncer à une vie assez désordonnée et à des intrigues qui lui étaient chères, contribuaient à l'éloigner d'une union qu'il redoutait déjà parce qu'elle aurait resserré davantage les liens qui le rattachaient à l'Espagne. Désireux dans tous les cas d'en retirer quelque gain, il demandait comme dot le Milanais ou les Pays-Bas, tandis que Philippe II, au contraire, comptait bien obtenir quelque concession en échange de l'alliance qu'il offrait à son cousin.

Les négociations avec l'Espagne, tour à tour interrompues et reprises à propos d'Isabelle dont la jeunesse se fana au milieu de ces hésitations, n'excluaient pas d'autres projets matrimoniaux. Peu à peu cependant, les velléités de Rodolphe cessèrent d'être prises au sérieux, et tous ceux qui revendiquaient quelque droit à son riche héritage, prirent position et songèrent à exploiter son imprudence. L'obstination du roi à ne pas se marier était une lourde faute et une sorte de forfaiture envers sa maison : dans un état dont les parties étaient encore fort mal liées, le premier devoir du souverain était d'assurer la succession au trône. Mais l'impéritie de Rodolphe n'excuse pas les impatiences de ceux qui, dès qu'ils eurent conçu l'espoir d'arriver au trône, voulurent le réaliser sur le champ et ne reculèrent devant aucun prétexte ni aucune combinaison pour mettre immédiatement la main sur une propriété qui n'était pas encore vacante.

Ferdinand V et Maximilien avaient eu beaucoup d'en-

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